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mardi 25 octobre 2022

Récits fantastiques - Théophile Gautier

Après Mérimée et sa Vénus d'Ille l'an dernier, je continue avec une autre auteur phare du XIX° siècle, et grand amateur de fantastique.
Théophile Gautier, célèbre... mais assez peu lu il me semble de nos jours, hormis quelques uns de ces récits une fois de plus au collège, et peut être le roman de la Momie. Je ne pense pas que beaucoup de gens aient lu par exemple le capitaine Fracasse (moi, il y a.. très très très longtemps) ou les poèmes.
Théo, j'en ai parlé ici même l'an dernier à deux reprises, pour le très-élégant et très sous-entendu  poème "le  Spectre de la rose" et son adaptation sur scène, et pour le scénario du ballet Giselle ( et ça m'éclate toujours autant: un auteur célèbre qui écrit un scénario pour un spectacle sans paroles).

Mais j'ai aussi dit que Théophile était l'idole de quelqu'un qui est MON idole: Charles Baudelaire. Et vu que depuis deux ans je n'ai pas eu la possiblité de consacrer à Baudelaire un second sujet, retour aux sources, avec une lecture de textes de celui à qui est dédié dans son intégralité le recueil des Fleurs du Mal

"Dédicace

Au poète impeccable
Au parfait magicien ès lettres françaises
A mon très-cher et très-vénéré
Maître et ami
Théophile Gautier
Avec les sentiments
De la plus profonde humilité
Je dédie
Ces fleurs maladives
C.B."

Je trouve ça génial: un écrivain qui est devenu un des poètes les plus talentueux, pétri d'admiration dédie son oeuvre à un autre auteur.. dont justement l'oeuvre poétique a été un peu oubliée, effacée derrière sa prose.
(Bon il y a certains poèmes qui .. enfin bref " le godemichet de la gloire" se paye la tronche de Napoléon et de la colonne Vendôme. Et "l'épouseur de famille" parle en fait d'une célibataire qui se débrouille toute seule. Mais ouf, n'utilise pas la colonne quand même. Oui, c'était quand même chaud lapin, le Théophile. Avec élégance, mais de manière quand même très claire " à une robe rose" )

Et quelle prose! Elégante, raffinée, souvent humoristique, voire sarcastique. J'aime beaucoup, vraiment beaucoup son style et son sens de la dérision.

"Il ne serait peut-être pas inutile, pour rendre plus vraisemblable l'invraisemblable histoire que  je vais raconter, d'apprendre à mes belles lectrices qu'à cette époque j'étais en vérité un assez joli garçon. J'avais les yeux les plus beaux du monde : je le dis parce qu'on me l'a dit ; un teint un peu plus frais que celui que j'ai maintenant, un vrai teint d'oeillet ; une chevelure brune et bouclée que j'ai encore, et dix-sept ans que je n'ai plus. Il ne me manquait qu'une jolie marraine pour faire un très passable Chérubin ; malheureusement la mienne avait cinquante sept ans et trois dents, ce qui était trop d'un côté et pas assez de l'autre." ( Extrait de Omphale) 😂

Le recueil contient 12 nouvelles, dont certaines que j'avais déjà lues et chroniquées via les tomes de la dimension fantastique ( La morte amoureuse, La cafetière), certaines que je connaissais de titre (Onuphrius, le pied de momie, la pipe d'opium, Avatar), et certaines que je ne connaissais pas du tout.


En plus, Théo nous fait voyager, dans l'espace et le temps . La cafetière nous emmène en Normandie (et au XIX° siècle, c'était déjà une aventure), Le chevalier double se passe au moyen-âge en Norvège, Arria Marcella est sous-titrée" souvenir de Pompéi". La Morte amoureuse semble se passer vers Venise. Deux acteurs pour un rôle a Vienne pour cadre, et Jettatura, Naples.
Omphale, Onuphrius et le pied de momie se passent à Paris mais voient arriver un personnage d'une autre époque ou d'un autre monde.
Quand à la Pipe d'opium et au club des hachichins, oui, on peut aussi parler de " voyage", du genre qu'on fait en planant.

Cependant par simplicité, je vais séparer les deux dernières , Avatar et Jettatura, beaucoup plus longues et parce que je les ai aussi dans une autre édition.
Ca fera donc l'occasion d'un autre sujet à l'avenir :)

La cafetière: Invité en vacances dans un manoir de Normandie, le narrateur est victime d'une illusion ...ou d'une hantise. Dans la chambre au décor XVIII° siècle, ornée de tableaux et de porcelaines, il voit les peintures s'animer, les personnages sortir de leurs cadre pour organiser un bal, une jolie femme nommée Angela l'invite à danser. A la fin de la danse, Angela tousse, puis se casse. Et ce n'est pas de l'argot: elle tombe, se brise en miettes, le héros comprend qu'il  a rêvé et a dansé avec une cafetière en faïence. Au matin ses hôtes le trouvent endormi, habillé en petit marquis, les débris de la cafetière jonchent le sol. Pensant qu'il a voulu essayer un des habits à la française qui étaient là, et qu'il a probablement fait une crise de somnabulisme, ils laissent passer. Quelques jours plus tard, on le trouve en train de dessiner: inconsciemment il a tracé le portrait de la femme de ses rêves. Jusqu'à ce que l'hôte fasse la remarque que "c'est étrange, ce portait ressemble comme deux gouttes d'eau à ma soeur Angela. Qui est morte depuis deux ans. D'une pneumonie attrapée en sortant d'un bal.".

Onuphrius
est un jeune peintre, dramaturge et poète. Un homme plein de talent, mais bizarre aux yeux de la société. Mystique, avec une tendance à l'imagination trop fertile, il est de fait le mouton noir de la société, personne ne le comprend. Sa solitude et son sentiment d'être incompris le rend hautement fragile et sujet aux hallucinations. Qu'une série d'événement étranges lui arrive, et.. il met ça sur le compte d'une possession diabolique. Il est persuadé que le diable lui en veut personnellement et fait tout pour lui pourrir la vie: le faire arriver en retard à un rendez-vous avec sa petite amie et modèle; lui faire rater le portrait, ce qui le brouille avec la dame; le faire perdre aux dames contre un petit vieux (et on l'a dit avec Gautier, les sous-entendus grivois ne sont jamais loin).
Le diable lui apparait, comme un élégant dandy roux aux yeux verts, qui le ridiculise, lui jette des sorts.. et le poursuit jusque dans ses rêves: Onuphrius en rêve se voit mort, trahi par tous, enterré vivant, déterré pour être autopsié. Son fantôme assiste à une exposition où ses meilleurs tableaux ont été signés d'un autre nom, puis à la première de sa pièce, également volée par un "ami".Puis il voit  le diable lui ouvrir la tête pour en faire fuir toutes les idées originales et géniales, transformant ses textes brillants en banalités conventionnelles, qu'il estime absolument nulles mais que tout le monde trouve pour une fois, géniales...

Une excellente histoire, plus profonde qu'il n'y parait sous le vernis fantastique, j'y vois une allégorie de l'artiste trop original qui se contraint à son grand regret à faire des choses banales pour être accepté du public. Mais aussi une pique à l'égard des gens prompts à voler le travail des autres. Ca m'a beaucoup rappellé " l'homme à la cervelle d'or", d'Alphonse Daudet, où un homme doté d'une cervelle en or, se voit contraint de la brader, petit bout par petit bout pour satisfaire aux exigences des uns des autres, et devient banal, plat, impersonnel. Et, devenu " comme tout le monde", il est oublié précisément de tous ceux qui l'ont exploité et contraint à devenir "comme tout le monde".

