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Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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mercredi 30 juillet 2014

Au coeur du Yamato t.2 et 4 - Aki Shimazaki

hé oui, tomes 2 et 4 d'une même pentalogie. En fait, simplement on me les a prêtés, et comme l'ordre de lecture n'a pas vraiment d'importance,hé bien, allons y, et comme ce sont deux livres très courts, je les ai lus dans la foulée.

Zakuro ( T2). La grenade en japonais, le fruit, qui est le motif central de ce récit. Nous somme en 1970 dans la famille Toda. Le père, Banzô Toda, était parti travailler en Mandchourie juste avant la seconde guerre mondiale. a cette époque, la Mandchourie était sous domination japonaise, et de nombreux travailleurs y avait été envoyés en mission d'affaires. En 1945, la Mandchourie a été envahie par la Russie, et les japonais restés sur place ont été déportés en Sibérie. Plus personne n'a eu de nouvelles de Banzô depuis cette année là, ses enfants sont persuadés qu'il a du y mourir depuis longtemps. Sa femme en revanche croit dur comme fer à son retour même 25 ans après. D'autant plus dur, que c'est à peu près la seule chose qui la maintien en vie, elle est atteinte d'une maladie d'Alzheimer qui progresse de façon fulgurante et son seul souvenir, son seul espoir est que son mari est en voyage d'affaire en Mandchourie et va revenir un jour.
Un jour pourtant, par un concours de circonstances inattendu et alors qu'il a complètement abandonné l'espoir de revoir son père, Tsuyoshi, le fils aîné, quinquagénaire, découvre que non seulement son père vit toujours, mais qu'il est revenu au Japon et habite la ville voisine depuis 25 ans, sans avoir jamais donné signe de vie. Les retrouvailles sont tendues , mais si Banzô n'est jamais revenu, c'est lié à un événement grave qui s'est passé en Sibérie.

Tsukushi (T4). Le tsukushi, c'est la plante représentée en couverture: la tige à spores de prêle. Cette fois, l'histoire se passe en 1994, chez Madame Yûko Sumida, une femme qui a épousé  13 ans plus tôt un homme très riche, adorable, gentil, le mari idéal en quelque sorte. On apprend pourtant vite que sa vie ne la satisfait pas: issue d'une famille très traditionnelle pour laquelle une femme ne doit pas travailler et surtout se contenter de faire un mariage le plus avantageux possible, elle a du rompre avec son fiancé d'alors, simple représentant, pour épouser le fils du directeur d'une banque qui finançait l'entreprise de son père. Pour éviter toutes représailles économiques envers sa famille en cas de refus, elle a donc choisi le banquier. Qui n'a fait aucune difficulté bien qu'elle ai été enceinte de son précédent fiancé, au contraire. Et comme il n'y a pas eu d'enfants, dans sa tête, c'est clair: son mari est stérile, c'est pour ça que tout s'est déroulé parfaitement.
Et pourtant, comme le héros du Tome 2, elle va avoir une grosse, une très grosse surprise qu'elle aurait peut être préféré ignorer, et c'est une boite d'allumettes décorée d'une aquarelle représentant des Tsukushi qui va la mettre sur la voie. D'ailleurs en ikebana, le tsukushi représente la surprise ( la grenade du tome 2 représentait la sottise et l'élégance)

J'ai totalement adoré ces deux courts récits, écrits directement en français par une romancière japonaise qui vit au Canada depuis longtemps ( le Canada, Montréal plus exactement revient comme fil directeur dans Tsukushi). J'ai adoré le fait que les titres soient liés aux plantes, et à leur symbolique (une grenade rouge tenue devant sa jupe blanche par la vieille dame dans  Zakuro rappelle évidemment le drapeau japonais.)
De même, j'ai terriblement apprécié que les deux récits s'interpénètrent: un prénom qui revient comme leitmotiv - La vieille dame nommée Yoshiko dans Zakuro, la nouvelle amie de l'héroïne qui se nomme Yoshiko également. Les deux amies qui vont dîner à Yokohama dans le restaurant Zakuro, dont il est aussi question dans l'autre tome. Monsieur Toda fils qui fait une apparition, 24 ans plus tard, dans le second récit...

J'ai tellement adhéré à l'écriture, très délicate , jamais lourde, ni trop brumeuse, aux sujets " tranches de vie", au fait qu'on suive en quelque sorte les histoires de différentes personnes dans le même cadre qui devient à sont tour un personnage à part entière, de même que les plantes, que je suis allée dès lundi chercher les tomes manquants, qui malheureusement n'était pas disponibles. En tout cas je les lirai sans faute et très bientôt!


