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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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vendredi 31 janvier 2014

Hoshi no koe ( court métrage d'animation)


Et le billet spatial du jour porte sur un court métrage que j'avais vu il y a longtemps ( il date de 2002, et à l'époque il n'était disponible qu'en streaming fansub et comme j'ai eu l'occasion de le revoir récemment..). A noter qu'il est maintenant édité en DVD, sous le titre " voices of a distant star" - je précise que je l'ai vu en VOSTfr.

Hoshi no Koe - la voix des étoiles- se passe vers 2050. Les humains ont conquis le système solaire et établi une base sur Mars, un avant-poste vers le reste du système solaire, qui sert principalement de camp d'entraînement. En effet, les humains ont découvert qu'ils ne sont pas seuls dans l'espace, et une lutte s'est engagée avec les "tarsiens", une ace extraterrestre dont on ait finalement peu de chose. C'est dommage, mais ça n'est pas le sujet principal du court métrage, qui fait de toute façon une vingtaine de minutes. En tout cas, des combats se sont engagés entre humains et tarsiens. avec une léger avantage aux humains qui ont découvert un moyen de voyager sur de longues distance en faisant des sauts dans l'hyperespace. Tout ça n'est hélas pas très clairement expliqué, mais se comprend peu à peu.
Or, pour combattre , et conquérir de nouveau territoires, il faut des recrues.

Sur Terre, la jeune Mikako et son petit ami Noboru se préparent à entrer au lycée ensemble. Sauf que ça n'arrivera jamais: Mikako rêve d'espace et comme elle est bonne élève en science et douée pour les sports de combat, elle a réussi à se faire recruter par la flotte spatiale des nations unies, afin d'aller combattre les tarsiens.

Et là on arrive au vrai sujet du film, caché derrière les séquences de combats interplanétaire à bord de robots volants, la problématique est " les relations humaines peuvent-elle résister à la distance qui sépare les gens?". Car Mikako et Noboru restent en contact via e-mail. Mais plus elle s'éloigne dans l'espace, plus ses messages mettent du temps à arriver à Noboru resté sur terre. Quelques semaines d'abord , " comme aux temps où on s'envoyait du courrier" puis plusieurs mois lorsqu'elle dépasse Jupiter, puis Pluton.. Mais les choses tournent mal et la flote entière doit fuir en hyper espace vers le système planétaire de Sirius ( où on découvre brièvement la magnifique 4° planète Agartha). Plus de 8 années lumières séparent maintenant Mikako et Noboru, autant dire que les messages vont mettre plus de 8ans à arriver sur terre.


Je vais surveiller de près le réalisateur capable de faire ça.. tout seul
Ce qui est quand même très triste, et Mikako commence à se demander si elle n'a pas fait une erreur, lorsqu'elle écrit " salut Noboru de 24 ans, ici Mikako de 16 ans.. tu me manques et je pense toujours à toi". Leurs " présents " sont maintenant séparés de presque 9 ans... et chacun doit suivre sa vie de son côté.

Bref ( c'est le cas de le dire) ce dessin animé est trop court. Il y a de très bonnes idées , un thème très intéressant qui met en avant le ressenti des personnages plus que les combats épiques, des images magnifiques.. La seule chose qu'on puisse lui reprocher, c'est vraiment d'être très court, et de laisser de côté le cadre de cette triste histoire ( à la fin, ouverte, je précise pour ceux qui détestent ça.. moi j'aime bien). En tout cas la solitude de Noboru et la détresse de Mikako sont bien rendues, avec peu d'effets et de mots.
oui, il y des robots géants, mais ça n'empêche pas l'ensemble d'être subtil.

