Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture

Qui passe par ici?

Flag Counter

vendredi 20 juin 2014

Harry Potter et la coupe de feu - JK Rowling



Et hop, doublette pour le mois anglais et le challenge geek. Quoique non, en fait il compte aussi pour le challenge « lieux imaginaires », « cartable et tableau noir » et peut-être même «  réécriture mythologique ».

4 tome de la série : On avait rencontré pour la première fois Harry à 11 ans, qui découvrait son statut de sorcier et commençait ses études dans une prestigieuse école de sorcellerie, on l’a depuis suivi d’année en année.  Il  a 14 ans maintenant et entre donc en 4°année, et les choses vont se compliquer beaucoup pour lui. En effet cette fois, pas de match de quidditch, l’école accueille le « tournoi des 3 sorciers », une sorte d’olympiade junior de la magie qui va voir s’affronter un champion issu de 3 écoles de sorciers. L’occasion pour les élève de Poudlard de faire connaissance avec leurs homologues français de l’école « Beauxbâtons » (oui ça m’éclate) et bulgares de l’école « Durmstrang ». Le tournoi est normalement réservé aux élèves de plus de 17 ans, au vu de sa difficulté, les volontaires doivent déposer leur nom dans la coupe de feu du titre, qui tirera au sort un participant pour chaque école. Impossible pour les élus de se défiler en plus. Harry ne peut donc pas participer, mais coup de théâtre inattendu (pour lui et ses amis, mais pas trop pour le lecteur quand même !), la coupe le désigne malgré tout comme participant. Une seule solution : malgré la protection magique qui devait empêcher la triche, quelqu’un a déposé la candidature d’Harry pour le forcer à participer. Et qui compte surement sur la difficulté des épreuves pour se débarrasser de lui en simulant un accident par exemple. Et  Nous-savons-qui lui en veut en particulier. Oui. Ce tome marque le vrai passage à l’action de « celui-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom », et il nous donne un petit aperçu de sa folie qui augure bien pour la suite.

4° volet des aventures de Harry et ses camarades sorciers et sorcières.  Il y a pile un an à quelques jours près, je venais de finir le tome 3 en disant que j’avais apprécié le tournant un peu plus noir que prenait la série, et bien c’est officiel, on est en train de quitter la pure littérature jeunesse pour quelque chose de plus sombre.
Et également, je regrettais avec le tome 3, de voir se dessiner une schéma d’écriture un peu trop répétitif : les 3 premiers tomes suivaient presque exactement la succession suivante : c’est l’été, Harry s’ennuie dans sa famille de beauf et fête son anniversaire seul, va acheter ses fournitures, puis retrouve ses camarades sorciers à Poudlard. Vers l’hiver il va y avoir un match de quidditch. Des péripéties fantastiques. Les examens. Re-match de quidditch. Dénouement des péripéties !. Retour chez les Bidochon Dursley.
Et Bonne, très bonne surprise, ce tome s’écarte enfin de cette série imperturbable et gagne en densité, en action, en tension dramatique (cette fois, il y a un mort. Mais vraiment. Pas un qui revient in extremis et tout. Et pas un qui aurait mérité son sort, non... moi qui commençais en plus à le prendre en sympathie, c’est trop injuste)
En fait, j’ai été très agréablement surprise : le récit prend d’entrée une tournure presque policière avec un prologue qui nous raconte ce qui s’est passé quelques décennies plus tôt dans la maison du dénommé Tom Jedusor (pitié, ce nom, je ne peux pas, je vais continuer à l’appeler Riddle), donc dans la maison Riddle, où toute la famille avait été trouvée morte sans explication.’ Ttendez.. Tom Riddle, c’est bien le fantôme qui hantait un cahier dans le tome 2.. et qui était lié à Vous-savez-qui ? Haaa une ancienne piste qui ressort, j’aime ça !

