Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture

Qui passe par ici?

Flag Counter
Affichage des articles dont le libellé est challenge irlandais. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est challenge irlandais. Afficher tous les articles

samedi 30 juin 2012

Carmilla - Sheridan Le Fanu

Hé bien, celui-là, j'ai bien cru ne pas pouvoir le publier à temps, avec le modem qui nous a salement lâchés  ces jours-ci,  mais voilà, un modem tout neuf et c'est reparti.

Donc, dernier billet de ce mois irlandais minimaliste ( 2 livres et un sujet musique, j'aurais voulu au moins un billet cinéma, mais pas eu le temps de chercher les films que je voulais revoir, en particulier " le cheval venu de la mer" avec l'excellent et trop rare Gabriel Byrne, mais ça sera pour une prochaine fois!)

Donc,  Carmilla.. je l'avais lu il y a .. fiouuuu au moins, et comme il se trouve que j'ai investi il y a peu dans cette petite merveille, pour garder le contact via mail pendant mes futurs voyages, etq ue ladite petite merveille dispose d'une fonction " e-book", j'ai décidé de tester avec un livre pas trop long pour ma première expérience de lecture virtuelle ( oui jusqu'ici, j'avais téléchargé quelques  e-books libres de droits, mais figurez- vous, je les avais imprimés)
Donc quelques mots de la lecture sur l'appareil mobile:
les plus: c'est marrant, on "tourne les pages" d'un mouvement de doigt, on peut mettre des marques pages virtuels, l'éclairage est réglable pour éviter de se fatiguer trop vite les yeu, et on peut lire, tranquillement à plat dos, devant le ventilateur car ça pèse très peu.. Et comme l'écran fait 5 pouces, ça va la définition est bonne sur un fond beige en plus pour éviter d'être ébloui.. donc pas  trop à redire
les moins: mieux vaut un livre assez court, une ou des nouvelles, parce que sur un roman de taille normale, vu le peu de contenu de chaque page, on arrive vite à un total assez monstrueux ( la petite jauge en bas qui affiche " page 24 sur 873, c'est désespérant!). Et vu le prix de l'appareil, ce n'est certainement pas le genre de chose que j'amènerai au boulot, pas envie de me le faire voler par un touriste kleptomane ou casser par un collègue curieux et  maladroit. et le rétro éclairage fatigue quand même assez vite les yeux. donc à réserver pour les occasions un peu spéciales, en voyage, pour le train, etc...

Quand à Carmilla, donc, un roman assez court dont j'avais gardé un assez bon souvenir, et je lai relu avec plaisir.
On y trouve donc Laura, fille de bonne famille qui vit dans un manoir  quelque part en Styrie avec son père, et une poignée de domestiques, et s'y ennuie ferme.  Coincée à la maison , car une fille de la bourgeoisie ne peut pas franchement aller s'amuser avec des paysannes, mais aussi car une mystérieuse épidémie ravage le pays. Une épidémie qui bizarrement ne touche que des filles jeunes et jolie. Aussi quand un concours de circonstances conduit la petite famille à héberger la mystérieuse Carmilla, Laura se réjoit d'avoir enfin de la compagnie de son âge et de son rang.. Jusqu'à ce qu'elle développe elle aussi les signes de la "maladie".

Alors, je le dis d'emblée autant Carmilla - le vampire , car c'en est un - est un personnage intéressant, peut -être la première représentation d'un vampire séduisant dans la littérature, autant  Laura est une godiche au dernier degré. Les preuves et les témoignages que Carmilla est la cause de son mal ont beau s'accumuler sous ses yeux,  elle reste d'une naïveté confondante, qu'elle met sur le compte sans cesse de son isolement. La cruche de base. L'isolement , c'est une chose, mais elle ne voit pas ce qui lui crève les yeux, et en est agaçante. Quand aux autres personnages, ils sont à peine esquissés, c'est un peu dommage, tout tourne autour du couple Carmilla - Laura. Et oui, je parle de couple, volontairement car l'histoire de vampirisme cache, enfin essaye de cacher, un récit dont le vrai thème est l'homosexualité chez deux femmes ( enfin bon, de nos jours c'est ce qui saute aux yeux, en 1871, et avant Dracula, c'était peut être moins évident?). Je me souviens qu'une fille de ma promo en fac avait choisi comme sujet de mémoire "les femmes fatales en littérature" et qu'elle l'avait abondamment utilisé comme source pour illustrer les femmes fatales.. aux autres femmes.

