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Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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jeudi 8 avril 2010

Le comte de Monte Cristo - Alexandre Dumas

Petit mois de Mars pour le challenge, j'ai surtout lu pas mal de revues et préparé mon voyage d'Avril..
Et enfin fini les quelques 1150 pages de ce monument qu'est Monte-Cristo
montecristo
Alexandre Dumas, donc. Pas vraiment une découverte, vu que j'avais déjà lu et beaucoup aimé les Trois mousquetaires et Vingt ans après, il y a de cela.. je ne préfère même pas y penser.
L'épaisseur du pavé m'avait toujours retenue jusqu'à présent, et puis je me suis enfin lancée. Et je ne le regrette pas.
Aventures, vengeance, machinations diaboliques, trésor fabuleux, tout y est pour passer un bon moment. avec le petit plus, une bonne partie de l'histoire se passant près de Marseille, la méridionale que je suis est tout de suite en pays de connaissance. Et c'est en le lisant que je me suis rendue compte à quel point l'adaptation en film que j'avais pu voir (celle de Dayan, que j'avais déjà trouvé assez ennuyeuse en tant que film) passait à côté de beaucoup de choses intéressantes en élaguant tout ce qui n'était pas directement lié à la vengeance - soit dit en passant sa version des Rois Maudits était une catastrophe à oublier très vite. Voila pour Dayan et ses scénarios qui taillent les bouquins à la serpe.
En effet, j'ai retrouvé quelques-uns des points qui m'avaient beaucoup plu lors de la lecture des mousquetaires: L'humour ( quoique moins présent que dans l'oeuvre précitée, l'ambiance étant plus noire), l'action qui, malgré quelques longueurs inévitables sur  plus d'un millier de pages, n'attend pas la moitié du livre pour démarrer. Et surtout, surtout le talent narratif de Dumas, qui permet de surmonter les fameuses longueurs. Lorsqu'on critique un livre, on fait souvent référence au sujet, ou au style de l'auteur avant tout, en laissant un peu de côté tout ce qui relève de la narration. Et qui a mon sens est le vrai point fort de Dumas ( et probablement la clef de son succès, point commun que je retrouve d'ailleurs chez Jules Verne). Arriver à maintenir un fil conducteur solide, tout en publiant chapitre par chapitre sur plusieurs mois,sans s'embrouiller, c'est fort, très fort. Certes il y a parfois quelques petites bévues assez drôles ( un personnage vaguement mentionné  mais qui n'a pas de rôle important qui change de prénom, en l'occurrence feue la femme du major Cavalcanti), mais globalement rien à redire. Et du fait de ce talent narratif en béton armé, les chapitres "isolés" qui semblent parfois sortir de nulle part (Le carnaval de Rome, L'histoire des bandits romains, L'adoption de Benedetto par les corses) trouvent au final leur place logique et leur raison d'être au fil des chapitres suivants.
Un petit bémol toutefois, m'empêche de mettre la note maximale. J'ai beaucoup regretté l'absence d'un personnage féminin convaincant qui pourrait faire pendant à ce phénomène d'Edmond/Monte-Cristo. Mercedès  a du caractère  mais apparait peu, les femmes Villefort et Danglars pourraient être intéressantes mais n'ont pas non plus d'importance cruciales, Haydée est décorative sans plus et sa vengeance fait vraiment pâle figure à côté de celle d'Edmond. Quand à Valentine, la naïve, l'oie blanche de service, elle est simplement insupportable de mièvrerie geignarde en fausse Juliette de la monarchie de Juillet, flanquée de son Roméo/Maximilien tout aussi incolore ( je me suis même demandé si ce n'était pas une parodie en règle de la pièce de Shakespeare, tant ces deux là sont ridicules)
Au final, seule Eugénie le garçon manqué qui a décidé de vivre à sa façon en assumant ses préférences " scandaleuses" tire son épingle du jeu en ne se laissant pas marcher sur les pieds.
D'une manière générale, Je regrette le manque de personnages dignes de rivaliser avec Monte Cristo, qui domine tellement le roman que plus personne ou presque n'arrive à sa hauteur. Les deux seuls qui ressortent vraiment sont à mon avis le Procureur Villefort (Danglars, Fernand et Caderousse ne sont pas franchement assez malins pour ça), et bizarrement, le vieux Noirtier, paralytique et aphasique pourtant d'une lucidité rare. Très beau personnage que ce dernier, mutique et pourtant marquant.
snoopycontent
Au final un Snoopy tout content pour l'occasion, en dépit des 2 bémols que je mets plus haut, j'ai pris un réel plaisir à cette lecture fleuve ( et je suis plutôt amatrice de courts récits et de nouvelles à la base). Autant dire que je retrouverai volontiers Alexandre Dumas dès que l'occasion se présentera à nouveau. Un vrai bon moment de lecture.