Les personnages aussi commencent à s’étoffer en grandissant : Harry en pince pour une dénommée Cho Chang , Ron est fasciné par une pensionnaire de Beauxbâtons qui n’est pas tout à fait humaine, et Hermione découvre les joies du militantisme en prenant fait et cause pour les elfes de maison, serviteurs exploités des grandes maisons de sorciers, qui vivent dans un état proche de l’esclavage et veulent y rester d’ailleurs.
Ca c’est l’autre versant de l’histoire, plus humoristique, mais surtout avec un sous-texte quasi politique sur le racisme ( via les elfes de maison esclaves, mais aussi les géants qui  sont mal vus sous prétexte que leurs ancêtres étaient fauteur de trouble. Y  compris les métis comme Hagrid qui cache soigneusement ce fait à tout le monde. Je pense que c’est assez clair : remplacez  "elfes" par une nationalité quelconque et « géant » par une couleur de peau, et l’indignation d’Hermione devient tout à fait légitime) ; sur la dictature : j’avais déjà trouvé qu’Azkaban, la prison pour sorciers qui trifouillent la magie noire avait des allures de goulag, ça se confirme, le récit des arrestations arbitraire qui y ont conduit des gens sur simple dénonciation, transformant les juges en monstres aussi cruels que les partisans de Voldemort.. tout ça a mine de rien un petit côté purges staliniennes.
Et on trouve aussi une dénonciation de la presse « people » via Rita Skeeter, une journaliste sorcière qui n’hésite pas à trafiquer ses interviews pour les rendre plus sensationnelles, quitte à remanier, inventer, ne pas vérifier ses sources ou faire dire l’inverse à ses témoins, peu importe, et même tant mieux si ça déclenche un scandale, on parlera d’elle.

Littérature jeunesse ? vraiment ?

En fait je pense que JK Rowling est assez futée pour avoir fait plusieurs niveaux de lectures, ce qui fait qu’avec toutes les allusions le lecteur adulte ne s’ennuie pas (évidemment ce que je dis sur la dénonciation du racisme, de la dictature et des abus de la presse ne parlera pas directement à un lecteur de 14 ans, en tout cas, à 14 ans, je n'aurais pas tout saisi j'avoue,  mais enfin il est quand même clairement question à un moment du ministère de la magie qui filtre les informations et muselle la presse ) En tout cas moi, je ne me suis pas ennuyée, impossible de lâcher le texte dans la partie sur le labyrinthe et surtout après.  Je n’attendrais pas un an pour le tome suivant, j’ai trop envie de savoir la suite.
billet thématique Harry Potter


réécriture contemporaine: plus particulièrement pour les vélanes ( femmes séduisantes qui ensorcellent par leurs chants, mais cachent un visage monstrueux, comme les sirènes grecques ou les harpies, et le sphinx qui pose des énigmes dans le labyrinthe. Etonnant qu'il n'y ait pas le minotaure)

j'ai failli oublier: auteur anglais

mercredi 18 juin 2014

Noblesse oblige (film)




3° film !

Et cette fois je ressors du fin fond de mes cartons, enfin façon de parler,  «  noblesse oblige » (traduction totalement peu fidèle « Kind hearts and coronets »), un vieux film des années 40, que j’avais pu voir il y a très longtemps lorsque le cinéma d’art et d’essai de ma ville avait programmé une rétrospective «  comédies noires britanniques », de mémoire donc, Noblesse Oblige, tueurs de dames et l’homme au complet blanc que j’avais alors pu voir tous en VO (l’occasion de déplorer que le cinéma en question ait changé de programmation et ne fasse plus ce genre de thématiques, même pas une rétrospective Chaplin cette année, c’est dire !)

A Londres au début du  XX° siècle, le bourreau se réjouit : son prochain « client » est du genre  qu’on a qu’une fois l’occasion de pendre dans une vie, et encore, avec de la chance.  Après quoi il prendra une retraite bien méritée. Car  celui qu’il va aider à passer de vie à trépas est un duc, autant finir en beauté sa carrière.
L’homme en question, Louis d’Ascoyne Mazzini , 10ème duc de Chalfont, condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, attend donc sa dernière heure avec un calme olympien , tout en mettant la dernière main à ses mémoires, et va donc nous expliquer ce qui l’a conduit là : car ironiquement s’il n’a effectivement pas commis ce crime ci, il a bien d’autres assassinats sur la conscience. Le duc est une crapule !

