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Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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vendredi 21 mars 2025

Mean Girls club - Ryan Heshka ( BD)

Depuis quelques temps je me tourne beaucoup plus vers la BD indé que j'avais jusqu'à présent laissée de côté vu que je ne la connaissait que peu et que par définition, elle n'est pas grand public ( des tomes souvent chers, dont on ne sait pas s'ils vont plaire, ça freine). ais comme la bibliothèque en a pas mal, je fonce, et je découvre des trucs originaux, moins attendus et très sympas.

Après Kiss thee Sky et son format carré violet, voici Mean girlsClub, dont la couverture toute de noir et Rose fluo m'a attiré l'oeil.
Et ces pin-ups prêtes à en découdre me semblent un bon choix pour le mois de mars.

Ce ne sont pas simplement des Bad Girls, mais des Mean Girls, des filles méchantes.
Dans un patelin de bouseux du fin fond de l'Amérique bien pensentes des années 50, ce club de femmes fatales au sens le plus littéral du terme est la bête noire, enfin, la bête rose, des autorités. Délinquantes en robes moulantes et talons aiguilles, elles fument (et pas que du tabac), picolent, carburent aux amphétamines et s'opposent à l'hypocrisie des moeurs locales.
Toutes ont un passé difficile d'exploitation par les hommes, leurs familles ou les instances politiques et religieuses, et.. elles ne causent plus, elles flinguent!

Sous la direction de leur chef Pinky, elles ont bien décidé de mettre à bas la domination masculine , symbolisée par le très corrompu maire Hamilton (dit "Ham") Hocks ( En gros " Jambon Jarret", un nom qui va comme un gant à cet éleveur de cochons, obsédé par la charcutaille, voyeur, pervers.. un cochon à tous les sens du terme) et un duo de prêcheurs libidineux, qui voient le péché partout mais espèrent surtout se garder les pures jeunes filles de la ville pour eux sous prétexte de les protéger de  ces "démons" qui prônent le libre choix et l'indépendance féminine de manière très musclée.

C'est violent, c'est grossier, on picole, on se dope, on se dispute entre membre du gang, mais ces pin-up à l'esprit punk ne sèment pas le chaos pour le plaisir. Leur objectif est effectivement de sauvegarder leur liberté et de convaincre un maximum de leurs "soeurs" de rejoindre ce combat.
Vouloir les détruire, c'est , ce que ne comprend pas ce goret de maire, leur donner encore plus de pouvoir et de puissance ( le tout symbolisé dans la plus pure veine des comics des années 50 par une transformation dans le plus pur style "Hulk": Pinky, blessée et amputée de son petit doigt (pinky finger en anglais), se transforme en géante ultra-vénère et invincible, elle qui était déjà particulièrement baraquée. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fortes. Le rose "girly" est ici transformé en rose fluo agressif jusqu'à la nausée

J'ai beaucoup aimé ce détournement des clichés des pin-ups: de femmes de rêves pour mâles libidineux, elles deviennent femmes de cauchemar. En clair: vous vouliez les tirer? Elle vous tirent... mais comme des lapins. J'ai kiffé le running gag du mec qui oublie tous les jour de nourrir les cochons de son patron... et qui trouve une conclusion absolument réjouissante. Ou les flics aux patronymes-synonymes " Wiener, Johnson, Dickson, Dick ": tout ça signifiant à peu près en argot "Tête de noeud"

C'est jubilatoire, défoulatoire... et elles révèlent mine de rien la pulsion de révolte, sauvage, que nous cachons toutes. elles ne sont "méchantes" que parce que la société , la corruption, l'hypcrosie, la manipulation les révoltent. Cachées derrières leur pseudos, ces femmes anonymes ( et anonymisées, à l'instar de Roxy la mécanicienne,  parodie de Rosie la Riveteuse, dont le maire est infoutu de mémoriser le nom, et qu'il appelle Rosie, Roselyne, Rosa etc...) sont nous toutes, au delà des lieux et du temps. La vague rose déferle et c'est un tsunami.

Et pour mon grand plaisir, un cosplay trouvé ici, qui reprend la page de présentation des filles. sur un site dédié au style "pin-up en grandes tailles"

dimanche 26 septembre 2021

Les récits de feu Ivan Petrovitch Belkine - A. Pouchkine

 allez, un peu de lectures classiques, il y avait longtemps.