Omphale nous raconte comment un jeune homme passant quelques nuits chez son oncle dans une maison ancienne est témoins de curieuses manifestations .. jusqu'à ce que la tapisserie rococo présente dans la pièce, représentant Omphale et Hercule s'anime, et que "Omphale" en descende pour venir le draguer. Notre homme commence donc une liaison nocturne et clandestine avec Antoinette T., ou du moins son fantôme bien tangible, qui posa autrefois comme modèle pour la tapisserie. L'aventure se terminera quand l'oncle découvrira la liaison et fera décrocher la tapisserie, en protestant " sacrée Antoinette, elle avait pourtant promis de se tenir tranquille". Visiblement, cette accorte fantômesse n'en était pas à sa première escapade hors de sa tapisserie!

Plus connue, la Morte Amoureuse emprunte beaucoup à ETA Hoffman à commencer par le nom de Sérapion, le curé qui veille sur le héros, Romuald. Romuald a toujours rêvé de devenir curé, s'est destiné à la prêtrise, mais le jour même de son ordination, tombe amoureux d'une étrange femme, présente dans l'église. Il s'agit de Clarimonde, célèbre mondaine, dont on dit qu'elle serait également démon succube, vampire, diable, etc... Romuald ne parvient pas à renoncer à sa vocation, mais est hanté par le souvenir de cette jolie femme entrevue pourtant une seule fois. La seconde rencontre est macabre, puisqu'il est appelé pour lui donner l'extrême onction. Mais Clarimonde a déjà rendu le dernier soupir à sont arrivée et Romuald ne peut résister à embrasser le cadavre (il est chelou ce curé!).
Un geste hautement symbolique, qui rappelle Clarimonde à la vie. Enfin, il semble surtout que ce n'est pas vraiment la première fois qu'elle soit morte.
Et, dès lors, elle l'entraîne dans une double vie: le jour, sage curé d'une petite ville; la nuit, amant et complice des orgies de Clarimonde. L'homme n'arrive plus à savoir laquelle de ses deux identités est la vraie, curé ou grand seigneur, et laquelle rêve que l'autre est un songe. Il a bien découvert que Clarimonde le drogue et profite de son sommeil pour lui soutirer un peu de sang, en se promettant à haute voix de ne pas le tuer, mais il ne peut, malgré sa peur, pas se défaire de son emprise.
Autant Omphale n'était pas une visiteuse nocturne particulièrement angoissante, autant Clarimonde est très dangereuse. Pas forcément qu'elle ait réellement une volonté de nuire à ce moment de l'histoire, mais qui sait ce qui risque d'advenir du malchanceux Romuald lorsqu'il vieillira et qu'elle se lassera de lui?

La pipe d'opium: Là, c'est bien sans l'ombre d'un doute Théophile Gautier lui même qui narre une étrange vision, survenue à la suite d'une soirée fumette. Car oui, c'était l'époque où les écrivains se dopaient l'inspiration de diverses manières et ce n'est pas Charles Baudelaire et ses Paradis Artificiels qui démentiront ça.
Donc Théo fume de l'opium chez un ami, mais les effets ne se produiront que quelques heures plus tard, et c'est seulement le soir suivant qu'il va faire un (bon) trip assez carabiné. Théo, complètement foncedé, voit le plafond devenir transparent, les esprits voleter autour de lui, ses potes entrer dans la pièce sans ouvrir les potes... on se croirait dans Alice au pays des merveilles. Le plus cocasse dans l'histoire c'est qu'il arrive à vous donner envie de tâter de la boulette d'opium, tant ça a l'air cool de se droguer ( ha et au passage, se confirme le même fétichisme que chez  Pouchkine: il bave devant les petits pieds des dames, plus les pieds sont petits, plus il kiffe, ça revient régulièrement chez lui).

Donc pour vous convaincre que la drogue c'est quand même pas tip-top, la photo de Théophile le junkie.
Théo-les-valoches a visiblement plus d'une soirée fumette à son actif, et fout un peut les jetons.

Bon on va mettre ces cernes sur le compte de la hantise nocturne par d'accortes femmes fantômes qui venaient l'empêcher de dormir... ouais, mais non, j'ai plutôt l'impression que beaucoup de ces spectrales apparitions nocturnes ont beaucoup à voir avec les volutes de diverses fumées.
Avant.
Oui, ça fait mal.
(et j'y pense, c'est raccord: voir la photo de quelqu'un qui est mort depuis longtemps, c'est un peu voir la photo d'un revenant, quelque part)

Le chevalier double: direction les brumes de Norvège. Dans la demeure du comte Lodbrog, l'héritier tant attendu vient de naître. Problème, le petit Oluf est né sous une mauvaise étoile. Ou plutôt sous deux étoiles opposées: une verte, représentant son bon côté, et une rouge, son mauvais côté. Le gamin semble d'ailleurs avoir une double personnalité. Il tient de ses parents bien scandinaves, mais a aussi des traits hérités d'un troisième personnage. Alors qu'elle l'attendait, sa mère est tombée sous le charme d'un musicien itinérant, aux yeux sombres, ayant la beauté du diable. Et rien que par l'ensorcellement venu de sa musique, l'enfant a hérité des yeux noirs et du charme " diabolique" du mystérieux musicien. Pour pouvoir séduire une dame nommée Brenda (oui je me suis marrée, ça fait tellement peu saga nordique, et tellement roman Harlequin), Oluf va devoir affronter sa mauvaise part et la vaincre.
Autant l'idée est sympa, avec un emploi intéressant des temps de narration ( la narration est au passé, sauf les ellipses temporelles qui sont marquées par le présent pour marquer le bond dans le temps), l'ajout d'une conclusion allégorique du type " il faut affronter ses propres démons" casse tout le fantastique. Donc mini ratage.

Le pied de momie: un prototype du roman de la momie, avec un humour sarcastique réjouissant. Le protagoniste, personnage particulièrement vain, se met un jour en quête d'un presse-papier. Mais il veut quelque chose d'original, qui rende jaloux tout le monde, et le pose en homme de goût et de culture - on rappelle qu'il veut un objet qu'ironiquement, lui seul verra sur son bureau privé. Il achète pour une somme dérisoire aux antiquités ce qu'il prend pour un pied de statue en bronze, mais qui est un authentique pied coupé de momie, celui d'Hermonthis, fille d'un pharaon de l'antiquité. Ravi de son achat qui le pose socialement ( " la vraie occupation d'un homme sensé me paraissait d'avoir un pied de momie sur son bureau" , si tu le dis), notre vaniteux  héros va avoir une visite nocturne inattendue. Hermonthis, morte depuis 3 millénaires mais encore fort bien conservée pour son âge, bien que boîteuse, vient chercher son pied. Elle n'a pas d'argent pour le racheter, mais l'homme dans sa "bonté" le lui rend. Hermonthis l'emmène donc pour le remercier en voyage dans l'antiquité, rencontrer sa famille aussi momifiée qu'elle. Lorsque le pharaon lui propose un cadeau, notre homme se croyant drôle demande "la main d'Hermonthis en échange du pied", qui lui est refusée, au motif qu'il est beaucoup trop jeune. Pensez, il a 27 ans, elle en a 3000! Le pharaon explique que s'il n'en avait que 2000, bon, passe encore, mais les humains contemporains ne sont pas fichus de savoir se conserver, et il faut à Hermonthis un mari durable, un qui ne tombera pas en poussière à peine quelques années après sa mort!
Je kiffe l'humour du pharaon, adieu veaux, vache, cochon couvée la main et le pied, retour à la réalité.