Après, le livre est court, donc, il n'y a pas de longueurs, même la fin est un peu décevante car trop abrupte à mon goût. Mais ça reste une bonne lecture, avant de passer à Dracula, que je n'ai toujours pas lu, et qui devra attendre encore un peu!

Je viens de voir qu'il en existe une adaptation BD, mais je ne suis pas franchement attirée par le graphisme, apparemment, on y voit des scènes un peu crues de files nues qui se papouillent, mais avec un style très classique Franco-belge, et c'est un peu dommage, un peu trop attendu, voilà.
Après j'aime bien certaines illustrations trouvées ici où là, en voilà une par une illustratrice italienne ( visiblement très inspirée par Luis Royo ou Victoria Francès), mais que je trouve un peu plus dans l'idée du roman, finalement très peu "déshabillé" et plus menaçant que olé-olé. Pour voir son site, c'est ici: Scarlet Gothica
D'autres avis dans le cadre du mois irlandais,
chez Acro,
chez George
Et pour ceux qui cherche la version E-book, c'est ici, il suffit de taper le titre dans la boite de recherche: Ebooks libres

samedi 16 juin 2012

Les cinq royaumes - Peter Tremayne

Disons le d'emblée. Peter Tremayne n'est pas 100% irlandais, mais britto-scotto-irlando-gallois.. Bon, il est bien celte quand même, hein. Son héroïne  soeur fidelma, par contre est irlandaise jusqu'à la pointe de ses cheveux, roux, bien évidemment.

Donc après l'avoir rencontrée en Northumbrie au concile de Witebia, puis suivie à Rome, on retrouve notre bonne soeur de choc de retour dans sa verte Erin pour le 3° tome de ses aventures ( les cinq royaumes, traduction plutôt étrange du titre original " suffer little children" mais bon)

Car de royaume, finalement, il ne sera question que de 2 parmi les 5 que compte l'Irlande médiévale.
hop: une carte qui explique tout:
une carte  du chouette site: http://www.guide-irlande.com
 Le 5° royaume, qui n'est pas représenté, le royaume de Tara, est central, c'est celui du haut roi d'Irlande, dont les 4 autres sont vassaux Oui c'est compliqué, mais c'est essentiel pour comprendre la suite.
L'action se passe donc au royaume de Muman, la province historique représentée ici sous le nom de Munster, et qui rassemble les comtés actuels de Clare, Cork, Kerry, Limerick, Tipperary et Waterford, et du royaume de Laigin ( province de Leinster), juste à côté. Entre les deux, la situation est plus que tendue. Depuis 7 siècles (on est en 665), les deux royaumes se disputent une zone frontalière nommée Osraige, autrefois vassale de Laigin, mais donnée légalement par le gouvernement de Tara au royaume de Munster en réparation de l'assassinat d'un de ses rois par ceux de Laigin, quelque 700 ans plus tôt.Car telle est là loi, même pour un assassinat, il n'y a pas de peine de mort, mais un "prix de l'honneur" à payer en compensation, calculé en terres, en vaches laitières, etc.. et pour l'assassinat d'un roi, l'amende à payer est donc la suzeraineté d'une région entière. Et depuis ces 700 ans, Laigin tende de récupérer ce bout de terre par tous les moyens juridiques et se voit sans cesse débouté.
Voilà pur le cadre.
Notre bonne soeur juriste préférée, à peinte revenue d'Italie, est mandée par son frère Colgu: leur cousin , le roi de Muman est mourant de la peste, il vient de désigner Colgu comme successeur ( la succession ne se fait pas automatique de père à fils dans l'Irlande de cette époque, le roi désigne de son vivant celui dans sa parenté qui lui parait le plus capable de lui succéder). Et Colgu hérite également d'un très épineux problème qui met en péril la stabilité politique de toute la région: un sage ecclesiatique du royaume de Laigin vient d'être assassiné dans une abbaye de Muman, et le roi de Laigin saute sur l'occasion de demander la restitution de la zone d'Osraige comme prix de l'honneur du sage.
Et Colgu compte donc sur les talents de juriste de sa soeur Fidelma pour éclaircir toute cette histoire, et si possible prouver que les royaume de Muman n'a rien à voir avec cet assassinat, ce qui invaliderait la requête.

