Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture

Qui passe par ici?

Flag Counter

mercredi 3 septembre 2014

A l'hôtel Bertram - Agatha Christie

Vous rendez vous compte? Je n'avais pas encore eu l'occasion de lire un seul roman mettant en vedette Miss Marple, l'autre détective fétiche d'Agatha Christie. Ni une ni deux, j'en ai cherché un un peu au hasard..
j'ai eu un mal fou à trouver  la couverture de mon exemplaire, je vous le dis
Idée n° 97. quelque chose de sucré ( ce que tient la main, outre la balle, c'est un chocolat fourré)

Nous sommes dans les années 60 (si, il y a même une référence aux Beatles!). Miss Marple, détective amateur et septuagénaire fringuante est venue passer quelques jours de Vacances à Londres, pour faire des achat, mais aussi une sorte de pélerinage à l'hôtel Bertram, un établissement bien sous tout rapports, à la réputation exemplaire, dans lequel elle avait eu l'occasion  de séjourner lorsqu'elle avait 14 ans, au début du XX° siècle. La particularité de cet hôtel est de acher un confort dernier cri derrière en apparence surannée très début de siècle. Même les clients semblent venir d'une autre époque. Le gérant confie d'ailleurs à l'un d'eux, non sans un certain sens cynique des affaires,  qu'il n'hésite pas à faire des prix aux vieilles ladies dont les finances ne sont pas aux mieux, car elles participent involontairement à l'ambiance et au standing qu'il souhaite créer pour attirer le touriste désireux de connaître "la vraie Angleterre". Des pièces de décor " so typically british", au même titre que le poêle à charbon, les fauteuils à haut dossier, les  théières en porcelaines entourées de vrais muffins dignes de ce nom. Tellement parfait que miss Marple trouve qu'il sonne faux.
Pendant ce temps là, une série de braquages met la police londonnienne en émoi.
Et encore pendant ce temps là, un vieux chanoine très distrait qui résidait justement à l'hôtel Bertram amène la police à enquêter sur cet hôtel, à la réputation tellement sans tâche qu'il en devient suspect.
Et encore pendant ce temps là, la tapageuse Bess Sedgwick, aventurière remuante, mondaine, fêtarde invétérée, typiquement le genre de personne qui ne devrait pas être là, rase les murs de l'hôtel pour échapper à sa fille, Elvira,  qu'elle a abandonnée à l'âge de 2 ans aux bons soins d'une tuteur, et qui se trouve, par hasard qui fait bien les choses, être également descendue au Bertram

Et ça n'est pas une très bonne pioche. En fait, le roman n'est pas mauvais , il se laisse lire, sans déplaisir, mais sans grand plaisir non plus. Trop de pistes qui partent dans tous les sens dont on devine très vite qu'elles vont se recouper pour n'en faire plus qu'une ou deux. trop de personnages qui apparaissent et disparaissent très vite ( Lady Selina), ou trop peu approfondis qu'ils en deviennent inconsistants ( la femme de chambre, le maître d'hôtel, ou même Lasdislas, le type aux motivations louches qui tourne à la fois autour de Bess et Elvira, la copine d'Elvira dont j'ai déjà oublié le nom tellement elle ne sert à  rien).
Puis cette histoire de chocolats empoisonnés, évoquée pour être aussitôt oubliée.

En fait, plus de la moitié du roman sert à mettre en place ce fameux décor, à suivre les actions de divers personnages, du coup, l'intrigue policière semble concentrée dans le derniers tiers de l'histoire, voire dans les tous derniers chapitres: une très longue introduction et une résolution ultra rapide, qui se conclut en queue de poisson. Ca se laisse lire, mais ça n'est pas exactement comme ça que j'apprécie un roman policier. Disons qu'Agatha Christie m'a tellement habituée à mieux, que j'ai envie de dire " houlà! Petite forme!"

Je redonnerai de toute façon à l'avenir sa chance à "tante Jane", j'ai l'air critique, mais bon, je l'ai dit, ça se laisse lire. J'aurais du me méfier. Je n'ai pas vu beaucoup des adaptations TV, je dois dire, Je sais que ce roman a été adapté, mais je n'en ai aucun souvenir. soit je n'ai pas eu la possibilité de le voir en entier pour une raison X ou Y, soit, et je crois me souvenir que c'est plutôt ça, je n'ai pas accroché dans les premières minutes.
Toujours est-il que.. ami lecteur, comme je l'avais fait pour Sherlock Holmes, choisis ta miss Marple préférée!
par ordre de date:
au milieu avec les jumelles, Angela Lansbury ( film de 1980),
tout en bas Joan Hickson ( série de 1984 à 1992)
à droite avec le chapeau bleu: Geraldine Mc Ewan ( série de 2004 à 2009)
Et à gauche: Julia McKenzie ( série de 2009 à 2013)

Je pense que les deux que j'ai croisées le plus souvent au détour d'une rediffusion sont Joan Hickson et Geraldine McEwan. La première correspondrait mieux à la description de Miss Marple dans ce roman en particulier je dirais.