Deux acteurs pour un rôle: A Vienne, le jeune acteur Henrich est en pleine ascension, son interprétation de Mephisto dans le Faust de goethe fait l'unaniméité. enfin sauf auprès de 2 personnes. Kathy, sa petite amie très croyante, qui voit ce rôle comme un mauvais présage, et désapprouve de toute façon son choix de métier, car elle imagine un mariage et une vie bien banale avec Henrich, à deviser auprès d'un poele en faïence de l'avenir de leurs enfants, et que ses parents refuseront de toute façon qu'elle se marie avec un acteur. Henrich lui oppose que les parents refuseraient un acteur de seconde zone, mais probablement moins une vedette richissime comme il est en passe de le devenir.
L'autre personnage peu enthousiaste est un curieux type, qui se présente comme un marchand bourgeois, rencontré dans un café louche, qui trouve la prestation de Henrich très moyenne, notamment sa façon trop peu diabolique de rire. L'inconnu est lui capable d'un rire réellement démoniaque, et il s'incruste à la denière, pour remplacer Henrich sur scène. Et si je vous dis que l'inconnu a , en plus de son rire glacial, des yeux vert profond, des dents pointues  et des ongles courbés commes des griffes. curieux marchand, qui envoie magiquement Henrich au 2emme sous sol pour prendre sa place et jouer, bien sûr, son propre rôle. quel meilleur interprête pour le rôle du diable que le diable lui même?

Le club des hachichins: plongée dans les milieux interlopes de Paris vers 1850. et comme pour la pipe d'opium, c'est Théo-le- junkie qui nous raconte ses soirées "paradis artificiels". Après l'opium, c'est au tour de beuh. Mais attention, on est dans les milieux aisés, intellectuels.. C'est de la fumette classieuse entre gens de la bonne société, du trip organisé façon société secrète. Mais ça n'empêche pas que les effets de la drogue  sont traîtres, y compruis chez les bourgeois. Ce qui commence par un bon trip, très drôle et joyeux, se mue peu a peu en mauvais trip. Ils faut dire qu'ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère, ce n'est pas un simple joint, mais de la pâte de haschish  bien concentrées mêlée à la nourriture.donc.. on plnne méchamment. Et notre Théo se voit finalement transformé en marbre, harelé par "Daucus-Carota" personnage issus d'un conte de ETA hoffmann ( encore lui), dotés de pieds de mandragores.
Je l'imagine plutôt comme notre bon vieux Léguman des années 80 :D
Je plaide mon âge pour cette référence.
En tout cas, ça donne une autre lecture possible de la Cafetière, où les manifestations fantastiques ont peut être aussi beaucoup à voir avec .. disons puisque ça se passe en Normandie, les champignons de la campagne?

Arria Marcella, Souvenir de Pompéi. Dernière nouvelle pour cette fournée!
Trois copains sont en visite à Pompei ( il faut imaginer  personnages du XIX° siècle, en chapeau haut de forme et chaussures vernis, dans les ruines) avec un guide un peu blasé qui débite sans ciller son monologue, que les autres écoutent distraitement ou chahutant.
Tous ont des caractères et conceptions su l'amour très différentes.
Fabio, l'esthèste vain, court après toutes les femmes, pourvu qu'elles soient belles, et quel que soit leur statut social.
Max, l'ogueilleux séducteur, ne recherche que la compagnie des femmes qui le détestent, pour le plaisir de faire leur conquête, avant de les plaquer une fois atteint son objectf (un peu Valmont, donc)
Et Octavien - dont le nom est très adapté à cette visite - l'idéaliste bovaryste, est incapable de s'attacher à une femme réelle. Il tombe amoureux de statues, de personnages littéraires ou mythiques, qui pour lui valent mieux que la prosaïque réalité.
Arrivés dans la maison de l'affranchi Arrius Marcellus, le guide leur fait remarquer que c'est ici qu'on a trouvé le moulage d'Arria Marcella, femme morte il y a donc 20 sicèles, et dont justement le matin même Octavius admirait le moulage. Pas n'importe quoi quand même, pas sa tête, ou son corps entier non: le moulage d'un nichon, parfait ( idéaliste, mais quand même obsédé sexuel, hein), dont il est.. yep tombé amoureux.
Le soir même, ne pouvant dormir, Octavien repart à Pompei, pour voir les ruines de nuits. A sa grande surprise, il n'y a plus de ruines, la ville à l'air neuve, une inscription lui apprend qu'on est en l'an 79 , avant la destruction par le Vésuve. Octavien va donc aprtir à la recherche d'Arria, pour la voir réellement.
Ville fantôme ou réminiscence? Si les gens qu'ils croisent ne semblent pas au départ le remarquer, il entre peu à peu en contact avec eux, et peut donc interragir avec ce lui et ses habitants. Un pompéien, Rufus, croisé par hasard et qui est fort amussé par l'accoutrement et l'accent rigolo d'Octavien quans il parle latin, l'emmène au théâtre, où enfin, il rencontre Arria ( forcément la plus belle femme du monde, je suis un peu tannée de ce cliché, entre nous) qui le voyant , a le béguin pour lui et l'invite chez elle à diner, et plus si affinités ( il y aura affinités et plus, même si c'est dit indirectement, Octavien se tape le fantôme)

Etonamment, si Rufus n'a pas conscience de la situation, Arria est parfaitement au courant d'être morte presque ensevelie 2000 ans plus tôt, de même qu'Arrius, son père qui la considère comme un démon lubrique, une goule qui a ensorcelé Octavien et doit le renvoyer à son époque. En effet Arria est païenne et croit aux dieux romains, tandis que son père est un des premiers chrétiens. Bien que morts tous les deux ce jour-là, leur différent religieux est vivace, et Octavien assiste à une querelle religieuse de fantômes, jusqu'au moment où tous deux disparaissent, à l'aube.
Alors promenade nocturne dans le passé ou rêve causé par la situation sur une imagination un peu trop fertile? En tout cas, Octavien, contrairement à ce qui se passe habituellement dans ce genre d'histoire, revient à sa vie normale, et se marie avec une femme réelle, tout en gardant la nostalgie de sa pompéienne.
Contrairement au héros de la cafetière, à qui arrive une aventure similaire et dont on ne sait pas ce qu'il devient, cette conclusion prosaïque est finalement plutôt drôle, un clou dans le cercueil du romantisme.

Et donc voilà pour une première partie de ce recueil, il reste je l'ai écrit , 2 nouvellesn que je garde pour une prochaine occasion. Mais oui, j'aime beaucoup l'écriture de Théo (- le - junkie), élégante, spirituelle, sarcastique, et qui bien que dans la veine romantique, semble assez souvent sonscient des travers du genre dont il se moque.


Etape Française! cocorico
Et un nouveau classique en prime


lundi 23 mai 2022

Nouvelles russes en VO

noubelle étape du voyage en 80 livres , on quitte un peu les rives de la Mer noire pour celles de la Baltique ( entre autres)
Liban-> USA-> Grèce-> Israël -> Russie
langues d'origine:
arabe du Liban -> anglais des USA-> grec ancien-> hébreu ancien-> russe
(je souligne ce que j'ai lu en langue d'origine)


Ne sachant pas trop comment les classer, j'ai décidé d'en faire un sujet gobal.
En voilà donc 5, il n'est pas impossible qu'un autre sujet se rajoute par la suite, si d'autres lectures en vo arrivent dans mon cursus.

Puisque dans le cadre de mes études j'en ai lu quelques unes cette année. Il n'y a donc pas de lien logique entre elles, que ce soit d'époque, du sujet ou de genre.
Commençons donc par les vivants, et en l'occurence les vivantes, et je vais remonter dans le temps en fonction des dates de naissance.

