Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture

Qui passe par ici?

Flag Counter
Affichage des articles dont le libellé est thème voyage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est thème voyage. Afficher tous les articles

samedi 1 avril 2023

Histoire de la Russie d'Amérique et de l'Alaska - Michel Poniatowski

 Ca faisait longtemps que je n'avais pas parlé de lectures et pour cause, voilà ce qui m'a occupée de fin février à maintenant.
Une fiche de lecture développée à faire sur cet ouvrage.

Je ne vais donc pas rentrer dans le détail, au cas où l'un de mes camarades futurs tomberait dessus, mais simplement évoquer vite fait cet ouvrage méconnu sur ce sujet méconnu aussi.

Pour préciser, ce cours là n'était pas prévu pour moi cette année, mais l'une des profs de l'université étant absente, il a fallu que l'université cherche une solution de secours pour que ma promotion puisse valider cette matière. Donc on colle en second semestre de M2 une matière de premier semestre de M1, que certains ont déjà passée l'an dernier d'ailleurs. Ce n'est pas mon cas, j'étais à Saint Pétersbourg, donc le problème ne se pose pas, ça ne fait pas doublon. Mais avoir  mois et demi pour se farcir le programme qui correspond en théorie à une trimestre complet, ce sont les études en "mode expert". 
C'est une organisation qui mérite un "laissez-passer A38 d'or"

Mais, il y a pire: ho joie de ceux qui l'ont déjà passée l'an dernier et doivent se la refaire sous un autre code, en remplacement.

Et il n'y a sur ce sujet que ce seul ouvrage accessible au grand public. Datant de 1958 et donc  commander en ligne parce que pas disponible en bibliothèques chez moi, évidemment.

C'est le seul absolument le seul ouvrage édité sur ce sujet en français.
Il y a des ouvrages scientifiques , de chercheurs en histoire en russe et en anglais, mais  le sujet n'a pas été abordé vraiment en français.
Et je n'avais pas la possibilité matérielle de lire un ouvrage de plus de 300 pages en anglais ou en russe sur la géopolitique en moins d'un mois pour préparer un examen imprévu au départ.


Car le saviez-vous? L'Alaska a été pendant tout le XVIII° siècle et une bonne partie du XIX° une colonie russe. Une terre d'outremer qui a connu un destin similaire à la Louisiane pour la France: trop loin, trop difficile d'accès, ça coûte beaucoup d'argent, et ça n'en rapporte pas beaucoup, malgré la présence d'or, argent, cuivre et charbon, peu accessibles.

Donc comme pour la Louisiane, le bout de terre a été revendu par les autorités au pays en train de se développer: les USA. Qui n'a pas trop su quoi faire de cette patate chaude. Ou plutôt très froide.
Certes, il y a de l'or, du bois, du pétrole, mais c'est loin de tout.

La Russie avait conquis ces territoires inhospitaliers pour une seule raison: la chasse pour le commerce de fourrure. Les animaux de Sibérie dont la fourrure était recherchée s'était raréfiés et les survivants étaient devenus très méfiants, il a donc fallu aller plus loin.
Ce livre n'est pas celui d'un chercheur, il date de 1958 et est rédigé par Michel Poniatowski,  homme politique, un peu avant d'entamer sa vraie carrière.
Donc écrit en période de guerre froide, où la Russie, devenue URSS se mordait les doigts d'avoir cédé ce qui devenait une tête de pont américaine à proximité de ses côtes les plus orientales. Tout ça pour espérer signer un traité d'amitié ou d'amitié " commerciale" avec les USA au milieu du XIX° siècle, plutôt que de le vendre à l'Angleterre,  qui avait déjà les territoires canadiens. O la Russie de l'époque était en guerre commerciale avec les anglais, donc pas question de leur céder le moindre terrain, autant le vendre justement, aux pires ennemis des anglais, ceux qui ont rué dans les brancards.

Si vous avez regardé un planisphère un jour en vous demandant " mais pourquoi ce bout, loin de tout, collé au Canada n'est pas une province canadienne mais un état des USA? C'est pas logique". Ben voilà. ce n'est pas logique. C'est la conséquence d'une mésentente entre la Russie et l'Angleterre au milieu du XIX° siècle.