A sa décharge, il faut que je précise que le réalisateur, Makoto Shinkai ( pas encore très connu du grand public), a tout fait tout seul. Sauf bien sûr, la voix de Mikako, qui, si je ne me trompe pas est celle de sa femme ( car monsieur et madame font du doublage à l'occasion). Mais voilà, ce court métrage est à voir si vous avez la possibilité, et même s'il laisse un goût de trop peu du fait de l'ambition de son sujet. C'aurait été très agréable de le voir par la suite développé , pas forcément en série, mais peut être en moyen métrage. Ca n'a pas été le cas jusqu'à présent, je viens de voir que l'auteur travaille sur d'autres projets. Ceci dit, je vois aussi qu'il a été décliné en manga one shot, dont une traduction anglaise est disponible en ligne, et que je vais aller lire de ce pas.
une couv' à l'aquarelle, ça augure bien
Donc, voilà, si vous avez 20 minutes de temps libre, et que vous arrivez à le trouver, je conseille ce court métrage qui concilie robots et poésie.
Demain: un autre dessin animé, beaucoup plus long, beaucoup plus connu et cultissimme - pour moi en tout cas!

mardi 28 janvier 2014

voyager aux confins du système solaire (2) - Programme Pioneer


J'avais déjà parlé de l'importance que revêtait pour moi la mission Voyager, ici même. Les choses étant ce qu'elles sont, je n'ai pas vraiment pu concrétiser ce projet de défi  spatial, puis le challenge geek a pris le relai, et je peux y intégrer mes billets espace, donc...

J'avais juste envie de faire une petite liste des missions importantes dans l'étude du système solaire, je me moquais hier d'un projet que je trouve complètement contre-productif, il est temps de parler des vraies missions, les sérieuses, celle qui font progresser la science. Mais comme elles ne sont pas habitées, ça en jette moins, forcément :

Commençons par  le programme Pioneer ( 1958 - 1978),  19 sondes en tout, qui a été une belle réussite , d'abord l'étude de la lune pour les sondes 1 à 5 entre 1958 et 1960 ( échecs pour la plupart, seule la 1 partie étudier la ceinture de Van Allen et la  5 pour l'étude de l'espace entre la terre et Venus a réellement abouti, certaines nommées X, Y et Z ont même échoué au décollage)
préparation de l'équipement de Pioneer 5

 puis Pioneer 6 à 9 de 1960 à 1968, orbiteurs solaires partis étudier le vent solaire, du champ magnétique solaire, du plasma, etc...  d'après le site de la NASA, en 2007, seul Pioneer 6 ( celui lancé en 1965) était encore en fonctionne, ce qui en faisait le plus ancien engin spatial encore existant.

Voilà pour les non planétaires", qui étudiaient l'espace en général ( d'ailleurs, je ne trouve pas de photos, j'ai l'impression que tel n'était pas le but, et qu'elle embarquaient une foule d'instrument de mesure.. mais pas d'appareil photo

et surtout, par la suite, les " planétaires", qui eux, on ramené des images..
Pioneer 10 en cours de construction
 Pioneer 10 ( étude de la ceinture d'astéroides et de Jupiter  et ses satellites en 1973 première sonde a avoir dépassé l'orbite de Mars. La mission a duré jusqu'en 1997, et a envoyé des données jusqu'en 2003.

et Pioneer 11 (1973), partie explorer Jupiter et Saturne, qui n'a plus donné de nouvelles depuis 1995, dans les deux cas, faute d'énergie.
Les deux sondes embarquent un message visuel à destination des extraterrestres, chapeau s'ils arrivent à comprendre sans la légende!
Les deux sondes n'envoient plus de données à la Terre, et dérivent quelque part dans l'espace en direction du taureau et  Pioneer 11 vers l'aigle.. et c'est désespérant de penser qu'on en aura plus aucune donnée!
Trajectioires de Pioneer 10 et 11 et Voyager 1 et 2 jusqu'en 19992


Ici, une simulation de la situation approximative de Pioneer 11, à l'heure où j'écris: Plus de 116 Unités astronomiques de la Terre - une UA = La distance de la Terre au Soleil.

