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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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lundi 9 décembre 2013

Deutsche Kurzerzählungen - Collectif

Pour la précédente édition du challenge LSD, qui imposait une lecture en VO, j'avais opté pour un recueil de nouvelles. Et cette fois, même choix, les nouvelles sont un bon compromis pour s'y remettre tout doucement après des années. J'ai donc fait un raid au rayon VO de ma médiathèque, bien maigre je dois dire en dehors de l'anglais et de l'italien. Il n'y a, en tout et pour tout que 2 recueils de nouvelles disponibles: un recueil de Brecht ( probablement mon prochain choix) et celui-ci: sobrement intitulé " Nouvelles allemandes- Deutsche Kurzerzählungen", publié chez Pocket, collection langues pour tous.

13 textes d'auteurs parfois très connus ( Günther Grass, Heiner Müller, Heinrich Böll), parfois pas du tout connus, de moi en tout cas, du XIX° et XX° siècles.

- Kannitverstan -JP Hebel : Kannitverstan, en néerlandais, signifie " je ne comprends pas" ( mais en y réfléchissant, : Ich kann nicht verstehen en allemand, ça n'est pas très éloigné). Ce qu'un allemand de passage à Amsterdam ne sait pas. Aussi lorsqu'il voit une très belle maison et un très beau bateau marchand et demande aux passants à qui ils appartiennent, on lui répond " Kannitverstan"; il en déduit donc que monsieur Kannitverstan doit être très riche. Et lorsqu'il demande en voyant un convoi funéraire de qui il s'agit et qu'il obtient la même réponse, sa vie change: à partir de ce moment à chaque fois qu'il se plaindra de ne pas avoir d'argent, il repensera au malheureux monsieur Kannitverstan, mort malgré ses millions. Un fable sur l'argent, la position sociale, etc..

-Mittagessen auf dem fabrikhof ( repas de midi dans la cour de l'usine) - G Weerth: pause de midi dans une usine, vers 1850. Les discussion des ouvriers, qui travaillent de 6 h00 à 20h00 avec juste une pause de 12 à 13 mettent en avant les inégalités sociale ( car tous se demandent ce que le patron peut être en train de manger: roti de chevreuil? pigeon aux pommes?coquelets? tandis qu'eux doivent se contenter de bouillon ou flottent quelques navets) L'auteur était un collaborateur au journal de Marx et Engels

-Welche traurige Rolle das arme Volk in alle bisherigen Revolutionen gespielt hat ( quel triste rôle le pauvre peuple a joué dans toutes les révolutions passées ) - M Hess: un choix étonnant pour un recueil de nouvelles, puisqu'il s'agit en fait d'un pamphlet politique présenté de manière question/réponse. Là aussi, était un proche de Karl Marx et arrive à la conclusion que le peuple a été manipulé à chque fois et qu'il faut que les choses changent.

- Die Stadt der Beziehungen ( la ville des relations) - K. Tucholsky: la aussi, pas une nouvelle à proprement parler, plutôt une sorte de mode  d'emploi de la vie parisienne à l'usage des allemands. Car en France et à Paris en particulier, tout repose sur les relations, le piston, le système D ( la combine, dans la VF), chose inconnue en Allemagne. Pas de piston, pas de carrière ( j'ai presque envie de dire que rien n'a changé en un siècle)

- Der Kaffee ( le café) - A.Zweig:  une histoire touchante d'une fraternisation de quelques heures, entre une troupe allemande et une troupe française, pendant la I° guerre mondiale. Les français meurent de faim alors que la tranchée allemande vient d'être ravitaillée, l'odeur du café qui flotte entre les deux amène un bref cessez-le feu, où les allemands vont céder des provisions aux français.

- Die  Stoppuhr ( le chronomètre) - A. Seghers: un autre lieu , une autre guerre. en Chine, des officiers allemands viennent prêter main forte à l'armée de Tchang Kai Chek pour mater la révolte  des provinces rouges du sud, en entrainant "au chronomètre" une troupe hétéroclite et absolument pas formée au combat. sans se douter qu'en acquérant coordination et rapidité la troupe pourrait s'organiser pour se retourner instantanément comme un seul homme contre ses dirigeants.

-Undines gewaltiger Vater ( le père puissant d'Ondine) - H. Böll: une balade au bord du Rhin en compagnie de Böll, qui se méfie de l'impétuosité du fleuve, et l'appelle "le père puissant d'Ondine" ( un petit clin d'oeil à Lorelei?)

-Von der besonderen Verantwortung der Deutschen (sur la responsabilité particulière des allemands) - G. Grass: là encore, ce n'est pas vraiment une nouvelle, plutôt un discours politique qui renvoie dos à dos les 2 puissances mondiales de la Guerre froide. Suite au partage de l'Allemagne après la 2° guerre mondiale, et donc par sa position géographique mais aussi sa responsabilité pendant la guerre, qui a par la suite la course mondiale à l'armement, Grass pointe le rôle que l'Allemagne se doit de jouer dans le désarmement .

-Das eiserne Kreuz ( la croix de fer) - H. Müller: apprenant le suicide d'Hitler, un des ses fervents partisans décide de se suicider aussi, avec toute sa famille. Une nouvelle sur la toute fin de la guerre, les populations déboussolées qui se trouvent à devoir choisir entre accepter la défaite ou fuir la réalité d'une manière ou d'une autre.

