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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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vendredi 27 août 2010

Souvenirs de cours de Russe (2) L'effet Koulechov

Deuxième chapitre des souvenirs de cours de Russe, et en l'occurrence aussi de cours d'option cinéma. Obligée de monter un dossier sur un sujet de mon choix pour l'oral de l'option cinéma au bac, j'avais décidé de rassembler mes deux options en une, en proposant un dossier sur l'Art d'état dans la Russie des années 20, et donc l'utilisation du cinéma naissant dans ce cadre.

L'occasion donc de découvrir une intéressante expérience réalisée en 1922 par Lev Koulechov, cinéaste, qui pose les bases de l'art du montage au cinéma par la même occasion. De quoi s'agit-t-il en substance?

Koulechov prouve qu'une image donné de se lit pas seule, mais en fonction de celles qui l'entourent. Celles qui la précèdent, mais aussi, celles qui la suivent. Et que donc, le message porté ou supposé porté par une image change en fonction du contexte. Dit comme ça, de nos jours, ça n'a l'air de rien, mais en 1922, dans le cadre du cinéma muet, la découverte de ce phénomène qui porte depuis lors le nom d'effet Koulechov avait une importance énorme. Importance artistique au niveau du montage, importance politique aussi, puisqu'il prouve qu'en manipulant très simplement les images, on peut également modifier le sens du message que l'on veut faire passer.

L'expérience: Koulechov a simplement choisi un plan fixe, non expressif, sans intention particulière de l'acteur Mosjoukine, trois fois exactement le même plan, associé d'abord à une assiette pleine, puis a un cadavre dans un cercueil, et en dernier lieu une femme allongée sur un canapé. 
Après avoir présenté les 3 séquences à 3 groupes de spectateurs cobayes, il leur a simplement demandé de définir quelle était l'intention du jeu de l'acteur. A quoi le premier groupe a répondu: la faim, le deuxième: la tristesse, et le troisième: la séduction.
Or bien évidemment,  il s'agit d'auto-suggestion, inférée par l'autre image accompagnant la séquence, puisque justement , il s'agissait à chaque fois du même plan fixe. Ce qui ouvre des perspectives alors inexplorées, en narration  cinématographique, en psychologie cognitive, en manipulation d'images ( hélas!) et aussi en marketing ( principe de base des images subliminales)

ici, pour les curieux, les 3 séquences bout à bout, bien sûr l'effet est moins évident sur une personne qui les voit consécutivement que sur des groupes séparés. Il n'empêche que l'expérience a eu une importance retentissante. Toujours pas convaincus? Vous laisserez vous mieux convaincre par Alfred Hitchcock?

( désolée pour les non polyglottes, la vidéo est en anglais sous-titré espagnol, impossible de le trouver sous-titré français, la description de l'effet Koulechov est proposé par le maître Hitch vers la fin de l'extrait)

mercredi 25 août 2010

Harlequinade 2010 - échauffement et mise en jambes

tombée un peu par hasard sur ce Challenge proposé par le site  Happyfew
Dont le principe  me paraît bien marrant, à savoir lire un roman Harlequin et le chroniquer comme s'il s'agissait d'un roman sérieux, je me suis lancée le défi hautement périlleux de le faire. Il y en a justement un qui traînait chez moi, prêtée par une amie ( je ne  vais quand même pas ruiner ma réputation en allant en acheter un, ou alors le commander sous pli discret? C'est possible ou pas?)

Le logo, ça fait rêver, hein, isn'it? surtout le "on remet ça?" qui me fait littéralement pouffer - et le terme est choisi!

Donc l'heureux élu est un vieux volume D'une dénommée Rebecca Flanders, intitulé " Nuit de pleine Lune", qui va nous narrer par le menu la rencontre de la rouquine Angie et de Michael le Loup-Garou. (Ou car la copine qui m'a prêté la chose a soigneusement choisi le thème , histoire de ne pas faire fuir l'amatrice de fantastique  que je suis). Je tiens a préciser que les premiers chapitres avaient été déblayés en lecture à haute voix post synchronisée et bruitée à notre sauce, lors d'une mémorable soirée de camping en Lozère ( donc je sais un tout petit peu où je mets les pieds, et quelles pistes suivre pour mon mémoire.


Donc dans mon idée...car il faut bien admettre que j'ai des visions parfois spéciales, ça m'évoque donc:

Flanders + Rousse  et Michael le Loup Garou










Oui hein, quel beau couple ils font! C'est ça le problème avec les visions, ça tombe parfois un peu à côté de ce qu'espérait l'auteur.Du coup forcément, l'"oeuvre" part avec une sérieux handicap d'image..


Attendez vous donc à une analyse ultra-pointue et multi factorielle de l'objet du délit. Houlala, j'ai honte!


