mardi 7 juin 2011

La vie est un songe - Pedro Calderòn de la Barca

Tiens un librio à 2 € histoire ne pas oublier ce défi là?

ISBN 2-277-30130-2, pas sure qu'il soit encore édité, une fois de plus il date du bon vieux temps des librios à 10 FF
Depuis le temps que je comptais le lire celui-là. Le titre me plaisait, Calderon est à l'Espagne au moins ce que Shakespeare est à l'Angleterre.
Et première bonne surprise, on est vraiment plus proche de Shaekspeare que du théâtre classique français: pas de règle des trois unités (ici l'action se passe sur 3 jours et plusieurs lieux différents), on passe du grave à l'humoristique presque sans ce rendre compte de rien. Non, vraiment après la structure ultra- rigide du théâtre classique français, ça fait du bien.

En plus le thème est assez métaphysique, ce qui n'est pas pour me déplaire.

l'action, en quelques mots: Basile, Roi de Pologne, s'apprête à renoncer à son trône et va désigner un héritier. Alors que ses deux neveux Astolfe et Estrella, qui plus est destinés à se marier, entrent en compétition pour l'héritage, Basile révèle qu'il a un fils caché, Sigismond, héritier naturel, mais...  Le mais est que Sigismond a été élevé toute sa jeunesse enfermé dans une tour au fin fond de la campagne, sans rien savoir de ses origines, car une prédiction faite à Basile lors de sa naissance promettait ruine et désastre au pays si Sigismond héritait, car le sort l'avait désigné comme devant être un roi cruel et caractériel.
Le plan de Basile est alors le suivant: droguer Sigismond pour le faire sortir nuitamment de sa prison sans qu'il en soit conscient, le réveiller héritier du trône et voir ce qu'il se passer. En se disant que si ça tourne mal et si la prédiction se réalise, il est toujours temps d'user du même stratagème pour lui faire croire qu'il n'a jamais quitté sa prison et a rêvé.
Et évidemment, ce qui devait se passer se passe, Sigismond entre dans une fureur noire lorsqu'il apprend qu'il a été emprisonné toute sa vie pour une simple question d'horoscope néfaste ( en même temps, ça se comprend...) et veut se venger de son royal père. Et donc, retour à la case prison, où il n'arrive pas a déméler le vrai du faux.
Sur cette histoire philosophique, se greffe une deuxième, plus classique, mais assez drôle: celle de Rosaura, qui veut elle aussi se venger: Séduite par Astolfe , qui va maintenant épouser sa royale cousine, elle veut très clairement soit le tuer soit le forcer à l'épouser elle. Et aussi, ayant appris que sa mère avait connu la même mésaventure, trouver son père qu'elle ne connait pas, et venger sa mère.
et c'est là que aïe! le petit tour de passe-passe totalement artificiel du théâtre qui a toujours un peu de mal à passer: la première personne qu'elle croise en arrivant sur une lande perdue est Clotald, son père, qui est également le ministre en charge d'approvisionner la prison de Sigismond, la seule personne avec qui Sigismond aie jamais parlé. Mais comme vient de voir Sigismond et de lui parler, Clotald se retrouve dans une mauvaise situation: légalement, il a ordre de faire exécuter quiconque parle à Sigismond, mais en même temps il a reconnu le bijou qu'elle porte, mais il ne peut pas lui révéler qu'il est son père sinon elle le tue... Il lui propose donc , sans éventer leur lien de famille, de devenir son tuteur en terre de Pologne, afin qu'elle puisse s'expliquer directement avec Astolfe.

Mais q'uon se rassure, ça finira bien pour tout ce beau monde, les liens familiaux seront les plus forts, Basile s'excusera d'avoir mal traité son fils sur des suppositions, le fils se montrera magnanime, etc...

En soit, tout le côté philosophique m'a bien plu, l'allégorie de Sigismon en prison qui ne rien de plus que le personnage de la caverne de Plton, le côté illusoire de toute entreprise humaine, etc...
j'ai un peu moins apprécié l'histoire de vengeance de Rosaura, beaucoup plus classique, mais elle ménage quand même quelques scènes assez comiques, du fait que Rosaura n'est pas du tout une héroïne conventionnelle.. Un peu casse-bonbons entêtée la donzelle, qui n'hésite pas à s'armer jusqu'aux dents et manipuler Sigismond pour qu'il déclare une guerre au roi et à son neveu en leur deux noms.

Par contre une fois de plus chez librio, j'ai l'impression que la traduction laisse un peu à désirer: des personnages qui passent du tutoiement au vouvoiement sans raison apparente, des tournures tellement alambiquées qu'elles semblent avoir été traduites au mot à mot. A vérifier sur scène ou dans une autre traduction.

1 commentaire:

  1. Je ne connaissais pas cet auteur et j'en ai plutôt honte si en plus tu le compares à Shakespeare. Pour ma part, la rigidité du théâtre français ne me déplaît pas, mais j'aime le théâtre tout court, alors ce titre ma directement dans ma LAL. Une histoire qui promet, en tout cas !

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