-Ab-Lauf der Dinge ( déroulement des choses)- J. Laabs: une femme prépare le repas en attendant le retour de son mari, qui travaille tard le soir. Elle le soupçonne d'infidélité, mais se refuse même ne serait-ce qu'à lui demander s'il compte rentrer dîner. Mouais, bon, je déteste ce genre de personnage qui se plaint mais ne réagit pas.

-Schöne freie Welt (beau monde libre) G. Vesper: la vie quotidienne d'un enfant, au travers de toutes les interdictions qu'il entend à longueur de journée, ne cours pas, tais-toi, viens-là, ne t'éloigne pas...

- Die Proben oder zweimal ein Sohn ( les répétitions ou deux fois un fils) - A Mechtel: une femme qui vient d'avoir un enfant songe à sa vieille voisine, morte peu avant: celle-ci avait si bien éduqué son fils à être un battant, un gagnant en tout, un homme d'affaire accompli, un individualiste forcené, que celui-ci l'a peu à peu  abandonnée. Une nouvelle sur les projets de vie que les parents peuvent inculquer à leurs enfants.. et les résultats désastreux qui s'ensuivent.

-In der Strassenbahn ( dans le tramway) -G.Ernst: un tramway bondé, une dispute entre voyageur un peu dans le goût des "exercices de style" de Queneau.

L'an dernier, j'avais choisi 20 Kurzgeschischten, comme lecture en VO. Le livre n'était pas mal, avec un panaché de nouvelles, d'intérêt variable, mais surtout, il était en allemand, avec en regard, des notes de lectures, des traductions de mots compliqués, et un glossaire final. J'ai trouvé celui-ci beaucoup plus mal fichu, car en fait, les textes sont plus compliqués:  beaucoup de textes politiques avec du vocabulaire que je n'ai pas oublié, mais simplement jamais appris: les  tranchées, le désarmement, la tactique, certains assez facilement déductible ( die Artillerie, Die Infanterie..), mais d'autres, beaucoup moins. Et pas de glossaire, pas de lexique, en fait le livre qui contient des textes plus compliqué d'adresse à des étudiants d'un niveau inférieur. Tu ne comprends pas? pas de problème: tu as la traduction française en face. Et ça, je n'aime pas, c'est trop facile comme démarche à mon goût, trop prémâché.

Par contre comme les textes ont été choisis non pour leur vocabulaire, mais chaque fois pour un point grammatical ( par exemple " monde libre" pour l'emploi de l'impératif, "dans le tram" pour le discours direct et le dialecte autrichien, "la responsabilité pour les articles de noms de pays..), on a droit à plusieurs fois la même explication, par exemple, ça n'a pas très grand intérêt de dire X fois en note de bas de page que tous les mots en -ung ou en -heit sont féminins,  ou X fois que tous les verbes en -ieren sont tirés du français et se conjuguent comme ceci.... merci, mais je préfèrerais avoir un lexique ou d'autres notes grammaticales, j'ai compris!)

D'une part j'ai apprécié l'idée de textes politiques et sociaux, parce que justement mon vocabulaire pèche de ce côté là... mais non, la pure et simple traduction en regard, ça n'est pas mon truc. Mais il aurait été appréciable aussi de continuer sur cette lancée, les autres textes paraissent vraiment faiblards niveau intérêt.
Donc une lecture  demi- réussie ou demi ratée. Enfin, il faudra vraiment que je me fasse des planches de vocabulaire organisées par champ sémantiques.
bonus! 25/24

vendredi 1 novembre 2013

La nuit du sabbat - H. Zschokke

 Et voilà, comme promis, une nouvelle détachée du recueil sur Hoffman. Détachée, car elle y a été publiée par erreur, n'était pas d'Hoffmann, mais plus probablement d'Heinrich Zschokke, autre auteur de nouvelles allemand, totalement inconnu de moi. Voici d'ailleurs le texte en VO, qui correspond assez bien, pour le peu que je l'ai survolé, à la traduction que j'ai lue.
On y suit la nuit très agitée d'un homme qui rencontre un curieux petit bonhomme vêtu de rouge, qui semble le suivre partout. Pour le narrateur, ce type dénommé "Manteufel" ( homme-diable) ne peut être que le malin, Satan, le démon, comme son nom l'indique. Aussi lorsqu'il accepte l'invitation de Manteufel à venir prendre un verre, les catastrophes s'enchaînent faisant de lui un meurtrier, un incendiaire et un fratricide.

Que dire, d'abord, il me paraît clair que la nouvelle n'est pas de Hoffman, mais qu'il s'agit d'un ajout erroné de la première édition. Hoffman avait du succès, aussi beaucoup d'auteurs se sont engouffrés dans la brèche fantastique. Mais on  n'y retrouve pas du tout les deux caractéristiques que j'avais citées pour Hoffman: l'humour un peu cynique, et les références à la musique.
 Et surtout, après quelques considérations bien lourdes sur le thème " ha il n'y a rien de mieux que la vie de famille, ma femme mes enfants sont ma joie, je ne comprends pas ceux qui se privent du bonheur d'une vie de famille, soit par égoïsme, soit par amour d'une vie de vice" ( oui, c'est dit à peu près comme ça, bonjour la subtilité!), on y a droit à une exploitation mollassonne du mythe de Caïn et Abel. Bon jusque là, ça pourrait aller, encore, la succession de situations grotesques qui arrive au héros est assez drôle - même si, j'en mettrais ma main au feu, ça n'était pas le but- mais surtout, et là, c'est la pire faute de goût pour moi, on a la fameuse conclusion que je déteste entre toutes " finalement tout ceci n'était qu'un rêve, tout est bien qui finit bien". NOOOOON! Bon d'accord, au milieu du XIX° siècle, ça sentait probablement moins le réchauffé que maintenant, mais , nooooooon, ça ne passe pas. alors oui, il y a diablerie dans cette histoire, mais elle est tellement mal ficelée que je me devais de le signaler, au moins pour défendre la réputation du pauvre Hoffman.