- шарфик ( la petite écharpe, le foulard) - Dina Rubina (née en 1953)
Une poétesse, Nina Arkadievna, 50 ans, reçoit un jour une proposition: une édition spéciale de son recueil de textes. Mais pour ce faire, elle doit fournir une photo d'elle, or elle n'en a pas de récentes, ni qui convienne spécialement à une quatriéme de courverture. L'éditeur insiste et a convainc de prendre part à une séance photo, avecle meilleur photographe possible, même si elle déteste ça.
Mauvaise surprise, le jour dit, le photographe n'arrive pas seul, il est accompagné d'un styliste, la journée de Nina s'annonce un calvaire. Et effectivement elle est très pénible. Mais contre toute attente,  le courant passe bien entre elle et le syliste, un jeune homme calme et qui ce jour là, fait des merveilles pour mettre en valeur la digne dame avec des foulards de couleur. Nina qui a quand même quelques préjugés se dit qu'un styliste est forcément homosexuel, bien qu'il ne corresponde pas vraiment au cliché du styliste expansif et introverti, et que c'est quand même un peu dommage, un si charmant garçon... or il n'en est rien, ils ont l'occasion de discuter lorsqu'il revient lui apporter les épreuves photo à choisir et lui raconte comment lui, si discret et réservé est devenu styliste: son ex petite amie, une mannequin coréenne lui appris l'art de nouer les foulards - elle était complexée par son lond cou et des " clavicules moches" et s'entortillait toujours de nombreuses écharpes pour masquer ces défauts. Le garçon a simplement pris goût à cet art de la "draperie". Les deux ont rompu fort longtemps avant, leurs différences de caractère les ayant progressivement éloigné plus encore que leurs différences de culture.

Une nouvelle que j'ai bien aimée, parce qu'elle parle de différences, que l'on surmonte ( le décalage d'âge entre Nina et le styliste ne les empêche pas de nouer une relation amicale) ou pas ( le styliste et son ex ont toujours vécu dans ceux mondes différents, et leurs aspirations étaient différentes) il y est question de liberté, de suivre sa voie, sans regret, en gardant un bon souvenir du passé, avec plus ou moins de nostalgie. Pas un coup de coeur absolu, mais une lecture plutôt sympathique.
texte en VO

-Дочь Бухары (La fille de Boukhara)- Lioudmila Oulistkaya (née en 1943).

Peu après la seconde guerre mondiale, un médecin militaire, Dmitry, rentre dans sa ville natale, avec sa jeune femme: une ouzbèque, très jolie, toute petite, une poupée. La foule de voisins, qui admire cette jolie femme, est cependant un rien raciste, personne ne se donne la peine de la connaître, et se contente de l'appeller " Boukhara" du nom de sa ville natale. Les choses vont empirer lorsque va naître une petite fille, Mila. Mila est malheureusement trisomique. Boukhara entreprend de tout faire pour que Mila ait la vie la plus normale possible, mais Dmitry, qui se sent coupable de la maladie de sa fille, ne peut plus supporter de la voir. Terrifié à l'idée d'avoir un autre enfant qui aurait la même maladie, il quitte femme et fille pour une autre femme, stérile, avec qui il n'y a donc pas de risque d'avoir un autre enfant " défectueux", et se contente d'envoyer périodiquement un peu d'argent pour se donner bonne conscience.
Or tant que Boukhara était mariée avec le médecin les choses allaient à peu près normalement. une fois que le mari la quitte, elle est une moins que rien, contre qui les voisins s'acharnent, font des pétitions, craignant ou feignant de craindre une " contamination" par la petite Mila.

Boukhara va donc devoir seule , avec juste l'aide d'une vieille infirmière qui travaillait chez son connard d'ex mari, trouver un travail, élever sa fille l'aider au maximum à atteindre l'autonomie, et ce en temps limité, car elle est de plus atteinte d'une maladie incurable. Sa dernière tache sera de trouver un mari convenable à Mila, histoire qu'elle ait une vie " standard". Elle jette donc son dévolu sur un gentil garçon lui aussi trisomique, et arrange une rencontre entre lui et sa fille, en négociant avec le père du garçon un véritable marriage arrangé. Mais par chance les deux jeunes gens handicapés s'entendent à merveille. L'idée est plus qu'il fassent front ensemble face aux moqueries, plutôt que de rester seuls chacun.

La nouvelle est assez courte, mais pour moi, elle pèche par son accumulation de thèmes difficiles: le déracinement, le racisme, la maladie, le parent fuyant, les difficultés économiques, la mère courage, re-la maladie. Il y avait là la matière à 3 ou 4 nouvelles, et j'ai une sensation de trop plein.
J'avais lu " Les enfants de Médée" de la même autrice il y a de nombreuses années, je l'ai encore sur mon étagère, mais il ne m'a pas laissé beaucoup de souvenir. Il faudra que je le relise. ca fait des années que son nom est pressenti pour un prix nobbel de littérature et disons qu'à priori, si je ne me souviens pas du roman, c'est qu'il ne m'a pas fait une forte impression. Ou que je l'ai lu à un mauvais moment, , seule une relecture me permettra de trancher.

texte en VO
Je n'ai pas trouvé de traduction, mais ce n'est pas non plus ma priorité, j'ai plus envie de tenter de traduire les deux suivantes.

- Корзина с еловыми шишками (Le panier de pommes de sapin)
- Konstantin Paoustovski (1892 - 1968):


Une courte nouvelle qui se passe en Norvège, près de Bergen. Un vieux monsieur qui se promène en forêt, rencontre par hasard une petite fille qui porte un lourd panier rempli de pommes de sapin ( comprendre: elle est d'une famille très pauvre, et elle a été envoyée ramasser des pommes de sapin pour que la famille puisse se chauffer en hiver). La petite fille, une petite rousse aux yeux verts de 8 ans,  Dagni Pedersen, est la fille du garde forestier. Le vieux monsieur se nomme Edvard Grieg. Touché par la vivacité de Dagni, il lui promet un joli cadeau.. mais pas tout de suite, car il lui faut le temps de le faire. Elle l'aura pour ses 18 ans, avant ce serait trop tôt. Dagni, qui ne sait pas qui il est, pense qu'il va lui fabriquer un jouet, et déçue, pense qu'il est un peu lent, s'il lui faut 10 ans pour fabriquer un objet. Ou bien qu'il la croit maladroite et qu'il craint qu'elle ne casse son cadeau, lorsque Grieg lui dit que c'est un cadeau " pour les adultes"
Elle aura l'occasion, effectivement 10 ans plus tard, de découvrir son cadeau: après son diplôme, elle part à Christiania ( Oslo depuis 1925), chez sa tante et son oncle, pour se détendre et qui sait peut être trouver un travail dans la grande ville. Ses parents travaillent dans un théâtre et elle découvre aussi le monde de l'art. Et elle va découvrir son cadeau lors d'un concert: Grieg, qui ne l'a jamais oubliée, lui a composé tout spécialement un morceau pour ses 18 ans. Un morceau qu'elle n'aurait effectivement pas apprécié à sa juste valeur en étant plus jeune.
Une fort jolie histoire sur l'amitié entre gens de générations différentes, le pouvoir expressif de l'art, et. la beauté des paysages norvégiens, le tout écrit dans un russe à la fois élégant pour les descriptions, mais également assez accessible ( niveau B1/B2)

texte en VO
Je ne l'ai pas trouvé traduit, donc... je suis fort tentée de faire ma propre traduction cet été, ça fait longtemps :)

- Состязание ( le concours)Vikentii Veressaeiev ( 1867 -1945).

Après la musique, la peinture. Une autre histoire qui parle du pouvoir d'évocation de l'art.
Dans une ville et un pays inconnu, tous les ans est organisé un concours de peinture. Le gagnant verra son oeuvre exposée sur la place principale de la ville pendant un an et gagnera outre la célébrité, un titre honorifique. Le gagnant des deux précédentes années, un peintre d'un âge disons vénérable, est donc ainsi surnommé " deux-fois-couronné", puisqu'il gagné deux précédentes éditions. et il est évidemment le favori pour la troisième année consécutive. Mais cette année, un autre concurrent, le seul capable de faire peur à " deux-fois-couronné", se présente. Il s'agit ni plus ni moins qu'un de ses élèves, le plus talentueux, nommé " Licorne". Les deux peintres découvrent le sujet en même temps et ont un an pour réaliser un tableau. Le thème de cette année ( est une peu pipeau quand même) " la beauté de La Femme". Il faut donc réasliser un tableau représentant ni plus ni moins que la plus belle femme du monde. Les deux peintres discutent brièvement: Tantdis que " deux-fois-couronné" se met de suite en quête du modèle parfait, "Licorne", lui l'a déjà trouvé . il se propose de peindre le portrait de la plus belle femme du monde, Zorka, sa petite amie. Zorka est une femme pauvre, qui vit dans une chaumière, vend des poissons au marché, pas spécialement laide, mais pas spécialement jolie non plus, une femme objectivement très quelconque, qui fait dire à " deux-fois-couronné" que l'amour est aveugle.
Qui du peintre chevronné qui recherche un modèle parfait, à la beauté surhumaine ( qu'il va d'ailleurs finir par trouver et rendre à la perfection), ou du débutant qui se contentera de peindre une femme du peuple, va gagner le concours? C'est à la foule de décider, car c'est elle qui va voter pour le meilleur tableau.