Ok, là, c'est Margaret Rutherford, dans une série de films des années 60, que je n'ai pas vus. Au delà de la bizarre ( vous avez dit bizarre?)  impression qu'elle est la soeur cachée de Michel Simon, ce n'est pas du tout comme ça que je voyais la frêle miss Marple, que l'inspecteur du roman décrit comme étant l'image même de la grand-mère telle qu'on se l'imagine, tricotant au coin du feu...Pour la petite histoire, ce n'est pas non plus comme ça qu'Agatha Christie la voyait

Et je viens de voir, qu'en plus il n'entre pas dans le cadre des british mysteries, puis qu'il se passe en 1965. Par contre en tant que roman anglais..

samedi 30 août 2014

Le conte de la princesse Kaguya ( film d'animation)

Enfin, Mon cinéma d'art et d'essai qui avait toujours de bonnes programmations jusqu'à il y a quelques années a décidé de le programmer en VO, je n'attendais que ça. Mais j'ai confirmation que la personne qui programme a changé:  Comme pour" le  Vent se lève", il n'est resté que 15 jours à l'affiche, à des horaires improbables. Et plusieurs semaines après la sortie officielle. J'ai failli le louper.  Je décerne un Grand Condor à la personne qui a pris cette décision! ( C'est mérité, ils ont diffusé Lettre à Momo, exclusivement en VF)

Et vraiment ça aurait été dommage de le rater. Car si j'ai émis des réserves sur le dernier des derniers films de Miyazaki, force est de constater, qu'Isao Takahata, qui n'est plus tout jeune non plus, et dont ce sera probablement le dernier long métrage, tire sa révérence de belle manière, avec cette adaptation d'un conte traditionnel, tout en effet crayonné qui lui a pris des années à réaliser.

Adapté d'une histoire très très célèbre au Japon, que l'on peut trouver éditée sous le titre " le conte du coupeur de bambous" en France chez les POF , et qui compte parmi les textes japonais les plus anciens connus (on en trouve trace dès le X° siècle)

L'histoire nous raconte, comment, dans le Japon médiéval, un coupeur de bambou trouve  dans sa bambouseraie ce qui a première vue ressemble à une jolie poupée.
Il s'agit en fait d'une créature fantastique, une sorte de fée si on veut, qui sitôt ramenée à la maison, se transforme en nourrisson semblable en tout point à une petite paysane des plus normales, hormis sa rapidité de croissance proprement incroyable: elle grandit véritablement à vue d'oeil.

Ce qui lui vaut le surnom de "Takenoko" ( pousse de bambou) par les enfants du village. Le paysan lui la nomme " Hime" ( princesse), étant persuadé qu'il s'agit d'une princesse venue d'on ne sait où. Lorsqu'il découvre successivement au milieu de ses bambou des pépites d'or et des tissus précieux il n'a plus de doute: c'est un mesage des dieux qui lui donnent les moyens d'assurer à Hime une éducation royale. La femme du coupeur de bambou préfèrerait quand à elle continuer à vivre tranquillement  dans la campagne avec sa fille adoptive qui a atteint la taille d'une gamine de douze ans en quelques mois...
Je trouve que son chat a un air de famille avec celui du pacte des Yôkai


Mais donc, la volonté du père adoptif est inflexible: la famille va donc déménager à la capitale, faire donner à Hime qui n'en demandait pas temps une éducation digne d'une grande dame, lui préparer un mariage somptueux... et lui faire donner un nom par un vieux sage, chose qui lui permettra d'entrer officiellement dans le grand monde. Takenoko, alias Hime, se retrouve donc dotée d'un troisième nom " Kaguya hime " (princesse lumineuse).
la mode chez les grandes dames de l'ère Heian: on se rase les sourcils pour en dessiner d'autres plus hauts et son se peint les dents en noir. Je suis d'accord, la mode, c'est n'importe quoi!

 Lorsque la nouvelle se répand qu'elle est particulièrement jolie, une foule de prétendants plus ou moins ridicules se presse à sa porte, faisant soudainement fi de ses origines modestes. Auxquels elle oppose refus sur refus, en leur faisant des demandes toujours plus farfelues ( un peu comme peau d'âne et ses robes couleurs de temps)

Mais le temps passe pour Kaguya hime qui n'a révélé à personne son secret: elle vient en fait de la lune, et commence à regretter son pays d'origine. Son peuple devinant sa tristesse et son angoisse va venir tôt ou tard, la chercher pour la ramener sur la lune.

