Attention, tome 2, donc je risque de spoiler un peu le 1 ici!
Après avoir brièvement expérimenté par la force des choses la carrière de camionneurs, revoilà nos amis hauts de 10 cms prêts à devenir involontairement terrassiers et à découvrir les engins de chantiers.
Ayant réussi à fuir le Grand Magasin promis à une destruction rapide, quoi qu'en dise le clergé gnome, etles anciennes familles puissantes du temps du Magasin ( qui regrettent déjà le bon vieux temps où ils pouvaient diriger tout le monde sans que personne ne conteste) Masklinn le chasseur et ses camarades ont trouvé refuge dans une ancienne carrière désaffectée. Malgré les ronchonnements des anciens ( mais ronchonner est un constituant essentiel du caractère gnomique, un gnome qui ne ronchonne pas est probablement déjà mort), qui regrettent la vraie nourriture, celle qu'on trouvait au Magasin, emballée , en boite - car quel rapport entre les vraies patates bien propre et calibrés et ces trucs grisatres qu'on trouve dans le sol, et la viande qui vient d'animaux morts n'est pas de la vraie viande. Toute cette nature, c'est décidément pas naturel! - la communauté d'environ 2000 gnomes survit plutôt bien et prospère, surtout les jeunes qui se sont vite faits à l'air libre et au ciel à perte de vue.
6 mois de tranquillité soit l'équivalent de 5 ans humains en vie de gnome, et c'est la catastrophe: la carrière réouvre, quoi que ça veuille dire (elle est déjà bien trop ouverte, il n'y a pas de murs, et trop de ciel, trop de campagne...). et ce que ça veut dire: les humains sont de retour.
Et ce justement pendant que Masklinn est parti avec Gurder et Angalo ( les principaux protagonistes du tome 1) tenter de retrouver Richard Quadragénaire, héritier de la multinationale Arnold, vu dans un journal qui annonçait son départ pour la Floride (en fait un quadragénaire barbu parti s'occuper du nouveau pole communications de la société). Chacun a ses raisons de se lancer dans ce périple: Masklinn s'intéresse de près au satellite de communication, en rapport aux informations délivrées par le Truc, Gurder espère convaincre richard de laisser les gnomes vivre en paix, pourquoi pas au sous sol d'un autre grand magasin, et Angalo par curiosité insatiable de la nouveauté).
Pas le choix pour les casaniers, il va falloir s'organiser et soit s'enfuir, soit se cacher.
Soit lancer l'offensive: les gnomes sont petits rapides et ils l'ont vu dans les illustrations des voyages de Gulliver - ou de Pull-Over, ils ne sont pas encore au point en lecture - un groupe de gnomes organisés peut neutraliser un humain plus grand qu'eux.
Cette fois ce sont donc Grimma, la forte tête qui ne se laisse pas marcher sur les arpions sous le prétexte fallacieux qu'elle est une fille , et Dorcas le mécanicien qui vont se charger de la résistance face à l'ennemi.
On reprend plus ou moins la trame du précédent tome: des gnomes minuscules perdus dans un monde trop grand pour eux, bien trop grand cette fois puisqu'il s'agit de l'extérieur, et la difficulté qu'il y a à cohabiter avec des créatures au mois aussi opiniâtres que vous. Occasion de voir que certains gnomes sont loin d'être les lutins pacifistes des contes de fées, ils ne seraient pas dangereux pris isolément, mais ont de fortes tendances à réagir comme des sauvages en groupe, envisageant volontiers la torture et le meurtre ( toute ressemblance, blablabla..)
Cette fois les personnages secondaires du tome 1 sont mis en avant, tandis que les premiers protagonistes passent au second plan.
Et là, encore on trouve, mine de rien, des références futées- aux films de guerre par exemple, ou à l'inquisition et au fanatisme religieux), et de ci de là au milieu de l'humour, une phrase à l'emporte pièce et une réflexion bien plus profonde que ce qu'on attendait. Sur les choses qui changent et la volonté qu'on a de les voir changer tout en regrettant qu'elles ne restent pas pareilles, l'émancipation féminine, ou la relativité du temps. Grimma, à son tour, voyant pour la première fois un humain de très près, se rend compte que gnomes et humains se ressemblent beaucoup à différentes échelles, et que donc les humains sont probablement beaucoup plus intelligents que ce que les gnomes ne croyaient, que c'est juste un problème de communication du à leur vitesse différente: les gnomes sont trop rapides et les humains ne les voient pas, ne font que constater les effets de leur présence et les attribuent aux rats. Et que s'il existait une autre espèce de gnomes minuscules de la taille d'une fourmi, elle considèrerait elle aussi les gnomes comme grands, lents et balourds par effet d'échelle.
