Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture

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mercredi 25 juillet 2018

Reprise officielle des études!

Youhou.. un mois que je me bats avec les paperasses, jamais les bonnes, pour le dossier d'inscription.

ca y est c'est officiel, j'ai eu confirmation il y a un quart d'heure: à la rentrée je serai donc à l'université Libre de Bruxelles en première année d'Histoire de l'art et archéologie orientation musicologie.


Je vais donc pouvoir faire une expérience de vie à l'étranger, même si ça n'est pas loin, et pendant AU MOINS un an faire ce que qui me plaît.

Mais voilà, j'ai le sésame tant attendu: un numéro d'étudiant et un numéro de lecteur.
Ne reste plus qu'à attendre encore 15 minutes pour me créer un compte officiel sur l'intranet de l'université et encore 30 autres pour aller payer la douloureuse.. et ce sera bon.

La prochaine mission est de dégotter un logement étudiant, j'ai déjà fait mes repérages. Bon on est au dessus de mes prix parce que tout a pris tellement de temps que les moins chers sont déjà partis. Et comme j'habite seule dans 39m² depuis 2 ans, je préfère quand même nettement le logement à 25m², plutôt qu'à 19, v'voyez.
Mais avec un peu de chance, ce sera plié avant la fin de la semaine, et je vais pouvoir tranquillement commencer mes cartons entre " je garde, mais je laisse ça au garde meuble, je garde et j'emmène, je donne, ou je benne au recyclage.

Amis belges, tenez vous bien, j'arriiiiiiiiiive. Ik kom!


mardi 10 juillet 2018

La laisse - Françoise Sagan

Voilà une lecture qui s'est glissée subrepticement au sein de mon mois anglais, partant d'une triple constatation

- quelqu'un a prêté ce livre à ma mère et comme je n'avais encore rien lu de cet auteur, c'était une occasion comme une autre, et elle pourra le rendre à son propriétaire.

-d'ailleurs, si les femmes sont bien présentes sur mon blog Japon, il y en a moins sur le blog général. La raison est simple: je choisis en général une lecture en fonction de son sujet, pas du genre de l'auteur.

- mais le fait est qu'il y a pas mal d'écrivaines,même célèbres que je n'ai pas eu l'occasion de lire ( Sagan donc, mais aussi George Sand, Marguerite Yourcenar ou Simone de Beauvoir par exemple. Bon je n'aime pas Duras par contre... le nouveau roman en général n'est pas mon truc) Mais donc , j'ai envie de faire une petite session rattrapage de ce côté ( je dois avoir au moins un titre de Colette et un de Sand en attente que je me décide.)



Et donc, peut être pas tous les mois vu le planning de ministre qui m'attend mais de temps en temps, je vais essayer de glisser un rattrapage hors challenge (pas forcément 100% nanas d'ailleurs, vu le nombre d'auteurs classiques que je n'ai pas encore lus, bien que certains occupent mes étagères depuis presque un quart de siècle, et même mes étagères virtuelles.

Et je commence donc par Françoise Sagan que je n'avais jamais lue. Ma mère aime bien ( de mémoire elle a surtout aimé "un orage immobile") et cette "laisse"-là qui a moins plus, mais pour moi c'était une découverte.

L'histoire d'un musicien pauvre qui s'est marié à une grande bourgeoise, au grand dam d'une belle famille qui ne voit en lui qu'un parasite et un raté.. il aurait rêvé une grande carrière de concertiste classique, qui n'a pas abouti.
Sa femme ne lui a jamais reproché ses échecs, ni de vivre à ses crochets, loin de là. elle a même tout fait pour que les choses continuent comme ça.
Sauf que pour une fois la chance sourit à Vincent, qui commence à se faire un nom, non comme musicien classique, mais comme compositeur de musique de film,et se rend compte, maintenant qu'il commence à gagner son argent, de toutes les anomalies de ces 7 dernières années: est-il normal pour un homme adulte de se laisser entretenir par une femme riche? Pire est-il normal d'accepter d'être infantilisé, et de recevoir de sa part de l'argente de poche tous les mois. Est-il normal de ne plus voir personne d'autre ou presque que ses amis à elle?

Peu à peu il se rend compte qu'elle lui a fait louper volontairement des opportunités d'emploi, que l'argument " tu as le talent d'être musicien classique, ne va pas te commettre dans une chose aussi vulgaire que la musique de films" est sans fondement, qu'elle ne s'est jamais vraiment intéressé à lui pour lui-même, et qu'elle l'aurait probablement bloqué aussi dans une carrière classique.Car ce que veut Laurence dans le fond, c'est un mari bien poli, effacé, sans plus de répondant qu'un enfant.. un joli petit toutou qu'elle tient en laisse.