une lecture du Challenge ABC et du Challenge Alexandre Dumas!

dimanche 21 février 2010

La Dame au petit chien et le Récit d'un inconnu - Anton Tchékhov

Et voila, une lecture à  double triple usage: on continue le challenge ABC, et on inaugure le challenge " année en Russie", avec la lecture de deux nouvelles de Tchekhov: La dame au Petit chien, et le Récit d'un inconnu. Et aussi rétroactivement, le Challenge "2€" , rien que ça!


dametchekhov
Arrivée devant le rayonnage de la médiathèque, j'ai donc opté pour celui  là, pour deux raisons: d'abord, je me rappelais vaguement avoir vu une adaptation théâtrale de la Dame au Petit chien il y a une bonne quinzaine d'années, sans en avoir d'autre souvenir que " ça se passe au bord de la mer" (alors que j'ai encore un souvenir assez net des "méfaits du tabac" du même Tchekhov, la même année, par la même troupe). et secundo, car je n'ai absolument jamais entendu parler du "récit d'un inconnu", bonne occasion pour le découvrir.
La dame au petit chien:
snoopyzzz
et premier avis négatif!
Je comprends maintenant pour quelle raison ce texte ne m'avait laissé aucun souvenir notable. Ce n'est pas qu'il soit inintéressant en soi, mais comme il s'agit du récit par le menu d'un coup de foudre et d'une amourette de vacances qui prend des proportions inattendues pour les protagonistes, de fait, il est totalement inintéressant pour moi qui suis définitivement rétive aux histoires d'amour. Dans la pratique, je me demande même comment la troupe avait pu en tirer une pièce d'une heure, tant il ne se passe rien, ou presque. Les jérémiades d'Anna sur sa pureté perdue lorsqu'elle cocufie son mari font vaguement sourire par leur ridicule un peu grandiloquent, mais sans plus. Je pense que ce décalage entre la banalité de la situation, et le personnage qui en fait trop est voulu par l'auteur, mais voila...plat. Banal. Ennui. et du coup , je me sens vaguement idiote, car ce texte qui est l'un des plus connus de l'auteur me laisse froide. Un peu comme si j'étais passée totalement à côté de quelque chose.
Le récit d'un inconnu:
joecool
ah! voila! nous y sommes! La nouvelle est déjà beaucoup plus longue que la première, ce qui donne le temps au récit de promener un peu les personnages entre La Russie et la France. Il se passe déjà un peu plus de choses, et donc forcément, c'est un peu plus prenant.
Plus que l'inconnu du titre , qui narre et décrit ce qu'il voit, ce sont les rapport entre les différents personnages qui sont au centre de l'action. Le bourgeois vaguement cynique et ambitieux, ses amis petits bourgeois du même acabit avec lesquels il jouent aux cartes, l'horripilante Zinaïda qui s'installe sans crier gare chez son amant et perturbe la vie de toute la maisonnée, la servante malhonnête.. tout cela est décrit avec un sens de l'humour noir et du cynisme assez grinçant. En théorie, Zinaïda devrait être le personnage touchant de l'histoire, avec ses rêves sentimentaux alimentés par les lectures de Tourgueniev.. dont elle est elle même l'incarnation jusqu'au bout du cliché, grandes scènes et litres de larmes versés à la moindre occasion. En la ridiculisant à longueur de pages, ainsi que l"inconnu du titre", qui se rêve en sauveur et n'arrive pas à grand chose,c'est dans le fond directement à la littérature romantique russe que Tchekhov tord le cou. Et vu sous cet angle là, c'est plutôt réjouissant. Le héros de noble extraction, la bourgeoise qui se rêvait grande dame vont devoir laisser la place aux petits bourgeois ( eux aussi vaguement ridicule, il n'y a pas de raison qu'une seule catégorie sociale soit épargnée).
Qui à leur tour laisseront place à une autre catégorie sociale, mais c'est une autre Histoire.
Au final, je ne retiendrai que Le récit d'un inconnu, pour son cynisme, son côté un peu visionnaire qui augure la future lutte des classes, et il faut aussi le dire, le talent descriptif de l'auteur qui ne ressortait pas dans la Dame au petit chien