Quelque trente ans plus tôt, la fille du 8° duc de Chalfont a épousé un chanteur italien, mésalliance qui a conduit sa famille a rompre tout lien avec elle. Le jour même de la naissance du petit Louis, son père meurt d’une crise cardiaque, l’émotion, tout ça… mais la famille de Chalfont continue à faire la sourde oreille à toute tentative de réconciliation. Voilà donc le gamin éduqué par une mère aigrie, qui lui ressasse jusqu’à plus soif son arbre généalogique, la méchanceté de la famille Chalfont, la honte pour une  potentielle duchesse de devoir travailler pour vivre etc… Bien sur le petit Louis est la risée de ses camarades d’école roturiers : si vraiment il a une vague parenté avec la noble famille, aucune chance pour lui de devenir un jour duc. En attendant, il grandit et doit malgré tout, horreur, travailler, comme commis dans une boutique de vêtement. Lorsque sa mère meurt, et demande à être enterrée dans le caveau familial, nouvelle humiliation : le duc refuse les dernières volontés de sa fille. Dans le cerveau déjà bien atteint de Louis germe l’idée d’une vengeance : si sa mère a vécu et est morte pauvre, c’est la faute à la famille Chalfont qui l’ont spoliée de ses droits, il va donc tout faire pour devenir duc ( et par la même occasion, river son clou à Sibella, jolie fille qui lui a opposé un net refus lors d’une demande en mariage : pas assez riche !). Oui, dit comme ça, ça sonne film tire-larme, l’orphelin spolié, la lutte des classes, tout ça, mais non !
 Car pour devenir duc, Louis ne voit de meilleure solution que de supprimer purement et simplement les 8 personnes qui le précèdent dans l’ordre de l’héritage. 6 assassinats en fait, il y a une mort naturelle et une autre par bêtise. 



Et c’est jouissif, car le film tire à vue sur les conventions : le héros est clairement dérangé, sa famille un ramassis de nobles encroûtés dans  des traditions hors d’âge, Sibella est une garce, son mari ne vaut guère mieux : tout du début à la fin est parfaitement cynique, amoral et drôle. L’acteur principal, Dennis Price a un jeu très neutre qui va bien finalement au type sans scrupules qu’il incarne et surtout, surtout, il y a Alec Guinness. En pleine forme. Et 8 fois plutôt qu’une, car il joue les rôles des 8 membres à abattre de la famille Chalfont ( c’est d’ailleurs pour cette octuple prestation que le film est resté célèbre… 
6 fois Alec Guinness sur la même photo...

sisi, la suffragette qui passe plus de temps en prison que chez elle, c'est lui aussi!

Je mets juste un bémol pour Joan Greenwood, l’actrice qui joue Sibella : le personnage est censé être une garce manipulatrice, mais elle manque singulièrement de piquant et en fait une garce minaudière qui parle du bout des lèvres. C’est dommage car  j’ai passé pas mal de temps à me demander comment le héros peut bien se faire avoir à une ficelle aussi grossière.  Oui quand je peste devant mon écran des trucs comme «  mais by jove ! ça crève les yeux qu’elle se paye ta fiole ! », c’est que le personnage manque un poil de subtilité.

Mais sinon, amateurs de vieux films, d’humour noir , fans d’Alec Guinness, ce film est à voir.

lundi 16 juin 2014

The full Monty ( film)



Hop, je continue sur ma lancée et profite de mes vacances forcées pour  faire une cure de cinéma. Et de ressortir cette comédie sociale qui me donne toujours autant la patate.