Celle-ci m'a un peu moins plu, par sa structure de conte un peu trop facile à mon goût, son sujet quand même un peu attendu , le fait que j'ai deviné le résultat avant la fin.. mais aussi la langue assez compliquée. On est en face d'un auteur symboliste, et donc les symboles, c'est toujours très personnel.. soit on adhère, soit on n'adhère pas à l'idée de l'auteur. Et là, bon, j'ai eu plus de mal avec cette quête de la "beauté". Ou plutôt l'idée que tout le monde aura la même conception un peu stéréotypée de la beauté en fait. et puis qui dit symbolisme dit "langue très alambiquée"

Texte en VO

Je n'ai pas non plus trouvé de traduction, donc j'y songe aussi. Peut-être qu'en le décortiquant, je l'apprécierai un peu plus, qui sait.

- Жалобная книга  (Le registre des réclamations) - Anton  Tchekhov ( 1860 - 1904)

Un texte très très court, paru dans un journal, comme s'il s'agissait d'une page d'un recueil des plaintes dans une gare.

Vous avez déjà lu les papiers qui servent à faire l'essai de stylos au rayon papeterie.. ou la porte des toilettes dans une lieu public? Ben voilà, c'est à peu près ça.
On y trouve tout et n'importe quoi SAUF de réelles réclamations sur la gare et les transports: une épigramme avec une caricature, un dénommé gars  qui déplore la perte de son chapeau, quelqu'un qui répond au message du dessus, la dénonciation  "Nikandrov est socialiste!", un autre se plaint du gendarme, encore un autre qui se plaint de la physionomie du chef de gare, un qui dénonce la femme du gendarme vue en galante compagnie, une déclaration d'amour... Le seul qui semble vouloir se plaindre de quelque chose en lien avec les trains a été raturé, et le chef de gare a bien du mal à faire régner l'ordre dans son cahier.

La conclusion m'a beaucoup fait rire, dans le fond, ça m'a rappellé un certain livre d'or dans un certain musée où je travaillais, je confirme que certaines interventions étaient complètement à côté de la plaque ( j'ai souvenir d'une " plainte" concernant les chaussures de la gardienne de telle salle qui faisaient trop de bruit quand elle marchait et que ça gênait et qu'il fallait lui dire de porter d'autres chaussures..)
Oui c'est bien vu, je soupçonnerai même Tchekhov d'avoir copié directement une page dans une vrai registre de plaintes :D

texte en VO
Texte en VF

 Dommage que le texte français perde en saveur : «Ты картина, я портрет, ты скотина, а я нет. Я — морда твоя». La phrase est une épigramme rimée en russe, la traduction  « Tu es l’image, moi le portrait, tu es une bourrique, pas moi. Je suis ta gueule. » ne lui rend pas honneur

 Tchékhov ayant été traduit, les 4 autres n'ont à ma connaissance pas de traduction en français. Laquelle préféreriez vous lire en premier? Je vous avoue que je suis moins tentée par la traduction de Lioudmila Oulitskaya, mais les 3 autres sont envisageables. Le but du jeu est quand même que je m'amuse un peu à le faire :)


Littérature russe, et en VO svp!


mercredi 18 mai 2022

Le cantique des cantiques - anonyme

 Après le Liban contemporain et la Grèce antique, je reste un peu au proche orient et en antiquité, et dans les langues orientales. Traduction de l'hébreu cette fois!
Liban-> USA-> Grèce-> Israël ( un peu artificiellement, en mentionant les pays actuels puisqu'on parle d'un texte antique)

et au niveau des langues d'origine:
arabe du Liban -> anglais des USA-> grec ancien-> hébreu ancien

OMG! Moi athée, qui lit un texte religieux? Oui, mais...
attendez la suite.

En effet, Le philosophe et philoloque Ernest Renan prend le Cantique des Cantiques, un des textes de l'ancien testament, et entreprend de le traduire, déjà, depuis l'hébreu ( et ,non plus seulement depuis els traductions en latin).
Puis suivant la méthode scientifique, il fait suivre sa traduction d'un commentaire de traduction où il explique comment il a procédé au découpage du texte, pour quelle raison il a prodécé comme ceci ou comme cela. ce qui pour moi est incroyablement intéressant puisqu'il se livre à une réflexion sur son travail de traducteur, les difficultés du texte d'origine, les différentes manières dont on peut le comprendre ( autant dire que pour moi, c'est passionnant)

Il voit dans ce texte biblique à la structure obscure une ébauche de pièce de théâtre, et de mon point du vue, il défend ses arguments, et son analyse tient la route:

Pour lui ce poème hébreu antique n'est PAS un texte religieux, bien qu'il soit intégré dans un livre religieux. Et de fait, il voit là dedans un corpus de textes poétiques traditionnels, assemblés, plus comme une anthologie que comme un ensemble cohérent, qui n'ont gagné leur galons de textes sacrés qu'a posteriori,par l'aura de leur ancienneté et par les analyses dans les siècles qui ont suivi faites sur le postulat:
" ce texte est plutôt érotique. Les textes sacrés ne peuvent pas être prosaïquement érotiques. Donc, puisqu'il est dansla bible, c'est un texte sacré et donc c'est qu'il y a un sens caché allégorique. D'ailleurs il a été écrit en Isarël qui ne peut rien produire que de sacré et religieux".
Renan entreprend donc de prouver l'inverse: " pourquoi chercher midi à 14 heures?" C'est un texte profane, tout ce qu'il y a de plus profane,  qui a été ensuite repeint au couleurs de la religion dominante pour en effacer les élément trop ouvertement peu religieux ( quand la paysanne se réjouit à l'idée que son fiancé vienne goûter le jus de ses grenades, pour Renan, il y a bien un sous entendu sensuel.. mais pas du tout religieux. Elle dit clairement ce qu'elle attend avec un certains sens de l'humour). Mais oui il y a une culture profane antique dans cette région, qui a été oubliée ou volontairement mise sous le tapis par la suite.

3° partie, il propose la même traduction, mais cette fois mise en forme à la manière d'une saynète théâtrale, avec les didascalies , les personnages, etc..
Et en effet, le texte obscur ainsi mis en forme paraît beaucoup plus clair. C'est évidemment une proposition d'un chercheur, parmi d'autres, mais elle fonctionne.
Il s'appuie pour ce faire sur sa connaissance des langues et cultures du proche orient, compare le style en hébreu des dialogues, les occurrences de dialectes, les mentions de lieux qui peuvent permettre de dater l'oeuvre ( vers -980) et de la situer géographiquement ( plutôt au nord de ce qui est maintenant Israël)
C'est passionnant, car il compare l'art théâtral officiel grec et, partant du principe que les textes antiques n'étaient pas lus, mais transmis principalement oralement, il en déduit que puisque le théâtre officiel ne faisait pas partie de la culture antique de cette région, il y a fort à parier que cette histoire soit plutôt une série de saynètes qui étaient jouées sur plusieurs heures, voir plusieurs jours, lors des mariages, et auxquelles tout un village pouvait participer.
Un "jeu" célèbre mais privé, qui n'avait pas besoin d'indications de personnages ou scéniques car tout le monde le connaissait et savait de quoi il retournait, qui parlait etc...