Donc, comme dans les précédents tomes, il y a bien une enquête policière, qui n'est pas le point essentiel du roman, même si elle est intéressante, bien menée et pleine de rebondissements, en tout cas plus que celle du tome 2.
Comme toujours ce qui compte, c'est le cadre historique, et là le lecteur est servi, car il y a beaucoup, mais alors beaucoup d'informations sur la politique irlandaise du VII° siècle ( une période de paix relative et de prospérité, en dépit de la peste), sur la condition féminine ( le statut de juriste de soeur Fidelma n'est pas une invention de l'auteur, à l'époque les femmes étaient légalement les égales des hommes, pouvaient faire des études, exercer l métier de leur choix, divorce.. un âge d'or je vous dit, si on pense aux autres pays d'Europe à la même époque!). Il y sera aussi question des particularités de la religion à l'irlandaise, déjà évoquée dans le tome 1: au VII° siècle, le christianisme est tout récent dans les îles, le célibat des prêtre est une notion qui commence à peine à émerger sur le continent, il n'est donc pas rare d'avoir des prélats mariés, des communautés mixtes de moines et de soeurs. seules quelques communautés de moines très isolés et extrémistes font de la misogynie une règle. Mais les traditions païennens subsistent bien, et la lecture des oghams ( caractères plus ou moins runiques supposés donnés par le dieu Ogma) fait toujours partie de la culture des lettrés.
N'était-ce la peste qui ravage l'île, et la guerre qui menace l'Irlande de l'époque est assez proche d'une société idéale, enfin en théorie ( parce qu'il y a toujours de-ci de-là des bandes de pillards qui ravagent un village pour un oui ou un nom.. et dans ce tome là, ça dégomme à tout va.. faut dire qu'avec 2 villages massacrés j'ai arrêté de compter aux alentours des 30 morts)

Donc une très bonne lecture, fichtrement intéressante.
Et puis tiens, je viens de découvrir la "sister Fidelma society", à l'image de la sherlock Holmes society. Fidelma a son fan club, qui rassemble plein d'informations sur les lieu, la prononciation des noms irlandais, une FAQ énorme ( en anglais) sur les sources de l'auteur, les anachronismes volontaires ( pour rendre plus compréhensible, l'emploi de références en système métrique, ou de versets de la bible tels que codifiée beaucoup plus tard etc...) une mide d'infos.

Et pour le plaisir, l'île de Skellig Michael au large du Kerry, où se passe un chapitre de l'histoire.

Et C'est une première lecture pour le mois irlandais
qui marche aussi pour le challenge histoire, car si Fidelma est un personnage fictif inspiré de plusieurs femmes juristes de l'époque, le roi Cathal qui meurt au début de l'histoire et son neveu et héritier Colgu sont réellement des rois du Munster au VII° siècles mentionnés dans les annales irlandaises.