Je mentionne aussi, dans les 2 cas, la présence d'un glossaire qui reprend les mots japonais utilisés dans le récit - en italique -et en donne la traduction. C'est très appréciable!
romancière japonaise, mais romans écrits directement en français
Zakuro parle d'abandon de famille, de maladie d'Alzheimer et de déportation en Sibérie, Tsukushi évoque les secrets de famille et la bisexualité



lundi 21 juillet 2014

Miss Endicott t. 1 - Derrien et Fourquemin

3° chronique pour le club Signé. Après Western et Afrika, qui malgré leurs cadres différents avaient des points communs ( un antihéros taiseux seul face à la corruption) , j'ai eu envie de partir sur tout autre chose.
direction l'Angleterres victorienne.

La rousse Miss Prudence Endicott vient de rentrer des Indes pour l'enterrement de sa mère Maggie. Celle -ci , en plus de son métier le jour, occupait le soir une fonction de conciliatrice auprès des gens modestes, aidant à régler les querelles et conflits de voisinage. Une femme à poigne , qui avait même su gagner le respect des marlous du coin. Miss Prudence va devoir reprendre le flambeau, tout en officiant de jour comme gouvernante auprès du turbulent petit  Kevin,un gamin qui ne voit pas souvent ses parents ( on apprend qu'ils ont laissé leur vie et leur fils en plan pour aller sur le continent à la recherche du grand père de la famille, parti sur un coup de tête sans laisser d'adresse!).

Première affaire pour Miss Prudence: une certaine mrs Parks vient signaler qu'on gratte à sa porte tous les soirs, et suspecte un bandit local de la harceler. Le bandit en question n'y est pour rien, mais Miss Prudence va faire une drôle de découverte: on gratte en fait SOUS la maison. il s'agit d'un nain, répondant au sobriquet d'Ugly Joe. Il vit sous la maison et n'a plus accès à l'extérieur, on lui a bouché "sa" sortie. Ce curieux événement va amener Prudence a découvrir tout un monde insoupçonné: la ville sous la ville, où se terrent comme des rats tous ceux qui ne sont guère mieux considérés qu'eux: nains, bossus, contrefaits, femme à deux têtes.. une belle galerie de monstres de foire qui semblent fomenter un coup louche, ça sent la révolte et la tentative de putsch, quelque chose comme ça. On en saura probablement plus dans les tomes suivants..En tout cas le quotidien de Miss Prudence s'annonce mouvementé pour elle qui n'a pas l'habitude de cumuler deux emplois et d'enchainer les nuits courtes (oui ce détail me plait, ce n'est pas une super-héroïne increvable et elle maugrée régulièrement au réveil). Elle va pouvoir malgré tout compter sur "l'aide " à l'efficacité toute relative de Karl et Darren, deux traîne-savate qui ont eu le béguin pour elle au premier coup d'oeil et s'ingénient à attirer son attention en espérant se montrer sous leur meilleur jour, ainsi que de Wallace ( le secrétaire de feue Maggie) et Conrad ( le majordome de la famille de Kevin).

En tout cas,  ce tome 1 plante le décor de manière prometteuse: le Londres des humbles et des pauvres, peuplé de travailleurs, de désoeuvrés, et de bandits patibulaires. C'est un vrai plaisir, le dessin est agréable, les tonalités dominantes vert/ brun sont du meilleur effet.. et comment résister à une Miss capable de tenir en respect un bandit, en utilisant de manière très personnelle une paire d'aiguilles à tricoter. Un personnage féminin qui ne s'en laisse pas conter, quelle joie!  Et surtout, Miss Endicott n'est pas la seule à monopoliser le récit, les personnages secondaires ne sont pas délaissés et semblent devoir encore gagner en épaisseur par la suite.  Mais j'avoue que le duo Karl/ Darren a ma préférence pour l'instant, ils sont assez impayables dans leurs tentatives de se rendre indispensables malgré leur tendance naturelle à tirer au flanc.

Encore une bonne découverte, d'autant que le tome se finit sur un coup de théâtre prometteur, l'ensemble est très intriguant, j'ai bien envie de savoir la suite!
idée n°135. une personne ou chose familière sous un angle insolite: une dame comme il faut,en contre plongée perchée sur un toit en tenue  de ville.

vendredi 18 juillet 2014

Pourquoi je ne ferai (probablement pas) le festival cette année

Ceux qui m suivent depuis un certain temps savent que j'habite Avignon, et qu'en temps normal, j'aime énormément cette période de l'année, que je vais toujours voir quelques pièces à cette occasion.
Oui mais voilà. Cette année ce sera différent.

