Voilà un titre que je n'aurais fort probablement pas lu, si une collègue de travail ne me l'avait prêté en me disant " pas mal, mais sans plus, je vais le revendre, si tu veux le lire avant, pas de soucis". Et donc, je confirmece qu'elle dit. Pas mal mais sans plus.
L'idée de départ est pourtant alléchante: Dans un futur indéterminé, en Californie, une guerre bactériologique a tué tous les adultes de plus de 20 ans et de moins de 90 ans. L'ironie étant que seule les enfants et les personnes âgées, considérés comme potentiellement à risques ont été vaccinés. Nous voici donc dans une Los Angeles peuplées uniquement d'enfants, d'adolescents et de centenaires. La deuxième ironie du sort étant que la médecine a fait de tels progrès (on suppose avant la guerre), qu'il n'est pas rare de vivre jusqu'à 150 voire 200 ans. Des vieux en bonne santé, mais qui manquent quand même de souplesse pour continuer à faire tout ce qu'ils faisaient avant. E donc, une entreprise propose donc a des jeunes miséreux , mais doués en sports de "louer" leurs organismes à des centenaires en mal d'action. Un petit transfert de conscience via une puce implantée dans le cortex et voilà l'aïeul qui se retrouve à faire de la planche à voile dans un corps d'adolescent. Oui, je sais c'est bizarre, mais c'est de la SF donc pourquoi pas.
Le problème c'est que Lissa Price n'est pas Orwell ou Huxley, et que même si le livre se laisse lire sans déplaisir, il y a quand même des bugs scénaristiques assez perturbants.
On nous raconte à longueur de pages que les enders ( les vieux donc) exploitent les jeunes. Soit en louant leurs corps, soit en leur faisant effectuer les travaux les plus pénibles, le terrassement, les forages, etc... Et que cependant, les mineurs n'ont pas le droit de travailler. Les pauvres n'ont donc le choix que de survivre en squattant les immeubles en ruine, se louer, ou être attrapés et conduits en "institut" (en prison, en fait). comment peuvent-ils donc pour certains au vu et au su de tous, effectuer des travaux publics? Que fait le gouvernement? Pourquoi personne n'a eu l'idée d'abaisser la majorité pour leur permettre de travailler, se loger et se nourrir? A cas exceptionnel, mesure exceptionnelles. Mais non.
Deuxième gros souci: On apprend très fortuitement que vu les tarifs pratiqués par l'entreprise "Prime destination", qui loue les corps des jeunes, seuls les gens très très très riches peuvent s'offrir une deuxième jeunesse. Et que les autres, bien que centenaires ( un centenaire ce cette époque, doit approximativement ressembler à un quinquagénaire de notre monde, en fait), continuent à travailler, sans soupçonner l'existence de ce petit commerce. Vu que les jeunes sont relookés et retouchés chirurgicalement avant d'être loués pour ressembler à des gravures de modes, comment se fait-il que personne, mais alors personne ne se pose de question en croisant des nuées d'ados physiquement parfaits claquer un argent fou dans des boutiques de luxe. et bien non, une multiplication d'adolescent parfaits et richissimes deux ans après une guerre qui a ravagé la contrée, c'est parfaitement normal.
En fait le problème vient de là. L'auteur se focalise uniquement sur Callie son héroïne, le récit est la première personne (j'aime pas!), on voit tout par ses yeux, et rien, mais alors rien sur la société où elle évolue. Nada! Autre exmple: on apprend que les liaisons aériennes entre la Californie et le Mexique sont coupées, que les immigrants mexicains sont retournés chez eux, la Californie est devenue le paria des USA et du monde. Ha oui, tiens;;; la guerre était centrée sur la Californie? Au fait une guerre contre qui? Pourquoi?
Il me semble qu'il y avait matière à réflexion, des pistes intéressante à exploiter. Mais non, on en reste à Callie, son frère, sa fuite et son histoire d'amour pur conte de fée.
Bah, oui, quand même, c'est de la littérature jeunesse, donc il FAUT une histoire d'amour à faire rêver. Exit donc toute piste un peu profonde. Genre, que devient la notion d'identité quand on se glisse dans la peau de quelqu'un d'autre? Où est "stockée" la personnalité des "donneurs' pendant l'échange de cosncience.
Car oui, Callie, l'héroïne, même intrépide et tout, semble n'avoir jamais lu un roman de SF et fait preuve d'une naïveté ahurissante au moment de signer son contrat de location.