jeudi 19 avril 2012

musique irlandaise (3) - Imelda May



Pas de longs discours cette fois, j'ai juste envie de vous faire connaître cette chanteuse dublinoise que j'ai découverte il y a 2 ou 3 ans via une mission bluse à la radio, et vue sur scène au festival de jazz de Nice en 2010. Certes, une fois de plus, ça n'est pas du celtique. Mais après le blues de Rory Gallagher et la soul de Van Morrison, j'ai envie de faire une petite place à la jeune génération - car la dame est à peine plus âgée que moi :) Cette fois, ce sera donc du blues, mais fortement teinté de rockabilly. D'ailleurs, c'était très drôle, lors du concert de voir partout des bikers à banane et des filles en jupe à pois et à volant, avec coiffures à coques ou couettes (mais couvertes de tatouages).
En tout cas c'était bien sympathique, frais, le groupe déborde d'énergie, la chanteuse aussi, et même si le rockabilly n'est pas vraiment ma pinte de bière à la base, je me suis laissée convaincre par leur bonne humeur communicative, et le fait qu'il y ait une contrebasse. Et puis la brunette irlandaise joue du bodhran, alors...
Evidemment, dans une émission télé , ça ne rend pas aussi qu'en concert.

Et quelle surprise récemment d'entendre cette musique reprise pour une publicité TV pour je ne sais même plus quoi, tout ce que j'ai pensé c'est "mais c'est Imelda May!!"
Ce que je reproche souvent à ce genre de chanteuse, c'est de jouer à fond sur le côté "betty boop sexy"en se contentant d'une voix fluette, tandis que là, ce qui me plaît c'est qu'on l'entend!

et regardez doncce que je viens de vous trouver, un bon blues de derrière les fagots, accompagné à l'accordéon par Sharon Shannon ( que je ne connais pas du tout, mais que je ne demande qu'à connaître), enregistré à Killarney.. good job irish girls!
(et pitié, ne venez pas me parler de Amy Winehouse, ce qu'elles font n'a RIEN à voir)

un ptit dernier pour la route?

dimanche 15 avril 2012

Absolution par le meurtre - Peter Tremayne

hé oui, encore un polar médiéval de chez 10/18, on ne se refait pas.
Celui là se passe en 664 et nous emmène au fin fond de la Northumbrie, royaume anglais qui s'étendait à peu près d'Edinburgh au nord à Leeds au Sud, entre le VI° et le X° siècle.

Le roi Oswy a convoqué un important concile religieux qui doit décider quel courant chrétien son royaume va adopter. En effet le royaume, christianisé de fraîche date par des missionnaires venus d'Irlande, suit la règle de Colum-Cille ( Saint Colomba). Tandis que les royaumes voisins suivent celle de Rome. Il va donc devoir se décider, et la situation est délicate: continuer à suivre la règle de Colum - et risquer de se mettre à dos les royaumes voisins, ou adopter celle de Rome, et se couper des pratiques de ses sujets.. et d'une partie de sa famille, sa soeur étant abbesse d'une abbaye mixte de la règle de Colum.
On en est donc là, dans un climat plus que tendu politiquement et religieusement, lorsque commence l'action. Tout ce que les royaumes bretons et Irlandais comptent se dirigent vers la petite ville de Witebia ( Whitby), pour assister au grand synode qui va s'y tenir.
Et l'on rencontre pour la première fois la pétulante Soeur Fidelma qui va devenir l'héroïne de toute la série, inaugurée par ce tome. soeur Fidelma, venue en tant que spécialiste du droit irlandais - car en Irlande, les femmes peuvent exercer des professions juridiques autant que les hommes à cette époque- afin de conseiller lors des débats l'abbesse Etain qui va animer le débat pour la faction irlandaise.

Et lorsque l'abbesse est assassinée avant même l'ouverture du synode, c'est à elle, la légiste, et, par souci de ménager la chèvre et le chou, au moine saxon Eadulf, versé en médecine. Assassinat commandité par la faction romaine, volonté de semer le trouble et de faire annuler le synode, ou simple vengeance personnelle?

