mardi 14 juin 2011

Mythes Chinois - Anne Birrell

Mythologie grecque, c'est fait, mythologie nordique, c'est fait... le défi mythes et légendes finit ce mois ci, et j'ai envie d'aller voir ailleurs, mais vraiment ailleurs, pour le finir en beauté. Et ça tombe bien, Points sagesses édite a édité une petite série d'essais sur les mythes du monde entier.

Nous partons donc en Chine cette fois. Et autant les noms des dieux grecs, romains, egyptiens, ou même nordiques peuvent parler aux européens que nous sommes, autant là, le dépaysement est total. Car à part L'histoire du bouvier et de la tisserande, et celle du roi des singes, ou encore l'histoire des signes du zodiaque chinois mes connaissances dans ce domaine sont très très limitées et c'est donc avec plaisir que j'ai pu me plonger un peu plus dans cette culture.

C'est donc un plaisir que de découvrir une mythologie presque totalement inédite pour moi, et très très différente de tout ce qu'on peut trouver en occident.
Mais  première petite déception: le livre est minuscule: 120 petites pages, on s'attendrait à plus au sujet d'un pays aussi grand, et qui regroupe un grand nombre d'ethnies. L'auteur s'explique ainsi: l'étude de la mythologie chinoise est d'une part très récente, par rapport à celles d'Europe, d'autre part, l'invention précoce de l'écriture fait que lorsque les légendes ont commencées à être compilées, un bon millénaire avant l'an 0, elles avait déjà été plus ou moins codifiées et limitées à un petit nombre. A quoi il faut ajouter une certaine phallocratie des élites de l'époque, qui ont fait disparaître tout élément féminin important, soit en amoindrissant le rôle des déesses, soit... en les transformants en homme.
ainsi, on apprendra que la déesse primordiale nommées " femme Gua", qui est la déesse créatrice de l'humanité, s'est vue dépossédée peut à peu de son importance au profit d'autres dieux.
On y trouvera donc quelques divinités féminines importantes, toujours placées du côté de la création, de la transformation, du sauvetage, et comme ancêtre mythique d'une dynastie. Les dieux masculins sont eux ceux qui amènent le progrès aux hommes sous forme d'outils, de grains, de récolte, d'organisation du pouvoir..

Les mythes de création sont particulièrement originaux ( et rappelle un peu les mythes égyptiens): presque toujours basés dur la mort ou la disparition d'un dieu ou d'un géant ( tel le dieu du chaos, "désordre épais", chose informe sans tête qui meurt lorsqu'un autre dieu lui offre des yeux, des oreilles et une bouche.. puisqu'une fois organisé, le chaos n'existe plus).

autre différence: la création ne provient pas d'une volonté divine, avec destinées et tout ça, pas plus que la destruction (un mythe de destruction proche du Ragnarok: les dieux se battent entre eux, les humains en sont les "victimes collatérales", il n'y a pas vraiment de volonté de punition. Pareil pour les mythes de déluges ou de sécheresse: la déesse du soleil a créé 10 soleils qui doivent se lever à tour de rôle sur une décade.. un jour ils décident de se lever tous ensemble, entrainant la sécheresse sur terre, et il faudra l'intervention du dieu chasseur pour se débarrasser des neufs soleils indisciplinés.. j'adore cette histoire.

Par contre ce qui est dommage, c'est que l'auteur se concentre sur un petit nombre de mythes et de personnages aux noms savoureux ( le dieu " victime prostrée", "le souverain millet", le héros " empreinte de reptile" , fils de "Enorme poisson"...),; mais au lieu d'examiner mythe par mythe, elle évoque différents aspects ( les mythes de création, les mythes fondateurs, les mythes de catastrophes.. etc..), et reprend donc ce qu'elle disait quelques pages plus tôt. ca ne serait pas si ennuyeux si elle ne reracontait pas l'histoire à chaque fois ( l'histoire de la naissance d'empreinte de reptile, au moins 3 fois, l'histoire des 10 soleils, pareil, l'histoire du héros hibiscus, pareil..) les lecteurs ne sont pas des poissons rouges tout de même!

Donc autant c'est intéressant, car c'est une mythologie totalement inconnue sous nos latitudes, autant elle réussit la prouesse de faire confus et fouillis en un nombre minimal de pages. c'est vraiment dommage.
Et une autre chose me pose problème, et je ne pense pas qu'on puisse vraiment dire que c'est un problème de traduction.. Je trouve très maladroit dans un contexte polythéiste, de dire à propos de tel héros " Dieu lui a fait faire ci" ou " Dieu l'a puni". Le vocable de Dieu , avec sa majuscule est quand même d'un emploi très monothéiste. Là je passe mon temps à dire, oui mais lequel? Quand on ne sait pas quel dieu était considéré comme le plus important par les chinois, c'est assez maladroit...
J'ai emprunté deux autres opuscules de la même collection, j'espère qu'ils seront un peu mieux organisés.

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