Voyons un peu: la société Prime destination est ultra secrète, mais garantit au "donneur" que le" locataire" ne fera pas de choses dangereuses ou illégales avec son corps. Mais Callie ne se demande pas ce que vaut un contrat signée avec un société qui n'a pas d'existence officielle. Ni ce que cache le terme "donneur" ( on parleraît plutôt de prêteur, non?). Et pourquoi elle intéresse spécialement ladite société . Poulette, tu es douée en tir, pas en broderie! Ca pue l'illégalité et tes petits neurones ne s'agitent même pas? Ben nous la seule question qui lui pose souci c'est " et le sexe? non parce que je préfèrerais que pour ma remière fois, ça ne siot pas quelqu'un d'autre!"
Du coup, les implications qui sautent aux yeux dès le premier chapitre ne sont pas évoquées avant la page 300 et quelques: parce que s'il est possible d'emprunter un corps pour une durée déterminées, il devient évident que l'amende formidable prévue pour tout non-respect de contrat par un locataire devient dérisoire, rappelons qu'il s'agit de vieux, riches qui ont la possibilité de revivre leur jeunesse, ou de commettre des crimes sans être soupçonnés. La question qui se pose dès les premières pages, c'est " location? Ca m'étonne qu'ils ne proposent pas l'achat d'un jeune, puisqu'il est virtuellement possible par ce biais de devenir immortel et que les vieux n'ont apparemment aucune conscience du vol d'identité qu'ils commettent.
Ben non, au lieu de ça, on part sur une intrigue à cheval sur le conte de fée, l'enquête policière, le roman d'espionnage.
Donc je vais le faire rentrer dans mon défi "contes de fées" hé oui!
CAR
Une héroïne pauvre, en haillons qui récupère sa conscience par erreur en boîte de nuit, où tout le monde la prend pour ce qu'elle n'est pas, à savoir une riche héritière, rencontre un jeune homme de bonne famille, beau, riche et (pas trop) intelligent qui s'éprend d'elle la première seconde. Ca ne vous rappelle rien? Trop flou, Ok je sors la grosse artillerie!
chapitre 7: invitée par un riche fils de famille , Callie se demande si Cendrillon " a craché le morceau au prince en plein bal pendant qu'elle virevoltait dans sa magnifique robe"
Chapitre 14: Callie , invitée par son riche gandin à la soirée de son grand-père Sénateur, se voit proposer de choisir une tenue dans la garde robe de la soeur du garçon. Garde robe ultra moderne, il suffit d'agiter la main devant les boites de chaussures pour qu'elles e rangent seules. Limite, c'est de la magie. Une fois habillée, le gars rentre dans le dressing, prend une baguette en métal dans le placard et l'agite tout autour de la fille.
Chapitre 15, alias " chapitre gros sabots": Notre pauvresse habillée en princesse arrive à la soirée du sénateur. Mais son usurpation d'identité ( on la prend pour une centenaire habitant le corps d'une jeune, alors qu'elle est elle même, suite a un faux contact de puce. de toute façon, il y a tromperie, c'est une pauvresse dans des habits de riche) est sur le point d'être découverte, elle s'enfuit donc par le grand escalier en perdant une de ses chaussures. Sauvée in extremis par des amis en grosse voiture, il ne reste plus qu'au petit fils crétin à courir après la voiture, un chaussure à la main.
Chapitre 16: de retour chez sa locataire, Callie découvre un cadeau à son intention: un joli collier de pierre bleues qui brouille les émissions de sa puce pour que Prime Destination ne puisse pas la géolocaliser. Un vrai cadeau de marraine la fée, en quelque sorte... faut vraiment que je continue?
L'emprunt est tellement visible, tellement cliché que ça n'en est même plus drôle.
Bon au final, je pointe ce qui me gêne, mais malgré tout, ça se laisse lire sans trop de lassitude, ça n'est ni un grand, ni un bon roman de Sf, mais ça reste un livre potable. Faut dire qu'après avoir tenté le désolant Twillight,( faudra un jour que je décide à le finir pour le descendre en flamme) tout me paraît à peu près lisible. Une suite "Enders" est prévue d'ici la fin de l'année, je la lirai peu être par acquit de conscience pour voir si l'auteur change de point de vue pour mieux cadrer son récit (ou pille un autre conte) car il y a malgré tout de bonnes idées noyées dans la masse!