Comme toujours, je le dis à chaque fois, ce n'est pas l'enquête policière qui compte le plus, même si celle-ci est assez tarabiscotée pour tenir en haleine, mais l'ambiance et le cadre dans lequel elle prend place
Car le synode de Whitby ( dont la date exacte est sujette à caution, 663 ou 664), s'il a conduit au recul et à l'isolement du christianisme celte, et à la disparition progressive des monastères doubles, a surtout été le théâtre de pinaillages sur des points de détails tellement dérisoire que même les religieux ont très peu d'archives à son sujet ( l'histoire ecclésiastique de Bède le vénérable est quasiment la seule source, écrite 70 ans après la date supposée. Et donc sujette à caution, testis unus, testis nullus! Et ça laisse donc de la marge de manoeuvre à l'auteur pour trucider pas mal de monde.).
En tout cas d'après la source, des choses passablement... j'ai envie de dire ridicules, ont été au centre de débats  particulièrement houleux: le calcul de la date de Pâques, la forme de la tonsure des moines, le nombre de doigts que doit lever l'évêque pour donner sa bénédiction, le choix du premier jour de la semaine ( Samedi ou dimanche?). Toutes choses qui, vues du XX° siècle sont assez drôles. Imaginer les dignes moines en venir aux mains pour une question de forme de tonsure est plutôt croquignolet.

Mais Soeur Fidelma est assez intrépide et casse-cou pour donner envie de la suivre dans sa mission suivante: partir à Rome pour faire bénir par le pape la règle de son monastère, modifiée suite aux décisions du synode.

Et juste parce que: les ruines de l'abbaye de Whitby, dans le Yorkshire. Bien sur elles sont postérieures au concile de plus de 600 ans, il s'agit de ruines gothiques,mais, ouaaahou, c'est splendide.



et c'est donc une lecture qui tombe à pic pour le challenge histoire. Et pour le challenge irlandais puisque non seulement l'héroïne est irlandaise, mais aussi parce que les irlandais sont au premier plan lors du synode.

dimanche 9 octobre 2011

Musique irlandaise (2) - Van Morrison

Question simple: quel groupe , mené par un certain Morrison, chantait Gloria ( G.L.O.R.I.A)?
Réponse évidente: Les Doors et Jim Morrison

Héhé, c'était un piège, car si les Doors l'ont en effet chantée, il s'agit d'une reprise du groupe irlandais Them mené par l'autre Morrison, Van. Les Doors l'ont reprise après avoir fait la première partie de Them en Europe.
Cette chanson, vous la connaissez, soit par les Doors, soit par Patti Smith, ou au moins pour avoir entendu le refrain dans " Rock Collection" de Laurent Voulzy ( oulà, faut vraiment que je revoie mes références, je vais encore passer pour une cinquantenaire)
hop démonstration - ne riez pas, à l'époque, c'était de la musique de sauvages!

Et donc, c'est parti pour un petit topo sur van Morrison, chanteur, guitariste , percussionniste qui nous vient de Belfast.
Donc, je précise tout de suite, je connais moins que son compatriote Gallagher, et surtout, ce sont ses premiers disques que je trouve intéressants, car bien qu'il tourne toujours en reprenant ses anciens succès,  ce qu'il a sorti dans les années 80 est loin d'être aussi inspiré ( comme beaucoup de monde me direz vous!)

Je retiens donc
Astral Weeks (1968)
Moondance (1970)
His Band and the Street Choir (1970)
Tupelo Honey (1971)
Saint Dominic's Preview (1972)

En fait le principal atout de Morrison , c'est sa voix, très claire et agréable (parce question jeu de scène, heu.. oui,  lui n'est pas le genre à aller se mêler au public, c'est le moins qu'on puisse dire... l'enthousiasme du public d'ailleurs est assez peu motivant faut reconnaître)

Mais j'avoue que ses compostions du début des années 70, avec section de cuivres rhythm and blues me mettent de bonne humeur...
Et c'est parti:
- astral weeks ( astral weeks), parce que je trouve que sa voix est particulièrement  bien mise en valeur sur cette chanson


- And it stoned me (Moondance)

- domino ( his band and the streets choir) Good vibes!!

- Saint Dominic's preview ( album du même titre), j'aime bien l'ambiance soul de celle-là.. puis, sacrée voix quand même!