L'intérêt de la version de Takahata, c'est de prendre le point de vue de Kaguya. Au delà de l'histoire fantastique, avec des passages très drôles lorsque il est question des ministres qui la courtisent, c'est surtout l'histoire triste d'une femme qui n'est jamais maîtresse de sa vie qui nous est racontée. Kaguya ne peut jamais faire ses propres choix et se voit sans cesse imposer ceux des autres, " pour son bien". Son père adoptif lui impose une éducation de grande dame parce que c'est ce qu'il estime être le mieux pour elle. Elle se retrouve privée de liberté, contrainte à apprendre les codes d'une vie de cour dont elle ne veut pas, car le bonheur pour elle c'est simplement manger une poelée de champignons avec ses amis.
Privée d'identité avec son nom qui change en fonction des désidérata des autres, cachée aux yeux de tous ( car c'est ce que doit faire une grande dame: ne jamais se montrer.. ou alors seulement maquillée de manière à être méconnaissable), l'humiliation et l'injustice pour elle culmine lors de la fête donnée en son honneur pour célébrer sa nouvelle identité et son entrée officielle dans le monde: elle doit rester cachée dans un palanquin avec la seule compagnie d'une suivante.: " si cette fête est donnée pour moi, pourquoi est-ce que je ne peux pas aller m'amuser avec les autres?". Et tout ne cesse de le lui rappeler: elle apparait derrière des stores, ou enfermée dans un palanquin, on lui offre une cage à oiseau pour son anniversaire, impossible d'être spontanée ou simplement elle même, il faut toujours correspondre à ce qu'on attend d'elle.
Même le jardin dans lequel elle a reconstitué sa campagne en miniature finit par lui apparaître comme une supercherie
Même pour son retour sur la lune, elle n'aura aucune marge de manoeuvre, aucun choix, aucune échappatoire, ce sont les sélénites qui décideront encore une fois pour elle.
Dans l'absolu, il y a des passages très drôles, mais le fond est très sombre, avec cette réflexion sur la liberté, le libre arbitre, le bonheur qu'on veut vous imposer...

Je dirais même que , dans un style très différent, je l'ai trouvé au moins aussi triste que le tombeau des lucioles du même Takahata, qui est pourtant ma référence en terme de dessin animé triste. Et pourtant c'est souvent drôle. Il sont forts quand même au studio ghibli.

Donc je l'ai dit: graphiquement c'est splendide, dans un style d'estampe classique,  et bien adapté à une légende ( qui a été elle adaptée déjà de trouzmille  façons dans son pays, d'où peut être le succès mitigé qu'il a eu au Japon? comme si on adaptait pour la énième fois "le petit chaperon rouge" chez nous.. ho non, encore?) et je finirais par signaler , quand même, la bande son de Joe Hisaishi, l'éternel compère de Miyazaki.
Un extrait ici

Une très jolie réussite qui va, je pense, prendre place dans mon top 5 des films Ghibli.
Car Takahata compte aussi dans le challenge Miyazaki
oui.. aussi!

mardi 26 août 2014

voyager aux confins du système solaire (7) - vers l'infini et au delà!

Bon, après le tour d'horizon des rocheuses, " t'as voulu voir Vénus et on a vu Vénus, t'as voulu voir Pluton et on a vu Plutooooon"  nous voilà en direction des planètes extérieure, des énormes, des gazeuses, des boss planétaires!

Je viens de me rendre compte que ce mois ci, le 29 août très exactement, ça fait 25 ans, oui, 25 ANS qu'un événement s'est produit qui m'a marquée durablement. J'en avais déjà parlé un peu, mais .. la vache! 25 ans!

Il y a donc 25 ans, Voyager 2 survolait Neptune. Et du jour au lendemain, mon livre d'initiation à l'astronomie est devenu totalement obsolète: le petit point pris en photo au télescope terrestre était devenu une magnifique planète géante bleue.

Et de fait, à ce jour, les principales données que l'on détient sur les planètes gazeuses sont le résultat des  programmes Pioneer,  Voyager et plus récemment New Horizons.
Jupiter par Voyager 1

Après Pioneer 10 et 11 ( j'en ai déjà parlé, donc je n'y reviens pas) et Voyager 1 Jupiter a également reçu la visite de Cassini Huygens en partance vers Saturne, et surtout de l'orbiteur Galileo entre 1995 et 2003. Une mission Juno est actuellement en cours et doit atteindre Jupiter en 2016.
A ce sujet, j'ai une mauvaise nouvelle: la grande tâche rouge est en train de disparaître!