Donc littérature jeunesse, mais qui demande déjà d'avoir un certain âge pour comprendre les références littéraires ( Alice au pays des merveilles, Gulliver sont cités directement, mais je pense qu'il y a aussi un peu de Micromégas là dedans), historiques (l'ascension des classes moyennes et ouvrières et l'abolition des privilèges) ou philosophiques.
Je n'attends plus que de recevoir le tome 3 que j'ai commandé pour compléter cette lecture, hors mois anglais, mais pas grave.
Bienvenue amis curieux!
Pourquoi le Cabinet de curiosités?
Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...
Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture
Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...
Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture
jeudi 30 juin 2016
mercredi 29 juin 2016
Le grand livre des gnomes tome 1 - Terry Pratchett
J'hésitais pour la lecture pratchettienne de ce mois ci,(un autre de mes rendez-vous habituels) j'avais Procrastination sous la main, et, très logiquement, j'ai remis Procrastination à plus tard pour opter pour les Gnomes une série en 3 tomes.. dont je n'ai que les deux premiers ( trouvés par hasard lorsque la médiathèque a revendu es déclassés une fois de plus).Mais ouf, je viens de commander le 3° tome, avec difficulté d'ailleurs, vu qu'il n'est quasiment plus trouvable en séparé ( l'ouvrage a été réédité en tome unique)
Les gnomes ne fait pas partie de la séries du disque Monde, ça n'est même pas un hors série qui s'y rattacherait un peu comme Le fabuleux Maurice.
Par contre, tout comme Maurice, il s'agit d'un ouvrage jeunesse (l'édition Castor Poche le classe " senior" c'est à dire tranche d'âge de 12 à 15 ans. Il le classe aussi "SF", ce qu'il n'est pas, enfin, pas vraiment, pas entièrement disons, même s'il y a quelques touches par ci par là, on est plus dans un registre de conte)
Petits mais costauds. C'est exactement l'image que donnent Torritt, Masklinn, Mémé Morkie et Grimma. 10 cms de haut, et, vêtus de peux de souris qu'ils chassent à l'épieu, ils sont avec quelques compagnons les derniers survivants d'un clan de chasseurs gnomes de la campagne.
Ils vivent à côté des humains, mais sans vraiment se soucier de ces grandes créatures lentes et probablement un peu idiotes. Enfin, c'est l'avis de tous, sauf de Masklinn, qui se dit que les humains ne sont probablement pas si bêtes, qu'ils sont peut être au moins aussi intelligents que des rats, parce qu'ils ont inventé des choses, étranges et dangereuses comme les gros machins à roues qui font beaucoup de bruit.
Les gnomes vivent vite, quand on a une espérance de vie d'environ 10 ans, on vit plus vite; et tout vous paraît lent. Enfin, dans la tribu en question, on vit souvent moins que 10 ans, l'existence se finissant assez souvent dans l'estomac d'un renard ou d'un chat.
Mais voilà, en plus des conditions difficiles qui font que la majeure partie de leur temps se passe à chercher des noisettes et à chasser le rat pour le prochain dîner, leur territoire de chasse se réduit de plus en plus, segmenté par une voie rapide sur laquelle plus d'un brave chasseur a fini sa carrière en quelques secondes.
alors mourir de faim, mourir mangé ou mourir écrasé, pourquoi ne pas tenter quelque chose de fou: Masklinn réussit a embarquer tout son petit monde à l'arrière d'un camion, on verra bien où ça les mène. Le vieux Toritt tient quand même a emmener " le Truc" , un cube noir mystérieux, qu'on se passe de chef e chef depuis des générations, qui sait, un jour ça servira peut être.
Et ça les mène.. dans un pays de cocagne: le camion rejoint le garage du Grand Magasin Arnold Frères( oui, avec toutes ses majuscules) , où non seulement l'abondance règne, mais ils ne sont pas seuls. Environ 2000 autres gnomes sont déjà là, depuis des temps immémoriaux ( 1905, ça fait au moins 10 générations gnomiques)
Et c'est le choc des cultures: pour les gnomes du Magasin, qui n'ont jamais mis les pieds dehors, qui mettent même en doute l'existence d'un dehors, ces nouveaux venus sont des affabulateurs. Ou des dingues qui prennent les légendes sur l'extérieur, l'air frais, la pluie, le ciel, la nature trop littéralement.
