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mercredi 8 janvier 2025

La méthode des 20 heures - Josh Kaufman

 Après avoir consulté le livre de Fabien Olicard sur la manière de s'organiser pour cesser de procrastiner et trouver du temps pour faire des choses, je me suis laissé tenter par celui-là, d'un auteur dont, il me semble, F. Olicard parlait.

Parce que trouver du temps n'est pas suffisant, encore faut-il savoir l'organiser de manière efficace.

Admettons qu'avec l'aide de Fabien on ait trouvé des créneaux vides pour tenter d'apprendre de nouvelles choses/ rafraîchir des connaissances, Concrètement comment faire?




Et c'est là que Josh a une proposition. Lui-même voulait apprendre plusieurs nouvelles choses, mais d'expérience, s'est rendu compte que connaissance et compétence sont des choses différentes. En clair, pour son travail de professeur de management, il a engrangé au fil de ses études des tas de connaissances théoriques, qui lui ont permis d'avoir son diplôme... mais n'avait pas de compétences pratiques.
C'est bien de vouloir créer un site sur le management, sauf que... pour le créer et le maintenir à flot, il faut des compétences en informatiques, dont du codage. Et qui plus est du codage dans un langage de programmation qu'on ne maîtrise pas. Donc nécessité de se former dans ce domaine.
Pour sa santé, il a décidé de se mettre au yoga, mais comment apprendre le yoga, pour le pratiquer de manière suffisante pour avoir un effet bénéfique, mais sans risquer de se blesser.
Pour son plaisir, il voulait apprendre à jouer du ukulele, tout en ayant des bases de musique en trompette... ou apprendre à jouer au go, ou encore apprendre à faire de la planche à voile...
Ce genre de chose qu'on a tous noté sur une liste du type " les 100 choses à faire avant de mourir" et qu'on repousse sans cesse , faute de savoir par quel angle attaquer la montagne.

Et c'est là qu'il s'est dit que la théorie des 10 000 heures - il faut 10 000 h de pratique d'un domaine quelconque pour devenir un expert- était probablement juste mais trompeuse.

Quid des gens ( la majorité) qui ne veulent pas devenir un expert mais juste découvrir une nouvelle activité, pour savoir si elle va leur plaire et décider de continuer ou non?  Ou pour reprendre des bases qui peuvent manquer dans quelque chose qu'on a déjà tenté mais où on ne progresse plus ( des fois, c'est un simple manque des bases.. les plus basiques, qui ralentit)
Son idée est de choisir dans sa liste une nouvelle activité, une pas plus et de s'y consacrer à fond pendant 20h, pour lui idéalement 1h00 à 1h30 par jour. Le titre original est d'ailleurs plus intéressant, puisque c'est " the first 20 hours", ce qui suppose qu'il s'agit d'un tremplin pour commencer.

En ciblant un objectif réaliste, en définissant exactement ce qu'on veut et le niveau qu'on espère atteindre.
Dans son cas pour le yoga, c'était simple: améliorer sa santé, sans avoir à aller jusqu'à la salle de sport, pouvoir le faire chez soi de manière flexible. Il n'avait aucunement envie de devenir yogi ou prof de yoga et a décidé de se consacrer à apprendre une vingtaine de postures, de les faire et de les refaire de la manière la plus juste possible.. parce que c'était bien suffisant pour son objectif.
Quitte après à en apprendre d'autres par la suite. Il est parvenu à son but en moins de 4h00. Est-il un maître yogi? Non. Veut-il le devenir? Non.

Ce qui est très drôle c'est qu'il décrit son processus, toujours le même, pour  activités ( le yoga, la planche à voile et le jeu de go, en partant de zéro, la programmation et la dactylographie avec des bases, le ukulele avec une bonne expérience passée sur un autre instrument très différent). Mais conseille clairement au lecteur " la méthode est toujours la même, donc ne vous forcez pas à lire un chapitre sur un sujet qui ne vous intéresse pas, sautez des pages, allez directement à ce que vous voudriez tenter ou qui s'en rapproche.
J'ai suivi son conseil et zappé les pages présentant les postures de yoga ou le détail de la programmation, les règles de base du jeu de go...