Le sujet n'est peut être pas super tentant comme ça,mais le livre est bien écrit, de manière assez littéraire et raconte la conquête de la Sibérie et de l'Alaska comme un roman d'aventure ( un peu trop, il manque de rigueur pour une exploitation en tant que source pour un travail universitaire) Mais ça se laisse lire et j'ai découvert des choses que j'ignorais totalement, comme le fait que ces territoires loin de tout sont devenus une plaque tournante du commerce dans le Pacifique, au tout début des échanges commerciaux mondialisé. Et que la Russie, va ces postes avancés en Amérique, commerçait avec la Californie et Hawaï, au point que les rois rivaux de deux îles d'Hawaï, très malins et ayant compris l'intérêt stratégique de leur emplacement pour les ravitaillements, n'hésitaient pas à s'allier avec les puissances opposées.. pour se faire la guerre entre eux. Enfin, jusqu'au moment de s'allier et de mettre tout le monde dehors.
Bref c'est intéressant, raconté comme un roman, je m'attendais à quelque chose de très aride, et ça ne l'est pas , hormis le dernier chapitre contemporain, remplis de chiffres, qui évoque la position stratégique de l'Alaska en 1958 ( du coup, oui, c'est obsolète, puisque antérieur à la fin de la guerre froide.)

Mais en effet, je ne m'étais jamais vraiment intéressée à ce coin là du globe et je me suis prise à chercher des images, et wow.
Ca y est j'ai envie d'y aller.
apparemment ça n'a pas trop changé depuis le temps

Ou à essayer d'imaginer d'après les descriptions (et c'est hyper du pour moi) la Californie de 1830, un endroit sauvage où il n'y a que quelques pueblos tenus par des religieux espagnols, qui s'entendent plutôt bien avec les populations amérindiennes locales.

Des pueblos nommés Sacramento, San Diego, San Francisco...  qui se sont aussi développés en partie via le commerce portuaire avec entre autre la Russie.

Ca y est j'ai envie d'y aller. Apparemment ça a BEAUCOUP changé depuis le temps !

Enfin voilà, la lecture n'était pas trop pénible, même instructive sur un sujet que je ne connaissais pas et auquel je n'aurais jamais pensé m'intéresser un jour. donc c'est toujours bien d'apprendre des choses.
Même s'il n'entre pas dans la thématique tour du monde puisque Poniatowski, malgré son nom est français, bien que descendant du dernier roi de Pologne. Damn' je ne peux même pas le classer comme auteur polonais.

a la limite en challenge classique, puisqu'il date de 1958, ça me permettra de lui donner de l'audience.

Allez oui

un essai de 1958.


Idée n°96: une carte ou un plan

vendredi 9 avril 2021

ça c'est passé il y a 30 ans - 9 avril 1991, indépendance de la Géorgie

Et j'ai eu envie d'en parler car c'est quand même super important. Quelque chose qui me fait me sentir très vieille car je m'en souviens bien, j'étais en troisième et le programme portant sur le XX° siècle, on faisait presque de l'histoire au jour le jour en lisant le journal.

En fait l'événement majeur de l'année 1991, c'est la fin d'un des phénomènes politiques les plus marquants du XX° siècle: la fin de l'URSS ( 1922 - 1991). De fait, elle n'a été actée que le 26 décembre, mais les républiques soviétiques, où des mouvements indépendantistes existaient depuis plusieurs années, se sont séparées du bloc soviétique à partir de 1990 pour la Lituanie et la Lettonie, et au cours de l'année 1991 pour les autres. L'affaire est loin d'être réglée, et, 30 ans plus tard, c'est encore régulièrement la foire d'empoigne politiquement parlant, dans ces régions - il n'y a qu'a voir la situation en Ukraine depuis quelques années et en Biélorussie depuis mi 2020.

Et, il se trouve qu'il y a un certain nombre des ces anciennes républiques soviétiques - qui étaient pour la plupart des pays indépendants avant 1922, et qui ont reprit leur indépendance - où j'ai TRES envie d'aller.


Et je commence par la Géorgie, qui est probablement l'une de mes premières destinations post-covid ( au moment où je prépare ce sujet, à l'automne 2020, c'est encore loiiiiiin d'être réglé cette histoire, et les frontières sont encore fermées hors UE. J'en ai un peu parlé le 8 mars pour ses dirigeantes, mais j'y reviens donc. Promis, ce ne sera pas un cours d'histoire post-soviétique, mais un top 5+ des raisons pour lesquelles j'ai envie d'aller là bas.