Les récits de feu Ivan Petrovitch Belkine est un recueil de 5 nouvelles, précédé d'une rapide biographie du dénommé Ivan (qui n'a jamais existé, mais passe pour l'auteur de ces récits, et leur narrateur qui rapporte ce qu'il a vu ou qu'on lui a raconté)

On peut les télécharger ici au format PDF, gratuitement

- Le coup de pistolet : un militaire, Silvio, tireur d'élite, a un jour maille à partir avec un autre militaire. Les deux décident de régler ça à la manière de l'époque: duel au pistolet. L'autre tire le premier mais rate Silvio, cependant devant l'attitude nonchalante de son opposant, qui mange tranquilement des cerises au lieu d'avoir peur, Silvio décide de reporter sine die son coup : à quoi sert de viser une ennemi qui tient si peu à la vie. Non, il décide de le réserver pour un autre jour, quand le gars d'en face aura de vraies raisons de tenir à la vie. La veille de son mariage avec une dame richissime par exemple.

- La tempête de neige: Les jeunes Maria, fille d'un riche propriétaire et Vladimir, militaire peu gradé, sont amoureux. Et comme on peut s'y attendre, la famille de Maria considère que ce n'est pas un bon parti pour elle. Les amoureux fomentent donc un coup classique: la fuite en pleine nuit et le mariage en secret, mettant les familles devant le fait accompli. Or une tempête de neige se lève, empêchant les projets, Maria peut partir et se rendre à l'église tandis que Vladimir se perd et n'arrive que le lendemain matin.
Maria est déjà rentrée chez elle, les parents n'ont rien su de son escapade nocturne. Elle tombe malade dans la foulée. Les parents, pensant qu'elle se laisse mourir de désespoir, consentent au mariage... que Vladimir refuse, quittant aussitôt la région. Que s'est il passé cette nuit pour entrainer une si rapide rupture?
Réponse: Maria s'est mariée, sans le vouloir, avec un inconnu venu se réfugier dans l'église cette nuit là, et que, dans la pénombre et emmitouflé dans ses vêtements, le prêtre et les témoins ont pris pour Vladimir. Ce n'est qu'après la célébration que l'erreur est découverte et que le nouveau marié s'enfuit. Fichu, Maria ne peut plus se marier, ni avec Vladimir, ni avec l'un de ses nombreux soupirants, elle serait bigame. Mais comment et où retrouver un mari qu'on a épousé par erreur, dont on ne sait rien et qui a pris la fuite?

- Le marchand de cercueils: un marchand de cercueils, nouvellement installé dans une ville , est invité à une fête entre voisins, le boulanger, le gendarme, le cordonnier, etc.. sont là L'alcool y coule à flot, tout se passe bien, mais une plaisanterie lancée " buvons à la santé de nos clients", passe très mal auprès de lui. Il rentre donc ivre et vexé, prétendant préférer boire avec ses clients morts plutôt qu'avec des vivants de si mauvaise compagnie. Ce qui se passe: en rentrant chez lui, la maison est pleine de fantômes et de squelettes. Précisément, des clients qu'il a tout au long de sa carrière, extorqués, leur vendant des cercueils de mauvaise qualité ou gonflant les prix. Malédiction.. ou simple delirium tremens?

- Le maître de poste: le maître de poste est un quiquagénaire que rencontre le narrateur lors d'un voyage. Il vit et travaille avec sa fille Dounia, une coquette de 14 ans qui se laisse très facilement conter fleurette, pour amadouer les voyageurs trop exigeants. Cette situation va évidemment dégénérer, le jour où Dounia va faire plus que se laisser draguer, et carrément s'enfuir à la ville avec un voyageur, dont elle devient la maîtresse. Le père finit par la retrouver, mais elle refuse même de lui adresser la parole. Une histoire qu'on pouvait voir venir: la maison du maitre de poste était décorée de gravures illustrant l'histoire du fils prodigue. Dounia, la fille prodigue, ne revient que quelques années plus tard, riche, mais beaucoup trop tard pour une réconciliation.