Je suis d'accord avec lui, dans bien des cas, se concentrer sur l'essentiel et surtout l'utile immédiatement, dès le début est la meilleure chose à faire. On va vite acquérir des bases qui vont servir, progresser par la pratique et servir de socle par la suite.

Ses piliers sont
Attention, pour rendre la chose plus parlante, je vais illustrer avec quelques pointures en matière d'improvisation hasardeuse

- choisir un projet passionnant ( ben oui, logique, se forcer à apprendre quelque chose par mode, mais sans y avoir du goût, c'est une mauvaise idée). Je rajouterais "quelque chose d'utile rapidement". Ca fait des années que je me dis que je réviserai les bases du latin un jour, mais... j'ai d'autres priorités.
par exemple, la création d'un plat national

- Se concentrer sur une compétence à la fois ( puisque l'idée est d'y consacrer 20h00, idéalement en un mois, on va difficilement pouvoir apprendre au pif, la cuisine et la photographie en même temps)
une seule est vraiment utile à tous et au quotidien, surtout quand on vit sur une île


-Décomposer la compétence en sous-compétences ( " je veux apprendre à dessiner", c'est trop vague. " je veux apprendre à dessiner  au crayon gris des formes simples, et à faire des ombres" c'est déjà mieux, il y a des sous objectifs. Une fois que ce sera fait, on pourra passer à la couleur, aux paysages, au dessin BD..)
la polyvalence c'est bien, mais faut savoir y aller par étapes


- Se procurer le matériel de base ( pas besoin de tout un set d'aquarelle pour dessiner au crayon gris.. mais une série de crayons et du papier de qualité oui)
Et du matériel portatif, pour pratiquer n'importe où c'est encore mieux


- Eliminer les obstacles à la pratique: certaines choses peuvent être faites facilement partout, d'autres pas: mes collègues de travail qui dessinent peuvent le faire quand ils ont 10 minutes à tuer. Je ne peux pas le faire au travail avec mon instrument -> la pratique dépend du lieu. Et on ne peut pas apprendre à coder sans un ordinateur -> la pratique dépend du matériel On veut prendre un cours de danse africaine, mais il a lieu le lundi de 19h00 à 20h30-> la pratique est conditionnée par un créneau horaire.
Mais c'est aussi éliminer les distractions ( mails, téléphone, animaux de compagnie à laisser dans une autre pièce, famille à prévenir qu'on est occupé)
Ca veut dire aussi, dire adieu au rangement ( Hé oui Marie Kondo), parce que lorsqu'on compte son temps en rentrant chez soi, à moins d'avoir une pièce dédiée où tout reste disponible, mieux vaut garder à proximité de la main ce dont on va avoir besoin ( toujours pour le dessin mettre ses feuilles et ses crayons bien rangés dans un tiroir, c'est risqué. Ce qu'on ne voit pas, le cerveau a tendance à l'oublier. En période de concert mon basson reste monté d'un jour à l'autre dans un coin de ma chambre, sur un stand. Ca m'évite d'avoir à chaque fois à le  démonter, le nettoyer, le ranger et le lendemain, le remonter. Je le nettoie mais je ne le range pas, il est tout prêt. Mes partitions restent sur le piano..
Et là... dring!
Tu te prépares à bosser, et paf, t'as deux huns qui sonnent à la porte. Kaufman appelle ça des distractions biologiques ( parce que vivantes) il parait qu'on ne peut pas les éliminer, il faut juste les neutraliser. De la viande de cerf mijotée dans du miel, ça fait l'affaire.

