Et, avec beaucoup de retard, du a un planning débordant, je ne pouvais manquer de parler un peu d'un de mes groupes préféres. Car oui, Purple Velvet, avec Purple comme Deep Purple ( et velvet, pas comme le Velvet underground, loupé !)
C'est donc avec un brin de tristesse que j'ai appris en plein stage de musique la mort de Jon Lord, clavieriste de Deep Purple. et je ne féléicite pas la TV française d'avoir relayé l'info en montrant un extrait du California Jam 74 ou on voit tout le groupe SAUF Jon Lord.
- Burn du california Jam. Je sais les puristes protestront " ce n'est pas Ian Gillan au chant, donc c'est nul". autant le dire de site je m'en tamponne l'oreille avec une babouche. Coverdale et Hughes font du bon boulot, ce morceau me donne envie de bouger mes cheveux sauvagement, et on y voit et entend bien Lord, le gars avec les grandes paluches qui part dans des arpèges à la Bach en plein concert rock, et ce genre de croisement d'influences, j'aime!
- Child in time, un live de 72 je crois. Mais 17 minutes de grand Jon Lord à l'orgue Hammond plutôt jazzy cette fois. J'aime le côté presque progressif de cette version!
- Mistreated. Oui, encore le California Jam. mmm du blues... du blues planant. Si on invente la machine à remonter dans le temps, vous savez où et quand me trouver! ( Dommage que Richie Blackmore passe son temps à monopoliser des caméras plutôt mal placées d'ailleurs)
Après Deep Purple, Lord a officié également comme clavier de Whitesnake. Whitesnake est un groupe que j'aime énormément, pour ses premiers albums. On retrouve David Coverdale du Calironia Jam. Ca a commencé à mal tourner lorsqu'ils se sont orientés vers des choses moins blues, un hard rock assez commercial et convenu . Facile à repérer, c'est à peu près le moment ou lord est parti ( et ou le chanteur a eu la très mauvaise de décolorer ses belles bouclettes brunes pour devenir une chose blonde qui en fait des tonnes sur scène en délaissant sa voix naturelle pour des aigus qui ne lui vont décidément pas mieux que la décoloration. Oui, je sais, moi aussi, ça me déplaît de le reconnaître). En attendant, à défaut d'êtres renversants, les premiers albums me mettent de bonne humeur)
Là je sais qu'une certaine personne de ma connaissance est en train de se marrer derrière son ordi en lisant mes considérations capillaires: oui, tu as parfaitement raison, j'assume! C'est aussi une des raisons qui m'a fait apprécier ce groupe, dont je reconnais par ailleurs les limites. Oserais-je dire que mon intérêt a décru nettement à partir du moment où la musique aussi a décoloré? Les années 80 ont été redoutables pour pas mal de rockers
Enfin, voilà pour le passage de Mr Lord Chez Whitesnake
Et quelques bonnes années après, Jon Lord and The Hoochie Coochie Men, un groupe plus axé blues: reprise de Green onions qui laisse entendre à quel point le son particulier de Deep Purple venait du clavier
Pas de longs discours cette fois, j'ai juste envie de vous faire connaître cette chanteuse dublinoise que j'ai découverte il y a 2 ou 3 ans via une mission bluse à la radio, et vue sur scène au festival de jazz de Nice en 2010. Certes, une fois de plus, ça n'est pas du celtique. Mais après le blues de Rory Gallagher et la soul de Van Morrison, j'ai envie de faire une petite place à la jeune génération - car la dame est à peine plus âgée que moi :) Cette fois, ce sera donc du blues, mais fortement teinté de rockabilly. D'ailleurs, c'était très drôle, lors du concert de voir partout des bikers à banane et des filles en jupe à pois et à volant, avec coiffures à coques ou couettes (mais couvertes de tatouages).