- La demoiselle paysanne: Dans une campagne loin de tout deux propriétaires imbus de leur gloire se détestent par principe.. sans jamais s'être rencontrés. Mouromsky, innovateur, a des dettes colossales, continue à en faire pour moderniser sa propriété sans grand résultat. Il vit avec sa  fille, Lisa, 17 ans impétueuse, fûtée , facétieuse. Anglomane convaincu, il lui fait apprendre l'anglais, lui a dégotté une vieille miss comme professeur particulier ( "payée à relire Paméla tous les six mois et à se plaindre de la Russie barbare" ), s'habille à l'anglaise, ce qui le rend passablement ridicule dans ce coin paumé de campagne où on ne parle même pas le russe, mais un patois local ( que Lisa se fait fort de pratiquer couramment, avec en tout cas plus d'enthousiasme que l'anglais)
Berestov, le traditionnaliste, préfère " vivre modestement à la russe plutôt que s'endetter à l'anglaise", il a un fils, Aleksei, 17 ans aussi, qui aimerait faire carrière dans l'armée, tandis que le père pense que mieux vaut tenir que courir et destine son fils à l'administration.
Les deux rejetons ne se sont pas rencontrés plus que les parents, mais chacun a entendu parler du charme exceptionnel de l'autre. C'est Lisa qui la première va trouver une combine pour rencontrer incognito son voisin: se déguiser en paysanne, se prétendre " Akoulina" ( un prénom très "terroir"), et aller ramasser "par hasard" des champignons là où Aleksei va chasser. Rencontre, discussion, et comme on le devine, coup de foudre: en 2 mois Aleksei est tout prêt à demander sa paysanne en mariage. Or entretemps les géniteurs ont fait connaissance, sont devenus amis et commencent à planifier un mariage entre Lisa ( qui ne s'est jamais montré à son galant sous sa vraie apparence, la seule fois où il l'a vue, elle s'était grimée en petite marquise pour ne pas être reconnue et avait tout fait pour se faire détester) et Aleksei qui, donc trouve la Lisa qu'il a vue fade, évaporée, et sans personnalité.
Comment se sortir de cette situation?

Ces 5 nouvelles sont très faciles à lire, souvent drôles ( hormis le maître de poste, véritablement tragique) car Pouchkine charge autant les riches que les pauvres, les artisans que les propriétaires parvenus, les hommes que les femmes, avec un humour souvent réjouissant et des petites vannes bien senties. On y retrouve des thèmes courants chez lui: le duel (Le coup de pistolet), le type de la ville venu s'enterrer à la campagne, mais qui continue à vivre comme en ville (la demoiselle paysanne), les histoires d'amour contrariées par les parents et leurs préjugés ( la tempète de neige, la demoiselle paysanne).. Des choses qui étaient aussi dans Eugène Oneguine ou dans la fille du capitaine. Du Pouchkine pur jus, et je retrouve le côté pince-sans-rire qui m'avait beaucoup plu dans ses autres oeuvres.

Et maintenant la révélation: il s'agit d'une mystification, doublée d'un pastiche. 

Mystification: Pouchkine était adepte de ce genre de choses, faisant parfois passer ses oeuvres pour celles d'autres auteurs. Ici, il fait passer ces nouvelles pour l'oeuvre d'un auteur mort depuis des décennies, Ivan Pétrovitch Belkine, entouré de mystère, dont les récits sont passés de mains en mains, donc.. intraçable. Malin.

portrait imaginaire de Pouchkine, coincé à Boldino pendant une quarantaine dûe à une épidémie de choléra (100% véridique)
S'enuyant comme un rat mort, ça a été la période la plus productive de sa vie: poèmes, Eugène Oneguine et ces récits de Belkine.
Tableau de Piotr Konchalovski, né bien après la mort de l'auteur, et qui donc en donne SA version, vu qu'il ne l'a jamais vu que sur des portraits faits par d'autres .
Ca cadre bien avec la situation :D



Et un pastiche, car il s'agit de réécritures très librement adaptées, de pièces de Shakespeare.
Le coup de pistolet, c'est Hamlet, qui remet sa vengeance jusqu'à ce qu'il trouve le moment le plus opportun.
La tempète de neige, c'est " la tempête", tout simplement*. Le marchand de cercueil peut être lié à Macbeth, le roi devenant un marchand peu honnête, tandis que le roi Lear a inspiré le père abandonné du maître de poste. Et le plus évident de tous, la demoiselle paysanne est une version comique à peine voilée de Roméo et Juliette.

En fait, plus exactement, il s'agit de parodies de la manière dont était présenté Shakespeare au XIX° sicèle au public russe.
Une philologue a mené une étude là dessus, et à comparé beaucoup de source. Je ne vous lierai pas son travail, qui est tout en russe. J'ai pu écouter à ce sujet une très intéressante conférence. Voici l'idée: A cette époque, il y avait peu de traductions de Shakespeare, surtout en russe. Les russes, qui pour beaucoup, parlaient couramment français, ont découvert Shakespeare via les traduction en français de Guizot ou François-Victor Hugo, traductions qui étaient souvent assez boiteuses, quand elles n'étaient pas tronquées.