-réserver du temps pour la pratique ( prévoir en amont ses créneaux horaires, ou rajouter, selon l'activité, des mini séances plusieurs fois par jour. Pour les langues, je peux réviser le vocabulaire en attendant le bus. Pour la planche à voile, ça demande une autre logistique. Pour le théâtre...
on rigole mais ça demande d'apprendre son texte et de coudre des costumes


-Organiser des retours d'informations rapides: sa méthode n'est pas adaptée, nous prévient-il, aux choses dont le résultat demande un certain, voir un long délai pour être évalué ( il cite la fabrication de fromage, mais le jardinage me parait entrer dans ce cadre. Alors qu'avec la couture, on voit de suite si ça tient ou pas. Si la tarte est immonde, les cobayes ne se priveront pas de le faire savoir plus ou moins aimablement:


-Pratiquer par phases brèves ( ce que je disais pour les langues, mais ça vaut pour l'informatique, passer 3h00 d'affilée devant un ordi, ça use. Moins longtemps mais plus souvent). 1h00, ça peut être 1h00, ou 12 fois 5 minutes. C'est parfois plus simple.
Et là je sors la carte " juste 5 minutes" de Lauriane Legrand, pour lutter contre la flemme. Lorsqu'on est vraiment  pas motivé, se dire " je le fais juste 5 minutes". C'est de se décider qui est difficile, or le cerveau se dit que " bon 5 minutes, c'est pas la mer à boire" Si on n'arrive vraiment pas à faire plus, ce sera toujours 5 minutes de faites. Mais 99 fois sur 100, une fois lancé.. ho, je peux aller à 5, 10, 15, 20.... surtout si c'est le soir.
Pour le piano c'est souvent ça que je fais. Je dîne, je prépare mon panier repas pour le lendemain, mes affaires pour m'habiller le lendemain, tout est prêt, le cerveau n'a pas à s'en soucier, j'ai juste à jouer jusqu'à ce que j'en ai assez, puisque ma seule limite c'est "l'heure de se coucher. Si je joue 30 minutes c'est bien, 40 c'est mieux, 50 encore mieux..plus encore, c'est parfait.
jouer avant d'aller se coucher oui, mais penser à jouer avant que les autres ne soient couchés aussi


- Privilégier la quantité et la rapidité. Celle-là est particulièrement intéressante car rarement abordée sous cet angle. On entend toujours qu'il vaut mieux la qualité que la quantité. C'est vrai mais quand on a déjà atteint un certain niveau. C'est logique. Si quelqu'un veut apprendre à faire des plats simples, c'est à force d'en faire - et d'en rater- qu'il s'améliorera, qu'importe si les premiers essais ne sont pas ouf. Mieux vaut tenter, rater, re tenter, re rater, décliner, tenter de nouveau assaisonnements.. que de s'attaquer d'emblée à UN plat compliqué pour lequel on va mettre des heures. Qu'on réussira peut être , mais.. qui n'aura donné de compétence que dans un cas très restreint.  En clair, l'un aura peut être 20 ou 10 recettes simples là où l'autre n'en aura que 3 compliquées.
Dame Séli l'avait compris, à vouloir faire et refaire des tartes tous les jours jusqu'à ce qu'elle y arrive ( sans jamais y arriver, bon, son cas est désespéré!)

Mais par exemple, pour les activités manuelles ou artistiques ( faire des carrés au crochet, dessiner une bouteille sous tous les angles.. enfin non, y'en a pas, jouer des comptines à la flûte à bec), celui qui aura fait 20 choses basiques en 20X 1h00 aura plus progressé sur plus de plans que celui qui aura passé 20h à faire une seule chose.

Concrètement je me demandais comment je pourrais adapter ça...
Une chose que l'auteur évoque sans la développer, c'est la compétence connexe.
Par exemple on peut avoir déjà une expérience utile sur laquelle s'appuyer et qui va simplifier la nouvelle ( pour lui dans la musique) Ou vouloir faire deux choses qui si on regarde bien dépendent toutes les deux d'une troisième. Ca demande un peu de temps de réflexion à la base pour lister les compétences requises parce qu'on veut faire, et si l'une se retrouve dans plusieurs listes, c'est probablement une bonne idée de la travailler en priorité.

