Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture

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mercredi 6 novembre 2013

Démons - Royce Buckingham

Un roman que j'avais repéré et pris lors de l'opération " 300 ebooks" à 99cts chez Bragelonne (et ses filiales, ici Castelmore. Nota: déjà un éditeur qui prend comme noms de collections des noms de personnages d'Alexandre Dumas a droit à toute ma considération). Bonne occasion pour moi de faire connaissance avec l'éditeur, et d'enrichir ma bibliothèque virtuelle.

et donc Démons m'a tentée, déjà par sa couverture, un  petit dragon rouge marrant, son résumé qui laissait présager quelque chose de sympa qui ne se prends pas trop au sérieux. Et c'est le cas.

On va donc assister au week-end catastrophique de Nathaniel, dit Nat, un adolescent pas tout à fait ordinaire. Orphelin passé de famille d'accueil en famille d'accueil, est finalement recueilli par Daliwahl, vieil hindou étrange. Et pour cause: Nat a le don de voir les démons, Daliwahl est gardien de démons à la recherche d'un apprenti. L'histoire commence en fait peu de temps après la mort de Daliwahl. Nat, livré à lui même, doit donc  garder des démons tout seul ( car son mentor l'a toujours mis en garde contre le danger qu'il y a à simplement fréquenter des gens, rapport à cette situation très particulière). Une tâche ingrate,répétitive et fastidieuse, qui consiste principalement à nourrir les démons à base d'une pâtée de déchets de poissons, bien écoeurante, et à essayer de survire dans une grande maison où la moindre lampe peut abriter un esprit farceur, et où le sous-sol abrite " la bête", entité malfaisante particulièrement dangereuse, enfermée à quadruple tour, et qui ne songe qu'à s'échapper pour dévorer les humains qui passent à sa portée.
Un quotidien somme toute plat et fait de corvées, enfin, si on peut dire plat, lorsque vos animaux de compagnie , outre un gros chien noir sont trois petits démons facétieux: Pernicieux la gargouille polymorphe, Nikolai, la bestiole minuscule dotée d'une force colossale, et Tourbillon, le mini dragon pas plus gros qu'un perroquet. enfin, ce sont des familiers, plus que des animaux de compagnie, mais leur curiosité sans borne les rends plus apte à causer des catastrophes qu'à aider Nat.
Or, ce samedi là, Nat se rend à la bibliothèque pour chercher un livre sur les démons. Erreur fatale, car justement, Sandy, l'assistante bibliothécaire, après la lecture d'un passionnant test psychologique d'un magazine de fille s'est lancé le défi d'inviter à dîner le premier garçon qui entrera.. et c'est Nat. Qui commence à se dire que les démons, c'est une chose, mais sortir un peu de temps en temps, ça ne lui ferait pas de mal.
Qui oublie de fermer sa fenêtre avant de partir.
Qui ne sait pas que deux gamins des rues rodent dans le coin, à la recherche d'une babiole à voler, et qui par accident vont libérer La Bête...

Alors évidemment, ça n'est pas le livre du siècle, mais cette histoire qui joue sur les enchaînements de circonstances catastrophique m'a bien accrochée, alors que je ne suis pas le public visé. Mais voilà, c'est enlevé, ça ne se prend pas au sérieux, ça dégomme à tout va mais toujours avec un sens du second degré qui use avec finesse des clichés du cinéma d'horreur - les parquets qui couinent, les ennemis qu'on croit esquiver mais qui arrivent par la porte du fond, etc... (ça aussi, c'est une bonne surprise, une roman jeunesse qui ne fait pas dans la dentelle , avec pas moins de 5 morts violentes en 200 pages Haaa sang et tripaille!). Et les trois familiers de Nat sont assez irrésistibles.