vendredi 12 février 2010

Le Banquet & Phèdre - Platon

platonVoila une lecture pour laquelle j'avais un peu d'appréhension, de vieux souvenirs pas forcément très passionnant des cours de philo de terminale, ou il avait fallu se fader La République en entier ( dont je n'ai pratiquement aucun souvenir, sinon un long tunnel d'ennui sur fond de blabla professoral , le second étant d'ailleurs une des principales causes du premier).
Donc, après avoir trouvé d'occasion ce double volume, j'ai décidé de retenter le coup, sans trop savoir à quoi m'attendre... et donc me voici face à deux dialogues ayant pour thème commun l'amour,au sens large, avec pour Phèdre une grosse, une énorme digression qui nous mène d'un discours sur Eros vers une théorie du discours en général, et les ficelles du bon discours face au mauvais discours bancal du sophiste. Pas très enthousiasmant, dit comme ça, n'est- pas?
joecool
Et pourtant, ça m'a plu! Je ne m'y attendais vraiment pas, mais mine de rien, c'est assez drôle, surtout le banquet.
Dans le Banquet donc, on assiste à une réunion de beaux esprits du siècle de Periclès qui décident lors d'un banquet donné pour fêter le prix de tragédie gagné par l'un d'eux, de faire chacun successivement un discours sur le thème de l'amour. Et certains ne sont pas piqués des vers! tel celui de Pausanias, qui justifie l'homosexualité avec une mauvaise foi particulièrement réjouissante, ou celui d'Aristophane ( oui oui, le dramaturge auteur des Grenouilles ou des Guêpes), qui imagine une proto-humanité loufoque, ou chaque être sphérique et pourvu de bras et jambes est divisé en deux par la volonté de Zeus, ce qui explique que depuis lors, chacun recherche sa "moitié". Socrate quand à lui élargit son discours de l'amour des beaux garçons, vers celui de la beauté en général, puis puis vers l'amour des belles idées, pour finir par louer simplement l'amour de la vérité , puisque Socrate exprime tout haut les idées de Platon, pour qui le beau, le bien et le vrai sont tout un.
Tout cela organisé en discours, ce qui fait que la fameuse dialectique chère à Socrate est illustrée plus qu'elle n'est décrite, ce qui évite le côté trop aride d'un texte philosophique. et ce d'autant que le cadre est décrit de telle manière, que d'un point de vue historique, on arrive assez bien à se faire une idée de l'organisation d'un banquet au V° siècle avant JC (libations rituelles et chant de péans compris). C'est donc vivant, et assez drôle de par l'ironie de Platon qui sourd des discours qu'il fait prononcer à ses protagonistes, et ses piques dissimulées à l'encontre des Sophistes.
Phèdre est plus long, l'interaction plus limitée, du fait qu'il n'y a plus ici que 2 personnages, Phèdre et Socrate plus Lysias dont le discours est rapporté. Là aussi, il y a quelques passages assez drôles, lorsque Socrate démonte idée par idée le discours de Lysias, et démontre par là que celui que chacun s'accorde à considérer comme les meilleurs auteur de discours de son temps n'est en fait que piètre écrivaillon sans envergure. cependant, le dialogue est plus dur à suivre, car il dérive encore plus que le premier, puisque du discours sur l'amour de Lysias, on finit par glissement à arriver à une méthode du bon discours basé sur la vérité. ce n'est pas  inintéressant en soi, c'est juste un peu " tiré par les cheveux". Mais la description proposée par Socrate ( et Platon, via son personnage), de l'âme humaine tiraillée entre raison et passion, tel un char attelé de deux chevaux, ne manque pas d'originalité. 
Donc, me voila réconciliée avec Platon, car , même si je n'ai pas adoré ces dialogues à 100%, j'ai quand même trouvé intérêt à leur lecture. Beaucoup plus en tout cas qu'au travers d'un aride cours de philo, chapitre 1, paragraphe A, 1°, Platon, sa vie son oeuvre...

Peut être que je retenterai La République, un jour, pas tout de suite...

une lecture du Challenge ABC et rétrospectivement