Après je ne sais pas si la nouvelle est aussi moralisatrice en allemand qu'en français, je n'ai pas eu le temps de la lire en VO, ou si c'est une question de traduction. Mais telle quelle, il s'agit d'une nouvelle poussive avec une morale à 2 sous: si tu fais des rêves violents alors que tu te crois pur, tu devrais faire un examen de conscience car le mal est déjà en germe en toi. Pourtant habituellement je suis bon public, mais là non, il y a vraiment trop de défauts, dans la narration molle, dans la morale pénible, dans les digressions familiales sans intérêt.

hop, une autre lecture de saison, ratée, mais de saison ( enfin presque, puisque la nuit dont il est question est en fait la nuit de Walpurgis, du 30 avril au 1 mai)
n°17, même mauvais, une nouvelle reste une nouvelle
et une première lecture pour la challenge LSD, deuxième saison
Milieu XIX° siècle
car le dénommé Manteufel est baron
Bon d'accord, je n'ai pas aimé, mais au moins c'est une lecture multifonction!

lundi 28 octobre 2013

contes fantastiques tome 1 - ETA Hoffmann

et pour continuer sur les nouvelles fantastiques allemandes ( et finir le challenge littérature allemande par la même occasion), voilà le tome 1 des "contes fantastiques " ( attention l'édition ebook québécoise que j'ai sur ma tablette n'est pas tout à fait la même que celle papier française du même titre, et ne correspond pas non plus tout à fait aux éditions allemandes)
Autoportrait d'ETA Hoffmann

On y trouve donc: le violon de crémone (initialement pièce isolée), le Majorat (extrait des contes nocturnes tome 2), la vie d'artiste (extrait du "point d'orgue"), le bonheur au jeu (les frères de saint Sérapion tome 3)  , le sanctus (contes nocturnes tomes 1), plus un autre texte " la nuit de sabbat", que je ne mentionnerai pas ici, car il n'est pas d'Hoffmann, il s'agit d'une attribution erronée, d'un auteur dont l'identité est contesté ( j'ai vu que certains avançaient Polidori ou d'un nommé Zschokke inconnu de moi. Donc dans le doute, je ne le critiquerait pas ici, mais probablement à part). C'est un peu dommage d'avoir d'une part ajouté un texte qui n'a rien à voir, et d'autre part d'avoir mélangé des textes issus de recueils d'époques différentes.

Le violon de Crémone: on y découvre l'extravagant conseiller Crespel, homme riche au loisir étrange: il achète sans cesse des violons de prix, pour les démonter tous pièce par pièce, dans l'espoir de trouver le secret du meilleur son possible. Tous, sauf un, au son exceptionnel. Le narrateur, curieux, réussit à entrer dans ses bonnes grâces et à faire la connaissance d'Antonia, l'étrange femme qui vit chez lui, et dont la ville entière prétend qu'elle chante magnifiquement.. bien qu'on ne l'ait entendu  qu'une fois devenue quasi légendaire. Et de fait Antonia est la fille du conseiller, et d'une chanteuse lyrique, qui souffre d'une maladie respiratoire. Chanter encore mettrait sa santé et sa vie en danger, c'est pourquoi elle a renoncé à chanter à tout jamais, en échange de la " grâce" du violon de crémone, dont le son lui rappelle le son de sa propre voix, à l'époque où elle pouvait encore chanter. Mais évidemment tout va finir par tourner mal, c'est du fantastique allemand...
Pour les connaisseurs en musique, cette histoire est celle qui constitue le III° acte des contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach .

Le Majorat: dans un château plus ou moins délabré au fin fond du duché de Courlande ( Lettonie), un vieux justicier ( notaire) et son petit neveu vont découvrir comment de vieux secrets de famille continuent à perturber la vie des actuels occupants. Sans compter les bruits inquiétants et les manifestations étranges qui se produisent la nuit, et indiquent la présence d'un revenant dans la vieille bâtisse.
Sans être inintéressant, je l'ai quand même trouvé long: toute une première partie sympathique plante le décor: un châtelain grognon, sa trop jolie femme sujette aux attaques nerveuses, les bruits et les manifestations mystérieuses. La suite est plus confuse, lorsque le récit bifurque sur les complexes histoires d'héritage du baron Roderick, des ses fils, de son petit fils, car malheureusement, il y a dans la généalogie Deux Roderick, deux Hubert, un Wolfgang.. on s'y perd - en en fait, c'est même tellement bizarre parfois que j'ai l'impression que le traducteur s'est emmêlé les pinceaux dans les noms. On saura au final qui est le fantôme et pourquoi il hante les lieux, mais au bout du comte, l'histoire d'héritage prend le pas sur le fantastique, et c'est dommage. Ha oui, et comme on est chez Hoffmann, il y est quand même question de musique: car la baronne qui s'ennuie à mourir ( comme toujours ou presque, chez les femmes d' Hoffmann, elle est de de santé fragile et surprotégée par son mari) se trouve une passion commune pour la musique avec le neveu du notaire et improvise des duos avec lui.

