Le 7 avril est en plus un jour très spécial , enfin, pour moi . Le jour le plus important de l’année, celui qui commence à coûter plus cher en bougies qu’en gâteau.
Le vert est aussi au passage , la couleur favorite de ma mère et d’une copine. Et j aime bien aussi.
J’aime le violet . Ma mère aime le vert. Un de mes meilleurs amis aime l’orange... ce ne sont pas des couleurs primaire, mais des couleurs a mi chemin entre deux couleurs primaires. J’ai une théorie : les gens qui disent préférer ce genre de couleurs, plus inhabituelles dans le decors que les couleurs primaire, sont des gens qui sortent eux aussi de l’ordinaire. En tout cas, qui ne se contentent pas des solutions clef en main socialement valorisées, le bleu pour les garçons, le rose pour les filles ( clivage récent, jusqu'à un siècle en arrière le rose était un rouge attenué, une couleur virile).
En tout cas après les passionnants "bleu” et ”noir” des Histoires de couleurs de Michel Pastoureau, il faudra que je lise ceux qu’il a consacré au rouge au vert, au jaune, aux rayures, entre autres... Et pour le vert.. allez, on part au Japon: Tokyo, automne 2012, les hiboux végétaux de la station de métro Ikebukuro ( l'étang aux hiboux)
et un arbre curieusement taillé: 2014, île de Shikoku
Ce dernier doit être dans un temple de la région de Tokushima. En effet, entre 2012 et 2014, j'y suis allée à 3 reprises pour faire une partie de la randonnée des 88 temples. Une partie seulement, car la randonnée avait été coupée en 8 parties, 2 par ans, et je n'ai évidemment pas eu le budget, ni les vacances d'affilée ( c'était déjà la guerre pour que mon employeur accepte de me laisser partir 2 semaines d'affilée, la personne qui validait les jours de congés était très jalouse et lorsqu'elle savait qu'il s'agissait d'un voyage, elle mettait le plus possible de bâtons dans les roues du style " je te valide 10 jours, puis 4 jours, mais j'ai besoin que tu sois là absolument 2 jours entre les deux périodes", il fallait la menacer de démissioner pour obtenir nos congés sans coupure. " je ne vais clairement pas revenir pour 2 jours du Japon, tu trouves une autre poire, j'ai légalement droit à 15 jours d'affilée entre mai et octobre, je n'ai posé que quelques jours éparpillés en juillet et août, donc on peut en causer avec le syndicat si ça te pose problème) pour aller 2 fois par an au Japon.
Ca faisait longtemps que je n'avais pas parlé de lectures et pour cause, voilà ce qui m'a occupée de fin février à maintenant. Une fiche de lecture développée à faire sur cet ouvrage.
Je ne vais donc pas rentrer dans le détail, au cas où l'un de mes camarades futurs tomberait dessus, mais simplement évoquer vite fait cet ouvrage méconnu sur ce sujet méconnu aussi.
Pour préciser, ce cours là n'était pas prévu pour moi cette année, mais l'une des profs de l'université étant absente, il a fallu que l'université cherche une solution de secours pour que ma promotion puisse valider cette matière. Donc on colle en second semestre de M2 une matière de premier semestre de M1, que certains ont déjà passée l'an dernier d'ailleurs. Ce n'est pas mon cas, j'étais à Saint Pétersbourg, donc le problème ne se pose pas, ça ne fait pas doublon. Mais avoir mois et demi pour se farcir le programme qui correspond en théorie à une trimestre complet, ce sont les études en "mode expert". C'est une organisation qui mérite un "laissez-passer A38 d'or"
Mais, il y a pire: ho joie de ceux qui l'ont déjà passée l'an dernier et doivent se la refaire sous un autre code, en remplacement.
Et il n'y a sur ce sujet que ce seul ouvrage accessible au grand public. Datant de 1958 et donc commander en ligne parce que pas disponible en bibliothèques chez moi, évidemment.
C'est le seul absolument le seul ouvrage édité sur ce sujet en français. Il y a des ouvrages scientifiques , de chercheurs en histoire en russe et en anglais, mais le sujet n'a pas été abordé vraiment en français. Et je n'avais pas la possibilité matérielle de lire un ouvrage de plus de 300 pages en anglais ou en russe sur la géopolitique en moins d'un mois pour préparer un examen imprévu au départ.