Et donc pourquoi?

Raison n°1:j'adore la montagne ET la mer. Et ça fait longtemps que j'ai envie d'aller dans le Caucase.Et plus je vois de photos plus j'ai envie d'y aller.

Qui m'aime me suive!

Raison n°2: on parle d'un pays qui, au moyen-âge avait la seule femme - roi connue de l'histoire. Bon non, pas exactement la seule: il y a une reine polonaise qui a été proclamée " roi", mais a régné très peu longtemps.
Là, c'est à un autre niveau: le roi Tamar Première a régné de 1184 à 1213. Et non, ce n'est pas un abus de langage, sa fille a ensuite aussi été couronnée roi après elle.
Mais en plein moyen-âge, elle a su s'imposer comme monarque éclairé, et une fine politicienne, le pays a connu une période d'expansion, principalement par la diplomatie et le protectorat des petits pays alentour, et de rayonnement culturel sur toute la région.
De plus, elle n'a pas hésité à divorcer de son premier mari ( qui supportait mal son statut de "roi consort" et lorgnait de trop près sur le pouvoir) pour en épouser un second, moins ambitieux et qui ne voyait pas de problème à être sujet de sa femme.

Et pourquoi roi et pas reine? Ici où là, je trouve l'explication qu'elle gouvernait avec autant d'efficacité qu'un homme, mais un débat en commentaire d'une vidéo sur la langue géorgienne, proposait une explication plus simple. Aux dires des géorgiens - et je veux bien les croire concernant leur propre langue - le mot traduit par "roi" signifie en fait " souverain", peu importe son genre biologique. Il y a bien un mot signifiant "reine", mais il ne s'applique apparemment qu'à la mère ou la femme du souverain. Et donc, si le souverain est une femme, hé bien, son mari est simplement le roi-consort.
En tous les cas, un coup de coeur géant pour le roi Tamar, il va falloir que je me renseigne plus à son sujet.

En plus, elle a un petit côté Aliénor d'Aquitaine, protectrice des arts et de la littérature. La principale épopée médiévale du pays " Le chevalier à la peau de panthère" (ou de tigre selon les traductions) lui est dédiée. Il s'agit d'un roman courtois et épique qui se passe en ...Perse. Mais apparemment, c'était la mode: les Mille et une nuits, écrit 2 siècles auparavant, avait eu un tel succès que lorsqu'on voulait situer une histoire " loin", c'était en Arabie ou en Perse. Pensez aux Lettres Persanes.
Fun fact: dans le monde arabe, pour dire que quelque chose se passe " loin", on situe  l'histoire en Chine, à l'autre bout de la route de la soie (vous ne le saviez peut-être pas, mais Aladin est expressément cité comme étant ... chinois)

Manuscrit du chevalier à la peau de panthère

Et j'ai aussi fort envie de lire ce texte qui a été traduit en français, car, merci wiki:

"L'histoire se passe en Inde et en Arabie ; elle raconte l'amitié qui unit les deux héros, Avtandil et Tariel, et la quête pour retrouver l'objet de l'amour de ce dernier, Nestane. Dédicacée à la reine Tamar qui sert de modèle à Nestane, l'œuvre vante la grandeur et la stabilité du royaume de Géorgie à son âge d'or. Ces héros idéalisés, unis par des amitiés fidèles et par l'amour courtois, se comportent avec générosité, sincérité, dévouement, et proclament l'égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu'une grande joie de vivre."

Des chevaliers égalitaristes et bon vivants au XI° siècle.Wouhou!!!!

Raison 2 bis: le pays est actuellement dirigé par une présidente. Ouaip!