et en plus je le note: une littérature jeunesse avec une traduction sérieuse, je n'ai pas trouvé de grosse erreur  de syntaxe, ou de phrases qui ne veulent rien dire comme c'est parfois le cas.
Donc une très bonne surprise, et un éditeur que je vais surveiller

dimanche 3 novembre 2013

Château hanté - Maurice Renard

Il y a quelques jours, c'était "visite d'une demeure hantée" avec le challenge Halloween. Je croyais ne rein avoir sur ce sujet, mais en fouillant les ebooks en réserve sur ma tablette, j'ai déniché "château ghanté, une nouvelle de Maurice Renard, que je ne me souvenais même plus avoir téléchargée.
C'est ici qu'on la trouve

Le château hanté, c'est le château de Sirvoise, splendide demeure Renaissance sur les bords de la Loire, devenu récemment la propriété du Duc de Castièvre, un homme au tempérament mélancolique, d'autant que le château est prétendu hanté, et que les mauvaises langues prétendent que le duc lui-même aurait fait courir ces bruits afin d'obtenir un prix cassé.

Son seul plaisir, au grand dam de sa famille et de ses amis, est de déambuler au milieu de sa collection d'armure, mais hors de question d'organiser la moindre fête, qui "dénaturerait" le château à ses yeux.Jusqu'à ce que son ami et médecin trouve un solution qui satisfasse tout le monde: organiser un bal costumé sur le thème de la Renaissance, qui donnera un peu de vie à la demeure, sans en trahir l'histoire. une très bonne idée.. enfin, jusqu'à ce que l'armure de François I°, le clou de la collection, se mette à bouger et à danser seule. Serait-ce le fantôme du roi, ou un simple plaisantin?

Et c'est une bonne première découverte de cet auteur que je ne connaissais que de nom, avec une nouvelle agréable à lire, bien écrite,  une ambiance fantastique qui se met en place peu à peu, et une fin ouverte comme j'aime.
et puis il y a cette collection d'armures qui me rappelle ma visite au musée des armées de Paris, ou on peut justement voir la très impressionnante armure de François I°, qui a du impressionner aussi Renard, car elle est décrite presque trait pour trait.
demeure hantée!
N°18
un duc, une duchesse et un compte.. en plus de l'armure du roi!
écrite en 1920

samedi 2 novembre 2013

Ôke no monshô tome 2 - Chieko Hosokawa

Souvenez vous, c'était il y a une dizaine de jours, je vous parlais du tome 1 de cette série qui m'avait fait plutôt bonne impression, ce qui n'est pas trop difficile lorsqu'on en attend rien. Je me posais aussi la question existentielle: " combien de tomes faudra-t-il à ce manga pour sombrer dans le portenawak rose bonbon"? réponse: 2! Comme je le craignais, dès le 2° tome, ça part en sucette.

Visiblement l'auteur s'est souvenue qu'elle devait faire un manga pour fifille, et que peut être, les momies animées de mauvaise intentions, les peintures qui prennent vie et les sacrifices humains, c'était un poil too much pour le lectorat visé par l'éditeur?
oui, le rose était un mauvais présage