Pour ceux du dehors, ce microcosme organisé en micro-états, qui vit dans l'opulence avec comme seul loisir les chamailleries entre représentants des rayons ( nommés en fonction du rayon sous lequel ils vivent en fait: il y a le duc de Merceri, le comte de Quiquailleri, le clergé de Papeteri , la baronne d'Egustation, la tribu de voleurs Corsetteri, les Modeux.. montagnards du rayon mode enfantine qui vivent sour le plancher du 3° étage, etc...) est incompréhensible.Imaginez une tribu préhistorique déboulant soudain en plein Moyen-âge, et vous aurez une idée assez précise de la chose.
Et pour les gnomes du Magasin, l'idée du dehors est vraiment, mais alors vraiment difficile à croire: les prêtres du clan Papeteri leur répètent depuis 1905 que l'extérieur n'existe pas, qu'ils sont sous la protection du dieu Arnold Frère (fond.1905) et de ses associés, la déesse Bonnes Affaires et le démon Prix Sacrifiés, qui rode la nuit avec sa terrible lampe pour punir les mauvais gnomes qui mettent en doute la parole des Papeteri - facile quand on s'est arrogé la mainmise sur la lecture de la langue des humains.
Mais bon nombre de gnomes qui ont vu arriver et repartir les camions commencent à mettre en doute que comme le clame la doctrine " Tout Sous Un Seul Toit", slogan du Grand Magasin, rien n'existe en dehors du Grand Magasin, puisque tout est déjà là.
Certains émettent même l'idée quasi hérétique qu'il y a peut être d'autres Grands Magasins, et même, qui sait, de la vie dans ces Grands Magasins! Car après tout, d'où viennent ces humains qui arrivent et repartent, et si vraiment Le fondateur Arnold Frères avait créé le Magasin pour les gnomes, pourquoi l'aurait-il fait à l'échelle des humains.
C'est donc au milieu de ces querelle de clochers, pardon, de rayons, qu'arrivent Toritt, Masklinn et les autres. Pour découvrir que le Grand Magasin est sur le point d'être détruit. Ils ont 21 jours pour arriver à convaincre des gnomes sectaristes que
1 - Le Dehors Existe;
2- Il va falloir entrer de plain pied dans l'ère moderne et se tirer tous de ce paradis pour aller vivre dans ce Dehors dangereux et effrayant (pour beaucoup, le dehors c'est l'Autre Monde, oui, celui où on va quand on passe de vie à trépas)
3- que ça ne pourra se faire qu'avec la collaboration de tous, et qu'il va donc falloir renoncer à ses privilèges et tous travailler ensemble pour s'en tirer. Et que tous, ça veut dire TOUS. Et donc qu'il est temps par la même occasion de découvrir l'égalité des sexes.
Un livre pour enfants. Qui réussit donc la prouesse en 300 et quelques pages de parler de destruction de l'habitat naturel, d'exil, d'égalité sociale et de lutte des classes, et d'esprit critique à l'égard des gouvernements et des religions, rien que ça.
Le tout en étant très drôle. La mort suivant les gnomes: Arnold Frère vous rappelle à lui, et là, on a droit à sa petite statue au rayon Jardinerie, qui sera emmenée vers un mode meilleurs.. a quoi les Gnomes sauvages prétende qu'ils en ont vu, dans les jardins des humains, et qu'ils ont toujours pensé qu'il s'agissait de gnomes pétrifiés à force d'attendre là). Il faut dire qu'ils prennent tout soit au pied de la lettre, soit de manière totalement erronée. Pour eux la phrase " Tout doit disparaitre" qui réapparait périodiquement dans le Magasin est un rappel métaphysique de la finitude de l'existence!
Chaque chapitre est introduit par quelques versets de la "Gnomenclature" parodie hilarante de la Génèse et quelques autres livres saints.
Comme il s'agit d'un roman jeunesse, le récit est beaucoup plus linéaire que dans le cas de ceux du disque -Monde, parfois assez cotons à suivre car ils mêlent plusieurs intrigues. Ici, une seule intrigue, ce qui n'exclue pas une richesse de thèmes intéressante ( et même plus intéressante, car on comprend les allusions aux textes sacrés et aux sectes millénaristes) à l'âge adule.