En tout cas c'était bien sympathique, frais, le groupe déborde d'énergie, la chanteuse aussi, et même si le rockabilly n'est pas vraiment ma pinte de bière à la base, je me suis laissée convaincre par leur bonne humeur communicative, et le fait qu'il y ait une contrebasse. Et puis la brunette irlandaise joue du bodhran, alors...
Evidemment, dans une émission télé , ça ne rend pas aussi qu'en concert.
Et quelle surprise récemment d'entendre cette musique reprise pour une publicité TV pour je ne sais même plus quoi, tout ce que j'ai pensé c'est "mais c'est Imelda May!!"
Ce que je reproche souvent à ce genre de chanteuse, c'est de jouer à fond sur le côté "betty boop sexy"en se contentant d'une voix fluette, tandis que là, ce qui me plaît c'est qu'on l'entend!
et regardez doncce que je viens de vous trouver, un bon blues de derrière les fagots, accompagné à l'accordéon par Sharon Shannon ( que je ne connais pas du tout, mais que je ne demande qu'à connaître), enregistré à Killarney.. good job irish girls!
(et pitié, ne venez pas me parler de Amy Winehouse, ce qu'elles font n'a RIEN à voir)
Trouvé par hasard d'occasion, alors que je ne l'espérais plus, j'en venais même à me demander si je n'avais pas rêvé ce titre... autant dire que j'ai sauté dessus.
Boris Vian nous invite à une balade dans le Saint Germain des prés de la grande époque, de bars à la mode en caves à jazz, à la rencontre des grandes figures du quartier, le tout avec de l'humour à revendre.
Même si je ne suis pas familière du coin, j'ai même trouvé le moyen de ne jamais y mettre les pieds chaque fois que je suis allée à la capitale, ça reste savoureux. Tant pour la description des rues, des habitants comme le ferai un ethnologue ( scindés par exemple, entre autochtones - ceux qui vivent en surface, les vrais germanopratins- et Troglodytes - ceux qui vivent d'alcool et d'air vicié dans les caves) que pour celle des "monuments" ( en général, troquets, bistrots, salles de théâtres et maisons d'éditions), son vrai-faux guide touristique est une pépite.
Lorsqu'il commence à citer les célébrités du lieu, ça donne le tournis. Au milieu de bon nombres de gens tombés dans l'oubli barmen, patrons de café et jolies filles en goguette, il est question d'une foule d'écrivains, de cinéastes, de musiciens, qui sont encore des références ( à commencer par Queneau, Sartre, Camus, les frères Jacques - et non, je n'ai pas honte de citer les frères jacques dans la même phrase que Camus!). En fait, le plus déroutant, c'est d'imaginer tous ces gens, tranquillement en train de déguster leur petit noir au comptoir , au vu et au su de tout le monde.. plus possible de nos jours, ça grouillerait de curieux et de fans envahissants.
Un autre effet curieux, pour moi en tout cas, c'est que l'écriture de Vian les rends vivants: Merleau-Ponty n'est plus l'austère philosophe qui m'a valu un 6 en philo, que je n'ai jamais compris et ne comprendrais probablement jamais, mais aussi un type aimant danser à l'occasion (mais je suis d'accord avec Boris Vian, il m'a aussi donné des maux de crâne intenses!). De même, en pensant à Sartre, ce n'est pas forcément " chic type" qui me vient à l'esprit, tant le philosophe a effacé l'image du prof qui venait travailler au café pendant la guerre, parce que l'endroit était tranquille - comprendre, peu de patrouilles allemandes- et chauffé.
L'impression d'assister là, sur le vif, à des scènes qui on eu lieu au bas mot, l'année de naissance de ma mère, mettant en action des gens aux alentours de 25/ 30 ans à la fin de la guerre, donc pile de la génération de mes grands parents. C'est assez fou, de se dire qu'ils auraient pu connaître s'il n'avaient pas quitté Paris pendant la guerre. Tant le lieu et l'époque sont devenus mythique, c'est presque difficile à croire que des gens, certains toujours vivants (Juliette Gréco a 85 ans et se produit toujours..) aient connu.