Donc, c'est bien joli, du blues  la dernière fois, de la soul/ gospel cette fois, mais ça ne sonne pas très irlandais. Héhé, j'ai gardé la piéce de résistance pour la fin, car le monsieur a également fait des duos, avec au hasard hmmm? John Lee Hooker, Ray Charles, Bob Dylan, mais apprécie quand même de revenir régulièrement à la musique de son pays et a notamment enregistré en 88 un album avec the Chieftains.. et ça se laisse écouter!



Et j'en profite pour adresser un petit message personnel à une certaine mauvaise langue qui se reconnaîtra, suite à mon précédent sujet: Hé oui, tu vois, ce n'est pas une question de cheveux! Certes, les cheveux longs et le look hippie, c'est la cerise sur le gâteau, voire le gâteau sous la cerise, mais je sais aussi apprécier la musique indépendamment de toute considération capillaire, nanmého! D'ailleurs je n'en avais même pas parlé la dernière fois.


( gnnnn la localisation automatique de blogger " Belfast", Royaume Uni" me file un Ulster... non, pas de commentaire ça serait m'encourager)

jeudi 6 octobre 2011

Musique irlandaise (1) - Rory Gallagher

Pour son challenge irlandais, Val nous met au défi de parler de musique. Chiche! Pari tenu!
Vais-je vous parler de U2? non, trop facile!
Des Pogues? mmm peut être, mais pas tout de suite ( et d'abord officiellement , ils sont anglais)

Non, moi, quand je pense musicien irlandais, je pense Rory Gallagher, d'emblée. Je suis quasiment sûre que la majorité d'entre vous n'en a jamais entendu parler,  à part d'être fan de blues, c'est donc une autre bonne raison pour le faire ( et avant que vous posiez la question, non, rien à voir a priori avec les frères Gallagher d'oasis...)

Alors,  tout d'abord, Rory Gallagher est, ou plutôt, malheureusement, était, un bluesman. Donc pour ceux qui sont résolument réfractaires au blues, désolée, mais il va en être fortement question ici.
Secundo: j'adore ce qu'il a fait. Vraiment. C'est comme ça, je suis fan. Autant dire que la partialité, je vais momentanément la laisser au placard.

Donc pour situer, Rory Gallagher, natif du Donegal, guitariste, mandoliniste, harmoniciste, chanteur, saxophoniste ( vous savez, le genre de gens qui vous dépriment lorsque vous essayez vainement d'apprendre la guitare), est donc non seulement mon musicien irlandais favori, mais aussi plus généralement, mon bluesman favori. Il s'est principalement illustré dans le blues rock, mais en laissant toujours une place importante à l'acoustique lors de ses concerts ou ses enregistrements. Mais, bien que je n'ai pas eu l'occasion de le voir en live, hélas, la raison principale de cette admiration immodérée ressort assez bien sur les enregistrements et vidéos: ce gars là était passionné, toujours à fond dans ce qu'il faisait. Et ça c'est une qualité qui me touche beaucoup chez un musicien, cette capacité à toujours chercher à donner le meilleur de soi-même pour son public, quitte à finir sur les rotules, à prendre au serieux ce qu'il fait sans se prendre au sérieux lui-même. Ca force l'admiration, en tout cas la mienne.

Il est relativement oublié de nos jours, surtout sur le continent, car il faut bien le dire, le blues ne bénéficie pas d'une mise en avant sur les principaux média ( trop confidentiel coco! Y'a pas de thunes à se faire avec du blues! et c'est même pas des jolies filles qui se déhanchent).
Par contre, plus de 15 ans après sa mort, sa popularité est toujours très forte en Irlande, en témoigne le festival annuel qui lui est dédié dans la petite ville de Ballyshannon, judicieusement nommé "Going to my hometown", du titre d'une des chansons phares de l'enfant du pays.

Mais, place à la musique, c'est pour ça qu'on est là! Je vais tenter de vous faire une sélection représentative ( au moins pour moi)

- 1970, avec l'éphémère groupe Taste à l'île de Wight. Le groupe a sorti 2 albums, et plusieurs lives, mais s'est assez vite dissout. Dommage, leurs compositions étaient assez éclectiques, parfois volontiers teintées de rock prog, de jazz


Et pour illustrer ce que je dis un  titre assez free-jazz que j'aime bien

Mais évidemment, il y a moins de sources vidéo sur cette période.