Et donc traduire depuis une mauvaise traduction... vous imaginez le décalage avec l'ouvre d'origine.
De plus ces traduction ne s'adressaient pas à la société lettrée qui lisait déjà couramment le français ou l'anglais, mais à la bourgeoisie, qui voulait faire comme les nobles.. sans en avoir la formation intellectuelle, elle a donc été la première consommatrice de ces éditions, MAIS adaptée à ses goûts. Or le " goût bourgeois" en russe comme en français, est quelque chose de plat, sans saveur, sans originalité, bourré de poncifs...
La bourgeoisie veut du Shakespeare, on va lui en donner, elle ne veut pas de rdrames, on va lui lui donenr des tragédies adaptées qui finissent bien. Ce qui est attesté par les programmes de théâtres de l'époque.
D'Hamlet, exit l'histoire d'héritage, il ne reste que l'idée de vengeance retardée. Roméo et Juliette doit bien se finir. Macbeth pour le public russe de l'époque a été réduit à la seule invitation à dîner du spectre de Banquo, exit tout le reste ( qui est l'essentiel)
Ce ne sont donc pas directement les pièces de Shakespeare qui sont adaptées, mais leurs relectures bourgoises de cette époque, dont Pouchkine se moque allègrement, en les ridiculisant.

Et la plus impossible à reconnaître est Othello. La version russe de Desdémone est fiancée à un monsieur et les familles ne seulent pas de mariage. Ils vont se marier en secret. Mais elle est enlevée sur le chemin. Othello se croit trompé et la tue pour laver son honneur. On fait plus difficilement éloigné de l'oeuvre d'origine.
*La chercheuse russe voit dans "la tempête de neige" une adaptation de cette adaptation, alors que tout pointe vers "la tempête. On ne m'otêra pas de l'idée que Pouchkine étant un petit malin, il a fait un mix entre cette version contemporaine méconnaissable d'Othello, et la Tempête, très reconnaissable, mais assez méconnue du public de l'époque. Ce qui peut est assez clair, car les titres sont limpides, et le nom du mari de fortune est tiré de l'un des mots signifiant " Tempête" en russe.

D'après la conférencière, l'incipit qui retrace de manière apparemment sans intérêt les aventures du manuscrit ( dont certains sont déclarés disparus, car une bonne ignorante les a utilisés pour colmater les fissures d'une fenêtre.. humour typique de Pouchkine) est en fait une clef: les récits passent de main, traduits, retraduits, de plus en plus vidés de leur essence pour donner quelque chose de plat, juste bon à servir d'isolant en hiver, et dont l'auteur premier, de plus en plus méconnaissable, est difficile à retrouver.
Cette double lecture est passionnante.

Triple dose de classique: Du Shakespeare adapté puis parodié. ( tiens si je lisais les pièces que j'ai oubliées, moi...)


lundi 29 décembre 2014

CDZ abrégé ( websérie)

Finissons en beauté l'année geek 2.0, il y a longtemps que je devais aprler de cette websérie, commencée il y a très longtemps par StateAlchemist et qui a enfin connu son dernier épisode.
Je dis "enfin" par ce qu'il était terriblement attendu, mais dans le fond je suis un peu triste que cette série soit terminée en fait.

Donc CDZA qu'est-ce que c'est? Tout simplement une version abrégée et parodique des chevaliers du Zodiaque. Je le disais au sujet des mangas, je  n'ai pas trop connu la série originelle, juste vu quelques épisodes au hasard, et j'avoue que ça me paraissait ultra bizarre ( attends mais, lui il n'était pas censé être aveugle la semaine dernière? et l'autre là, en rose c'est une nana non, pourquoi tout le monde en parle au masculin?) , bref des mystères comme ça qui font que si on ratait un épisode, on était aux fraises.

Donc le gentil state Alchemist a eu la très bonne idée de reprendre à sa sauce les épisodes les plus marquants de l'histoire (l'arc du sanctuaire) et d'en faire une version condensée, pleine de jeux de mots, de références parfois très franchouillardes, parfois très geek ("ouais, ptêtre qu'il est passé par une warpzone et que quelqu'un avec une fleur de glace est passé par là", épisode de la balance) parfois bien rock ("ho il y a un message sur le mur , mais ils faut qu'on soit sûrs car des fois les mots ont un double sens" épisode du sagittaire) qui me ravissent!