La vie d'artiste: Et je vous le donne en mille: de la musique! On y suit les déboires d'un musicien amateur d'une petite ville, qui découvre un jour ce qu'est vraiment la musique, incarnée par deux musiciennes italiennes itinérantes, deux soeurs qui représentent chacune une approche différente, quasiment une philosophie musicale. il y a Lorette, la soprano colérique, qui ne jure que par les chansons légères et les fioritures, jusqu'à en mettre trop, partout, tout le temps ( j'ai envie de dire qu'elle représente un peu la conception de la musique au service du musicien, pour faire valoir sa virtuosité son talent, etc..) et à l'opposé, Térésina, l'alto et guitariste, qui préfère la musique sérieuse, et la pureté d'une note à l'afféterie ( l'interprète au service de la musique cette fois). Mais les deux sont aussi fausses l'une que l'autre et méprisent le musicien qui les accompagne, et les plante là, lassé de leurs tocades.. n'optant ni pour l'une ni pour l'autre au final. Je pense qu'il faut voir cette nouvelle presque comme une leçon de philosophie musicale, plus que par les femmes, le narrateur explique qu'il est d'abord attiré par le brillant , j'ai presque envie de dire le côté tape-à-l'oeil du chant de Lorette, et qu'il n'arrive pas à apprécier la musique sobre de Térésina,  chose qui se produira peu à peu, quand il aura plus de maturité musicale.  Donc, j'ai apprécié cette nouvelle surtout parce qu'elle me parle en tant que musicienne amatrice, mais je ne sais pas du tout ce que peut en penser quelqu'un qui n'est pas concerné. Peu de fantastique, sauf si on considère la musique, l'inspiration comme un principe surnaturel?

Le bonheur au jeu: ça alors. pas de musique! Pas une note n'est mentionnée cette fois. Il y est juste question d'un homme particulièrement chanceux, qui sombre peu à peu dans la passion des jeux de cartes, auxquels il gagne invariablement de grosses sommes.Avant qu'il ne soit trop tard pour lui, il est abordé par un vieux monsieur qui vient le mettre en garde et lui raconter l'histoire d'un autre joueur du passé, à qui la chance souriait, qui ruinait littéralement ses adversaires jusqu'au jour fatidique où la chance à tourné... Là le surnaturel est plutôt dans cette chance insolente et capricieuse qui s'attache successivement à plusieurs génération de joueurs, qui semblent se la passer comme un mauvais rhume, et qui fait leur malheur plutôt que leur bonheur.

Le Sanctus: un mauvais rhume, c'est justement la catastrophe qui s'abat sur le choeur d'une petite ville. La soliste vedette, Bettina est aphone depuis plusieurs mois, et le médecin perplexe en vient à se demander si elle pourra un jour chanter à nouveau. En effet, elle est tout à fait capable de parler normalement, mais sa voix disparaît mystérieusement dès qu'il s'agit de chanter. Et l'angoisse de devoir abandonner le chant ne fait qu'empirer son état. Un des choristes finira par comprendre ce qui se passe: choc psychologique. La veille de son aphonie, alors qu'elle quittait la messe pendant le sanctus, dès la fin de son solo, afin d'aller honorer d'autres contrats, un plaisantin lui a suggéré que partir avant la fin de la messe lui attirerait surement la colère divine. Plaisanterie que Bettina a pris pour argent comptant. Et pour la guérir, une fable racontant une histoire similaire à la sienne, mais où la chanteuse retrouve sa voix, suffira à lui rendre confiance en quelques jours ( J'ai envie de dire, personne ne se rend compte qu'outre le choc psychologique, elle souffrait de surmenage, avec 4 ou 5 engagements à honorer par jour, et qu'elle avait besoin de repos vocal.. que son organisme l'a forcée à prendre.. mais bon). Une histoire plutôt drôle, même si le conte andalou destiné à rendre confiance à Bettina me gêne aux entournures - puisqu'on y parle d'une maure convertie au catholicisme et qui a enfin embrassé la vraie foi, etc...

En conclusion, un lecture plutôt sympathique, même si je soupçonne quelques bizarreries de traduction ( celle que j'ai trouvé en ligne est la toute première qui date du XIX° siècle), une seule vraie histoire fantastique ( avec fantôme), qui est celle que j'ai le moins appréciée, même si les autres ne sont pas dénuées d'"inquiétante étrangeté" selon la formule consacrée. En fait je pense que le souci c'est d'avoir compilé des nouvelles extraites de différents recueils, qui n'ont pas du tout le même objectif: La vie d'artiste et le sanctus sont plutôt légères et volontiers humoristique, tandis que le violon, le majorat et le bonheur on une ambiance plus mystérieuse. L'objectif de l'auteur n'y est pas du tout le même, et c'est maladroit de les avoir mélangées ainsi. Ceci dit, je le disais déjà ici à propose de l'homme au sable, j'apprécie bien l'humour discret volontiers cynique de l'auteur ( un peu moins sa manie de faire de ses personnages féminins des êtres faibles, à la santé délicate, sur lesquels un père, un mari.. voire même un fabricant exerce une emprise totale. Une fois de temps en temps, pourquoi pas, mais là, c'est un peu trop récurrent)
5° lecture: challenge réussi!
lecture commune: un auteur classique
et de 16!
première lecture pour ce défi.. pour la place que tient la musique dans 4 des 5 nouvelles d'un écrivain qui était aussi musicien et compositeur :)


lundi 14 octobre 2013

L'étrange histoire de Peter Schlemihl - adalbert Von Chamisso

Première lecture de ce mois halloweenesque,  et lecture novellas  (un roman court de 80  pages), l'étrange histoire de P. S ( sous titrée l'homme qui a vendu son ombre) est une variation humoristique savoureuse sur le thème du pacte diabolique, un grand classique de la littérature allemande - chez Goethe, Faust vendait son âme, chez Hoffman, un homme vendait son reflet.. et chez Chamisso, le héros commet la gaffe de vendre son ombre.