Car le saviez-vous? L'Alaska a été pendant tout le XVIII° siècle et une bonne partie du XIX° une colonie russe. Une terre d'outremer qui a connu un destin similaire à la Louisiane pour la France: trop loin, trop difficile d'accès, ça coûte beaucoup d'argent, et ça n'en rapporte pas beaucoup, malgré la présence d'or, argent, cuivre et charbon, peu accessibles.
Donc comme pour la Louisiane, le bout de terre a été revendu par les autorités au pays en train de se développer: les USA. Qui n'a pas trop su quoi faire de cette patate chaude. Ou plutôt très froide. Certes, il y a de l'or, du bois, du pétrole, mais c'est loin de tout.
La Russie avait conquis ces territoires inhospitaliers pour une seule raison: la chasse pour le commerce de fourrure. Les animaux de Sibérie dont la fourrure était recherchée s'était raréfiés et les survivants étaient devenus très méfiants, il a donc fallu aller plus loin. Ce livre n'est pas celui d'un chercheur, il date de 1958 et est rédigé par Michel Poniatowski, homme politique, un peu avant d'entamer sa vraie carrière. Donc écrit en période de guerre froide, où la Russie, devenue URSS se mordait les doigts d'avoir cédé ce qui devenait une tête de pont américaine à proximité de ses côtes les plus orientales. Tout ça pour espérer signer un traité d'amitié ou d'amitié " commerciale" avec les USA au milieu du XIX° siècle, plutôt que de le vendre à l'Angleterre, qui avait déjà les territoires canadiens. O la Russie de l'époque était en guerre commerciale avec les anglais, donc pas question de leur céder le moindre terrain, autant le vendre justement, aux pires ennemis des anglais, ceux qui ont rué dans les brancards.
Si vous avez regardé un planisphère un jour en vous demandant " mais pourquoi ce bout, loin de tout, collé au Canada n'est pas une province canadienne mais un état des USA? C'est pas logique". Ben voilà. ce n'est pas logique. C'est la conséquence d'une mésentente entre la Russie et l'Angleterre au milieu du XIX° siècle.
Le sujet n'est peut être pas super tentant comme ça,mais le livre est bien écrit, de manière assez littéraire et raconte la conquête de la Sibérie et de l'Alaska comme un roman d'aventure ( un peu trop, il manque de rigueur pour une exploitation en tant que source pour un travail universitaire) Mais ça se laisse lire et j'ai découvert des choses que j'ignorais totalement, comme le fait que ces territoires loin de tout sont devenus une plaque tournante du commerce dans le Pacifique, au tout début des échanges commerciaux mondialisé. Et que la Russie, va ces postes avancés en Amérique, commerçait avec la Californie et Hawaï, au point que les rois rivaux de deux îles d'Hawaï, très malins et ayant compris l'intérêt stratégique de leur emplacement pour les ravitaillements, n'hésitaient pas à s'allier avec les puissances opposées.. pour se faire la guerre entre eux. Enfin, jusqu'au moment de s'allier et de mettre tout le monde dehors. Bref c'est intéressant, raconté comme un roman, je m'attendais à quelque chose de très aride, et ça ne l'est pas , hormis le dernier chapitre contemporain, remplis de chiffres, qui évoque la position stratégique de l'Alaska en 1958 ( du coup, oui, c'est obsolète, puisque antérieur à la fin de la guerre froide.)
Mais en effet, je ne m'étais jamais vraiment intéressée à ce coin là du globe et je me suis prise à chercher des images, et wow.
Ca y est j'ai envie d'y aller. apparemment ça n'a pas trop changé depuis le temps
Ou à essayer d'imaginer d'après les descriptions (et c'est hyper du pour moi) la Californie de 1830, un endroit sauvage où il n'y a que quelques pueblos tenus par des religieux espagnols, qui s'entendent plutôt bien avec les populations amérindiennes locales.
Des pueblos nommés Sacramento, San Diego, San Francisco... qui se sont aussi développés en partie via le commerce portuaire avec entre autre la Russie.
Ca y est j'ai envie d'y aller. Apparemment ça a BEAUCOUP changé depuis le temps !
Enfin voilà, la lecture n'était pas trop pénible, même instructive sur un sujet que je ne connaissais pas et auquel je n'aurais jamais pensé m'intéresser un jour. donc c'est toujours bien d'apprendre des choses. Même s'il n'entre pas dans la thématique tour du monde puisque Poniatowski, malgré son nom est français, bien que descendant du dernier roi de Pologne. Damn' je ne peux même pas le classer comme auteur polonais.
a la limite en challenge classique, puisqu'il date de 1958, ça me permettra de lui donner de l'audience.