Encore un Pratchett savoureux, plein d'humour et d'esprit, joyeusement anticlérical. Un vrai régal, c'est même dommage qu'il ait été publié en édition "jeunesse" le privant ainsi d'un lectorat potentiel. On est plus proche des contes philosophiques que de la pure fantasy ou SF.
Un mot de l'illustrateur de la couverture française: Ciro Tota. Je n'en avais jamais entendu parler. Je venais à peine de commencer le livre qu'il en a été question dans le JT du jour même. J'aime bien sa vision.
Et en fouillant le net, je viens de voir qu'il existe une adaptation animée avec des marionnettes. Hum.. le problème c'est qu'il date de 1992, et que le stop motion n'y est pas vraiment meilleur que pour Dark Crystal ( qui date de 82). Bon ce n'est pas non plus le niveau Thunderbirds, mais j'aurais attendu quelque chose d'un peu plus cartoonesque en fait. Peut être que l'habitude des productions Aardman fait que j'ai une certaine attente sur l'animation en stop motion en fait, et a priori, du peu que j'ai pu voir, on n'est pas hélas au niveau Aardman ( une grande excursion date de 91, un mauvais pantalon de 93, donc pile la même époque)
allez, c'est parti pour le tome 2!
Les gnomes ne fait pas partie de la séries du disque Monde, ça n'est même pas un hors série qui s'y rattacherait un peu comme Le fabuleux Maurice.
Par contre, tout comme Maurice, il s'agit d'un ouvrage jeunesse (l'édition Castor Poche le classe " senior" c'est à dire tranche d'âge de 12 à 15 ans. Il le classe aussi "SF", ce qu'il n'est pas, enfin, pas vraiment, pas entièrement disons, même s'il y a quelques touches par ci par là, on est plus dans un registre de conte)
Petits mais costauds. C'est exactement l'image que donnent Torritt, Masklinn, Mémé Morkie et Grimma. 10 cms de haut, et, vêtus de peux de souris qu'ils chassent à l'épieu, ils sont avec quelques compagnons les derniers survivants d'un clan de chasseurs gnomes de la campagne.
Ils vivent à côté des humains, mais sans vraiment se soucier de ces grandes créatures lentes et probablement un peu idiotes. Enfin, c'est l'avis de tous, sauf de Masklinn, qui se dit que les humains ne sont probablement pas si bêtes, qu'ils sont peut être au moins aussi intelligents que des rats, parce qu'ils ont inventé des choses, étranges et dangereuses comme les gros machins à roues qui font beaucoup de bruit.
Les gnomes vivent vite, quand on a une espérance de vie d'environ 10 ans, on vit plus vite; et tout vous paraît lent. Enfin, dans la tribu en question, on vit souvent moins que 10 ans, l'existence se finissant assez souvent dans l'estomac d'un renard ou d'un chat.
Mais voilà, en plus des conditions difficiles qui font que la majeure partie de leur temps se passe à chercher des noisettes et à chasser le rat pour le prochain dîner, leur territoire de chasse se réduit de plus en plus, segmenté par une voie rapide sur laquelle plus d'un brave chasseur a fini sa carrière en quelques secondes.
alors mourir de faim, mourir mangé ou mourir écrasé, pourquoi ne pas tenter quelque chose de fou: Masklinn réussit a embarquer tout son petit monde à l'arrière d'un camion, on verra bien où ça les mène. Le vieux Toritt tient quand même a emmener " le Truc" , un cube noir mystérieux, qu'on se passe de chef e chef depuis des générations, qui sait, un jour ça servira peut être.
Et ça les mène.. dans un pays de cocagne: le camion rejoint le garage du Grand Magasin Arnold Frères( oui, avec toutes ses majuscules) , où non seulement l'abondance règne, mais ils ne sont pas seuls. Environ 2000 autres gnomes sont déjà là, depuis des temps immémoriaux ( 1905, ça fait au moins 10 générations gnomiques)
Et c'est le choc des cultures: pour les gnomes du Magasin, qui n'ont jamais mis les pieds dehors, qui mettent même en doute l'existence d'un dehors, ces nouveaux venus sont des affabulateurs. Ou des dingues qui prennent les légendes sur l'extérieur, l'air frais, la pluie, le ciel, la nature trop littéralement.