Ecrite en allemand par un botaniste français émigré en Allemagne, ce qui est déjà atypique, le récit ne se prend vraiment pas au sérieux. je l'avais découvert en fac en VO, je l'avais lu par la suite en version bilingue mais je ne l'ai pas retrouvé, je l'ai donc téléchargé en E-book, pour lire dans l'avion. C'est ici que ça se trouve.
L'argument est classique: P. S. ( oui j'ai la flemme de réécrire son nom à coucher dehors à chaque fois!), un homme pauvre, rencontre par hasard lors d'une fête un étrange petit  bonhomme en gris qui est capable de tirer n'importe quoi ( un tapis persan, une tente avec tous ses accessoires, une carriole avec tous ses chevaux) de ses poches, sans que cela semble étonner quiconque. a l'issue de la fête, il se voit proposer un étrange marché: l'inconnu lui offre la bourse de fortunatus, une bourse d'argent inépuisable, en échange de son ombre. Il reviendra un an plus tard pour renégocier le marché. N'importe qui , sain d'esprit, se dirait qu'il y a  un problème, mais voilà, Peter est dans la dèche, et naturellement cupide, il se dit qu'il fait là un marché très avantageux: des sous à voloté contre quelque chose d'aussi immatériel et sans intérêt qu'une ombre.
erreur fatale, car ce marché complique singulièrement sa vie: tout le monde se rend compte que quelque chose cloche, et le voilà obligé de justifier auprès des badauds médusés la perte de son nombre ( avec des arguments aussi farfelus que : "l'hiver dernier il a fait très froid, elle a gelé et ne n'ai pas pu la décoller", "j'ai été malade, j'ai perdu mes cheveux, mes ongles et mon ombre, les cheveux et les ongles ont repoussé, mais l'ombre prend son temps", ou encore " un lourdaud a marché dessus et y a fait un trou, je l'ai amenée à repriser mais elle n'est pas encore réparée"), enfin, sa vie devient très compliquée, la vie sentimentale encore plus ( quelle femme sensée accepterait de sortir avec un homme dépourvu d'ombre, il doit être sacrément négligent pour l'avoir ainsi égarée!).

Lorsque l'homme en gris revient un an plus tard, Peter se voit proposer un marché encore plus désavantageux: l'inconnu ne veut pas reprendre la bourse, mais accepte de lui céder à nouveau son ombre contre un petit contrat .. à prendre où à laisser. Le genre de contrat où il faut signer de son sang la vente de son âme... Peter refuse, et commence donc une vie d'errance, sans ombre, mais finit par se trouver un but dans la vie: la science et l'exploration, loin de tous.

Evidemment, c'est un conte moral: l'argent, les femmes, le pouvoir, tout ça ne vaut rien si c'est au prix de son intégrité. Mais j'ai beaucoup aimé ce conte fantastique pour son humour, d'autant qu'il fait intervenir plein de références folkloriques ou littéraires: Faust en premier lieu, la légende du juif errant, tout un tas d'objets magique: la bourses de fortunatus, mais aussi, les bottes de sept lieues, le nid d'invisibilité ( on le porte sur la tête et on devient invisible.. hormis l'ombre justement), ancêtre direct de la cape d'invisibilité d'Harry Potter.

A voir aussi: quelques illustrations que j'aime beaucoup; apparemment pour une BD, j' adore, ça m'évoque énormément l'expressionnisme allemand au cinéma, c'est tout à fait  dans l'idée du Cabinet du Dr Caligari, j'adhère totalement

13/24: un roman de 80 pages
un conte plein d'objets magiques folkloriques.. et un contrat diabolique
auteur français mais qui écrit en allemand
Ecrit en 1814
un classique de la littérature fantastique allemande, un pacte avec le diable

mercredi 1 mai 2013

20 Kurzgeschischten des 20. Jahrhundert - Collectif

LE livre en VO! soit 2/5
En bon français: 20 nouvelles du 20° siècle. Voilà le billet qui me fait officiellement passer en catégorie '" soeur Grimm" ( 5 livres mini, dont un en VO)



et pour m'y remettre tranquillement, tout en validant une lecture de plus pour le challenge nouvelle, j'ai donc choisi ce recueil qui traînait chez moi depuis.. (je n'ai plus assez de doigts pour compter).. le collège. Ca fait donc au moins 22 ou 23 ans. La prof nous l'avait fait acheter à l'époque pour en étudier une ou deux..et je n'avais pas eu l'occasion de lire les autres depuis. c'est donc chose faite.
20 nouvelles , donc, de plusieurs auteurs, germanophones ( allemands, mais aussi autrichiens, suisses, tchèques..), certains très très célèbres mondialement ( Kafka, Kästner ou Musil), d'autre que je connais parce que je les avais rencontrés au fil de mes études ( Wolfgang Borchert, Max Frisch), mais pour la plupart inconnus de moi. 3 étaient encore vivants ( Christa Reinig, Max Frisch, Kurt Marti) lors de l'édition du recueil, seul Marti (né en 1921) est toujours vivant à l'heure ou j'écris.