Non, pas à cause des intermittents et des annulations.

La première des raison, c'est le temps. Pas le temps qu'il fait, bien que juillet ait commencé de manière pluvieuse, on n'avait plus vu ça depuis des années ( 10 jours à dormir sans ventilateur en cette saison, ça tient du miracle, de ce côté , c'était plutôt une bonne chose). A cause du temps que j'ai. Car pas de vacances cet été. Juste un pauvre jour en Juillet et un autre en Août.
Cette année  tout bien réfléchi, je n'ai même pas pris la carte OFF ( je rappelle incidemment qu pour moi, le festival c'est le OFF et rien que le OFF. La programmation du IN ne me parle pas et n'est en plus pas dans mes prix).

Je savais que sur les 3 semaines de festival, je n'aurais que 6 jours de repos. 6 jours déjà bien réquisitionnés (potes qui viennent pour l'occasion,  rendez-vous médicaux en plein après-midi, révision de Japonais à plusieurs, travail personnel en musique que je n'ai jamais suffisamment de temps pour faire le reste de l'année..). Donc les jours de repos, c'est les moins possible. Il me reste les jours de travail après 18h30.

donc non, pas cette année, à 16€ la carte, il faut au moins 3 ou 4 spectacle pour espérer la rentabiliser...
Honnêtement, si j'avais pu poser un peu de congés, j'aurais peut être fait l'effort de feuilleter en détail l'énorme catalogue qui traine chez moi. Peut-être.

L'autre problème, c'est justement l'énormité du catalogue: tous les ans il y a de nouveaux théâtres qui s'ouvrent et de plus en plus de spectacle. Trop, mais vraiment trop. Une telle masse que , pour le peu de soirées libres qui me restent j'ai véritablement la FLEMME de faire le tri dans les 1307 spectacles de cette année. Il y a probablement des pépites cachées là-dedans, mais c'est vraiment trop, je n'ai pas le temps de trier le bon grain de l'ivraie.

La troisième raison, la plus importante, c'est la LASSITUDE de voir mises en avant toujours les mêmes choses. De voir les mêmes affiches d'année en année , qui se ressmblent toutes. Probablement dessinées par les mêmes graphistes. Le maque d'imagination le plus total.

Je m'explique, attention, ça va être long:
Sur les 1307 spectacles, il y a des reprises. Parfois même depuis plusieurs années. En général, ce sont toujours les mêmes types de pièces, des pièces humoristiques de type "comédie de boulevard", mais pas du Feydeau ou du Labiche, non... des titres aussi fins que "Ma voisine ne suce pas que la glace", "la belle , la blonde et la salope" (je plaisante, ces deux là n'y sont pas cette année, c'est presque stupéfiant, " la belle" a bien dû durer 5 ou 6 ans.. "ma voisine" y était encore l'an dernier). Des titres en jeux de mots pathétique ( l'an dernier il y avait " l'erreur est cubaine"... navrant!)

Ah tiens, je viens de vérifier: Couscous aux Lardons, celui là, ça doit bien faire 5 ans qu'il y est, avec exactement la même affiche.
Quand je parlais de graphismes pas follement inventifs.. Ca, tous les ans. Bon, d'acc' la première année, ça peut faire sourire. Au bout de plus de 5 ans, ce couscous là sent le réchauffé.

paf! succès, reprise. celui là n'en est qu'à sa 4° année, petit joueur!
allez, re- paf, sur le flyer " 700 représentations, de retour pour la 6° année à Avignon, comédie incontournable, 100% rire garanti". Argumentaire digne d'une pub pour lessive

Certaines pièces utilisent même leur retour  depuis des années comme argument: "faites l'amour avec un belge" vante sa cinquième année au festival.. certes.. d'autres précisent  "succès du off 2012 " ou " X mille spectateur depuis X ans". Ca c'était " arrête de pleurer Pénélope" que je suis presque étonnée de ne plus voir depuis un ou deux ans.