Car le texte met en scène une paysanne de la ville de sulem, enlevée par le roi Salomon pour en faire une de ses favorites. Enfermée au harem, elle ne cède jamais ni aux vances ( d'une réthorique standard de séducteur ridicule, qui sert toujours les mêmes compliments à toutes les femmes), ni aux cadeaux du roi.
Elle se fiche totalement de la richesse, de la réussite sociale et ne veut que retourner chez elle, dans son village , retrouver son fiancé. Il vient d'alleurs la retrouver et la tirer de là. Ce qui est représenté, c'est le triomphe de l'affection sincère sur les tentatives d'achat. Donc oui, il y a un fond moral, qui est tout à fait ce qu'on peut trouver dans les textes incontournables représentés lors des mariages, avec probablement des interludes de chants et danses ( Cantique, ça vient bien de " chanter").
Mais pas une morale au sens religieux monothéiste, avec tout ce que ça suppose de haine du corps, de refus de la sensualité etc...
La paysanne n'est pas prude, elle veut se réserver le droit de choisir elle-même celui à qui elle accorde le droit de tâter ses grenades! Et a parfaitement raison. Moi aussi, je ne laisse pas le premier venu me tâter les grenades en échange de cadeaux, nan mais!
Et vu ce qu'elle dit du monsieur, il peut se targuer d'avoir été vraiment choisi, c'est.. chou.

"Mon amant a le teint blanc et vermeil ; on le distingue entre mille. 11 Sa tête est de l’or pur ; ses boucles de cheveux sont flexibles comme des palmes et noires comme le corbeau. 12 Ses yeux sont des colombes sur des rigoles d’eau courante, des colombes qui se baignent dans le lait, posées sur les bords d’un vase plein. 13 Ses joues sont comme une plate-bande de baume, comme un carreau de plantes de senteur ; ses lèvres sont des lis, la myrrhe en ruisselle. 14 Ses mains sont des anneaux d’or émaillés de pierres de Tharsis ; ses reins sont un chef-d’œuvre d’ivoire, couvert de saphirs ; 15 ses jambes sont des colonnes de marbre posées sur des bases d’or ; son aspect est celui du Liban, beau comme les cèdres. 16 De son palais se répand la douceur, de toute sa personne le charme. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami, filles de Jérusalem"

C'est plutôt plaisant de voir que dans l'Antiquité aussi on mettait en avant la sincérité des sentiments, les qualités personnelles des gens- le beau brun en question dépeint comme une statue.. euh contemporaine? est en fait un berger, qui garde ses moutons à la campagne, mais c'est lui qui lui plaît et pas un autre. Lui tient à peu près le même langage d'ailleurs: elle et pas une autre. Et les deux ne se cachent pas de ce qu'ils comptent faire ensemble dans la verdure, lorsqu'ils auront réussi à s'enfuir.

Renan, présenté comme auteur athée, est plus subtil que celà, il veut simplement débarasser le texte des exégèses postérieures pour en retrouver la base ( c'est une quatrième partie, critique comparant les différentes manières dont la perception du texte a évolué au fil du temps et a été tordu pour correspondre aux valeurs des époques suivantes)  et montrer que d'une part, l'antiquité était moins prude qu'on a bien voulu le faire croire ( plus récemment JP Vernant a développé les mêmes idées contre une analyse " Freudienne" des mythes grecs qui consiste à juger d'une oeuvre hors contexte pour la lire à l'aune de valeurs plus tardives de plusieurs siècles, et a donner à l'auteur des intentions qu'il ne pouravait pas avoir). Et parallèlement, il fait ressortir du texte une moquerie politique: Salomon, présenté comme un héros de la religions est ici un roi ridicule, qui enlève des femmes pour les mettre dans son harem, essaye de les acheter avec des cadeaux, se permet en public des remarques égrillardes. Les frères de la bergère sont aussi se sacré venaux qui fomentaient de la vendre au roi... si celui-ci ne l'avait pas enlevée avant qu'ils ne s'en rendent compte.

Donc un essai fort intéressant, qui tente d'appliquer une méthode scientifique à un texte antique pour en retrouver l'essence.

C'est dans ces cas que je me dis que l'incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie est probablement la pire catastrophe culturelle de l'histoire humaine. La majeure partie des textes antiques ayant disparu ce jour-là. On aurait probablement à l'heure actuelle une tout autre vision de l'antiquité, sans avoir à procéder par recoupements théoriques et des extrapolations.

Alors oui Renan est forcément un peu daté, puisqu'il est de la seconde moitié du XX° siècle, et donc antérieur à des linguistes tels que Meillet ou Benveniste, ou des philologues et anthropologues tels que Dumézil. Donc on a fait mieux depuis, mais.. mais il a bien fallu des précurseurs, et en l'occurence, sa présentation de la culture antique hébraïque et sa volonté de revenir au plus ancien état de texte possible en analysant un texte religieux comme un matérieau littéraire comme un autre sont très intéressantes.
Doublement classique: antique, et traduction commentée du XIX° siècle

4° étape on reste au Proche-Orient


jeudi 31 mars 2022

Le désir - Sappho

 Juste avant la fin du mois " féminin",  je viens de retrouver ce tout petit texte sur mes étagères.
Liban-> USA-> Grèce

et le voyage géographique se double d'un voyage dans le temps, puisqu'on part pour la Grèce antique, en - 600 et des poussières.


Ce petit recueil, extraits de poèmes, vers épars, aphorismes, pensées... publié par Arléa en 1996 porte la mention " oeuvres complètes". En effet, oeuvres complètes à cette époque ( et il fait moins de 90 pages). Mais en 2004 et 2014, d'autres papyrus ont été déchiffrés, ajoutant trois  fragments de textes à ce que l'on connait déjà. Peut être d'autres seront-ils trouvés à l'avenir, mais ce sera quand même une infime partie d'un tout qu'on ne peut même pas estimer.
Je suis toujours un peu consternée en pensant à la littérature antique et à la disparition de la bibliothèque d'Alexandrie. Pour quelques oeuvres conservées en tout ou en partie, combien d'autres ont totalement disparu?
Sappho n'y fait pas execption, elle et sa célébrité sont attestées par d'autres auteurs de son époque, ce qui veut dire que sa production littéraire réelle est sans commune mesure avec ce qui a subsisté.

Donc qu'en reste-il, Des phrases ici et là mais qui sont précieuses, pour reconstituer la vie quotidienne à l'antiquité, en particulier sur l'île de Lesbos: les divinités qui y étaient célébrés et les rites qui leurs étaient consacrées ( Sappho s'adresse à Aphrodite, à Héra, aux muses comme à des copines), à la place des femmes dans la vie sociale: elle y évoque ses élèves et d'autres maîtresses d'"écoles" rivales -> les femmes pouvaient avoir un métier, être instruites, instruire d'autres femmes - de la haute société, il s'entend - et avoir une réputation suffisante pour qu'une rivalité existe entre elles. Certains textes évoquent la trahiston d'élèves parties s'instruire chez une rivale. Donc Sappho n'était pas une exception.
On trouve des textes personnels, mais également des oeuvres de commande, pour des banquets de mariage, ou des épitaphes : une femme de talent pouvait à cette époque, écrire et être rémunérée pour ça.
Un fragment " j'ai instruit Héro de Gyaros, la rapide coureuse", nous laisse comprendre que les femmes pouvaient aussi être célèbres pour leurs compétences sportive. D'autres évoquent sans détour des rivalités politiques : si elles ne prenaient pas part directement à la vie politique, elles pouvaient avoir des opinions et les exprimer, au risque comme Sappho, de se retrouver exilées pour avoir ouvertement soutenu le mauvais candidat...