Raison n°3: fatalement la langue m'intrigue. Un pays où une femme peut être roi par la magie de la langue. Dont l'alphabet est magnifique. Mais cet alphabet tout mignon cache une langue à la difficulté diabolique, que parlent quand même 4 millions de locuteurs dans le pays. Plus environ un demi million d'expatriés.
Une langue pour laquelle " Gvprkstvni" est un mot - 9 consonnes et une voyelle tout à la fin, en transcription en tout cas. C'est à dire : une voyelle et de la grammaire tout autour.
Et pourtant, on arrive à des pépites de mots comme celui-ci:

UN mot pour dire " être si fou d'amour que même nos ennemis nous prennent en pitié". C'est très concis et très expressif, j'aime beaucoup.
Et visiblement, si un mot pareil existe c'est que la vision de la vie par les gens du coin est tout sauf tiède, ou triste, ou morne... Plutôt débordante d'enthousiasme. Voir la présentation des chevaliers de l'épopée mentionnée plus haut. J'imagine déjà ce que doit être une fête géorgienne.
Pour découvrir l'alphabet, c'est par là!

Il n'empêche: une langue aux sonorités inhabituelles, pour laquelle les locuteurs d'une langue indo-européenne n'ont aucune référence - puisqu'elle fait partie du groupe caucasien qui n'a rien à voir avec le groupe indo-européen - aucun point d'appui, à la grammaire réputée épineuse, avec des mots super expressifs... ça m'intrigue beaucoup.

raison n°3: la cuisine. A part je vous l'accorde, l'entrée aux viscères de porc et les plats au boeuf - je ne suis pas amatrice de viande en général et encore moins de boeuf que je ne mange pas du tout - le reste est fort tentant. Il y a pas mal de plats de légumes, du fromage, donc ça va, je trouverai mon bonheur!

Raison n° 4 : la Musique.
Avant de pratiquer le chant lyrique en solo, j'ai beaucoup chanté en choeur , et même si ce n'est plus le cas, j'ai gardé un goût marqué pour les polyphonies.

Musique profane ( trio Mandili)

 musique sacrée

Il y a aussi les instruments inconnus sous nos latitudes comme le pandouri, que joue l'une des chanteuses du trio Mandili. Mais aussi ce monsieur particulièrement virtuose, Irakli Akhalaia et purée j'adore! Je viens de découvrir ce musicien et wow!


Raison n°5: la danse. La danse folkorique. C'est ... qu'est-ce que je disais sur la fête?
Extrait d'une fête géorgienne en Bretagne. Ces gens sont montés sur ressorts. Et font des pointes... sans pointes. Je commence à me demander s'ils ont des os.

Une interview de la directrice du ballet national de Géorgie. Ok, je rajoute " aller voir un spectacle de danse folklorique" dans la liste des choses à voir, ça a l'air vraiment super cool.


Raison bonus lié à la précédente... J'ai un truc à vérifier.
Concernant ce monsieur. Oui, encore. :D
Je vous ai cassé les pieds l'an dernier en le ressortant régulièrement en illustration de mes sujets artistiques, mais là, je ne pouvais pas parler du pays sans parler d'un ressortissant célèbre (Et surtout PAS le politicien que tout le monde connait, on a vu mieux qu'un des pires dictateurs du siècle passé pour donner envie d'aller visiter un pays). Enfin, quand on voit les danseurs folkloriques, je ne m'étonne absolument pas qu'un de leurs compatriotes soit arrivé au plus haut niveau en danse classique aussi.

Bon je sais, il n'y habite plus depuis belle lurette, MAIS je veux savoir si le modèle est suivi ou s'ils ont perdu le moule.
Concrètement " y'en a beaucoup des grands bruns de ce genre? Non, parce que si c'est le cas, cette raison bonus va passer directement en raison n°1 (Bon ok, 1.bis, la montagne reste n°1) Le musicien, déjà, est bien à mon goût, et il y a deux ou trois danseurs dans les vidéos qui ..'fin bref, il faut que j'aille y voir de plus près. Faut que je tâte... pour éclaircir cette importante question d'une possible absence de squelette. Pour la science, bien évidemment!"

allez, quelques autres ressortissants connus:
.Vladimir " la gueule" Bon, pour le côté joie de vivre, ce n'est pas vraiment le meilleur exemple.

Bon j'ai trouvé une photo où il ne fait pas trop la tronche et c'est plutôt Vladimir-la-classe
Ca va mieux comme ça.
Il valide les catégories " grand" ( un bon mètre 90 il me semble) et "brun", donc oui, il y a peut être une caractéristique génétique locale

Boulat Okoudjava, qui avait une certaine ressemblance à la fois physique et dans la manière de jouer, avec Georges Brassens. Chanteur encore très populaire.