Bon, je ne vais pas trop revenir en détail sur l’histoire, non ? Si ? Les camarades du challenge anglais ont probablement tous déjà vu ce film. Mais c’est vrai qu’en voyant les sous-titres d’époque, je me suis rendu compte que mine de rien, il est quand même sorti il y a 17 ans ( la vache !), et voir des sous titres qui convertissent les  livres en francs, ben ça m’a fichu un coup de vieux ( lorsque Nathan va à la banque retirer 100 livres et qu’il demande dans le sous-titre « 1000 francs », ben ça fait bizarre. C’est vrai qu’à l’époque en gros 1 livre valait dix franc)

Donc, mini résumé : Dans les années 60/70, la ville de Sheffield était un important centre industriel , spécialisé dans l’aciérie. Mais 25 ans plus tard, les choses ont bien changé : finies les 30 glorieuses (ou équivalent grand-breton), les usines ont fermé, les anciens employés galèrent à retrouver un travail dans une région sinistrées, les gens sont aussi moroses que le décor. Et surtout Gary, dit «  Gaz », chômeur, divorcé, et spécialiste des combines foireuses pour essayer de rassembler les quelques sous nécessaires pour payer la pension alimentaire de son fils Nathan, âgé d’une dizaine d’années. Pas de sous = pas de pension = perte de la garde alternée du fiston, c’est aussi sordide que ça.

L’idée la plus bizarre du monde va lui être inspirée par hasard : un show de strip-tease masculin qui fait un carton auprès de la population féminine, et ni une ni deux, Gaz va tenter d’embarquer ses copains chômeurs dans cette entreprise, qui est tout sauf gagnée d’avance. Car il ne sont ni jeunes, ni beaux, ni musclés, ni bronzés, ni quoi que ce soit d’habituellement requis pour ce genre de spectacle : Gaz est petit et maigrichon, Dave son meilleur pote est complexé à mort par ses quelques kilos en trop,  Gerald et « Horse » savent danser mais sont quinquagénaires, Lomper le musicien est roux et pâle comme un cachet d’aspirine, et Guy est bien roulé… mais suffisamment maladroit pour se retrouver régulièrement les quatre fers en l’air en essayant de faire des pirouettes. 
oui, il y a aussi un nain de jardin dans l'histoire

Et contemple cette équipe d’antihéros s’accrocher à cette idée totalement loufouque, s’entraîner en regardant Flashdance, avec leur regard de mâles ( «  oui, elle danse bien mais regardez-moi comment elle soude, ça ne tiendra jamais.. »), en se déhanchant clope au bec sur Hot Chocolate, se poser des questions existentielles au sujet d’un pot de crème antirides.. en essayant de sauver les apparences auprès de leurs femmes respectives, ben c’est d’une drôlerie irrésistible. Oui .
 (cet extrait me fait toujours mourir de rire, et vous savez ce qu'on dit les gars? femme qui rit...et entre nous,  j'échange volontiers 20 Adonis bodybuildés contre un Robert Carlyle qui fait l'andouille)

 Et malgré son sujet en apparence scabreux, d’un humour assez fin sur la dictature des apparences ( les gars qui critiquent une couverture de magazine féminin et se rendent soudain compte qu’en fait, peut-être, éventuellement, il faudrait y réfléchir, mais il est possible que les femmes fassent pareil  en les voyant se déhancher en sous-vêtements!). Les acteurs s’en donnent à cœur joie, sans crainte du ridicule ( Robert Carlyle –Gaz, et Mark Addy – Dave, sont vraiment excellents), ça fait vraiment plaisir à voir.

Personnellement, il m’arrive régulièrement de devoir faire la file d’attente dans un magasin qui diffuse du disco, de tapoter du pied en rythme et d’avoir envie de me marrer en repensant à la séquence de file d’attente au « job center ».

D’ailleurs ce film a eu un succès immense à sa sortie. A la fin des années 90, le cinéma britannique nous a régalés de 3 excellents films sociaux en l’espace de 3 ans : The Full Monty et les Virtuoses en 97, Billy Eliott en 99, tous basés plus ou moins sur le thème «  se sortir de la crise par l’art ou le spectacle ». The Full Monty est le plus ouvertement axé comédie, mais les 3 possèdent ce mélange so british d’humour parfois cynique, de difficultés sociales, de moments tragiques…comme j’aime.
Et ce succès a trouvé récemment (l’an dernier si je ne me trompe pas) un prolongement inattendu, en Italie, où le sujet a été repris en pièce de théâtre, montée par une troupe d’anciens ouvriers…au chômage. J’adore cette idée.