Dans mon cas en tant que musicienne amatrice qui fait du chant et du basson depuis 20 ans et du piano depuis 2 ans, j'ai déjà de bonnes bases, mais... qui peuvent être améliorées. D'autre part je fais de la danse, et je n'y suis pas très bonne
Je suis tentée par d'autres instruments ( pas de suite), mais il me vient une idée qui pourrait aider à améliorer tout le reste: sans arrêter ces activités - bien que pour cause d'accident au genou la danse soit trèèèès limitée en ce moment- je pourrais me faire un mini stage de rythme de 20H

matériel nécessaire: j'ai des tutos vidéos pour débutant, et si je fais des percussions corporelles, j'ai besoin de ...moi. Je peux aussi prendre 2 crayons et rythmer sur un objet quelconque ( un copain percussionniste s'entraînait dans le bus en tapant sur un pull avec des stylos)
J'ai de bonne bases théoriques, mais ça pourrait être affiné et ensuite me faire gagner pas mal de temps. Et SI un jour je veux vraiment apprendre les percus, j'aurais des bases à ce niveau.
Pour la danse, ce sera un plus, et là, en dehors des cours, je peux aussi chercher à réviser les pas de base et les décomposer pour les comprendre, améliorer les bras etc..

Autre exemple? J'ai appris l'anglais, l'allemand, le russe, et révisé en mini stage l'espagnol. J'ai appris un peu de japonais. Je n'ai pas envie  ni besoin pour le moment d'apprendre d'autre langue.
Pour l'anglais, j'ai un bon niveau communicationnel et en lecture, mais... même si on me comprend, je trouve que mon accent pourrait être amélioré. Forcément tous les cours que j'ai eux se focalisaient sur le vocabulaire, la grammaire, la conjugaison, la syntaxe.. Mais je n'ai pas eu de cours systématique de prononciation.
Pour l'allemand, j'ai eu des cours scolaires qui m'ont fait aller trop vite vers une compétence écrite et du vocabulaire compliqué ( je sais dire " perceuse à percussion" en allemand!), mais ont zappé les bases: je galère à dire l'heure et à me souvenir des articles, ou des formes passives.
Pour le russe, je n'arrive pas à me défaire de la manière ultra compliquée dont on m'a appris les aspects verbaux.. ce qui fait que je réfléchis des plombes pour trouver le bon.
Pour l'espagnol, c'est surtout la compréhension orale des différents accents qui pêche.
Pour le japonais, j'avais appris quelques kanjis et phrases utiles, mais j'ai tout oublié.
Et en burgonde, je n'ai aucune compétence

Donc l'objectif serait d'améliorer la prononciation et uniquement la prononciation en anglais, les aspects verbaux en russe, le vocabulaire simple en allemand, les accents régionaux en espagnol et les bases en japonais. Et les chansons traditionnelles burgondes Et là, ce sont des objectifs suffisamment précis pour être améliorés l'un après l'autre.

Donc oui, tiens plutôt que des résolutions de nouvel ans ( définition d'une résolution: une promesse informelle que je me fais à moi-même, et que je n'ai aucune obligation légale de tenir), je vais essayer ça au fil de l'année, par tranches de 20h
Je n'ai pas encore fait de liste de choses que j'aimerais apprendre à faire, je vais y réfléchir. Premières vacances du 20 au 27 janvier, ça pourrait faire une première session de découverte ou amélioration de quelque chose. ensuite du 10 au 17 février.
Et on verra, selon l'état de mon genou, s'il y a nécessité d'opérer, ça risque de faire de longs moments de convalescence à combler.

mardi 3 décembre 2024

Comment plaire en 3 minutes - Patricia Delahaie

 
Et hop, je continuer avec des trucs improbables que les gens empruntent et rendent à la bibliothèque, tiens le titre est rigolo, qu'est-ce que ça peut bien être.
Ha un livre de sociologie/ vie en société, bon, allez, go, c'est un format audio, et qui sait moi qui ne plaît guère, il y aura peut être sinon un remède, du moins une explication à ce fait.


En fait ce n'est pas que je ne plais pas, c'est que je ne plais pas à tout le monde, et... c'est normal! Ce serait de fait ultra pénible d'avoir une horde de fans qui suivent tous mes faits et gestes - et certaines vedettes font en sorte de bien dissocier vie publique et privée. :D Je plais aux gens qui ont des points de vue originaux et c'est déjà pas mal.



Et ce que la plupart considèrent comme de la timidité n'est que mon goût immodéré pour la solitude et ma nécessité absolue de passer de longues heures quotidiennes seules pour faire ce que je veux.