Pour ceux du dehors, ce microcosme organisé en micro-états, qui vit dans l'opulence avec comme seul loisir les chamailleries entre représentants des rayons ( nommés en fonction du rayon sous lequel ils vivent en fait: il y a le duc de Merceri, le comte de Quiquailleri, le clergé de Papeteri , la baronne d'Egustation, la tribu de voleurs Corsetteri, les Modeux.. montagnards du rayon mode enfantine qui vivent sour le plancher du 3° étage, etc...) est incompréhensible.Imaginez une tribu préhistorique déboulant soudain en plein Moyen-âge, et vous aurez une idée assez précise de la chose.
Et pour les gnomes du Magasin, l'idée du dehors est vraiment, mais alors vraiment difficile à croire: les prêtres du clan Papeteri leur répètent depuis 1905 que l'extérieur n'existe pas, qu'ils sont sous la protection du dieu Arnold Frère (fond.1905) et de ses associés, la déesse Bonnes Affaires et le démon Prix Sacrifiés, qui rode la nuit avec sa terrible lampe pour punir les mauvais gnomes qui mettent en doute la parole des Papeteri - facile quand on s'est arrogé la mainmise sur la lecture de la langue des humains.
Mais bon nombre de gnomes qui ont vu arriver et repartir les camions commencent à mettre en doute que comme le clame la doctrine " Tout Sous Un Seul Toit", slogan du Grand Magasin, rien n'existe en dehors du Grand Magasin, puisque tout est déjà là.
Certains émettent même l'idée quasi hérétique qu'il y a peut être d'autres Grands Magasins, et même, qui sait, de la vie dans ces Grands Magasins! Car après tout, d'où viennent ces humains qui arrivent et repartent, et si vraiment Le fondateur Arnold Frères avait créé le Magasin pour les gnomes, pourquoi l'aurait-il fait à l'échelle des humains.
C'est donc au milieu de ces querelle de clochers, pardon, de rayons, qu'arrivent Toritt, Masklinn et les autres. Pour découvrir que le Grand Magasin est sur le point d'être détruit. Ils ont 21 jours pour arriver à convaincre des gnomes sectaristes que
1 - Le Dehors Existe;
2- Il va falloir entrer de plain pied dans l'ère moderne et se tirer tous de ce paradis pour aller vivre dans ce Dehors dangereux et effrayant (pour beaucoup, le dehors c'est l'Autre Monde, oui, celui où on va quand on passe de vie à trépas)
3- que ça ne pourra se faire qu'avec la collaboration de tous, et qu'il va donc falloir renoncer à ses privilèges et tous travailler ensemble pour s'en tirer. Et que tous, ça veut dire TOUS. Et donc qu'il est temps par la même occasion de découvrir l'égalité des sexes.
Un livre pour enfants. Qui réussit donc la prouesse en 300 et quelques pages de parler de destruction de l'habitat naturel, d'exil, d'égalité sociale et de lutte des classes, et d'esprit critique à l'égard des gouvernements et des religions, rien que ça.
Le tout en étant très drôle. La mort suivant les gnomes: Arnold Frère vous rappelle à lui, et là, on a droit à sa petite statue au rayon Jardinerie, qui sera emmenée vers un mode meilleurs.. a quoi les Gnomes sauvages prétende qu'ils en ont vu, dans les jardins des humains, et qu'ils ont toujours pensé qu'il s'agissait de gnomes pétrifiés à force d'attendre là). Il faut dire qu'ils prennent tout soit au pied de la lettre, soit de manière totalement erronée. Pour eux la phrase " Tout doit disparaitre" qui réapparait périodiquement dans le Magasin est un rappel métaphysique de la finitude de l'existence!
Chaque chapitre est introduit par quelques versets de la "Gnomenclature" parodie hilarante de la Génèse et quelques autres livres saints.
Comme il s'agit d'un roman jeunesse, le récit est beaucoup plus linéaire que dans le cas de ceux du disque -Monde, parfois assez cotons à suivre car ils mêlent plusieurs intrigues. Ici, une seule intrigue, ce qui n'exclue pas une richesse de thèmes intéressante ( et même plus intéressante, car on comprend les allusions aux textes sacrés et aux sectes millénaristes) à l'âge adule.
Encore un Pratchett savoureux, plein d'humour et d'esprit, joyeusement anticlérical. Un vrai régal, c'est même dommage qu'il ait été publié en édition "jeunesse" le privant ainsi d'un lectorat potentiel. On est plus proche des contes philosophiques que de la pure fantasy ou SF.