Pour moi qui aime le jazz, sans plaisanter, j'aurais vraiment adoré, rien qu'une fois, voir ce genre de concerts ( purée! Duke Ellington, Charlie Parker, Count Basie, quoi!). Bon, la prochaine fois que j'irais à Paris, je tannerai un de mes potes pour y faire un tour, a défaut de me procurer une machine à voyager dans le temps.
Bon, je craignais un peu, après la lecture mi-figue mi-raisin des Fourmis, mais non, je suis toujours en phase avec la verve de Vian.
A noter que le coffret est fourni avec un fascicule de dessins qui auraient du orner l'édition originale, et un CD, que je n'ai pas encore eu l'occasion d'écouter.
Petit bac spécial Vian: catégorie prénom: Manuel ET Germain, doublette!
info: cette chronique a d'abord été publiée en 2008 sur le site Peppermint-blues, pour lequel j'ai chroniqué également concerts, CD et plusieurs autres BDs. Avec pour consigne de ne pas les publier ailleurs. Le site n'existe plus, l'association a été dissoute, je reprends donc mes textes afin de les publier chez moi, considérant la consigne comme caduque. Ce n'est en aucun cas du vol, puisqu'il s'agit de ma production à la base.
Un petit bond en arrière cette fois, pour parler d’un album sorti fin 2004 et passé plutôt inaperçu. Le dessinateur Renaud Dillies ,lauréat dans la catégorie « premier album » du festival d’Angoulême 2004 pour « Betty Blues » - qui, malgré son titre, dégageait une ambiance plutôt Jazzy – continue sur sa lancée et se penche sur le blues avec « Sumato ».
Autant le dire tout de suite, le graphisme volontairement naïf et la représentation animalière risquent de ne pas plaire à tout le monde, d’autant qu’il n’est pas a priori un album estampillé « jeunesse ». En effet, le format et le style de narration font plutôt penser au roman graphique avec beaucoup de planches muettes. Un album hybride assez difficile à définir.
Donc, la trame en quelques mots. Elle est simple comme bonjour : C’est l’histoire de Sumato, un chat bassiste et son inséparable copain Herbie, le lapin harmoniciste, qui font le bœuf ensemble après une journée de travail sans grand intérêt, trouvant dans la musique leur seule raison de vivre. Jusque au jour où l’occasion se présente pour eux d’aller jouer dans un festival. Pour Herbie, c’est l’occasion de tenter sa chance. Pour Sumato, c’est l’occasion de partir à la recherche de Sally, jolie minette chanteuse qui l’a fasciné un soir dans un bar. On y croise également des chiens policiers bornés, un loup pianiste répondant au nom de Sonny… Sonny Wolf Williamson, très précisément, et tout un tas d’autres bestioles plus ou moins poissardes.
Il y a de l’humour, on sourit souvent, c’est poétique et joliment tourné, mais les thèmes abordés restent graves .Il est question de maladie, de mort, de perte d’illusions, de solitude. Et les dernières planches sont à ce niveau là, de l’esprit blues à l’état brut, splendidement déprimantes. Au final, l’ambiance est plutôt triste, donc, à éviter peut-être avec un public trop jeune.
Mais, en dépit d’une colorisation un peu trop criarde, et même s’il on est rétif aux mignons petits animaux, l’album mérite qu’on y jette un regard, ne serait-ce que pour cette planche magnifique d’une terre transformée en disque de Sonny Boy Williamson, splendide allégorie du voyage.
A noter que Renaud Dillies, en bon amateur de musique, a également par la suite rendu hommage à sa façon à Django Reinhardt dans « Mélodie au Crépuscule », son troisième album. Un auteur à suivre...
Pour son challenge irlandais, Val nous met au défi de parler de musique. Chiche! Pari tenu!
Vais-je vous parler de U2? non, trop facile!