Une autre explication est probablement dans mon incompétence notoire à comprendre le non verbal, je crois en avoir déjà parlé ici, mais je suis à la fois prosopagnosique ( je mémorise très difficilement les visages et en clair, tout le monde se ressemble, à moins d'avoir une caractéristique très marquée, qui le plus souvent pour moi sera autre que visuelle (voix, accent, inflexions) , ou que liée au visage ( stature, démarche; et aphantasique ( je n'ai pas beaucoup de mémoire visuelle. Je peux avoir soudain des flashs visuels, mais incontrôlable. Par exemple, mon voyage au Canada ou en Guyane va me revenir sans raison apparente, par contre si j'essaye consciemment d'y pense, rien ne vient sous forme visuelle). Allez, je rajouterai quelques anecdotes de situations cheloues qui me sont arrivées à cause de ça en italique.

Donc logiquement je ne comprends l'humeur des gens que si.. ils me la disent très clairement ou on des expressions très marquées, du style extatique ( ha il est probablement content), ou faire la gueule( je crois qu'il ne l'est pas). Entre les deux, c'est hyper compliqué pour moi, et je peux confondre facilement colère et ennui, et donc... partir pour laisser se calmer quelqu'un qui a au contraire très envie de se changer les idées, sans oser le dire.

Ou peut être à force d'avoir des contacts avec des gens qui sortent des sentiers battus (et avec eux ça se passe très bien, mes meilleurs amis sont ceux que les autres évitaient en général: le hippie, la punkette, la gothique, les nerds de ceci ou celà,... ceux pour qui en général l'apparence n'est pas un critère fondamental), mes références sont faussées pour la population standard? Toujours est-il qu'un original me sera toujours immédiatement sympathique, plus que les gens difficiles à mémoriser.
Et ça inclut les timides et introvertis, qui dans un groupe se voient comme le nez au milieu du visage. Et comme leurs limites sont les miennes, et que très souvent ce sont des gens qui n'aiment pas le blabla vide, d'instinct, si on entre en contact, la conversation va rapidement devenir profonde. C'est ce qui s'est passé avec une de mes meilleures copines, c'est à la limite de la télépathie parfois.

En tous les cas, pour le côté sourire naturel, ça va.
Une seule fois dans toute ma vie, un chef m'est tombé dessus en me disant que j'étais trop négative et jamais contente ( parce qu'on était en désaccord sur un truc). J'ai gardé mon calme en lui disant que si c'est ce qu'il pensait, j'en prenais note. Le lendemain je l'ai vu en réunion sauter sur sa chaise, taper du pied, presque ronger son stylo et j'ai conclus " il est super nerveux, même moi je le vois, il a juste du péter un câble hier pour des raisons qui n'ont pas forcément à voir avec moi". On a mis à plat la querelle quelques temps après,il s'est excusé d'avoir été trop sec, j'ai promis de faire gaffe à ne plus le vexer, et maintenant ça va. C'est pas mon pote non plus, mais ça va. A ce moment se trouver face à quelqu'un de peu expressif et qui ne sait pas lire l'humeur des autres l'a agacé, et probablement que toute opposition l'aurait agacé. Il a pris mon assurance et mon assertivité - dûes à des informations contradictoires reçues de plus haut - pour de l'hostilité personnelle parce qu'il n'était pas à prendre avec des pincettes ce jour là, et moi.. je ne l'ai pas compris non plus.

Ceci dit, ça m'a confirmé que souvent l'avis d'un individu n'est pas celui de la masse et que UN point de vue comme ça, s'il n'est pas confirmé par d'autres, est souvent surtout le reflet de l'état d'esprit de celui qui le dit. Si 10 ou 20 personnes m'avaient dit que j'étais trop négative, je me serais posé des questions, si une personne me le dit, c'est probablement qu'à ce moment là, elle vit quelque chose qui lui fait voir les choses en noir.. et c'était peut être dans son cas la réunion stressante du lendemain, tout simplement.

