mercredi 25 août 2010

L'ami Fritz - Erckmann-Chatrian

C'est parti pour la Lettre E!

fritz
(oui, une vieille édition, trouvé pour trois fois rien encore une fois lors du désherbage annuel de la médiathèque)
en voila un qui reviens de loin, et pour cause, il a été sélectionné uniquement parce qu'il me fallait un classique pour la lettre E. Car à la base je ne suis pas fan du tout de littérature "folklorique", mais bon, je me souviens en avoir vu une adaptation télé qui ne m'avait pas déplu il y a quelques années, avec Jean-Philippe Ecoffey dans le rôle titre, si je me souviens bien. Mais de là à me rappeler de ce qui se passait, c'est une autre paire de manches. Dans mon souvenir, il était surtout question de la vie au quotidien dans une petite ville d'Alsace au XIX° siècle, sur fond de rivalité franco-prussienne, autour d'une bande de joyeux lurons, sommés par les circonstances de renoncer plus ou moins à leur insouciante.

Snoopyperplexe
Aie Aïe Aïe! Autant le dire de suite, le film que j'avais vu prenait de grandes libertés avec le roman. Et je suis tentée de rajouter " heureusement. car il faut bien l'avouer, le roman évoque à peine le cadre politique, et sorti de là, hé bien, il ne reste plus grand chose. Une histoire d'amour assez bêtasse entre un vieux garçon noceur de 36 ans et une gamine de la campagne que pourrait être sa fille.
Bon, a priori, le personnage clef est sympathique, célibataire convaincu, insouciant fêtard qui trouve son bonheur quotidien entre parties de cartes à la taverne et constitution d'une cave à faire pâlir d'envie tous les autres noceurs de la ville. Mais patatras! Le scénario se mêle de prouver par A + B que le héros a tort, que l'amour c'est le centre de tout, qu'il doit vite fait bien fait se caser. Oui bon pourquoi pas. encore que...

Mais d'une part, le sympathique héros, dès qu'il tombe amoureux, se transforme quasi instantanément en grande nouille sentimentale qui ne vit plus que pour sa dulcinée, ne pense plus qu'à elle, ne voit plus rien d'autre... ce qui limite beaucoup l'interêt du Roman.
D'autre part le personnage féminin,est .. on va être gentille, un énorme tas de clichés assez navrants. Forcément jolie, forcément gentille, forcément timide comme doit l'être une fille des années 1860, forcément travailleuse comme doit l'être une épouse modèle,  forcément propre avec des dents forcément blanches étincelantes, et qui sans l'avoir jamais apprise danse forcément la valse comme une vraie mondaine ( signalons au passage qu'il s'agit d'une campagnarde qui trime à la ferme du matin au soir, du coup la crédibilité est réduite à néant). Bref un personnage totalement  irréaliste qui fait tâche dans le reste du roman, qui essaye de garder un côté naturaliste dans les descriptions de promenades à la campagne, de parties de quilles entre amis, de fêtes de villages.. Et l'histoire d'amour en parait d'autant plus artificielle, comme un fil conducteur sans grand intérêt pour lier ensemble une succession de tableaux qui eux ne sont pas dénués d'intérêt - la collecte d'impôt dans un village misérable du fin fond de la montagne, ou les villageois préfèrent se cotiser pour acheter un manteau d'or à la statue du saint local plutôt que de payer leur impôts. Il y avait là pourtant des pistes intéressantes, mais pas très bien exploitées, avec souvent des dialogues un peu trop grandiloquents.

Dommage, parce que je note quand même quelques points qui m'ont plu: c'est assez bien écrit, surtout les descriptions de situations ou de paysages, à vous donner des envies de vacances à la campagne. Les scènes folkloriques genre " une fête de village en 1860" sont très visuelles, on imagine très bien quelques tableaux dans le goût impressionniste. le héros sans préjugés qui fraye avec les bohémiens ou le vieux rabbin du quartier juif au mépris du qu'en-dira-t-on, c'était une bonne idée aussi. Oui mais voila, tout centrer sur une histoire d'amour un peu ridicule avec un personnage féminin aussi cliché "bobonne" que le héros est non-conformiste, ce n'était pas une bonne idée.

Donc oui, effectivement, le scénario du film a eu l'idée maline de renforcer le contexte historique qui passe un peu à la trappe dans le roman, car dans le fond, il n'y a pas grand chose d'autre à en tirer.
A part une célébrité relative pour la région où se situe l'action du roman, qui organise régulièrement la fête de l'ami Fritz, probable prétexte à déguster des cochonnailles à l'instar des ripailleurs du livre, ce qui n'est déjà pas si mal.
Mais au final, non, il ne me laissera pas un souvenir impérissable, si ce n'est d'une bonne idée mal menée.


Une lecture du challenge ABC!

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