1: Erich Kästner - Das Märchen vom Glück ( le conte du bonheur): un vieil homme rencontré dans un café raconte comment il rencontra dans sa jeunesse un génie qui lui a accordé 3 voeux, comment il a gâché les deux premiers, et que finalement, le vrai bonheur, c'est d'avoir conservé depuis 1 voeu, sans l'utiliser. Du fantastique tout mignon, et qui se lit très bien, je vais surement  aller fouiner un peu du côté de cet auteur.

2: Kurt Kusenberg - Wer ist man? ( qui est-on): Un homme se réveille unlendemain de cuite dans la peu.. de quelqu'un  d'autre. une reflexion fantastique plutôt intéressante sur l'identité. Et là aussi, ça se lit assez bien, peu de constructions compliquéess pour moi qui n'ai plus fait d'allemand depuis plus de 15 ans.

3: Franz Kafka - Der Schlag an Hoftor (le coup au portail): un homme se retrouve en prison sans comprendre pourquoi, après un simple coup tapé sur une porte, par facétie. On retrouve le thème du procès et de sa justice incompréhensible pour le commun des mortels
4: Kafka - Der Nachbar ( le voisin): un homme qui travaille chez lui soupçonne son nouveau voisin, qui travaille dans la même branche, de l'espionner pour lui voler ses clients.
5: Kafka - Die stadtwappen ( les armes de la ville): une théorie qui explique que la tour de Babel n'a pas été détruite, mais plutôt jamais construite.. par procrastination.
Paranoïa, justice incompréhensible, procrastination, bureaucratie paralysante.. on est bien chez Kafka. Mais bien qu'elles soient courtes, j'ai eu du mal à les lire: beaucoup de relatives, de constructions assez complexes. Je vais donc moi aussi.. remettre ma lecture de Kafka en VO à plus tard

6: Paul Ernst - Die Liebesbriefe ( les lettres d'amour): une jeune actrice brillante, jolie, mais illettrée reçoit des lettres d'amour d'un inconnu qu'elle se fait lire à haute voie par un vieil acteur de sa troupe. Qui bien sur est l'admirateur inconnu. Pas très original mais agréable à lire, et qui rapelle un peu Cyrano dans l'ensemble. J'ai apprécié!

7: Alexander Roda Roda - Die Versicherung (l'assurance): un homme qui vient de s'assurer se trouve au prises avec un assureur escroc lorsqu'il s'agit de se faire rembourser les dégâts causés par un orage.
8: A. Roda Roda - Der fromme Hassan ( Hassan le pieux): En orient, un vieil homme pieu mais désargenté prétend soigner les maux de dents avec des prières. Et bien sur là encore c'est une histoire d'arnaque.
Très Drôle, j'ai beaucoup aimé, et ça se lit aussi facilement. c'est un humour qui m'a un peut fait penser à Alphonse Allai. Je ne crois pas malheureusement que l'auteur ait été traduit en français. Donc je le mets en mémoire pour le futur

9: Wolfgang Borchert - das Küchenuhr (la pendule de la cuisine): après un bombardement, la pendule de la cuisine, objet dérisoire et on fonctionnel est la seule chose qui rattache un homme a son passé.
10: W. Borchert - Die traurigen Geranien (les géraniums tristes): les géraniums du titre son trompeurs, il s'agit de la déconvenue d'une dame au physique disgracieux, systématiquement rejetée pour son nez qui jure avec le reste de son visage.
J'ai beaucoup aimé la Pendule, par contre les géraniums.. pas tellement. J'ai l'impression que l'auteur passe par des détours sans grand intérêts pour aborder son sujet.. le comble pour une nouvelle de quelques pages!

11: Robert Musil - Der Riese AGOAG ( AGOAG le géant): un homme chétif décide de se muscler et de devenir le plus fort possible Jusqu'au jour où il découvre qu'un sportif, si fort soit-il, ne fait pas le poids par rapport à un autobus. Là aussi, je suis restée assez perplexe vis à vis de cette nouvelle.

12: Christa Reinig - Skorpion ( Scorpion): Une allégorie. Tout le monde se méfie du scorpion.. par préjugé. Pas intéressant, mais les allégories ne sont pas trop mon fort à la base.

13: Max Frisch- der andorannische Jude ( le juif d'Andorre): un homme d'Andorre est rejeté par la communauté, car c'est un enfant trouvé, personne ne sait d'où il vient, et il a l'air " trop juif". J'avais lu Andorra, du même auteur à la fac, et bien que je n'ai pas trop de souvenirs de la pièce, j'ai l'impression que cette nouvelle en est le prototype. Intéressant là aussi, j'ai plus accroché à la nouvelle qu'à la pièce, de mémoire..

14: Hermann Kasack - Mechanischer Doppelgänger ( sosie mécanique): un homme d'affaire reçoit un représentant de commerce qui prétend.. être un robot, hyperperfectionné et lui vante les avantages de se faire faire un robot à sa propre image. De la SF légère et sans prétention, j'aime!