On commence donc très logiquement par la maison un , la maison du bélier, et on continue ainsi, une maison par épisode, en élaguant les interminables montées d'escaliers ou en les ponctuant de références musicales bien vues ...
Je dois d'ailleurs dire merci à State alchemist, parce que c'est grâce à sa série abrégée que j'ai eu envie de découvrir le manga, pour voir à quel point il déformait.. et finalement, il réussit la prouesse de coller vraiment au scénario, tout en le parodiant, c'est vraiment bien vu.

Donc dans cette version Mû, le chevalier du bélier devient une sorte de garagiste malhonnête qui ne songe qu'à se faire un max de pognon, et passe son temps à rappeler à tout le monde que malgré son apparence, il n'est pas une fille (apparemment le doublage de la série en France était fait par une femme, donc..); le chevalier du taureau devient videur de boîte de nuit, le gémeaux passe son temps à citer tous les jumeaux de fiction possibles et imaginables, le cancer devient décorateur d'intérieur d'un genre très particulier, ... et tout à l'avenant. Le grand pope parle avec l'accent de Maurice "boulette" Sarfati, qui doublait les méchants de City Hunter ( "hoo je crois que j'ai fait une petite boulette".. oui, ce doublage là, bien kitsch, voyez?), le sagittaire devient Rambo junior ( bandeau autour de la tête oblige)..

13 épisodes donc, entièrement découpés, remontés doublés et bruités par UNE seule personne. D'où le temps énorme qu'il a fallu pour avoir l'intégrale du sanctuaire, et je n'ose même pas imaginer le temps qu'il a fallu à l'auteur entre les visionnages et revisionnages de la série pour sélectionner les passages intéressants, l'écritures de scripts, le travail de découpage, de montage, d'enregistrement, etc...
Le tout mis bout à bout fait quand même bien 2h30, je vous conseille quand même de les voir dans l'ordre, même si l'auteur a changé de matériel entre temps, et que la qualité d'enregistrement s'est nettement améliorée entre le début et la fin.

Sinon le top 5 de mes épisodes favoris:
5- épisode de la Vierge: Juste parce que le chevalier de la vierge devient un baba cool un peu flemmard, avec un accent qui me rappelle le vendeur de BD des simpsons. Puis on y voit le phénix, alors..
4- épisode du lion: les références au roi Lion à " dans la jungle, terrible jungle" m'ont beaucoup fait rire, la remarque finale sur le tapis persan me fait toujours beaucoup rire même après plusieurs visionnages..
3 - épisode de la balance: on se moque des poncifs de japanimation.. et puis " personne n'a une idée? - moi j'en ai une, mais il nous faudrait une immense bouteille de pastis"
2- épisode du verseau: arriver à faire rire avec Camus, c'était fort, et les références musicales au western en général , et surtout à mon western favori en particulier c'est juste épique!
1- épisode du scorpion: déjà, on y voit tout le monde, même les second rôles en pleine parodie de Batman, Milo devient une espèce de sadique très drôle qui se prend pour Ken le survivant, mais que tout le monde confond avec le mec qui joue du clavier dans Lucille Amour et rock n' roll!

Liste des épisodes sur le site officiel
Chaque épisode y est agrémenté d'un fichier mettant en avant les diverses références, parce que dès fois, on en loupe une avec la vitesse, ou qu'on ne sait pas/plus quel est le titre du morceau utilisé. C'est bien pratique :)

Même les vidéos autopromotionnelles sont très drôles ( Mû qui essaye de vendre à la sauvette un tee-shirt à l'effigie de Shiryû à poil!)

Tout n'est pas 100% à hurler de rire ( j'ai moins accroché à l'épisode des poissons, peut être parce que j'ai eu plus de mal à piger l'accent québécois d'Aphrodite, peut être parce que j'aime moins le personnage à la base). Mais sinon ça reste souvent du très bon niveau en évitant l'écueil facile de l'humour vulgaire hélas trop souvent employé. C'est même tellement souvent du bon que Statealchemist a eu la collaboration d'Eric Legrand qui doublait Seiya dans la version française de CDZ pour un petit hors série.

J'espère vivement que l'auteur va continuer à nous régaler de temps en temps de quelques productions décalée, même s'il ne compte pas se relancer dans quelque chose d'aussi chronophage.
En tout cas, c'est du bon, et je vous garanti qu'après ça, des que vous entendrez quelqu'un dire " plaît-il" vous vous marrerez en coin!

en toute amitié!!