Et donc voilà, nous avions laissé notre blonde héroïne en fâcheuse posture, emmenée par la vindicative reine Isis 3000 ans en arrière. Et elle ne va pas faire mentir la réputation que les mauvaises langues attribuent aux blondes, car elle va vraiment faire connerie sur connerie, c'est même miraculeux qu'elle reste en vie. jugez -vous même:
A peine arrivée dans l'Egypte antique, elle est découverte inanimée au bord du Nil par Séti, un jeune esclave du chantier de construction royale et sa mère Séphora ( alors là oui, petite précision, souvenez-vous: on est dans les seventies, époque où l'idée était largement répandue que les pyramides avaient été construites par des esclaves sans nombre que l'on tuait à la tâche, et non par des ouvriers ultra-spécialisés triés sur le volet...). Deux esclaves donc qui, bien que la prenant pour une dingue lorsqu'elle jure arriver du XX° siècle, décident de la cacher des gardes royaux qui auraient tôt fait de la repérer avec ses cheveux blonds, et de la  grimer en esclave.
et c'est d'autant plus rageant avec ce genre d'effort de décor
première boulette: sitôt sur le chantier ( de la tombe qu'elle a aidé à excaver), Carol la fana d'histoire qui voit l'occasion de faire de l'archéologie en direct perd toute prudence, pose plein de questions,  tente de réformer le statut des esclaves et attire l'attention du général Minue, qui repérant une mèche blonde, garde l'information pour lui, ça peut toujours servir.
Evidemment, elle fonce dans le tas, espérant entrer en contact avec Isis en espérant qu'elle la renvoie au XX° siècle ( Carol, sérieux, cette femme veut ta mort, et uniquement ça!). Mais Isis ne sort jamais du palais, hormis ax grandes occasions, et justement, c'est bientôt le couronnement du nouveau pharaon Memphis. Idée lumineuse de Carol, attendre ce jour là,  se mettre au premier rang, et gueuler bien fort "Isis, houhou, je suis là". Excellent, maintenant elle sait que tu te planques chez les esclaves, elle va venir te faire buter et tes protecteurs avec...
Mais évidemment, elle est repérée aussi par le pharaon. 17 ans. Des hormones en ébullition. Qui n'a jamais vue une blonde de sa vie. Réaction immédiate: fifiiiiiiiille! attraper fifiiiiiille! Non, tu m'auras pas! haa je te tiens, je vais te faire mettre sous clef! Pas grave, je m'enfuis. Zut! je suis repérée.

Et à partir de ce moment là, ce passage va se reproduire tellement souvent que je vous jure que c'est vrai, j'ai lu mon manga avec CA comme bande son à chaque fois qu'un personnage essaye de fuir ou qu'un autre le poursuit
essayons:
la tronche du pharaon sur la vignette du haut + la musique. Ca colle à mort!
Car oui, à partir de ce moment, il n'aura de cesse que de l'attraper et en faire son esclave personnelle, au grand dam d'Isis qui voit sa manigance se retourner contre elle: elle qui se voyait déjà reine, en épousant son frère à la bonne vieille mode égyptienne doit d'une part écarter les prétendantes du célibataire le plus en vue de tout l'orient, mais aussi composer avec la nouvelle tocade du frangin. Et au passage remettre à sa place le sympathique général Potdecolle qui la convoite, elle en dépit des conventions sociales.
Et quelque part je plains Isis, parce que son frère est vraiment un gamin capricieux, un casse-burette autoritaire dont les sautes d'humeur se soldent le plus souvent par la mort de quelqu'un. Mais Carol est courageuse, et résiste. Ok, veut résister. Ok, cède devant l'argument " j'ai mis en prison le type qui t'a aidé, alors tu obéis bien sagement à mes caprices sinon je le fais exécuter". Mais là coup de théâtre et tentative d'assassinat: le pharaon est mordu par un cobra. Or, on apprend incidemment que Carol, depuis le tome1, a toujours sur elle un contre poison, depuis qu'elle a failli y rester de la même manière. Hoo comme c'est commode, n'écoutant que son bon coeur, elle sauve la vie à celui qui la brutalise depuis des mois, menace de la tuer à chaque instant et dont elle n'a d'autre espoir que de rester l'esclave toute se vie, s'il ne met pas ses menaces à exécution. Mais mais! espèce de blonde!!!! Laisse le crever, c'est un emmerdeur, un obsédé et un violent.
Sérieusement le pharaon stalker me fait mourir de rire: "houhou frangine, regarde ce que j'ai ramené, mon nouvel animal de compagnie". Je ne peux pas prendre ce personnage, supposé être flippant,  au sérieux, impossible!

Donc elle sauve son tortionnaire qui nous fait un bon gros fantasme de l'infirmière: je la veux, je suis le roi, je me fous des convenances, je la veux, trépigne, rage, bave, tempête.
Donc la sorcière envoie le chasseur enlever blanche-neige pour la tuer. Ah non c'est pas du tout ça, Isis envoie le fabricant de momies enlever Carol pour la buter et en faire un saucisson sec. Mais le pharaon, n'écoutant que sa maniaquerie, part la sauver.