15: Heinrich Spoerl - Der Stift (la pointe): une blague de potache tombe à l'eau et les élèves qui espéraient sécher un cours.. se retrouvent enfermés bien au delà de l'heure de fin
16: H. Spoerl - Warte nur balde ( attends encore un peu): la légende de l'homme qui ne voulait pas attendre et rata sa vie.
Là aussi,j'ai plutôt apprécié les deux nouvelles de cet auteur, à creuser donc.

17: Kurt Tucholsky - Der Primus ( le premier de la classe): plutôt qu'une nouvelle, il s'agit d'un article de journal, où l'auteur rapporte avoir entendu lors d'une conférence que l'Allemagne est "le bon élève" de l'Europe. Il brode donc sur le sujet. Facile à lire, mais là encore, je me pose des questions: c'est un court texte, mais pas une nouvelle.

18: Kurt Marti - Neapel sehen (voir Naples): un homme qui a passé sa vie à l'usine ne supporte plus de la voir par la fenêtre et lorsqu'il tombe malade fait construire un mur de planche pour ne plus la voir. Au point de finalement, ne plus supporter de ne plus voir ce qui a constitué sa vie jour après jour. Pas mal, sur l'indécision, la force des habitudes..

19: Eugen Roth - Der Ruhm ( la gloire): Un chanteur peu doué mais qui ne manque pas de confiance en lui arrive a gagner la sympathie des clients du restaurant qu'il anime, lorsqu'ils découvrent que c'est la misère qui le pousse à se donner en spectacle à plus de 70 ans.
Un peu comme les lettres d'amour: monde du spectacle, misère ( économique dans l'une affective dans l'autre). Ca se laisse bien lire.

20: Marie-Louise Kaschnitz- Popp und Mingel (Popp et Mingel): un enfant délaissé par des parents trop occupés s'invente une famille fictive de marionnettes qu'il met en scène lorsqu'il est tout seul à la maison. La aussi, plutôt agréable à lire.

Je dirais que ce recueil m'a laissé une impression mitigée: de très bonnes choses, comme d'autres sans grand intérêt. en fait il n'y a pas de fil directeur, pas de thématique des nouvelles retenues, même si plusieurs rassemblent les idées d'identité ou de solitude.. mais elles sont trop disparates pour laisser une bonne impression d'ensemble.. et c'est dommage. Je retiens  par contre Alexander Roda Roda et Heinrich Spoerl que je ne connaissais pas , La pendule de Borchert, les armes de la ville de Kafka et la nouvelle de Kästner. 6 sur 20, c'est peu.  Le reste est plutôt " sympa, sans plus".

Par contre, l'idée de passer par des nouvelles pour recommencer à l'ire en allemand était excellente, même si certaines ne m'ont pas convaincue, je n'ai pas lâché l'affaire, surtout que le recueil n'est pas bilingue avec une traduction en français en regard du texte allemand, mais propose des notes grammaticales sur les tournures compliquées, un glossaire en fin de volume.. Je préfère cette solution là qui impose un peu plus de travail personnel. Et j'ai retrouvé mes vieilles pierres d'achoppement : les articles ( allez déclinez quand vous ne vous souvenez plus quel est l'article de base), les phrases à rallonge à découper mentalement en petits morceaux pour mon cerveau francophone, les masculins faible ( rhaaa ceux là.. je n'ai jamais eu de problème avec la liste des verbes irréguliers qui terrorisait tout le monde, mais j'ai j'(ai toujours eu du mal avec les masculins faible), la flopée de prépositions dont on ne sait jamais quel cas elles conditionnent.. les adverbes de lieu de temps de ceci ou celà...

En tout cas, ça m'a donné envie de m'y remettre, car j'ai horreur que quelque chose me résiste :D
 
et de 7/24
idée 177: quelque chose de vert ( la tenue de la femme)

lundi 25 mars 2013

La contrebasse - Patrick Süskind

Et voilà, comme promis, pour compléter "le Pigeon" et ne pas rester sur ma faim, un autre court texte du même auteur, en fait un monologue de théâtre qui a connu pas mal de succès ,  en particulier la version avec le regretté Jacques Villeret. Je ne sais pas si elle a été filmée, mais, on peut en tout cas trouver de ci- de là des extraits de la pièces, avec d'autres interprètes.
Car lire une pièce de théâtre, c'est bien, mais la voir, c'est toujours mieux, et je pense que ça doit être le cas pour la Contrebasse. Car à la lecture, le texte est assez dur à classer: humoristique, mais pas le genre d'humour où on rit à gorge déployée. Dramatique? oui, aussi, mais sans être franchement déprimante. J'ai l'impression que c'est le genre de texte qui repose énormément sur l'interprétation et la mise en scène.
Car le sujet, au fond, est ultra simple: un contrebassiste vante les mérites de son instrument, avant de partir au concert qu'il doit donner le soir-même. De façon totalement à la fois juste - car il est vrai que l'harmonie d'un orchestre repose largement sur les basses, et sans basses solides, le tout part vite à vau-l'au - mais de façon malgré tout exagérée: la contrebasse est l'instrument le plus grave, le plus beau, le plus essentiel, le plus grandiose, etc...
Mais comme notre musicien fait son discours en buvant bière sur bière, le panégyrique dérive vite au dénigrement: impossible de jouer vraiment juste tant l'insturment  est délicat , puis il  est trop encombrant, sa forme est ridicule, c'est un vrai meuble etc... au fil des pages ( et des gorgées de bière), l'instrumentiste qui se gargarisait se révèle en fait un type quelconque, frustré de n'être que 3° contrebassiste, qui s'enferre dans une vie qui ne le satisfait pas, mais ne cherche pas vraiment à en changer non plus, car il manque d'envergure, et le sait.. et ça le mine. Je suis sure que la résolution qu'il prend  la fin de la pièce ne sera pas mise en pratique.