Boris Akounine (pseudonyme de Grigori Tchkhartichvili... oui Akounine, c'est plus simple à écrire sur la couverture d'un livre). J'avais bien aimé ses "histoires de cimetières"

George Balanchine ( son nom complet est Balantchivadze), chorégraphe, metteur en scène, pianiste, fils d'un compositeur, frère d'un compositeur... quelle famille :)

Non mais, un pays qui met à ce point en avant l'art et la musique, comment pourrais-je ne pas vouloir y aller?

Le risque est surtout de devenir "mijnuroba" pour le pays, si ce n'est pour un monsieur très souple 😁


Il n'y a plus qu'à attendre de pouvoir à nouveau se déplacer. En tout cas, le pays étant comme l'Ukraine et la Moldavie en partenariat avec l'UE, les relations diplomatiques sont bonnes avec la France, la Géorgie est membre observateur de l'OIF, la présidente est francophile et oeuvre à rapprocher son pays d'origine et celui où elle a étudié. Donc j'ai bon espoir de pouvoir y aller d'ici quelques temps.

dimanche 20 août 2017

Bon anniversaire Voyager!

J'avais dit en début d'année, qu'inspirée par Denis du blog bonheur de lire, j'allais parler voyage. Et quel voyage peut être plus fabuleux qu'un voyage spatial aux confins du système solaire. A ce détail près que ça n'est pas de la science fiction, mais bien un voyage réel pour deux petites sondes qui fêtent leurs 40 ans de bons et loyaux services cette année ( oui, comme moi!!)

Ceux qui me suivent depuis pas mal de temps savent la fascination absolue qu'exerce sur moi, encore aujourd'hui le programme Voyager. J'en ai déjà parlé à plusieurs reprises mais je trouve absolument fou le fait que des sondes prévues pour fonctionner 5 ans soient encore opérationnelles 40 ans plus tard.
Voyager 2 est partie de chez nous le 20 août 1977 et Voyager 1 le 5 septembre 1977 et se dirigent vaillamment vers l'espace interstellaire, emportant avec elle ce dont je n'avais pas vraiment parlé précédemment : le voyager golden record, des "bouteilles à la mer spatiales". Les sondes devraient arriver à proximité d'autres systèmes stellaires d'ici 40 000 ans. Là où avec un peu de chance, des habitants peuvent se trouver - va falloir

Ce n'est pas la première fois que des sondes emportent des messages terrestres à destination de potentiels extraterrestres, les deux sondes Pioneer 10 et 11 emportent avec elles des plaques gravées représentant le système solaire schématisés, la silhouette des sondes,la raie d'émission de l'hydrogène ( ne me demandez pas de décrire précisément je ne suis pas physicienne) qui sert de base pour décoder le reste, la position du soleil par rapport à 14 pulsars de la galaxie, un homme et une femme nus..


En même temps, si des extraterrestres trouvent la plaque, il va falloir qu'ils aient l'idée que le dessin qui ressemble à une paire de lunettes représente la transition hyperfine de l'hydrogène et la structure étoilée, des pulsars.

Les Voyager Golden Records reprennent le concept en allant plus loin. Il s'agit cette fois d'un disque, contenant des images et des sons de la Terre à destination toujours d'un potentiel extraterrestre qui pourrait le trouver et le lire.. s'il arrive à comprendre les instructions sur la boite!


On y retrouve en bas le schéma de la transition hyperfine de l'hydrogène et de la position des pulsars. Pas d'hommes et de femmes nus cette fois, certains prudes ayant été choqués par les plaques de Pioneer


Pour le reste..là encore , débrouillez vous amis d'outre espace pour comprendre qu'il y a un schéma en binaire montrant comment utiliser le "saphir" fourni avec le disque, la vitesse de lecture, la direction du scan pour voir les images, et ce qu'est la première image visible si correctement décodée ( un cercle dans un rectangle)
On aura de la chance s'il est trouvé par une entité qui connait le binaire, ou même suspecte qu'il s'agit d'une production artificielle venue de très loin dans le temps, plus encore que dans l'espace.