Comment dire. C'était tellement du gros n'importe quoi, que j'ai bien rit en fait. Les quelques passages de trouille du tome 1 on fait place à des dodécaèdres amoureux (oui le triangle est insuffisant à ce niveau), car bien sûr, une blonde est une denrée rare à l'époque et à cet endroit, et tout ce qui porte un pagne se met à convoiter Carol , tel des loups de Tex Avery devant une rouquine ( pour diverses raisons d'ailleurs: le pharaon, parce que  fifiiiiiiiiille!, Séti parce que "tu as sauvé ma mère de la mort, je te suivrais jusqu'au bout du monde", Le général Minue, parce que finalement, elle est moins snob que la reine, le prêtre Kapta parce qu'il collectionne les objets dorés et que ses cheveux feraient bien sans se collection... sisi..)

Mais c'est tellement outré, tellement exagéré que ça en devient très très drôle: le roi caractériel, la soeur jalouse, l'héroïne irrésistible, le prètre vénal, le second rôle sympa qui ne sert pas à grand chose...
Après avoir bien rit sur la kitscherie du scénario, il y a un détail graphiquement qui m'ennuie énormément: le réemploi de personnages. Le pharaon est le portrait craché du grand frère -un peu trop ambigu d'ailleurs! - de Carol, Séti ressemble comme 2 gouttes d'eau à Jimmy, l'amoureux transi de Carol à l'époque contemporaine...alors soit c'est pure flemme, et bof bof. Soit c'est voulu, mais alors là, je vois arriver le truc de la réincarnation avec des sabots tellement XXL que je ne vois pas comment on pourrait tenir 58 nom de dieux de tomes avec ça. Soit on va avoir droit à " hoo tout ça n'était qu'un rêve, c'est pour ça qu'ils avaient la tête de mes proches" et rhaaaaaaaaaa!

Enfin, il faut aussi que je dise du mal de l'équipe qui a fait la traduction. Cette fois il y a une référence très claire à la légende d'Isis, épouse d'Osiris son frère. Très très directe. Mais depuis le début l'équipe continue à écrire: Ashisu, Osirisu, Anubisu, Menfuisu, et même Tebe, capitale de l'Egypte antique. Juste: non! La mangaka a transcrit les noms comme elle a pu en katakanas, d'après la prononciation anglophone qui fait d'Isis " Aïzis". Et l'équipe à gardé la transcription approximative en revenant des kanas à l'anglais. Sérieux, est-ce que c'était un effort surhumain d'aller juste vérifier l'orthographe d'Isis ou Memphis ( d'autant que c'est un site américain, je suis sure qu'ils ont déjà entendu parler de Mamphis Tennessee, quand même!), avant d'éditer? Même quand on est amateur, faut bien se dire que l'auteur n'a pas sorti tout ça de son imagination. Même le peuple Hittite ( hitaïte en anglais donc) devient Hitato.  Minute, je vais mourir et je reviens!

Ceci dit, j'avais gueulé tout pareil en France, pour une traduction officielle - ce qui est pire- d'une référence au Léthé, qui était devenue " rété le fleuve des enfers".

juste parce que c'est la suite du précédent billet
Enfin voilà, on finit ce tome avec Carol revenue par miracle à son époque lorsqu'un petit bout du sceau magique se décolle, elle retrouve sa famille, ouf, tout est bien qui finit bien, on en restera là, hein...à part si vraiment j'ai envie de me refaire à un moment ou un autre une lecture à la Benny Hill, mais je pense que je trouverais autre chose à lire. C'est quand même rageant, un potentiel pareil, et le voir partir en cacahouète en seulement deux tomes.




n'importe quoi, mais n'importe quoi égyptien malgré tout
Isis Osiris, patati, patata
Pharaon, reine et princesse hittite