MilestonesDateCountdownDistance Flown / To Fly
Launch06-Apr-73 04:11:00T + 14905d 17hrs 23min 45sec17,408,299,168km116.367AU

Jupiter Flyby04-Dec-74 06:21:19T + 14298d 14hrs 13min 26sec


Saturn Flyby01-Sep-79 18:29:34T + 12566d 03hrs 05min 11sec










carte radar obtenue par Pioneer Venus Orbiter

et pour finir, un peu moins marquants, Pioneer 12 ou Pioneer Venus orbiter (mai 1978) et quelques mois plus tard ( aout 78) Pioneer 13 alias Pioneer Venus Multi-probe, deux réussites à qui l'on doit la cartographie au radar de la planète et l'étude de la composition  son atmosphère.Evidemment, la corrosivité de cette atmosphère a fait que seule l'une des petites sondes ( probes) ayant.. comment dire , " avénusi"? a fonctionné  et envoyé des données pendant une heure. Mais par malchance pour ces deux dernières sondes, elles ont été suivies à 15 jours près par Venera 11 ( du programme soviétique Venera, plus abouti, et contrairement à Pioneer Venus embraquait des caméras..et a donc logiquement éclipsé Pioneer 13)

Pour plus d'infos et d'images sur les programmes Pioneer, il y a le site de la Nasa, déjà cité plus haut, et celui ci- riche en images et coupures de journaux ( là ou j'ai pris la plupart des illustrations de cet article): sondes planétaires et sondes non planétaires

 Comme ce genre de sujet me tient à coeur, je vais essayer d'en faire un peu tout au long de l'année, rendez vous le mois prochain, tiens, je développerai surement le Programme Veneris et l'étude de Venus..





lundi 27 janvier 2014

De la Terre à la Lune - J. Verne


Et oui, car c'est la semaine du Voyage dans l'Espace, et comment passer à côté d'un des précurseurs de la science-fiction (et pour le coup on est vraiment dans le domaine de la fiction scientifique et de l'anticipation... a quelques détails près!). Une relecture en fait, j'avais lu ce livre.. je crois que j'étais au collège, on me l'a offert pour mes 10 ans avec "le tour du monde en 80 jours", et j'ai attendu quelques années avant de le lire.


1865, aux USA. La guerre de Sécession vient de se terminer, et les membres du Gun-club de Baltimore, un club d'ancien combattants éclopés assez pittoresque ( un statisticien a calculé que sur la totalité des adhérents " il n'y avait pas tout a fait un bras pour quatre et deux jambes pour six) et va-t-en-guerre (le critère pour y adhérer est d'avoir inventé un canon, une nouvelle sorte de poudre ou d'avoir apporté une contribution dans le domaine de la balistique - le même statisticien arrive à la conclusion que chacun a une moyenne personnelle de victimes directes ou indirecte de " deux mille trois cent soixante quinze hommes et une fraction"). Donc, ces dignes infirmes se morfondent: plus de guerre, que va -t-on devenir? que va devenir la nation? et la balistique, toutes ces améliorations en pure perte...Alors que le secrétaire Maston, crane rafistolé et crochet au poignet propose de créer une guerre de toute pièces, le président Barbicane a une meilleure idée novatrice: utiliser les connaissances acquises pour lancer un boulet sur la lune. Oui! Evidemment, ce défi novateur est accueilli très positivement, et ni une ni deux, on va assister à sa mise en place, de réunions pour choisir le projectile, sa forme, le propulseur, etc... en réalisation. Jusqu'à l'arrivé de l'extravagant Michel Ardan, français toujours avide de nouveauté, qui propose rien de moins que de changer la forme du boulet pour une fusée en forme d'obus, afin de partir dedans.

Petite note annexe sur l'édition que j'ai: il s'agit d'une jolie édition de petit format très pratique, avec une couverture bleu-gris de chez Lattès. Très jolie, avec les illustrations et tout.. mais bourrée de fautes. Ce n'est pas la première fois que je le constate sur ces éditions, mais alors là, ça dépasse l'entendement: fautes de frappe ( ls pour "les", "les regard" , 2 fois en 2 pages; la Ville de Tampa, qui devient Tampo, puis  à nouveau Tampa et encore Tampo, "le chlorate de potasse est un seul qui se présente".. bien joué, sauf que c'est plutôt un sel!
 mais aussi boulettes: le très drôle " dételler les cheveux" - je recopie, hein. Et page 328, c'est le pompon, Michel Ardan devient: Michel Ange!) J'aurais passé sur une ou deux fautes de frappe, mais là, il y en a beaucoup trop. Dommage.