L'histoire est connue.. dans l'autre sens: un homme qui va mettre sous cloche sa femme, on en a plein la littérature classique. Qu'on retourne la situation, et de suite, son absurdité apparaît clairement.. et c'est ça peut être le plus dramatique.

Mais quelque part, ça m'a parlé, parce que j'ai vécu ça, non avec un conjoint, mais avec un père manipulateur, pervers narcissique, possessif, jaloux, à contrôler en permanence qui étaient mes amis et a essayer de me mettre sous cloche.
Donc la situation du malheureux Vincent, je l'ai vécue, donc ça me parle.

Sans le paramètre argent, qui est très très important ici, dans le sens où en plus le héros se sent redevable à sa femme, et estime que tout l'argent qu'il gagne lui revient de droit, à elle, qu'il lui "rembourera" en quelque sorte le temps et l'argent qu'elle a "investi" dans leur mariage, etce d'autant qu'il se rend compte qu'elle ne l'a jamais vraiment aimé... ou tout au moins, qu'aimer quelqu'un ce n'est pas l'infantiliser et tout faire pour le faire échouer. Ni le critiquer sans cesse sur ses choix et jouer à la poupée avec en lui dictant jusqu'à sa tenue vestimentaire.

Et d'autres bizarreries se profilent; le beau-père fâché qui n'a jamais accepté son prolo de beau-fils, mais souhaite soudain se réconcilier depuis qu'il est devenu potentiellement riche, les amis de Laurence qui l'invitent depuis qu'il est devenu célèbre, et se battent presque pour lui vendre des choses ou lui donner des conseils " avisés" de placements. Ce qui signifie qu'il a donc gagné encore plus d'argent qu'il ne le croit, Et qu'il pourrait maintenant mettre les voiles sans difficultés et reprendre son indépendance.. si 7 ans de vie dans le confort et l'oisiveté n'avaient pas émoussé sa combativité pour se sortir de cette relation étouffante.

 Le récit est écrit à la 1° personne du point de vue de Vincent, et je n'ai pas souvent eu l'occasion de lire ainsi un récit écrit par une femme qui fait parler un homme en " caméra subjective", tiens.. les récits à la premières personne japonais sont plus classiques de côté: une autrice = un "je" de narration féminin aussi.

Donc j'ai bien aimé au final, même si ce n'est pas un coup de coeur absolu. si Françoise Sagan recroise ma route un jour, je tenterai peut être un autre livre, en tout cas.
J'avais vu une captation de sa pièce " Château en suède" que j'avais bien aimé aussi ( et qui m'avait d'ailleurs fait découvrir l'excellent Nicolas Vaude que je suis de loin en loin depuis, en tout cas pour sa carrière théâtrale), et je retrouve d'ailleurs dans la Laisse, qui est un roman des caractéristiques de pièce de théâtre. Peu de décors, des chapitres qui pourraient facilement correspondre à des scènes ( et même un final tout à fait dans les conventions du théâtre classique).

Et donc pas mal aussi pour commencer juillet.. et le festival d'Avignon,même si ça n'est pas  une pièce de théâtre, dans l'idée, on en est très proche.

lundi 25 juin 2018

L'excessive - Alexandra Lapierre

Un roman écrit par une française en plein mois anglais?

Hé oui, mais il se qualifie quand même car l'action se passe quasiment intégralement en Angleterre, pour la majeure partie de la vie de son héroïne, une duchesse anglaise du XVIII° siècle peu conventionnelle.
le portrait de couverture n'est pas un portrait de la vraie Elizabeth Chudleigh, mais de Jane Fleming-Harrigton.
Choix étonnant puisqu'il existe au moins un tableau représentant Elizabeth (voir en dessous)