Pourtant ça reste assez drôle à lire  même si les gags visuels sur l'instrument encombrant qui donne l'impression d'être partout à la fois, ou sonores sur le bruit de la rue doivent donner leur pleine mesure sur scène, les portraits pleins de mauvaise foi que fait l'instrumentiste sur ses collègues de l'orchestre, sur les compositeurs qui se désintéressent totalement du plus majestueux instrument de l'orchestre,  sur la  chanteuse qui lui a tapé dans l'oeil - une femme cruelle, qui ignore totalement ses sentiments et le méprise... sauf qu'il ne lui a même jamais adressé la parole, évidement... font mouche. Ou alors c'est sur moi que ça marche, en tant que musicienne amatrice car le domaine ne m'est pas totalement inconnu, je ne sais pas. si un non musicien ou non mélomane l'appréciera de la même façon.

Mais, pour conclure, puisque la pièce cite plusieurs morceaux d'orchestre, et s'ouvre sur celui là:
La symphonie n°2  en ré majeur de Brahms où en effet, les premières notes sont jouées par les cordes, et les contrebasses s'entendent bien... 

Je cumule donc: pièce d'un auteur allemand qui parle de compositeurs allemands également, puisqu'il est aussi question du prélude de la Walkyrie de Wagner, et du quintette "la truite" de Schubert
Ho et puis soyons fous:
Forellenquintett, que je préfère à la version Lieder, le Tube de la première moitié du XIX° siècle ( mais j'aime bien la version transposée au piano quelques années plus tard par Liszt...)
Et die Walküre... en effet, il y a plein de cordes en tout sens ( et en effet, la comparaison aux dents de la mer n'est pas si tirée par les cheveux,...) et haaaa un bel orchestre Wagnérien, avec trois bassons!

allez, juste pour finir en beauté, connaissez-vous l'octobasse, non?
la plus grosse contrebasse du monde ( plus de 3, 40 m de haut) crée à la demande de Berlioz. CA, oui, c'est un meuble!

idée 17: un instrument de musique

lundi 18 mars 2013

Le Pigeon - Patrick Süskind

Voilà une nouvelle que j'avais lu il y a.... ha oui, au moins, et je trouvais que challenge allemagne + challenge nouvelles, c'était l'occasion où jamais d'une relecture.

Jonathan Noël, quinquagénaire sans histoire, mène une vie des plus tranquilles, entre son métier de vigile dans une banque et sa modeste chambre en soupente. On comprend vite cependant que cet homme en apparence banal ne tourne pas très rond: une jeunesse mouvementée, pendant la seconde guerre mondiale, un mariage raté, la guerre d'Indochine.. toutes choses qui l'ont rendu plus que méfiant à l'égard de ses semblables. La rencontre d'un pigeon sur son palier , un beau matin, va mettre ses nerfs à rude épreuve et révéler au lecteur sa paranoïa: il en veut à  la concierge, à qui il faut bien dire que le couloir a été sali, et dont il imagine qu'elle l'espionne, lui, particulièrement; Il s'en veut, tout occupé de son problème de pigeon, d'avoir loupé l'arrivée de son patron, pour la première fois depuis 30 ans, et s'imagine déjà renvoyé, à la rue, clochard. Il en veut au clochard de son apparente insouciance. Il en veut à la couturière du coin de la rue d'avoir trop de travail et de ne pas pouvoir réparer son pantalon en 10 minutes... Bref, un pigeon sur le palier, et de fil en aiguille, le héros qui travaille un peu trop du chapeau, terrorisé par cette intrusion qui perturbe son train-train ( plus que par l'animal lui même), se voit déjà contraint de démanger, d'aller vivre à l'hôtel, de vendre ses maigres possessions.. jusqu'à envisager le suicide.

Une nouvelle étrange, sur un homme un peu trop imaginatif, en proie a une peur irraisonnée, où on retrouve l'ironie qui était déjà la caractéristique du Parfum. Cependant j'ai préféré le parfum, j'avais trouvé , déjà lors de la première lecture, l'auteur plus à l'aise dans un récit plus long. Dommage, il n'a pas écrit d'autre roman "long", surtout des nouvelles. Cependant l'incursion dans le cerveau un peu dérangé du héros et les conclusions logiques mais tellement improbables qui découlent de ses idées auxquelles, pour la première fois, il laisse libre cours, n'est pas inintéressante. Juste.. en fait, ce n'est pas la nouvelle en elle même qui est frustrante par sa longueur, c'est le fait qu'elle soit publiée seule, je pense, qui me pose un problème. Ca donne un livre tout petit, tout fin si bien qu'on arrive très vite à la dernière page.
Donc pour compléter et en pas rester sur une frustration, je rajouterai prochainement à mes relectures "la contrebasse" du même auteur, lui aussi édité dans le même format .
1/ 5
4/24.. et pour une fois, ni du fantastique, ni de la SF
idée 126: un oiseau