Sinon, il y a les trucs plutôt marrants, qui sont le fait de la connaissance à l'époque de Verne: au sujet du boulet qui va " 800 000 fois, moins vite que l'électricité, 640 fois moins vite que la lumière, 76 fois moins vite que la Terre [en rotation ]". Vingt dieux! Elle est rapide l'électricité! :)

Au final, Verne ne s'est pas trompé sur deux choses: C'est bien les USA qui ont gagné la course à la lune, et la base de lancement est bien en Floride - à croire que les USA ont voulu lui donner raison! Mais le lanceur n'est pas exactement une canon géant fondu à même le sol.
dehors: une structure simple..

Et en fait, plus que les visions d'avenir, parfois assez farfelues il faut bien le dire, c'est tout les à-côtés que j'ai pris plaisir à (re) lire, car les belliqueux infirmes du Gun-Club sont souvent hilarants, JT Maston en tête.
en fait c'est plutôt de ce côté là que les prédictions se sont réalisées: le Gun-Club a tout d'une NRA avant l'heure - en beaucoup plus drôle, je vous l'accorde.

dedans: un obus tout confort!
Et pour le lire en ligne ( car tombé dans le domaine public): texte complet

Et, si vous avez écouté les infos ces jours -ci - à part d'habiter déjà sur Mars - vous avez du entendre parler du "projet Mars one", lancé par une boîte néerlandaise, qui sonne comme un énorme canular: envoyer, sans espoir de retour des gens un peu suicidaires il est vrai, sur Mars, avec de la nourriture du matos  pour quelques temps et..va pour le système D. Des gens hautement qualifiés et triés sur le volet pour ça, hein, une coiffeuse fait partie des personnes retenues. Non, je vais passer pour mauvaise langue: on ne dirait jamais assez à quel point il est essentiel d'être bien coiffé pour aller sur une autre planète. M'enfin quand on pense aux années d'entrainement qu'il faut pour un décollage et une mise en orbite, ils passent un peu beaucoup pour des manches, et ce qui m'ennuie plus, c'est que ça décrédibilise une entreprise scientifique tout à fait louable.

Enfin, bref, ce n'est pas que le voyage sur Mars ne m'intéresse pas, mais dans des conditions réfléchies et pas comme des baltringues. On a parlé du manque d'eau et d'atmosphère dans les média - parce que c'est le plus évident, mais il faut aussi compter avec le sol corrosif, la pesanteur toute différente, et plus grave encore: le champ magnétique minuscule de la planète, parce que même si on arrivait à produire de la flotte et de l'air en quantité suffisante.. Sans champ magnétique, c'est l'assurance de se faire cramer en deux deux par le vent solaire - oui, je vous vois venir: "bah, s'il y a du vent, c'est qu'il y a de l'air"..........

Où veux-je en venir? C'est que ce projet dingo est déjà intégralement celui de l'illuminé Michel Ardan: bah, je me débrouillerai, quitte à respirer juste pour les grandes occasions! Et puis on ne sais pas s'il y a de l'air ou pas, le seul moyen de trancher c'est d'y aller.
Mais ce qui était jusqu'à présent un simple délire d'un personnage illuminé dans un roman d'anticipation d'un auteur à l'imagination fertile se révèle être réaliste. Car que le projet aboutisse ou pas ( ce que je souhaite car l'exploration en question doit justement être considérée sérieusement, et pas comme des vacances originales genre " ça c'est moi devant le module, ça c'est moi devant Curiosity, cheeese!");
Que ça se se révèle un canular ou pas, le fait est qu'il y a actuellement un bon millier de Michel Ardan sur Terre, prêts à partir les mains dans les poches ou presque. Et ça c'est quelque chose qui n'existait pas à ma première lecture, ou c'était plutôt "haha, personne au monde ne suivrait un ahuri pareil". Ben si!
Jules, tu avais encore deviné juste, même si tu t'es un peu beaucoup planté sur le lançeur!

Bon personnellement, je ferai quand même plus confiance à la NASA ou à l'ESA pour ce genre de choses. surtout qu'ils ont un calendrier un peu plus réaliste , sans compter le budget colossal qu'il faut.. allez hop, la NASA, faites comme le président Barbicane, une souscription internationale! Et on l'aura, notre navette régulière " train de missile"!
(Je me demande si c'est ça qui a inspiré Leiji Matsumoto pour Galaxy express 999...)