Voilà un titre que j'ai trouvé par hasard en boîte à livres et que j'ai pris un peu par défi: je n'ai jamais lu l'auteur et de ce que j'en ai vu dans les médias, de ses prises de positions politiques... je n'apprécie guère le type. disons que nous ne sommes pas politiquement compatibles et ses positions climatosceptiques me gavent. Mais... en tant qu'auteur je ne le connais pas du tout, et comme je n'aime pas juger sans savoir, donc.. allons-y. La 4eme de couverture m'a tentée. Et en définitive, j'ai vraiment apprécié cet essai de philosophie légère ( comprendre, pas de phrases interminables qui demandent 5 lectures pour comprendre où l'auteur veut en venir). Au contraire l'écriture est fluide, élégante et agréable, ce qui es toujours un plus littéraire lorsqu'il s'agit d'un essai.
Pour avoir une idée, ici, une compilation de citations.
Et pour ce qui concerne le fond, bien qu'écrit en 2000, je le trouve toujours pertinent, puisqu'il se penche sur un sujet moins futile qu'il n'y parait, l'injonction au bonheur perpétuel, devenue encore plus insistante après la parution dudit essai. Comment est- on passé insensiblement d'une société ultra religieuse qui faisait du malheur une condition sine qua non pour atteindre un bonheur ultime dans l'au-delà, promis aux morts, et conditionné à la quantité de souffrances ici-bas, puisqu'il était supposé inversement proportionnel: plus tu en baves de ton vivant, plus tu sera récompensé après ta mort ( au point de pousser certains à se refuser le secours de la médecine afin de souffrir encore plus pleinement, mais aussi de freiner ses progrès pour contraindre tous les autres à faire pareil... et c'est encore le fond de commerce de certaines sectes), à une société entièrement dévouée à la recherche stakhanoviste d'un maximum de bonheur qui lui serait dû. Mais y-a-t-il une demie mesure? Et dans le fond, c'est quoi le bonheur? Est-ce qu'il est pareil pour tous? Est-ce qu'il peut ou doit se satisfaire de la banalité, est-ce qu'il lui est opposé ou complémentaire?, citant en exemple un anglais qui en 1998 avait décidé de fêter Noël tous les jours, pour finalement se rendre compte que cette autocontrainte ( s'offrir des cadeaux, manger dinde, chocolat et pudding à tous les repas) l'ennuyait mortellement.
Est-ce que l'injonction au bonheur n'est finalement pas une tyrannie aussi puissante que celle de la nécessité du malheur. Ce qui me fait penser que" Un bonheur insoutenable" sur ce même sujet, me tente depuis longtemps. Et encore l'ouvrage a été publié en 2000, donc bien avant l'explosion des coachs en ligne, vous apprenant à maximiser votre temps pour en faire le plus possible, chaque seconde " vide" étant considérée comme perdue. Bien avant l'invention du Bullet journal et de toutes ses variétés ( Bruckner cite par contre un auteur suisse du XIX° siècle dont la seule oeuvre est un fastidieux journal intime, qui raconte par exemple avoir passé plus de 8 heures à faire son emploi du temps pour tout l'hiver) Comme j'ai besoin de m'organiser entre diverses activités, j'ai regardé un peu tout ça, et je sais que ça ne me convient pas. Avoir un emploi du temps, un agenda, consigner des choses importantes, des choses à faire, automatiser des choses qui peuvent l'être comme le jour de changement des draps, faire plusieurs choses à la fois quand l'une peut être accomplie en pilote auto ( réviser l'allemand en cuisinant, ou l'espagnol en faisant du vélo d'appartement par exemple), oui.. mais à partir du moment où ça devient un espèce de concours à qui aura le plus beau, le plus décoré avec couleurs, dessins, autocollants, citations motivantes.. ça m'ennuie profondément, exactement pour ça: je ne veux pas perdre mon temps à l'organiser. Je fais du " en gros", avec des dates butoir, des activités à faire " vers telle heure", en fonction de celles qui sont fixes, mais pour le reste, je n'ai pas envie d'organiser chaque minute comme un plan quinquennal soviétique. Je ne me suis jamais non plus reconnue dans le bonheur conditionné à la réussite matérielle et économique. Un autre chapitre consacré à la banalité mise en avant, et revendiquée, à la mise en scène d'un bonheur factice, de façade pour épater la galerie, nécessiterait une bonne mise à jour, après l'arrivée d'instagram, de tiktok et des influenceurs.