Un mot de l'illustrateur de la couverture française: Ciro Tota. Je n'en avais jamais entendu parler. Je venais à peine de commencer le livre qu'il en a été question dans le JT du jour même. J'aime bien sa vision.
Et en fouillant le net, je viens de voir qu'il existe une adaptation animée avec des marionnettes. Hum.. le problème c'est qu'il date de 1992, et que le stop motion n'y est pas vraiment meilleur que pour Dark Crystal ( qui date de 82). Bon ce n'est pas non plus le niveau Thunderbirds, mais j'aurais attendu quelque chose d'un peu plus cartoonesque en fait. Peut être que l'habitude des productions Aardman fait que j'ai une certaine attente sur l'animation en stop motion en fait, et a priori, du peu que j'ai pu voir, on n'est pas hélas au niveau Aardman ( une grande excursion date de 91, un mauvais pantalon de 93, donc pile la même époque)
allez, c'est parti pour le tome 2!
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mardi 28 juin 2016
Le secret de Chimneys - Agatha Christie
Et voilà l'autre rendez vous annuel du mois anglais.
Et comme j'ai dégotté une pile entière de livres de l'auteur, j'ai choisi le plus ancien, vu qu'en général j'accroche mieux à ses premiers écrits.
Et comment dire. j'ai bien accroché, mais pas pour l'enquête policière, c'est surtout assez drôle, dans le sens où tout y est complètement outré (mais c'est volontaire) avec des rebondissements improbable, des bons mots...
Tout commence au fin fond de l'Afrique par la rencontre de deux anglais qui se connaissent bien. Déjà, voilà pour l'improbable)
Anthony Cade est un aventurier qui occupe depuis un mois, laps de temps très long pour lui, un emploi de guide auprès d'une compagnie de cars de tourisme. Il faut dire que les touristes qu'il promène à Bulawayo, Zimbabwe, sont du genre gratinés, et useraient rapidement les nerfs du guide le plus motivé.
Jimmy McGrath, vieille connaissance d'Anthony, est toujours à l'affut d'une mine d'or, sa marotte constamment déçue, mais Jimmy y croit dur comme fer, cette fois c'est la bonne.
Jimmy a aussi un talent inné pour sauver la vie de gens plutôt étrange. Dix ans plus tôt, c'était celle d'un aristocrate herzoslovaque. L'Herzoslovaquie me fait beaucoup penser à la Syldavie de Tintin, un petit pays d'Europe de l'est ou le régicide est un sport national, les citoyens lassés des fransque de leur ancien roi l'ont d'ailleurs fait passer de vie à trépas quelques années plus tôt pour instaurer une démocratie, ce qui n'a pas entravé leur goût pour le putsch, et le pays hésite présentement entre remettre sur le trône un vague cousin de feu le roi, ou opter pour un régime rouge vif .
Pour remercier Jimmy de son aide, l'aristocrate l'a couché sur son testament, et Jimmy se retrouve donc en possession des mémoires du Comte, qui contiennent pas mal de révélations croustillantes sur les membres les plus éminents du gouvernement, une vraie petite bombe, qu'il faut remettre à un éditeur de Londres contre 1000 livres. Si Anthony lui rend ce service,ils partageront le magot, plutôt coquet pour l'époque.
Et pendant qu'il y sera, Jimmy a une seconde mission à proposer à son copain: rendre à une dame du nom de Virginia Revel un paquet de lettre d'amour compromettantes, qui lui sont arrivées par hasard en main lorsqu'il a sauvé la vie d'un autre type louche, vraisemblablement un maître chanteur. Mais Jimmy n'a pas le goût de faire chanter une dame qu'il ne connaît pas, et qui doit probablement s'inquiéter de savoir en quelles mains malintentionnées se trouvent ses missives d'amour. Donc si Anthony peut, au passage, trouver la dame, sur le maigre indice d'une des lettres envoyées de "Chimneys", il serait bien urbain...
Ni une ni deux, voila Anthony parti pour Londres, muni d'un volume que la moitié du monde connu veut récupérer: l'Herzoslovaquie est un pays riche de pétrole, et la publication des mémoires pourrait faire capoter des tractations lucratives autour de ces concessions, l'Angleterre soutien un prétendant, les USA un autre, et les révolutionnaires auraient bien besoin des informations confidentielles qui s'y trouvent pour leur prochain coup d'état.