Une dernière petite image pour que vous saisissiez bien à quel point je ne suis pas du tout dans mon élément, et que vous saisissiez l'ampleur de l'effort à consentir..Pour moi, quand je lis le mot Harlequins, mon petit coeur de fifille sentimentale pense d'emblée à ça:

De la gambette, du muscle, un essai à marquer et à transformer, heu c'est l'idée non? non?! (d'où le titre du billet, toute autre interprétation est malvenue, à quoi vous pensiez, bande de cochons!?)

L'ami Fritz - Erckmann-Chatrian

C'est parti pour la Lettre E!

fritz
(oui, une vieille édition, trouvé pour trois fois rien encore une fois lors du désherbage annuel de la médiathèque)
en voila un qui reviens de loin, et pour cause, il a été sélectionné uniquement parce qu'il me fallait un classique pour la lettre E. Car à la base je ne suis pas fan du tout de littérature "folklorique", mais bon, je me souviens en avoir vu une adaptation télé qui ne m'avait pas déplu il y a quelques années, avec Jean-Philippe Ecoffey dans le rôle titre, si je me souviens bien. Mais de là à me rappeler de ce qui se passait, c'est une autre paire de manches. Dans mon souvenir, il était surtout question de la vie au quotidien dans une petite ville d'Alsace au XIX° siècle, sur fond de rivalité franco-prussienne, autour d'une bande de joyeux lurons, sommés par les circonstances de renoncer plus ou moins à leur insouciante.

Snoopyperplexe
Aie Aïe Aïe! Autant le dire de suite, le film que j'avais vu prenait de grandes libertés avec le roman. Et je suis tentée de rajouter " heureusement. car il faut bien l'avouer, le roman évoque à peine le cadre politique, et sorti de là, hé bien, il ne reste plus grand chose. Une histoire d'amour assez bêtasse entre un vieux garçon noceur de 36 ans et une gamine de la campagne que pourrait être sa fille.
Bon, a priori, le personnage clef est sympathique, célibataire convaincu, insouciant fêtard qui trouve son bonheur quotidien entre parties de cartes à la taverne et constitution d'une cave à faire pâlir d'envie tous les autres noceurs de la ville. Mais patatras! Le scénario se mêle de prouver par A + B que le héros a tort, que l'amour c'est le centre de tout, qu'il doit vite fait bien fait se caser. Oui bon pourquoi pas. encore que...

Mais d'une part, le sympathique héros, dès qu'il tombe amoureux, se transforme quasi instantanément en grande nouille sentimentale qui ne vit plus que pour sa dulcinée, ne pense plus qu'à elle, ne voit plus rien d'autre... ce qui limite beaucoup l'interêt du Roman.
D'autre part le personnage féminin,est .. on va être gentille, un énorme tas de clichés assez navrants. Forcément jolie, forcément gentille, forcément timide comme doit l'être une fille des années 1860, forcément travailleuse comme doit l'être une épouse modèle,  forcément propre avec des dents forcément blanches étincelantes, et qui sans l'avoir jamais apprise danse forcément la valse comme une vraie mondaine ( signalons au passage qu'il s'agit d'une campagnarde qui trime à la ferme du matin au soir, du coup la crédibilité est réduite à néant). Bref un personnage totalement  irréaliste qui fait tâche dans le reste du roman, qui essaye de garder un côté naturaliste dans les descriptions de promenades à la campagne, de parties de quilles entre amis, de fêtes de villages.. Et l'histoire d'amour en parait d'autant plus artificielle, comme un fil conducteur sans grand intérêt pour lier ensemble une succession de tableaux qui eux ne sont pas dénués d'intérêt - la collecte d'impôt dans un village misérable du fin fond de la montagne, ou les villageois préfèrent se cotiser pour acheter un manteau d'or à la statue du saint local plutôt que de payer leur impôts. Il y avait là pourtant des pistes intéressantes, mais pas très bien exploitées, avec souvent des dialogues un peu trop grandiloquents.

Dommage, parce que je note quand même quelques points qui m'ont plu: c'est assez bien écrit, surtout les descriptions de situations ou de paysages, à vous donner des envies de vacances à la campagne. Les scènes folkloriques genre " une fête de village en 1860" sont très visuelles, on imagine très bien quelques tableaux dans le goût impressionniste. le héros sans préjugés qui fraye avec les bohémiens ou le vieux rabbin du quartier juif au mépris du qu'en-dira-t-on, c'était une bonne idée aussi. Oui mais voila, tout centrer sur une histoire d'amour un peu ridicule avec un personnage féminin aussi cliché "bobonne" que le héros est non-conformiste, ce n'était pas une bonne idée.

Donc oui, effectivement, le scénario du film a eu l'idée maline de renforcer le contexte historique qui passe un peu à la trappe dans le roman, car dans le fond, il n'y a pas grand chose d'autre à en tirer.
A part une célébrité relative pour la région où se situe l'action du roman, qui organise régulièrement la fête de l'ami Fritz, probable prétexte à déguster des cochonnailles à l'instar des ripailleurs du livre, ce qui n'est déjà pas si mal.
Mais au final, non, il ne me laissera pas un souvenir impérissable, si ce n'est d'une bonne idée mal menée.


Une lecture du challenge ABC!