Elle évoque aussi sa vie quotidienne, via sa famille: sa fille Cléis, ou son frère Charaxos, négociant en vin qui s'est ruiné pour une prostituée et est devenu la honte de la famille, victime de quolibets.
car contrairement à ce qu'on pourrait penser le scandale était là, et non dans les vers ouvertement homosexuels dédiés à d'autres femmes , et pas seulement, d'ailleurs, certains évoquent aussi de charmants messieurs, l'autrice semble avoir fait partie des gens qui ont deux fois plus de choix. Mais en tout cas, elle y évoque à la fois des ruptures douloureuses, des trahisons, des chagrins d'amour, mais aussi des joies partagées, et d'autant plus qu'il n'y avait pas à Lesbos, d'après la préface, de jugement négatifs sur l'homosexualité ou la bisexualité, la Grèce antique ne raisonnant pas en termes de "homo ou hétéro", on pouvait donc y fréquenter qui bon vous semblait, l'idée même de "péché" , issue d'une autre culture plus récente, n'existant pas ( même si elle nous dit qu'elle ne pourrait pas sortir avec un homme plus jeune qu'elle " si tu es mon ami, prends une maîtresse plus jeune que moi, car je ne supporterais pas d'être plus vieille que mon amant" ce sont des limites personnelles, et non dictées par une "morale" religieuse)

Et qu'est-ce que ça fait du bien de lire ça! - 600 et quelques, si on en revenait un peu à cette manière de penser, au lieu de juger qui sort avec qui?
et même 2022 en antiques pour le coup!
Je vais essayer de mettre un peu plus en avant la littérature très ancienne cette année



Liban-> USA-> Grèce

mercredi 30 mars 2022

Défenseur de la foi; L'habit de fait pas le moine - Philip Roth

 Et hop deuxième lecture étrangère qui s'est glissée dans mon programme à la faveur d'un passage devant la boîte à livres.
Je connaissais l'auteur de nom seulement, mais voilà l'occasion de le découvrir avec deux nouvelles.
Le voyage continue: Liban-> USA

traduction de l'anglais

deux nouvelles donc qui ont en commun de se passer dans un milieu exclusivement masculin ( un camp militaire en 1945 pour la première et un lycée en 1942 pour la seconde) et de mettre en scène des personnages que leur confession (juifs dans la première) ou leur origine ( italiens) faisaient mal voir dans l'amérique profonde de cette époque.

La première " Défenseur de la foi" met en scène le bras de fer entre un sergent fraîchement nommé dans un camp d'entrainement qui forme les nouvelles recrues à la guerre en mai 1945. Une formation un peu à la va vite de conscrit très peu volontaires. Nathan Marx, sergent, à cause de son nom est immédiatement évalué " juif" par la recrue Sheldon Grossbart, 19 ans et casse-burettes d'anthologie. Emmerdeur patenté. Sheldon est un manipulateur né, qui va harceler Marx au nom de leur judéité commune, utiliser sa foi (laquelle ne lui importe que lorsqu'elle lui permet d'échapper à la corvée de ménage, d'obtenir une permission ou que sais-je..) et ses camarades pour gagner des avantages, mettant Marx en difficulté. Il s'agit d'abord d'obtenir l'autorisation d'échapper au ménage du vendredi parce que c'est l'heure d'aller à la synagogue, il l'obtient. Puis d'obtenir de la nourriture casher prétextant que la nourriture normale le rend malade ( alors qu'il se gave de nourriture normale mais " non c'est mon copain Larry, en fait c'est lui qui est malade, c'est une vrai de vrai pratiquant, moi je fais avec"), et il va exagérer aller de plus en plus loi, jusqu'au jour ou Marx peut enfin se venger, et faire sauter le pistion de Sheldon qui avait réussi à se faire affecter à New-York au lieu d'être envoyé comme tout le monde dans le pacifique. J'ai bien aimé cette histoire, le culot  de Sheldon ( quise fait prendre à son propre jeu) et le sarcasme de l'écriture.

L'habit ne fait pas le moine est moins clair pour moi car il y est fait référence au base ball et à la boxe, deux domaine où je ne connaissais rien.
Donc fin des années 50, le narrateur se souvien de sa première année de lycée, en 1942, et comment il fit connaissance de deux fils d'émigrés italiens, deux élèves à problèmes et " ex-forçats", c'est a dire, sortis de maison de redressement. Alberto Pellaguti est le cliché de la grosse brute pas très maligne, Duke Scarpa, du mafieux gominé et louche. Les deux ont un lourd " casier" scolaire, et sont les premiers à organiser le chahut contre Monsieur Russo, le conseiller d'orientation qui avec ses questionnaires, leur voit un brillant avenir en fac de droit.
Et pourtant, malgré leur profil, le narreteur se rend compte que 15 ans plus tard, il n'a jamais lu la moindre ligne les concernant dans les journaux: s'ils sont devenus gangsters c'est soit sous un autre nom, soit tellement bas dans l'échelle du crime organisé que les journaux ne s'y intéressent pas. Russo par contre, calme, sensible, discret, a été licencié pendant la chasse aux sorcières,  soupçonné d'avoir été marxiste dans les années 30.

Ne connaissant pas l'auteur, je peux difficilement tirer une conclusion sur deux nouvelles. Mais j'ai bien l'impression qu'elles cachent quelque chose de plus que de simples nouvelles, que ce qui est pointé, c'est plutôt la dureté des systèmes militaire et scolaire de l'époque: Sheldon la forte tête est un emmerdeur, mais surtout un type absolument pas fait pour l'armée, le genre à vous faire perdre une guerre tant il est incapable d'autodiscipline: on l'y envoie quand même.
Les deux " mafieux" sont des élèves à problèmes qui se voient assigner un avenir tout tracé par le système de fiches de l'orientation scolaire, sans qu'on s'interroge vraiment sur ce qui pourrait les intéresser. Le prof quand a lui est victime d'un système encore plus violent, le maccarthysme. Je me demande si ce n'est pas là le fond du propos: l'humain face à des systèmes rigides (et cette remarque me fait penser que je dois avoir "le procès" quelque part)

A confirmer donc , si l'auteur me retombe d'aventure sous la main. Pour l'instant il n'est pas dans l'immense pile à lire qui est encore chez moi...

et, ça alors, je vois que le challenge 2€ existe encore, même s'il n'st plus mis à jour depuis 2010


Et comme les deux nouvelles ont été initialement publiées dans un recueil en 1962: hop, classique ( puisque publié avant 1970)


lundi 28 mars 2022

Mon maître, mon amour - Hoda Barakat

Voilà un livre trouvé par hasard en boîte à livres. L'autrice est libanaise, j'ai lu peu de littérature du proche orient, la quatrième de couverture m'a parue prometteuse, là voilà.
https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782330010713-mon-maitre-mon-amour-hoda-barakat/

la couverture était plutôt jolie aussi


Problème: elle est assez éloignée du contenu. J'attendais plus ou moins l'histoire d'une relation homosexuelle dans un pays qui n'est pas connu pour avoir une grande ouvertur dans ce genre de domaine, avec les difficultés que ça peut causer, et finalement, ce sujet qui paraît central est très peu évoqué.