Bon, je suis sure que vous préférez quelque chose qui bouge plus, j'ai ça! Un peu de blues rock?


Bullfrog blues: alors ça, c'est exactement le genre de concert où j'aurais adoré aller ( une seule chose me chiffone: il n'y a que des gars! elles sont où les amatrices de rock? Je peux vous assurer qu'un concert pareil, je suis la première à agiter mes cheveux sur la scène.) Mais vous voyez ce que je voulais dire, c'est exactement ça qui me plaît chez ce musicien, de ne pas rester tranquillement sur la scène en mettant une distance avec le public. Non, pas de distance, et hop, on s'amuse avec les gens qui dansent devant. Et ça c'est top.


Après, et parce que c'est mon genre favori, le monsieur s'est aussi illustré avec talent dans le blues acoustique, ce qui est de loin plus difficile qu'un déluge de notes qui va entraîner la foule:
- Pistol slapper blues, une reprise de Blind Boy Fuller , du bon blues bien roots à la steel guitar

- Too much alcohol, extrait de la même émisson, ( vous devriez voir mon sourire quand j'écoute ça...)


allez, encore 2 petits fichiers.. parce que vraiment je ne peux pas faire l'impasse sur Goin' to my hometown, puisque vous vous en doutez, il a eu un très très grand succès en Irlande, d'autant qu'il est très nettement influencé par la musique irlandaise, grâce à la mandoline.
La version ici est celle du DVD Irish tour, que je trouve très intéressant, car les quelques images insérées nous rappellent  que la situation était plus que tendue en 74 dans le nord du pays. L'interview qui l'accompagne a été tronquée ici, mais en quelque mots le groupe nous expliquait qu'il était impensable de ne pas intégrer Belfast et le nord du pays dans une tournée en Irlande, puisqu'ils viennent en tant que musiciens, qu'il est hors de question dese laisser impressionner par le climat politique, etc... peut-être pas la version la plus claire ou la plus audible du morceau, mais je vous laisse juger de l'accueil!

Et encore un petit dernier pour la route, simplement parce que là, pour moi, lorsque je parlais de la capacité d'un musicien à tout donner, à être à 100% dans ce qu'il fait, sans même ne plus avoir conscience de du public, c'est... wahou - oui je sais, j'arrive à la limite de mes qualificatifs, mais comment définir une transe musicale ( et en comparaison des versions CD du même morceau, là, c'est une  sacrée impro)

Un petit mot aussi pour Gerry McAvoy, le bassiste que vous avez pu voir quasiment sur tous les enregistrements ( et qui est pour beaucoup dans l'effet "transe hypnotique du dernier morceau), il continue à tourner à l'heure actuelle avec Brendan O'Neill (le batteur) avec le groupe blues Rock Nine Below Zero, que j'ai eu l'occasion  de voir sur scène il  ya 2 ans et enfin, si vous aimez le blues-rock, ça déménage pas mal.

Alors pour ce qui est des conseils Cd, je suis à peu près d'accord avec ce site ( tenu par un gars au moins aussi objectif que moi). Je conseille donc pour ceux qui veulent découvrir en priorité le Irish tour (cd et DVD), le live en Europe et personnellement, j'ai un faible pour Deuce, le deuxième album. Ceux des années 80 me plaisent un peu moins, car moins blues, d'où le fait que je n'ai pas cherché d'extraits (ça et le fait que sur la fin de sa vie, il était gravement malade, et même si musicalement ça reste bon, ça m'attriste un peu de voir mon musicien favori malade et affaibli)

Voilà c'était le premier sujet musique spécial Irlande.. il y en aura d'autres (moins longs rassurez vous, j'ai commencé par celui que j'apprécie et donc connais le plus)

dimanche 2 octobre 2011

L'enterrement des rats et autres nouvelles - Bram Stoker

Le fantôme a dit " un enterrement, c'est trop mortel!"
Et on inaugure la saison des festivités macabres avec "l'enterrement des rats" de Bram Stoker. Bram Stoker qui m'avait vraiment désappointée l'an dernier avec le très raté La dame au linceul, mais comme je suis bonne joueuse, je lui laisse une chance de me convaincre. Bon, évidemment je ne choisis pas la facilité , en commençant pas des oeuvres mineures au lieu de me concentrer sur son titre phare.