Comme si ça n'était pas suffisamment compliqué, il y a les lettres, de Virginia Revel: 5 minutes suffisent à comprendre que la vraie Virginia Revel, femme intelligente, décidée, et peu impressionnable, n'en est pas l'auteur, et qu'être la cible d'un maître chanteur qui se trompe de victime l'amuse beaucoup, d'autant qu'elle n'a rien à se reprocher. Quelqu'un a simplement usurpé son nom, ça l'agace plus que ça ne l'inquiète.
Mais ce n'est pas tout: une troisième intrigue s'y greffe, autour du Roi Victor. Pas une tête couronnée, non: le chef d'un gang de voleur de bijoux qui vient de sortir de prison et aimerait bien récupérer un diamant précieux qu'il a caché du côté de Chimneys, demeure qui a vu passer tout le gratin de l'Europe et cette affaire de gros sous pourrait bien avoir un lien avec les deux autres intrigues.
C'est échevelé, ça part dans tous les sens, mais du coup, c'est drôle. En fait plusieurs fois au cours de ma lecture, je me suis demandé sil ne s'agissait pas d'un scénario de pièce de théâtre, tant il semble fait pour être joué sur scène: mi pièce policière, mi vaudeville, avec cadavres bien encombrants, vols et re-vols de lettres, de manuscrits, de diamant... Usurpations multiples d'identité.
Et cerise sur le gâteau, une héroïne pas tarte et pas du tout " damoiselle en détresse" ( si j'avais du imaginer une actrice pour jouer Virginia, c'est quelqu'un comme Katharine Hepburn que je verrais: un visage qui sort de l'ordinaire mais une classe et un talent comique qui correspondent bien à l'idée que je me fais de cette Virginia excentrique et peu conventionnelle.)
Et même si j'ai facilement deviné l'identité sous laquelle se cache le roi Victor, et si la révélation finale sur Anthony m'a parue tirée par les cheveux, j'ai bien apprécié cette histoire sans Hercule Poirot ni Miss Marple, à ne pas prendre au sérieux du tout.
Il y a les ingrédients qu'on va retrouver par la suite: un quasi huis clos dans une demeure pleine de passages dérobés, un goût du principal enquêteur et du principal suspect pour la révélation théâtrales des fameux secrets, et des petits traits d'humour bien sentis ( lorsque l'inspecteur Battle fait remarquer que les romans policiers sont une des meilleures choses pour la vraie police: en faisant passer les policiers pour un ramassis d'incapables dans l'idée du quidam lambda,ils peuvent enquêter beaucoup plus facilement. Oui un peu Columbo avant l'heure, avec l'air inoffensif du flic un paumé)
Donc pas un grand roman, avec une machination diabolique , il y a trop de coups de théâtre pour ça, mais ça reste un bon tome divertissant à souhait.
Et comme j'ai dégotté une pile entière de livres de l'auteur, j'ai choisi le plus ancien, vu qu'en général j'accroche mieux à ses premiers écrits.
Et comment dire. j'ai bien accroché, mais pas pour l'enquête policière, c'est surtout assez drôle, dans le sens où tout y est complètement outré (mais c'est volontaire) avec des rebondissements improbable, des bons mots...
Tout commence au fin fond de l'Afrique par la rencontre de deux anglais qui se connaissent bien. Déjà, voilà pour l'improbable)
Anthony Cade est un aventurier qui occupe depuis un mois, laps de temps très long pour lui, un emploi de guide auprès d'une compagnie de cars de tourisme. Il faut dire que les touristes qu'il promène à Bulawayo, Zimbabwe, sont du genre gratinés, et useraient rapidement les nerfs du guide le plus motivé.
Jimmy McGrath, vieille connaissance d'Anthony, est toujours à l'affut d'une mine d'or, sa marotte constamment déçue, mais Jimmy y croit dur comme fer, cette fois c'est la bonne.
Jimmy a aussi un talent inné pour sauver la vie de gens plutôt étrange. Dix ans plus tôt, c'était celle d'un aristocrate herzoslovaque. L'Herzoslovaquie me fait beaucoup penser à la Syldavie de Tintin, un petit pays d'Europe de l'est ou le régicide est un sport national, les citoyens lassés des fransque de leur ancien roi l'ont d'ailleurs fait passer de vie à trépas quelques années plus tôt pour instaurer une démocratie, ce qui n'a pas entravé leur goût pour le putsch, et le pays hésite présentement entre remettre sur le trône un vague cousin de feu le roi, ou opter pour un régime rouge vif .