Tout commence donc alors qu'Elizabeth Chudleigh,  a 13 ans. Orpheline de père, de petite noblesse sans titre et sans grande fortune, elle est jolie et vive et surtout dotée d'un sens de la répartie qui fait des ravage aurpès des messieurs du coin, jeunes ou moins jeunes. Tout la destine à une existence de campagnarde, mariée à un gentleman farmer aussi peu fortuné qu'elle, entre ses poules et ses vaches.
Sauf que la chance lui sourit lorsqu'elle rencontre le vieillissant monsieur Pulteney, politicien qui a ses entrées à la cour. Contre toute attente, Pulteney ne veut pas épouser la gamine: il est inconsolable de la mort de sa propre fille quelques temps plus tôt et décide donc de faire d'Elizabeth un substitut de la défunte. Il lui offre donc une éducation digne de ce nom, et plus tard, lorsque sa conversation et ses talents peuvent lui assurer une place dans la bonne société un emploi de dame decompagnie auprès d'Augusta, princesse deGalles et belle-ille du roi. Deuxième coup de chance, Elizabeth et Augusta s'entendent très bien, deviennent de vraies amies et la noble désargentée peut alors espérer une confortable vie, pour peu qu'elle arrive à ferrer un riche célibataire. Mais comme elle est très ambitieuse, ce sera un duc ou rien, et il va lui falloir beaucoup de persévérence pour arriver à ses fins..

Alors déjà, je tiens à le dire, c'est une lecture légère, rapide et facile. Loin d'être impérissable, et je confirme en ça le point de vue de la copine qui me l'a donné.
Le principal problème étant l'écriture, qui est assez plate, sans grande saveur.. très impersonnelle en fait. Ce n'est pas mal écrit, ce n'est pas non plus bien écrit, contrairement à ce que dit la chroniqueuse de elle en 4°de couverture. Disons, que c'est écrit correctement pour les gens qui ne lisent pas grand-chose à part les magasines féminins. Mais effectivement, on dépasse rarement le niveau rubrique à potins, et dont l'écriture est loin d'être au niveau qu'il le faudrait pour narrer les aventures de la pétulante et pétillante Miss Elizabeth Chudleigh, dont la particularité est justement d'avoir la langue bien pendue, la répartie facile et brillante, ce qui lui vaut pas mal d'inimitiés de la part des victimes de sa langue acérée,  mais pas mal aussi d'amitiés de la part de ceux qu'elle fait rire.

The real miss Chudleigh.

Ce personnage était du pain béni, ses aventures et déboires en font une sorte d'émule de Moll Flanders qui serait née du bon côté de la barrière sociale, les deux ont la même capacité à rebondir dans les situations adverses en gardant un optimisme indécrottable, tendance " ça aurait pu être pire".. Mais Alexandra Lapierre n'est pas Daniel Defoe...

Dommage car d'une part ça a été l'occasion de découvrir une sacrée nana doté d'un sacré culot, qui a réellement existé.

Dommage aussi car le récit se focalise tellement sur Elizabeth qu'il délaisse un peu les autres personnages, que ce soit la princesse Augusta de Galles, ou son sympathique mari le duc de Kingston, pourtant présenté comme un type bien sous tout rapport. Même son premier mari, le comte de Bristol, n'est que brièvement évoqué et seulement à travers le prisme de sa vision partiale ( elle l'a épousé nuitamment juste parce que c'était le meilleur parti disponible à ce moment, un mariage resté secret pour éviter les problème avec la famille du monsieur alors mineur, il réclame ses droits de mari légal , donc elle le perçoit comme un monstre. C'est un peu léger comme description... et ça ne fait pas un personnage qui est pourtant la némésis de l'héroïne)

Il y avait de la matière à un roman soit épique, soit humoristique, soit les deux.. le résultat n'est ni l'un ni l'autre, pas vraiment un roman de gare, plutôt un roman de plage ( ou de cure pour moi, je l'ai lu entre les soins respiratoires). On le lit sans déplaisir, mais, dans mon cas, sans grande passion. Je n'ai pas franchement été accrochée au point d'accélérer ma lecture pour savoir au plus vite ce qui allait arriver à Elizabeth, et ce uniquement à cause de cette écriture un peu molle et de ce parti pris uniquement centré sur elle. Vraiment dommage, ç'aurait pu être un bon livre s'il avait eu un peu plus d'ambition ( ce qui est paradoxal, lorsqu'on met en avant une héroïne caractérisée par son ambition). Distrayant, sans plus. Pas une déception, parce que je n'en attendais pas grand chose, en fait.

Passé des mains de ma copine aux miennes, il continuera donc son voyage en livre échange. Je vois qu'Alexandra Lapierre a aussi écrit un livre sur Artemisia Gentileschi. Ca aurait pu me tenter, mais.. non pas vraiment, je ne vais pas me précipiter dessus, vraiment l'écriture était trop fade pour moi.