Pour le reste oui, le livre se laisse donc écouter, en cuisinant ou en faisant le ménage et il en ressort que .. c'est un peu schématique, mais pour être apprécié, il faut laisser les autres s'exprimer, les faire parler d'eux... sans être soi même trop incolore sinon la conversation piétine et n'ira nulle part.
Là aussi ça me rappelle une anecdote, un gars qui m'avait draguée au mariage d'une copine. Enfin, "draguée" , j'ai eu le malheur de lui dire " ha c'est à toi la moto orange dehors, elle est cool", j'ai eu droit 3 heures de blabla sur la moto, Johnny Halliday ( oui, le cliché), sa belle soeur qui a essayé de lui voler son manteau en cuir... Je pense que le gars était encore plus nul que moi , car je lui répondais par monosyllabes, pour faire genre " je suis polie, tous les autres sont en couple, je fais semblant de t'écouter parce qu'on a l'air de deux cons qui tiennent la chandelle". C'est une copine le lendemain qui m'a dit qu'il me draguait et moi " punaise, t'as pas entendu la conversation, c'était TOUT sauf de la drague". Ben apparemment, si. Je n'ai jamais rencontré un individu aussi ennuyeux de ma vie, pas de sa faute mais... on n'avait vraiment zéro centre d'intérêt en commun. C'était peut être le gars le plus sympa du monde, une vraie pâte.. sauf qu'il a eu 3 heures pour m'en convaincre, et n'a parlé que de lui sans me poser la moindre question sur autre chose que ses centres d'intérêt.
Par contre la trahison de la copine en question, qui a jeté 15 ans d'amitié aux orties après son mariage, je ne l'avais pas vue venir, certains sont très forts pour garder un masque pendant des années. Et ça a bien été la pire expérience de ma vie. Rétrospectivement, il y avait régulièrement des fissures dans le masque que... ho, ben dites, je n'avais pas vues sur le moment, par une sorte de "myopie de l'esprit" et cette fameuse cécité au non verbal. On est a fond dans une histoire d'amitié et on ne voit pas que l'autre s'investit très peu et seulement quand ça l'arrange. Et ça saute aux yeux quand on prend du recul. Bon la leçon est retenue, je ne laisserai plus personne se servir de moi sans rien apporter en échange.

Pour le reste, les chapitres sur le langage corporel et la distance interpersonnelle sont intéressant mais.. valides uniquement en France ( et encore du nord au sud, c'est différent). Sourire aux inconnus en Amérique, c'est normal. En Europe, pas partout. En Russie, c'est mal perçu ( signe qu'on est fou/ malhonnête ou qu'on se moque de son interlocuteur).
La distance interpersonnelle " de travail" en Amérique et au Japon est très différente et appliquer les codes d'un pays à 'autre pour faire du business c'est s'assurer un flop retentissant ( les Rites d'Interaction d'E Goffman est beaucoup plus fouillé et précis à ce sujet, c'est un classique de la sociologie)

Donc c'était aussi pour moi l'occasion de tester le format livre audio. Attention édition mp3, ça ne fonctionne pas sur ma mini chaine antique, ni sur le lecteur CD/DVD usb. Lecture impossible.Mon ordi n'a pas de lecteur CD intégré. Le seul moyen de l'écouter a été d'extraire les mp3 de les mettre sur le drive et de les télécharger sur mon téléphone... là, ça fonctionne. C'est pas super légal, mais ça fonctionne. Donc je donne quand même la solution, au cas où, parce que c'est rageant d'emprunter un disque et de ne pas pouvoir l'écouter.
Mais donc, pour un livre de non fiction, découpé en petits chapitres, ça va et ça se laisse écouter en faisant autre chose. Une fiction demande pour moi trop d'attention, et si la voix du lecteur ne me plaît pas, c'est mort. Là, on est à la limite de l'émission radio ou du podcast, et ça passe bien.

mercredi 4 septembre 2024

Votre temps est infini - Fabien Olicard

 Hop, je continue mon exploration des rayonnages de la bibliothèque. En ce moment, j'avoue une grosse difficulté à lire de la fiction, donc mes choix sont plutôt documentaires.