Pour remercier Jimmy de son aide, l'aristocrate l'a couché sur son testament, et Jimmy se retrouve donc en possession des mémoires du Comte, qui contiennent pas mal de révélations croustillantes sur les membres les plus éminents du gouvernement, une vraie petite bombe, qu'il faut remettre à un éditeur de Londres contre 1000 livres. Si Anthony lui rend ce service,ils partageront le magot, plutôt coquet pour l'époque.
Et pendant qu'il y sera, Jimmy a une seconde mission à proposer à son copain: rendre à une dame du nom de Virginia Revel un paquet de lettre d'amour compromettantes, qui lui sont arrivées par hasard en main lorsqu'il a sauvé la vie d'un autre type louche, vraisemblablement un maître chanteur. Mais Jimmy n'a pas le goût de faire chanter une dame qu'il ne connaît pas, et qui doit probablement s'inquiéter de savoir en quelles mains malintentionnées se trouvent ses missives d'amour. Donc si Anthony peut, au passage, trouver la dame, sur le maigre indice d'une des lettres envoyées de "Chimneys", il serait bien urbain...
Ni une ni deux, voila Anthony parti pour Londres, muni d'un volume que la moitié du monde connu veut récupérer: l'Herzoslovaquie est un pays riche de pétrole, et la publication des mémoires pourrait faire capoter des tractations lucratives autour de ces concessions, l'Angleterre soutien un prétendant, les USA un autre, et les révolutionnaires auraient bien besoin des informations confidentielles qui s'y trouvent pour leur prochain coup d'état.
Comme si ça n'était pas suffisamment compliqué, il y a les lettres, de Virginia Revel: 5 minutes suffisent à comprendre que la vraie Virginia Revel, femme intelligente, décidée, et peu impressionnable, n'en est pas l'auteur, et qu'être la cible d'un maître chanteur qui se trompe de victime l'amuse beaucoup, d'autant qu'elle n'a rien à se reprocher. Quelqu'un a simplement usurpé son nom, ça l'agace plus que ça ne l'inquiète.
Mais ce n'est pas tout: une troisième intrigue s'y greffe, autour du Roi Victor. Pas une tête couronnée, non: le chef d'un gang de voleur de bijoux qui vient de sortir de prison et aimerait bien récupérer un diamant précieux qu'il a caché du côté de Chimneys, demeure qui a vu passer tout le gratin de l'Europe et cette affaire de gros sous pourrait bien avoir un lien avec les deux autres intrigues.
C'est échevelé, ça part dans tous les sens, mais du coup, c'est drôle. En fait plusieurs fois au cours de ma lecture, je me suis demandé sil ne s'agissait pas d'un scénario de pièce de théâtre, tant il semble fait pour être joué sur scène: mi pièce policière, mi vaudeville, avec cadavres bien encombrants, vols et re-vols de lettres, de manuscrits, de diamant... Usurpations multiples d'identité.
Et cerise sur le gâteau, une héroïne pas tarte et pas du tout " damoiselle en détresse" ( si j'avais du imaginer une actrice pour jouer Virginia, c'est quelqu'un comme Katharine Hepburn que je verrais: un visage qui sort de l'ordinaire mais une classe et un talent comique qui correspondent bien à l'idée que je me fais de cette Virginia excentrique et peu conventionnelle.)
Et même si j'ai facilement deviné l'identité sous laquelle se cache le roi Victor, et si la révélation finale sur Anthony m'a parue tirée par les cheveux, j'ai bien apprécié cette histoire sans Hercule Poirot ni Miss Marple, à ne pas prendre au sérieux du tout.
Il y a les ingrédients qu'on va retrouver par la suite: un quasi huis clos dans une demeure pleine de passages dérobés, un goût du principal enquêteur et du principal suspect pour la révélation théâtrales des fameux secrets, et des petits traits d'humour bien sentis ( lorsque l'inspecteur Battle fait remarquer que les romans policiers sont une des meilleures choses pour la vraie police: en faisant passer les policiers pour un ramassis d'incapables dans l'idée du quidam lambda,ils peuvent enquêter beaucoup plus facilement. Oui un peu Columbo avant l'heure, avec l'air inoffensif du flic un paumé)
Donc pas un grand roman, avec une machination diabolique , il y a trop de coups de théâtre pour ça, mais ça reste un bon tome divertissant à souhait.
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