Bienvenue amis curieux!
Pourquoi le Cabinet de curiosités?
Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...
Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture
Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...
Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture
samedi 9 juin 2012
Starters - Lissa Price
Libellés :
challenge contes de fée,
Science fiction
mercredi 6 juin 2012
Ray Bradbury (1920-2012)
Hé oui, c'est la triste nouvelle que j'ai apprise en rentrant du boulot.
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| (j'ai été un peu étonnée, je ne connaissais sa tête que vieux avec des lunettes!) |
Car finalement, je n'ai pas lu beaucoup de choses de lui, surtout des nouvelles, et les Chroniques martiennes, mais qui ont suffit à me convaincre du talent incroyable du monsieur, qui a fait sortir la science-fiction du carton "littérature récréative et peu sérieuse" où elle était cantonnée. Le voilà donc parti rejoindre George Orwell et Aldous Huxley au Panhtéon des auteurs de SF qui ne prennent pas leurs lecteurs pour des incultes.
Et comme je suis fermement convaincue que le seul hommage valable que l'on puisse faire à un écrivain, c'est de lire ses livres et d'en parler, je vais donc faire ce que j'aurais dû faire un peu plus tôt. Qu'on se le dise il y aura du Bradbury sur ce blog!
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| J'aime bien ce clin d'oeil de cartoonaday.com |
MAJ: le blog Arieste propose un défi Bradbury, et c'est une très bonne idée, je vais donc la suivre au lieu de le faire toute seule dans mon coin!
lundi 30 avril 2012
les ailes du corbeau - Ellis Peters
Et nous voilà de retour en Angleterre au temps de la guerre civile. le roi Etienne vient de sortir de prison et de reprendre le pouvoir à sa cousine l'impératrice Mathilde (comme je lis les tomes de la série dans l'ordre où je les trouve, c'est vrai, c'est un peu dur à suivre). Il entreprend donc de faire le tri parmi ses sujets, afin de bannir ceux qui sont restés fidèles à l'impératrice. Hugh Berringar, le sheriff "intérimaire" de Shrewsbury, partisan dévoué du roi, vient donc d'être officialisé dans sa fonction, avec pour tache ingrate de mettre sous les verrous un fuyard chargé d'entrer en contact avec les partisans de l'impératrice afin d'organiser une rébellion. tache qu'il compte bien remplir le plus mollement du monde, ne cachant pas qu'il préférerait que le fuyard soit déjà parti sur une autre juridiction que la sienne, tant elle l'ennuie (il le précise d'ailleurs assez lourdement à son ami Cadfael, le moine un peu roublard et qui connaît tout le monde: si quelqu'un de bien intentionné pouvait lui donner un signalement du quidam, ça serait le seul moyen qu'il ait de se mettre à sa recherche, tandis que, s'il reste bien caché sous une fausse identité, sans se faire remarquer, il lui est impossible de l'attraper, n'est-ce pas...)
Or, au même moment, le brave curé de la paroisse de Shrewsbury étant décédé, son successeur, le très sévère père Ailnoth entre en fonction. C'est lui, le corbeau du titre, silhouette sèche flottant perpétuellement dans un grand manteau noir. Lorsque ce dernier est retrouvé noyé dans un étang quinze jours à peine après sa prise de fonction, la liste des suspects potentiels est loin d'être courte, car le nouveau curé avait réussi à se mettre à dos la paroisse entière en un temps record. Ici, un paysan dont il avait mis en doute brutalement le statut d'homme libre, là, un boulanger qu'il avait accusé de fraude sans preuve, un voisin dont il avait déplacé les bornes la famille d'un enfant mort sans baptême car le curé avait refusé d'interrompre la messe pour le baptiser à temps, ou celle d'une femme de moeurs légères, suicidée après qu'on lui a refusé la confession et l'accès à l'église...Le brave Berringar se retrouve donc avec deux énigmes à résoudre: la mort du curé, et la recherche du fuyard. A moins que les deux affaires soient liées? Et il va bien avoir besoin de l'aide et de la perspicacité de son comparse, notre héros, le moine Cadfael.