 Mais actuellement plus que la planète elle même, ce sont ses lunes qui attirent l'attention.
aurores polaires sur Jupiter
Avec 67 lunes, répertoriées à ce jour, qui lui gravitent autour, il y a de quoi faire! C'est Europe qui pour le moment concentre l'attention: Europe a de fortes chances d'abriter sous sa couche de glace un immense océan. Et un océan sous-glaciaire, bien qu'étant froid, peut héberger des formes de vies simples, comme les lacs sous-glaciaires terrestres. C'est peut être aussi le cas de Ganymède et Callisto. Europe est donc l'un des meilleurs candidats dans notre système qui puisse héberger une vie extraterrestre, enfin, du même type que celles connues. C'est toujours ce qui m'ennuie d'ailleurs, la recherche dune vie extra-terrestre reste basée sur la chimie du carbone et la présence d'eau liquide. Quid de formes de vie absolument, totalement différentes, à peine imaginables.
Enfin ça avait de la gueule, ce qu'imaginait Carl Sagan au sujet d'une forme de vie sur une géante gazeuse





Bon en tout cas, il y a quand même très peu de chance de trouver une quelconque forme de vie sur Io, l'endroit le plus volcanique du système solaire à ce jour.


Eruption sur Io vue par New Horizons

Malheureusement , une mission Jupiter Europa Orbiter, initialement prévue en 2020 a été repoussée sine die, faute de fonds. Il faudra donc attendre encore avant d'en savoir plus. J'aimerais quand même bien que ça se fasse de mon vivant!

Le scénario est à peu près le même pour Saturne. Les planètes étant gazeuses, il est illusoire de vouloir un jour les explorer à cause des pressions gigantesques qui y règnent. Pioneer 10 et 11 l'ont survolée, Voyager 1 et 2 aussi et la mission Cassini s'intéresse plutôt à Titan.

juste pour le plaisir: Saturne par voyager 2
 Comme beaucoup de gens je pense, j'ai un gros faible pour Saturne.
Saturne vue par Cassini
Beauuuuuuu!

Et d'ailleurs, je ne peux pas passer sous silence ça:
Des vues de la surface de Titan par la sonde Huygens en 2005. Car oui, on a posé un module sur la lune de Saturne, ce qui fait donc de Hyugens, l'objet le plus lointain a avoir atterri quelque part.
Je suis plus qu'étonnée de la ressemblance entre cette deuxième image et les photos de surface de Vénus par Venera 13 et 14. Dans deux environnement pourtant très différents. Par contre, là, on ne va pas y couper, vu la teneur en hydrocarbures de la surface de titan ( lacs de méthane par exemple) il va falloir imaginer une vie qui dépend plus des hydrocarbures que de l'eau ( on est sauvés, on reste dans les molécules carbonées!)
Comme Europe pour Jupiter c'est Encelade, petite lune géologiquement active, qui est la plus potentiellement intéressante, et pour la même raison: de l'eau liquide sous la surface, attestée par des geysers photographiés par Cassini.




Uranus n'a été survolée que par Voyager 2, et semble dans une région trop froide pour que ses lunes n'hébergent une quelconque vie, puisue c'est ce qu'on recherche le plus actuellement.
par voyager 2
Uranus, la dissidente qui tourne sur le côté!
Pareil pour Neptune, mon deuxième chouchou mais là je l'avais dit, c'est presque sentimental. Les années passent et le choc de cette image reste. 1989. Nom de  Zeus, que cette image est belle!

triton, son principal satellite possède une atmosphère et une activité géologique, il y a peut être quelque chose d'intéressant à explorer aussi par là. ais



En définitive pour le moment, les prochaines missions lointaines les plus prometteuses sont Philaé ( en Novembre prochain) New horizons ( arrivée prévue en juillet 2015 au niveau de Pluton), et Juno en 2016.

Et bien sûr, les deux sondes voyager, toujours vaillantes et qui continuent à envoyer des données régulièrement: Voyager 1 a quitté le système solaire depuis 2013, enfin, ça n'est pas non plus une limite précise! En tout cas il a enregistré le "son" de la densité de plasmas qu'il traverse. c'est.. curieux! Disons qu'il est en train de quitter le système solaire et que ça prend du temps.

Plus exactement Voyager 1 a quitté le choc terminal en 2005 et Voyager 2 en 2007. Les deux sont maintenant dans la zone de l'héliogaine, et se dirigent tranquillement - enfin on espère - vers l'héliopause.Mais la vraie sortie n'est pas pour tout de suite, et d'ici là, les batteries seront vraiment vides.