Parce que, revenons à nos 40 000 ans, durée minimale.
Pensez à ce qu'était la terre il y a 40 000 ans.
Imaginez un homme ou une femme préhistoriques trouvant ce genre d'artefact. Soit ils estiment que c'est plutôt joli et le ramènent à qui dirige le clan à ce moment là, qui ne saura pas trop quoi en faire, et déclarera peut-être que c'est un message des dieux qui justifie clairement que ce soit lui ou elle ou - ha zut, on n'a pas de pronom neutre en français ça manque - le chef, soit, tout aussi probablement: " bah, ça ne se mange pas, aucun intérêt".

A l'autre extrémité: la société développée, qui comprendra de suite qu'il s'agit d'un message venu d'ailleurs, qui a envie de savoir, qui arrive à décrypter et cherche à savoir d'où ça vient.
Avec en main ce qui n'est ni plus ni moins qu'un instantané de la Terre 40 000 plus tôt. Il y a fort à parier que ça aura beaucoup, mais alors beaucoup changé d'ici là.
Yaura-t-il encore des humains à la surface? Pas sûr.

Et c'est là que ça devient vertigineux: les extraterrestres auront peut être en main la SEULE et unique production humaine restante pour attester que nous avons un jour existé.
Des extraterrestres qui pour l'heure sont peut être au mieux en train d'inventer l'équivalent local de l'agriculture.

Curieux de savoir ce que contient le disque?
Un court discours de présentation du secrétaire général des Nations Unies Kurt Waldheim, des salutations en une cinquantaine de langues  ( là aussi, déjà va comprendre ce que c'est qu'un langage, et ensuite qu'il s'agit de langues différentes les unes des autres), des sons aussi variés que le tonnerre et la pluie, des grillons et des grenouilles, ou un marteau piqueur (et certains sons sont assez difficiles à reconnaître même pour un terrien!), de la musique de différents pays pour l'audio, et pour l'image, des photographies des tâches solaires, des planches d'anatomie, un embryon, des gens de tous pays et toutes générations, des îles des montagnes, des arbres , une femme qui ratisse des feuilles mortes etc...

D'autant plus déroutant que le support est, d'un point de vue technique humain, largement dépassé , les images représentent parfois des modes de vie parfois disparus ou en passe de l'être, et ce en 40 ans. Alors que dire de 40 000 ans.

Pour voir les images, elles sont ici
Pour écouter l'enregistrement il est là, en intégralité

La succession de tout ces enregistrements donne un effet assez étrange, presque expérimental (et ça aussi, c'est très daté années 70, nul doute que le choix serait différent maintenant)
Mais, et là une ironie que je trouve particulièrement savoureuse.. D'après vous qui sont les 3 musiciens retenus pour représenter la culture américaine?  Blind Willie Jonhson ( bluesman ), Louis Armstrong ( jazzman)  et feu Chuck Berry, mort en mars dernier ( pionnier du rock). Vous le voyez le point commun?

Ils ont connu la ségrégation et le mépris sur Terre pour leur apparence physique et représentent pour l'éternité le pays qui les a méprisés de leur vivant...qu'ils vont représenter comme "ambassadeurs" virtuels auprès d'hypothétiques auditeurs d'une autre planète.

Je laisse la place à Blind Willie Jonhson (un musicien que j'ai découvert découvert via le film " The soul of a man"de Wim Wenders, et qui a eu tellement de poisse dans sa vie qu'il est quasiment la quintessence du concept de blues) Son morceau "Dark was the night, cold was the ground..." est partie voyager dans l'espace sombre et glacé.
Et je vois que Bruce Benamran a eu le même ressenti métaphysique.



allez, parce que je ne m'en lasse pas, je l'ai déjà dit mais cette mission spatiale a eu un énorme impact sur moi, le survol de Neptune le 25 août 1989 et les photos dans les jours qui ont suivi, rendant mon livre d'initiation à l'astronomie obsolète du jour au lendemain, mont laissé une impression inoubliable.
Que n'a pas réussi à battre la Mission New Horizon et ses pourtant superbes clichés de Pluton.