Ce n'est pas la meilleure de aventures du moine gallois que j'ai eu l'occasion de lire, il faut dire que le père Ailnoth était tellement désagréable et imbu de lui même que, comme les villageois, on se fiche a peu près comme d'une guigne de savoir qui l'a tué. De plus comme il s'agit du tome 6 ou 7, il est fréquent fait référence à des volumes antérieurs que je n'ai pas encore eu l'occasion de lire, c'est un peu plus difficile à suivre.L'intrigue autour des partisans de l'impératrice est un peu plus intéressante, pour son contexte historique, je connais peu cette période, il va falloir que je me documente. J'avais vu l'adaptation de ce tome en série TV, et il est assez différent: l'épisode gommait presque totalement les différentes querelles du curé et de ses voisins, ainsi que l'histoire du fuyard, pour s'articuler autour de la femme noyée qui ne pouvait être enterrée chrétiennement tant que le doute subsistait. Dans la version papier, ça reste très secondaire: elle est trouvée par les gens de la ville en aval, qui, ne sachant pas s'il s'agit d'un suicide ou d'un accident, préfèrent l'enterrer en suivant le rites, au cas où. De même la version Tv tranchait nettement sur la mort du curé, donnait un rôle important au bedeau quand le livre reste plus flou à ces deux sujets.
Mais comme toujours, le livre se laisse lire avec plaisir, justement parce que la série gommait un peu trop le cadre historique à mon goût. et puis, il y a toujours quelques touches d'humour et d'ironie bien agréables, Cadfael et son ami Hugh sont des personnages hauts en couleur et fort sympathiques. Je vais quand même essayer à l'occasion de trouver les tomes qui me manquent, histoire de voir au moins la rencontre entre Cadfael et Hugh.
Or, au même moment, le brave curé de la paroisse de Shrewsbury étant décédé, son successeur, le très sévère père Ailnoth entre en fonction. C'est lui, le corbeau du titre, silhouette sèche flottant perpétuellement dans un grand manteau noir. Lorsque ce dernier est retrouvé noyé dans un étang quinze jours à peine après sa prise de fonction, la liste des suspects potentiels est loin d'être courte, car le nouveau curé avait réussi à se mettre à dos la paroisse entière en un temps record. Ici, un paysan dont il avait mis en doute brutalement le statut d'homme libre, là, un boulanger qu'il avait accusé de fraude sans preuve, un voisin dont il avait déplacé les bornes la famille d'un enfant mort sans baptême car le curé avait refusé d'interrompre la messe pour le baptiser à temps, ou celle d'une femme de moeurs légères, suicidée après qu'on lui a refusé la confession et l'accès à l'église...Le brave Berringar se retrouve donc avec deux énigmes à résoudre: la mort du curé, et la recherche du fuyard. A moins que les deux affaires soient liées? Et il va bien avoir besoin de l'aide et de la perspicacité de son comparse, notre héros, le moine Cadfael.
Ce n'est pas la meilleure de aventures du moine gallois que j'ai eu l'occasion de lire, il faut dire que le père Ailnoth était tellement désagréable et imbu de lui même que, comme les villageois, on se fiche a peu près comme d'une guigne de savoir qui l'a tué. De plus comme il s'agit du tome 6 ou 7, il est fréquent fait référence à des volumes antérieurs que je n'ai pas encore eu l'occasion de lire, c'est un peu plus difficile à suivre.L'intrigue autour des partisans de l'impératrice est un peu plus intéressante, pour son contexte historique, je connais peu cette période, il va falloir que je me documente. J'avais vu l'adaptation de ce tome en série TV, et il est assez différent: l'épisode gommait presque totalement les différentes querelles du curé et de ses voisins, ainsi que l'histoire du fuyard, pour s'articuler autour de la femme noyée qui ne pouvait être enterrée chrétiennement tant que le doute subsistait. Dans la version papier, ça reste très secondaire: elle est trouvée par les gens de la ville en aval, qui, ne sachant pas s'il s'agit d'un suicide ou d'un accident, préfèrent l'enterrer en suivant le rites, au cas où. De même la version Tv tranchait nettement sur la mort du curé, donnait un rôle important au bedeau quand le livre reste plus flou à ces deux sujets.
Mais comme toujours, le livre se laisse lire avec plaisir, justement parce que la série gommait un peu trop le cadre historique à mon goût. et puis, il y a toujours quelques touches d'humour et d'ironie bien agréables, Cadfael et son ami Hugh sont des personnages hauts en couleur et fort sympathiques. Je vais quand même essayer à l'occasion de trouver les tomes qui me manquent, histoire de voir au moins la rencontre entre Cadfael et Hugh.
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| petit bac spécial policier, animal: le corbeau |
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