J'avoue sans culpabilité me moquer de la vacuité de ces gens qui étalent leur réussite sous forme d'appartement à Dubaï ( prêtés par une marque) ou d'achats compulsif au point de nous faire participer en vidéo au déballage de leurs courses sur des sites de vente à distance, ou même chez Leader Price. Mais oui, Bruckner, s'il évoque brièvement une femme qui avait fait un happening en se filmant H24 pour faire participer les spectateurs à sa vie terriblement peu intéressante ( ménage, cuisine, glandouille etc..), n'avait pas prévu l'ampleur qu'allait prendre ce déballage de vie privée, ce concours assez pitoyable de qui qu'a la plus grosse (piscine ou voiture), le sac à main le plus cher, les faux ongles les plus fluo et plus handicapants (je suis oisive, regardez, j'ai des ongles en plastique rendant impossible la moindre activité manuelle!), qui méprise le plus les autres du haut d'une réussite qui peut disparaître du jour au lendemain, si la marque est insatisfaite du manque d'influence de l'influenceur et coupe les vannes du jour au lendemain. Dommage qu'il ne dise rien de la Schadenfreude, principe allemand qui n'a pas de nom en français: le plaisir de voir la roue tourner en défaveur de quelqu'un de particulièrement casse-burette et vantard.😈 Car oui dans la guerre entre ceux qui contraignent chaque instant de leur vie, par exemple avec une orthorexie de fer qui n'est pas commandée par leur état de santé, ou ceux qui montrent l'organisation parfaite de leur frigo qui ne contient que des sodas et des snacks ultra-transformés et ultra emballés en mode " la planète, OSBLC", je me fous également de la gueule des uns et des autres
Sur le chapitre des maladies comme " manière de sortir du lot", ça me rappelle aussi des gens, toujours prompts à vous faire l'historique de leurs pathologies toujours pires que celles des autres, lorsqu'on a le malheur de leur dire simplement bonjour. Je ne parle pas des gens réellement malades ( qui sont souvent discrets au contraire) mais de ceux qui prennent plaisir à se définir SEULEMENT par leur maladie.
Ca me fait toujours penser aux " quatre types du Yorkshire" des Monty python, qui vivent dans le luxe et comparent leur enfance misérable, en en rajoutant des caisses et des caisses dans l'invraisemblable afin de montrer à quel point leur vie passée était plus pourrie que celle des 3 autres et donc à quel point ils sont encore plus méritants à l'heure actuelle que les 3 autres.
With subtitles, my dear!
Là encore, c'était avant 2020, les confinements et les " journaux de confinement" que certains auteurs ont écrits pendant qu'on était tous enfermés chez nous. Je me demande bien quel peut en être l'intérêt: je l'ai aussi vécu, mes amis et ma famille l'ont vécu, et je n'ai pas besoin que quelqu'un me raconte à quel point il s'est emmerdé chez lui. Pour moi ça s'est très bien passé merci, et j'ai été trop occupée à faire des trucs pour les raconter par le menu. Au contraire, l'isolation, quand on a un caractère introverti, est un vrai bonheur pour le coup: non seulement on n'en souffre pas, mais en plus, elle va dans le sens de notre mode de fonctionnement. 😁
Mais donc au final, j'ai bien aimé le livre, malgré le peu de sympathique que j'ai pour l'auteur, son écriture a des qualités. Il y a des passages que j'ai trouvés magnifiquement écrits, "Guérir l'affairement du vide par plus de vide encore, tel est le cercle vicieux qui nous guette. Alors que nous avons moins besoin de quiétude dans nos vies incolores que d'activités authentiques, d'événements qui fassent poids et sens, d'instants de foudre qui nous terrassent et nous transportent. Le temps, ce grand pillard, nous dérobe continuellement; mais c'est une chose que d'être dévalisé avec magnificence et de vieillir dans la conscience d'une existence pleine et riche, une autre que d'être grignotés chichement, heure après heure pour des choses que nous n'avons même pas connues. L'enfer de nos contemporains s'appelle la platitude. Le paradis qu'ils recherchent, la plénitude. Il y a ceux qui ont vécu et ceux qui ont duré."
Autant faire partie de ceux qui auront vécu.
Et avec Bruckner, je commence en France ( et avec un peu de retard) le Tour du monde 2023. Particularité cette année, il fallait choisir un pays de départ ( pays de résidence ou d'origine, donc pour moi, la France), et ne pas y retourner ensuite. Les autres peuvent être visités plusieurs fois. Et il y a deux aprcours: littérature ou illustrés. J'ai opté pour le parcours littérature.