On y suit Wadî " le doux" à différentes périodes de sa vie, ses problèmes relationnels avec son père, avec les élèves de l'école. Wadî est un bon élève, effacé, volontiers tyrannisé par les petits loubards de son quartier, complexé par son physique (petit et rondouillard), et qui pour se faire accepter va peu à peu de couler dans ce moule, quitter le lycée, se rappreocher de la bande de loubards, devenir lui même un loubard, puis les années passant un bandit, qui trempe dans le trafic d'armes et de drogue, tue, sniffe... puis est contraint à l'exil dans les années 80.
Son problème principal est de se vouloir chef de bande, alors que son caractère le porte naturellement à être un suiveur, il a besoin d'un maître, au sens ou un chien fidèle à besoin d'un maître. Lorsqu'il devient chef de bande ( une bande réduite à lui et un de ses anciens camarades de lycée), l'argent facile, les trafics et la drogue ne lui procurent aucune satisfaction. Le dévouement de son " aide" ou de sa femme ne lui approte aucuen satisfaction, il a lui, besoin de se trouver un maître. Ce qu'il fera à Chypre, lors qu'il va se rapprocher de son employeur en exil lui aussi. Wadî s'épanouit dans cette situation ( alors qu'il détestait son propre père pour sa " servilité", car il travaillait comme cuisinier pour des riches qui le traitaient comme un domestique.
Son monde s'écroule le jour où il découvre que son chef, pour lequel il est éperdu d'admiration, a lui -même un chef qui peut le houspiller. Et que ce chef a également un chef auquel il doit rendre des comptes. Son "maître "n'est qu'un des rouages de la société.

Donc autant dire que le texte est assez éloigné de son descriptif, la possible bisexualité de Wadî n'est évoquée de que manière détournée, mais jamais avérée. Et bon, si j'avais su que la vraie thématique allait être le parcours d'un apprenti bandit sans envergure, qui se voudrait chef mafieux, je ne l'aurais pas spécialement lu. Je l'ai terminé parce qu'il était court. Sans vrai déplaisir, mais sans plaisir non plus, je n'en garderai pas un grand souvenir.

Hormis les plats qui sont évoqués et qui ont l'air d'être délicieux: courgettes ablama ( farcies au riz), laban ( yaourt libanais), labneh ( ça je connais le restau libanais de ma ville en a, c'est excellent), aysh al saraya ( ça aussi c'est trop bon), zunud al sett ( les transcriptions peuvent varier)
Je suis aussi allée écouter Adbel Halim, chanteur égyptien des années 50 que les héros écoutent en douce parce que ce n'est pas leur génération ( un de leurs camarades est fan de Metallica)
J'aime bien, le chanteur a une jolie voix et semble bien articuler, ce doit être un bon exemple à écouter pour ceux qui apprennent l'arabe

Donc je retiens plutôt les à-côtés qui font le cadre culturel que le croman lui-même.

Mais donc malheureusement, c'est un échec pour moi, par le trop grand décalage entre le résumé et le contenu réel.
Littérature étrangère: Liban ( traduit de l'arabe )
Mars: mois des femmes ( pourquoi se contenter d'un seul jour!), donc on met une écrivaine étrangère en avant.


vendredi 24 décembre 2021

Le tour du monde en 80 livres

 Alors oui, je sais je suis plus nulle que nulle depuis quelques années pour les défis de lecture.
Mais là, il n'y a pas de quantité requise et il s'agit de mettre en avant la littérature étrangère, traduite ou en VO.
Et c'est sur Ma petite médiathèque que ça se passe.

nul besoin d'en lire 80 :)

c'est jouable, sur l'an dernier, j'ai un recueil nordique, un recueil collectif ( contenant des auteurs anglais et américains surtout), 4 auteurs russes, un français, deux anonymes chinois, un auteur géorgien et un poète arménien.

J'ai donc en cours
- un recueil fantastique de Théophile Gautier ( français): en octobre ( mois halloween)
- le livre du thé - Okakura (japonais - traduction) : en avril ( mois japonais)

et , par exemple, je viens de regarder mes étagères:

- Pelléas et Mélisande - Maeterlinck (belge francophone) en avril ( mois belge)
- Bruges-la-morte - G Rodenbach ( Belgique)
- La sphère d'or - Erle Cox ( australien - traduction)
- Les veillées du hameau de Dikanka - Nikolaï Gogol ( russe - traduit)
- Le soleil liquide et autres nouvelles fantastiques - A Kouprine ( russe) -> Halloween
- Anthologie fantastique russe et ukrainienne - collectif  -> Halloween
- Histoire fantastiques du temps jadis (Japon) -> Obon ou halloween
- Tombent , tombent les gouttes d'argent, chants Aïnou ( Japon, minorité linguistique)
- Procrastination - T.Pratchett ( Angleterre) :En cours
- Tess D'Urberville - T. Hardy ( Angleterre)
- Lara  - G. Byron ( Angleterre)
- Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire - J.Jonasson ( suède)
- La patrie de Narcisse - D Knoepfler ( Suisse francophone - essai)
- Saga d'Erikr le rouge et saga et groenlandais ( Islande)
- Malaise dans la civilisation - Freud ( Autriche)
- Contes - Andersen (Danemark)
- A l'ouest rien de nouveau - EM Remarque (Allemagne)
- Petit Piment - alain Mabanckou ( Congo)
- anna Karenine - L Tolstoï (Russie)
- Guerre et Paix - L Tolstoï ( russie)
- Chronique des Heike - E Yoshikawa (Japon)
- De la part de la princesse morte - Kenizé Mourad ( Turquie)
- Le chevalier à la peau de panthère - Shota Roustaveli ( Georgie)
- a woman of no importance  - Wilde ( GB)

et dans l'idéal
- Щелкунчик и Мышиный король ( Le casse-noisette et le roi des souris) ETA Hoffmann ( auteur allemand, traduction en russe, illustratrice russe)
-  Кондуит и Швамбрания ( Konduit et Schvambrania) - Leo Cassil / Lev Cassil ( russe - vo)
-
Собачье сердце ( coeur de chien) Mikhaïl Boulgakov ( russe - Vo)
- Упы́рь ( l'Oupir) - Aleksei Tolstoï ( russe - vo)
- Mальчик у Христа на елке (l'enfant et l'arbre de noël du Christ)  - Fiodor Dostoïevski ( russe - vo)


Je sais que je ne lirai pas tout ça en VO en un an, c'est utopique, mais disons que c'est une liste dans laquelle je peux piocher, la nouvelle de Dostoïevski est courte, donc, je peux la tenter, alors que c'est un auteur avec lequel j'ai en général du mal. Mais pour ses 200 ans, je peux faire un effort.

autres possibilité
- un auteur latin ( j'ai quelques e books en réserve, bon, traduction, hein..)
- un recueil fantastique québécois, si je remets la main dessus
- un roman de chevalerie géorgien médiéval ( on va opter pour la traduction!)
- un auteur italien ( j'ai plusieurs idées, traduction aussi)

et comme à ma bonne habitude, beaucoup de ces gens sont morts et bien morts, donc.; défi classique aussi en même temps ( et résurrection du challenge nécro " je lis des auteurs morts", qui revient régulièrement hanter mes pages) Je gagnerais du temps à indiquer ceux qui sont vivants :D

MAJ: ma situation ayant changé, j'ai du revenir précipitamment, donc, j'ai beaucoup plus de choses sous la main que lorsque j'avais fait mon premier jet.

Lus:
- Mon maître, mon amour - Hoda Barakat ( Liban)
- L'habit de fait pas le moine - Philipp Roth ( USA)💀
- Le désir - Sappho ( Grèce antique) 💀
- Le cantique des cantiques ( Israël)💀
- 5 nouvelles russes ( auteurs variés, Russie) VO (certains 💀)
- 9 milliards de noms de dieu - Arthur C Clarke ( Angleterre)💀
-  le corsaire - George Byron ( Angleterre)💀
- A woman of no importance - O. Wilde ( Angleterre), VO💀
- Billy  Brouillard T1 - Guillaume Bianco ( France, Album)
- Dead Moon - Luis Royo ( Espagne, Album)
- Nouvelles Fantastiques - Théophile Gautier ( France)💀
- Cruel Thing T2 - Lean et Martinez ( Argentine)
- A l'ouest rien de nouveau - Erich-Maria Remarque (Allemagne)💀
- Aélita - Alekseï Tolsoï ( Russie)💀