Et figurez-vous qu'un jour "Pénélope" est passé à la TV. J'ai jeté un coup d'oeil à ce spectacle qui a fait un carton et j'ai tenu, hoo 10 bonnes minutes avant de zapper en disant " c'est CA qui a fait un tel tabac?". Hé oui, car  c'est typiquement le genre de pièces auxquelles je suis opaque. Mais alors, les crises d'hystérie sur fond d'âge mal assumé,  ça ne me décroche pas un sourire, rien. Alors quand je pense qu'il y a eu Pénélope 2, Pénélope le film, et " la réponse des hommes à Pénélope"

L'ennui, et le mot s'impose, c'est que ces comédies calibrées pour faire rire un maximum de gens, ben ça ne marche pas sur moi. A vouloir plaire à tout le monde, le résultat est souvent fadasse ou facile. Attention, je pourrais même probablement en trouver certaines plutôt drôle, mais ça ne me laissera probablement pas un grand souvenir non plus.
Mais comme elles sont produites au kilomètre et présentées dans d'ancien cinémas ( le Palace à lui tout seul avec ses 5 salles, propose 37 spectacles, dont " sexe, arnaque et tartiflette" et " sexe, magouille et culture générale" - ça c'est pour les titres à la con qui se copient les uns  les autres *) qu'il faut ben remplir, ce sont aussi les spectacles qu font le plus de publicité: affiches sur des mètres et des mètres linéaires, armée de jeunes gens et femmes engagés pour distribuer les prospectus à tous les coins de rue ( qui se contentent d'ailleurs le plus souvent de tendre le papier en disant " telle pièce à telle heure à tel endroit", sans plus de précision. Mais pourquoi se casser la tête à vendre un spectacle qu'on a probablement pas vu). On se retrouve avec 10 fois le même prospectus, qu'on a vu également affiché 10 fois côte à côte à plusieurs reprises. Le matraquage dans sa forme la plus pure. Sauf que le matraquage ça ne me donne pas envie d'allée voir quelque chose ou de l'acheter, ça me donne envie de l'éviter ( comme je me suis juré d'éviter Juvamine qui me les râpait à diffuser 3 fois d'affilée le même spot. Oui je sais, mais ça me les râpait quand même!).

* dans la catégorie  titre à la con pas original pour 2 ronds, je place en première position "Ma ... est...". Il y a quelques années, "ma soeur est un chic type" a bien marché. Depuis, tous les ans on a droit a des tas de titres pompés là dessus: Ma cousine est un chic type, Ma soeur est un boulet, et le dernier né cette année " Ma patronne est un fumier". Le degré zéro de l'imagination. "sexe, truc et bidule" arrive en 2°.
après le succès de "mon colocataire est une garce".. ooooh, yeah! combo!!

Et j'en ai autant au service des one man show comiques, estampillés " vu à la Tv"que  ou " Production Jamel comedy club" ou " vu  dans " on est pas couchés". Ouip? et alors? je ne regarde pas les émissions en question, qu'est-ce que ça peut bien me faire?

Sauf que les productions en question, soutenues par un producteur qui a les moyens, ou une chaine TV ,sont omniprésentes dans l'espace visuel, et d'une part ça lasse, d'autre part ça laisse très peu de visibilité pour des productions plus confidentielles ou qui n'ont pas les moyens de se montrer plus, maintenant que les parades ( c'était le grand moyen de faire sa pub il y a encore une dizaine d'année) sont beaucoup moins libres. Ca c'était un bon moyen de se faire une idée, mon principal moyen de me faire une idée en fait. Mais maintenant que l'argumentaire est limité dans le programme à des clichés du genre " dans la droite ligne des Monty Python" -oui je l'ai vu plusieurs fois rien qu'en feuilletant le pavé en vitesse- sans plus d'informations, ça devient très très dur de choisir, sans regretter les 17€ de l'entrée.

Oui je sais, je vais passer pour une vieille réac qui crache dans la soupe, gnagnagna, c'était mieux avant, alors qu'elle a le choix. Oui, mais trop de choix tue le choix. Je préfère moins de choix, mais surtout moins de copié-collé d'une année sur l'autre ou d'un titre sur l'autre.

Dans le fond, au-delà du fait de ne pas voir le temps cette année, c'est surtout ce ras-le-bol qui fait que je n'irais pas voir de spectacle à moins de trouver vraiment d'un coup d'oeil quelque chose qui m'inspire.

Comment dire? C'est comme si je me trouvais devant un immense buffet: il y a un milliers de plat, certains probablement savoureux, mais ils sont cachés sous des monceaux de pâté industriel.
Certains semblent porter une étiquette " fait la semaine dernière mais 10 000 personnes ont aimé", certains n'ont pas d'odeur ni de saveur mais sont joliment dressés. D'autres ont juste appliqué le précepte: " je vais faire du gratin dauphinois, c'est pas original, mais tout le monde l'aime"

Ben voilà.. Je n'ai pas envie de fouiller pour trouver le morceau savoureux, et l'odeur de ranci qui couvre le tout me dissuade et me coupe l'appétit.

 (wow, j'ai réussi à faire un billet qui va être classé X, rien qu'avec les titres des pièces mentionnées!On parie que ça va être le plus visité du blog?)