Fabien Olicard ( comme Lauriane Legrand, d'ailleurs dont j'ai parlé récemment), fait partie des quelques gens que je suis ponctuellement sur youtube. Je n'aurais probablement pas poussé jusqu'à acheter leurs livres, mais puisque j'ai pu les emprunter, pourquoi pas?

bon il est quand même limité par une chose: personne n'est immortel, jusqu'à preuve du contraire, mais mieux vaut l'utiliser au mieux, avant d'en arriver à regretter sur son lit de mort de ne pas avoir fait ci ou ça


Donc Fabien, à l'emploi du temps de ministre, nous propose ses propres trucs et astuces de retardataire chronique, pour ne plus se laisser submerger par le temps qui passe.
Ce n'est pas mon cas et je suis en général assez bien organisée pour les trucs importants. Je peux passer une journée à glandouiller sans remord, ou oublier de faire un truc, mais en général ce n'est pas quelque chose de crucial ou urgent, donc ça va.

Je dirais que.. je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle ou pas, mais j'ai finalement peu de choses à changer, dans la mesure où j'appliquais déjà spontanément pas mal des conseils donnés ici. Par contre, si je pense à ma mère que j'ai entendue à peu près tous les jours de sa vie dire " j'ai pas le temps de ceci ou celà" et quand je lui pointe les moments où elle a perdu du temps ( jeux vidéos, télé, sudoku), elle essaye de se justifier en " ha, mais c'est pas du temps perdu, c'est euh.. tu sais j'ai mal au dos, je ne le dis pas ( enfin, sauf à moi plusieurs fois par semaine), mais j'ai mal tout le temps, donc, je suis obligée de faire des pauses"
Sauf que les pauses sur chaise pendant plusieurs heures ne sont pas bonnes pour le dos d'une part. et d'autre part, tu ne peux pas nier que c'est du temps perdu, alors que tu as mis de côté à peu près un million de liens sur des sujets intellectuels que tu voulais voir. " Ha mais c'est parce que j'ai besoin de faire des trucs qui ne demandent pas d'effort intellectuel, j'ai tellement blablabla, administration, propriétaire, agence de location, blabla, besoin de me vider la tête, puis je ne sais plus où sont les liens, je ne les trouve plus, je n'y pense pas, mais si si, ça m'intéresse, hein!".
Bon, tu fais ce que tu veux, c'est ton droit mais , par pitié, arrête de dire que tu n'as pas le temps mais dis la vérité: " ce n'est pas ma priorité". Je ne lui envoie plus de liens, puisque visiblement malgré ce qu'elle raconte, ça ne l'intéresse pas.
Bref. Ma mère est une championne de mauvaise foi, c'est officiel.

Beaucoup de conseils sont du simple bon sens, même s'il faut parfois lutter contre la flemme.
- au quotidien, préparer en amont ( les fringues pour le lendemain matin, le panier repas, ce dont on va avoir besoin pour XYZ tâches, la valise la veille du départ). Je ne range jamais mes partitions de piano, elles sont sur le piano, comme ça pas besoin de les chercher le lendemain et de perdre un temps que je peux utiliser à jouer.
- Faire en premier ce qui est relou ( les comptes, par exemple) pour en être débarrassé
- Trier les trucs à faire par ordre d'urgence et déléguer si possible ( ça ce n'est pas  possible quand on habite seul(e) et qu'on n'a pas les moyen de payer quelqu'un pour faire le ménage ou le repassage, mais c'est exactement ce que je ferai dès que j'en aurai les moyens!). Du style important et Urgent ( à faire en premier), important et pas urgent ( à ne pas négliger), pas important et urgent (à déléguer, ou a faire rapidement) , pas important et pas urgent ( oublier de se prendre la tête avec ça). Ca je le fais non pas pour le temps, mais pour le budget : cher/ moyen/ pas cher et Obligatoire/ nécessaire/ plaisir.
- utiliser le moments creux pour faire quelque chose (typiquement les trajets et temps d'attente dans mon cas, pour lire, écouter un podcast)
- planifier, et ne pas laisser traîner ( ma mère laisse la valise pleine pendant plusieurs jours " c'est déprimant de la vider" au retour du départ, je la vide si possible le jour même, au pire, si je rentre tard, le lendemain " c'est déprimant de la voir encore là alors que les vacances sont finies"... moui, sur certains sujets, on est le jour et la nuit)
- procrastiner, mais en toute conscience, se mettre une heure butoir, et profiter de ses moments de glandouille sans culpabiliser.
- Virer les accointances ( pas les amis!) qui vous font perdre du temps. Je le fais régulièrement, quand quelqu'un commence à être trop envahissant, mais sans réciprocité, hop, il dégage, et sans remord. J'ai coupé les ponts avec plusieurs personnes comme ça.