Voyager 1 a aussi un cliché très marquant à nous proposer.. D'abord on ne voit rien, c'est pour celà qu'il a été fléché

vous êtes ici
Oui, ce minuscule pixel bleuté c'est la Terre, vue le 14 février 1990 à 42 UA de distances ( donc 42 fois la distance Terre-Soleil)
Voilà ce qu'en dit Carl Sagan ( l'un des scientifiques les plusconnus,sinon, le plus connu , à avoir pris part au programme Voyager)

« Consider again that dot. That's here. That's home. That's us. On it, everyone you love, everyone you know, everyone you ever heard of, every human being who ever was, lived out their lives. The aggregate of our joy and suffering, thousands of confident religions, ideologies, and economic doctrines, every hunter and forager, every hero and coward, every creator and destroyer of civilization, every king and peasant, every young couple in love, every mother and father, hopeful child, inventor and explorer, every teacher of morals, every corrupt politician, every superstar, every supreme leader, every saint and sinner in the history of our species, lived there... on a mote of dust suspended... in a sunbeam. The Earth is a very small stage in a vast, cosmic arena. Think of the rivers of blood spilled by all those generals and emperors so that in glory and triumph they could become the momentary masters of a fraction... of a dot. Think of the endless cruelties visited by the inhabitants of one corner of this pixel on the scarcely distinguishable inhabitants of some other corner. How frequent their misunderstandings, how eager they are to kill one another, how fervent their hatreds. Our posturings, our imagined self-importance, the delusion that we have some privileged position in the universe, are challenged by this point of pale light. Our planet... is a lonely speck in the great, envelopping cosmic dark. In our obscurity, in all this vastness, there is no hint that help will come from elsewhere to save us from ourselves. The Earth is the only world known so far to harbor life. There is nowhere else, at least in the near future, to which our species could migrate. Visit, yes. Settle, not yet. Like it or not, for the moment, the Earth is where we make our stand. It has been said that astronomy is a humbling and character-building experience. There is perhaps no better demonstration of the folly of human conceits than this distant image. To me, it underscores our responsibility to deal more kindly with one another and to preserve and cherish the pale blue dot, the only home we've ever known. »


mercredi 11 janvier 2017

Et puis, et puis encore?

Qui reconnaîtra l'allusion?

Je l'avais dit, j'ai comme des envies de voyage, et Denis du blog Bonheur de lire aussi. Donc sans être un "vrai challenge" littéraire ou autre, j'en suis quand même.. attendez moi, les amis, je finis ma valise!


Nicolas bouvier ( oui c'est écrit petit), autre écrivain grand voyageur

Il nous propose donc de voyager, et met de plus sa thématique sous les bons auspices de Charles Baudelaire et de son invitation au voyage. Mais je l'ai dit il y a quelques jours, Charles Baudelaire, c'est mon coup de foudre littéraire absolu et jamais démenti. Denis, désolée, mais là je suis plus qu'obligée de te suivre...

Avec cependant, une petite préférence pour "le voyage" sur la même thématique ( désolée, mais pour moi, la mise en musique de "l'invitation au voyage" m'a gâché ce texte. Oui même si c'est Léo Ferré, juste parce que la musique ne correspond pas du tout à mon ressenti du texte.

"Le voyage" est donc un très long poème dont voici la première partie. (notez la V° partie, j'en ai quasiment fait ma devise)

Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !



Charles, cher Charles, un bon siècle et demi nous sépare,  mais j'ai l'impression que tu parles de moi là, ou bien à moi.. et très souvent dans tes textes.
Souvenir de lycée: la plupart des élèves qui s'intéressaient à la poésie, autrement ils étaient peu même en première et terminale littéraire, n'avaient pas d'affinité avec Baudelaire, et adulaient Rimbaud. Je n'ai jamais accroché aux textes de Rimbaud.. il faudra que j'essaye un peu plus, pour voir ce que ça donne quelques années après.. mais voilà, je n'ai jamais eu cette sensation que Rimbaud s'adressait spécialement à moi.Oui je sais, c'est limite orgueilleux d'écrire ça, mais un auteur me parle et l'autre pas, et quasiment au sens le plus littéral du terme.

Coïncidence? le 31 août se sera les 150 ans de sa mort. Donc l'année sera celle du voyage et aussi de Charles Baudelaire.

Pour la littérature " de voyage" ou évoquant le voyage, j'ai déjà quelques idées, pour des sujets directement " souvenirs de voyage" aussi .. alors, on part?