Donc un mini recueil de quatre nouvelles chez Librio ( chaque fois je me jure de ne plus piocher dans cette collection, j'ai souvent été  déçue par les traductions à l'arrachée, mais chaque fois, mes bonnes résolutions restent lettre morte -haha! - devant la modicité du prix. surtout d'occasion à 50 cts)
On y trouve donc
- l'enterrement des rats: La nouvelle principale du recueil, qui est aussi la plus intéressante, car elle arrive pas mal à créer une ambiance oppressante dans un cadre assez étrange. Un anglais un peu naïf de passage à Paris, en 1850, a décidé de s'éloigner des propositions bateau des guides touristiques, et part à l'aventure dans le quartier des chiffonniers près de Montrouge ( autant dire qu'il va au devant de gros ennuis, avec ses vêtements de qualité et ses bagues, comme si vous vous promeniez en affichant ostensiblement des signes de richesse en pleins quartiers nord de Marseille, té). Fasciné par les récits de miséreux rescapés de la Révolution, il ne se doute pas assez vite qu'il est tombé dans un piège, les miséreux en question ayant la spécialité de dépouiller les égarés et de se débarrasser des cadavres en les laissant boulotter par les rats ( c'est ça l'enterrement des rats). Le récit est bien mené et la course poursuite haletante, ça se laisse lire, malgré les répétitions et redondances de la traduction...

- une prophétie de bohémienne: la nouvelle la moins intéressante, je l'ai presque déjà oubliée. Une bohémienne lit l'avenir d'un homme et lui prédit qu'il va tuer sa femme. Mais la prophétie se réalise de manière détournée, qui se veut humoristique. Mais c'est trop prévisible à mon goût. Dispensable donc.

- les sables de Crooken: Un anglais bon teint part en vacance en écosse avec toute sa petite famille, en mettant un point d'honneur à se vêtir en ce qu'il croit être la tenue écossaise typique. Bien sûr, il se ridiculise, tant auprès de sa famille qui évite de s'afficher avec lui, que des locaux qui l'appellent " l'échappé du Musée Tussaud". Une variation sur le thème du dopplegänger se greffe à la critique de la vanité du héros, c'est plutôt drôle, la aussi, c'est plutôt une bonne surprise.
- Le secret de l'or qui croît: l'or qui croît, ce sont les cheveux d'une maîtresse blonde assassinée que son amant a cachée dans un mur de son salon. Des cheveux qui ne cessent de ressortir par les interstices des pierres pour accuser le meurtrier. Pas mauvais, mais ça me fait vraiment trop penser dans l'ensemble au "Coeur révélateur" de Poe dans l'idée. Et bien sûr, là dessus , c'est Poe qui l'emporte.

En fait, je crois comprendre ce qui me gêne un peu: Stoker n'est pas très à l'aise avec les récits courts, et peine a faire concis. Même sur les textes courts, il part trop dans les détails qui pourraient être élagués, car ils ne servent au final pas a grand chose, et laissent un peu sur la faim. Ce que je reprochais déjà à la Dame au Linceul. Ici, les deux histoires les plus accrocheuses sont les plus longues, qui prennent le temps d'installer une ambiance, malsaine pour les rats, et humoristique pour les sables.
Promis la prochaine fois, je tente Dracula, pour voir s'il s'en sort mieux sur la longueur ou si définitivement je me contenterai des adaptations cinéma.

Et voici également une lecture multi-fonction: challenge 2€, challenge de la nouvelle, et première participation au challenge Irlandais, rien que ça!

3/4