D'autres trucs sont nettement moins possibles dans mon cas: le sommeil polyphasique, je ne suis pas une énorme dormeuse, mais d'une part, je n'arrive pas à dormir en dehors de la nuit, même quand je suis claquée ( je ne faisais pas la sieste étant enfant, je n'y arrivais pas, et j'étais si infernale à me faire chier, que ma famille af ini par ne me scolariser en maternelle que l'après midi, me laissant faire la grasse matinée, car j'empêchais les autres de dormir l'après midi). Etnt du soir, et même de la nuit, c'est à l'opposé de mon organisme. Et même si ça en l'était pas, le côté hyper rigide ( faire des siestes d'une demie heure 5 fois par jour à heure ultra fixe) est impossible à tenir avec un travail où je suis à l'accueil du public à des heures variables chaque jour.
Ne pas mettre de réveil dans mon cas est un impossible aussi, avec des horaires précis de début et de fi de travail. Je m'arroge même 2 réveils, à 15 minutes d'intervalles, et de toute façon, je ne peux pas repousser et traîner une heure au lit, puisque je dois être au travail à un moment très précis. Je pense que ces conseils valent pour quelqu'un comme l'auteur , qui a un planning assez souple, travaillant, à son compte, et c'est souvent ça le piège.
De même que pour les choses à faire classées dans "important et pas urgent", puisqu'elle risquent le plus d'être repoussée.

Ce livre n'est évidemment pas une recette à appliquer au pied de la lettre, au risque de transformer ses journées en plan quinquennal soviétique, et de toute façon, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne: Fabien a un planning souple qu'il peut organiser à sa guise en se levant et en se couchant à l'heure qu'il veut, hors tournées de spectacles. J'avais un emploi du temps souple, il ne l'est plus et je dois jongler avec les " travail de telle heure à telle heure, temps de trajet compris", et les activités à heures fixes (lundi 14h30, cours de russe, lundi 20h15 répétition d'orchestre, jeudi à 19h30 sport, cours de piano, à fixer, vacances à calculer et à poser en fonction des dates de concerts, etc..)
Deux copines ont 4 enfants et donc doivent en plus organiser le planning de leurs enfants et les transports dans divers lieux d'étude. Quelqu'un comme moi qui habite à 20 minutes à pieds de mon travail n'a évidemment pas les mêmes contraintes que ceux qui font 1heure de voiture ou de bus deux fois par jour et je suis plutôt une "rupine" du temps, puisque je peux me permettre d'avoir des loisirs sans trop devoir les faire rentrer au chausse-pied.
Après, on est d'accord que "choisir c'est renoncer", et j'ai rarement le temps de regarder un film, puisque je joue de la musique presque tous les jours, et fais du sport régulièrement. Ou plutôt, j'ai sacrifié les temps de TV sans intérêt, et ne regarde un film que quand j'ai vraiment envie, je fais de la place pour ça en fait. Je n'ai pas une vie sociale débordante non plus et " sortir" juste pour sortir boire un verre avec des gens que je n'ai pas spécialement envie de voir n'est pas mon truc, je préfère aller marcher, seule pour ma santé et voir des gens quand j'ai vraiment le temps et l'envie, là aussi, je leur fait une place spéciale de temps en temps pendant quelques heures que 2 heures 3 fois par semaine.
Mais oui, ce livre peut être utile à des gens comme ma mère...pour peu qu'ils aient ENVIE d'arrêter de procrastiner. C'est le nerf de la guerre.

D'autres livre du même auteur sont disponibles à la bibliothèque, je les lirai.. quand j'aurais le temps :D, je donne la priorité à d'autres, qui ont des dates de retour prévu ( bon truc pour ne pas trop laisser traîner, et au pire, on peu prolonger une fois!), avant d'en emprunter de nouveaux.