Des Pogues? mmm peut être, mais pas tout de suite ( et d'abord officiellement , ils sont anglais)
Non, moi, quand je pense musicien irlandais, je pense Rory Gallagher, d'emblée. Je suis quasiment sûre que la majorité d'entre vous n'en a jamais entendu parler, à part d'être fan de blues, c'est donc une autre bonne raison pour le faire ( et avant que vous posiez la question, non, rien à voir a priori avec les frères Gallagher d'oasis...)
Alors, tout d'abord, Rory Gallagher est, ou plutôt, malheureusement, était, un bluesman. Donc pour ceux qui sont résolument réfractaires au blues, désolée, mais il va en être fortement question ici.
Secundo: j'adore ce qu'il a fait. Vraiment. C'est comme ça, je suis fan. Autant dire que la partialité, je vais momentanément la laisser au placard.
Donc pour situer, Rory Gallagher, natif du Donegal, guitariste, mandoliniste, harmoniciste, chanteur, saxophoniste ( vous savez, le genre de gens qui vous dépriment lorsque vous essayez vainement d'apprendre la guitare), est donc non seulement mon musicien irlandais favori, mais aussi plus généralement, mon bluesman favori. Il s'est principalement illustré dans le blues rock, mais en laissant toujours une place importante à l'acoustique lors de ses concerts ou ses enregistrements. Mais, bien que je n'ai pas eu l'occasion de le voir en live, hélas, la raison principale de cette admiration immodérée ressort assez bien sur les enregistrements et vidéos: ce gars là était passionné, toujours à fond dans ce qu'il faisait. Et ça c'est une qualité qui me touche beaucoup chez un musicien, cette capacité à toujours chercher à donner le meilleur de soi-même pour son public, quitte à finir sur les rotules, à prendre au serieux ce qu'il fait sans se prendre au sérieux lui-même. Ca force l'admiration, en tout cas la mienne.
Il est relativement oublié de nos jours, surtout sur le continent, car il faut bien le dire, le blues ne bénéficie pas d'une mise en avant sur les principaux média ( trop confidentiel coco! Y'a pas de thunes à se faire avec du blues! et c'est même pas des jolies filles qui se déhanchent).
Par contre, plus de 15 ans après sa mort, sa popularité est toujours très forte en Irlande, en témoigne le festival annuel qui lui est dédié dans la petite ville de Ballyshannon, judicieusement nommé "Going to my hometown", du titre d'une des chansons phares de l'enfant du pays.
Mais, place à la musique, c'est pour ça qu'on est là! Je vais tenter de vous faire une sélection représentative ( au moins pour moi)
- 1970, avec l'éphémère groupe Taste à l'île de Wight. Le groupe a sorti 2 albums, et plusieurs lives, mais s'est assez vite dissout. Dommage, leurs compositions étaient assez éclectiques, parfois volontiers teintées de rock prog, de jazz
Et pour illustrer ce que je dis un titre assez free-jazz que j'aime bien
Mais évidemment, il y a moins de sources vidéo sur cette période.
Bon, je suis sure que vous préférez quelque chose qui bouge plus, j'ai ça! Un peu de blues rock?
Bullfrog blues: alors ça, c'est exactement le genre de concert où j'aurais adoré aller ( une seule chose me chiffone: il n'y a que des gars! elles sont où les amatrices de rock? Je peux vous assurer qu'un concert pareil, je suis la première à agiter mes cheveux sur la scène.) Mais vous voyez ce que je voulais dire, c'est exactement ça qui me plaît chez ce musicien, de ne pas rester tranquillement sur la scène en mettant une distance avec le public. Non, pas de distance, et hop, on s'amuse avec les gens qui dansent devant. Et ça c'est top.
Après, et parce que c'est mon genre favori, le monsieur s'est aussi illustré avec talent dans le blues acoustique, ce qui est de loin plus difficile qu'un déluge de notes qui va entraîner la foule:
- Pistol slapper blues, une reprise de Blind Boy Fuller , du bon blues bien roots à la steel guitar
- Too much alcohol, extrait de la même émisson, ( vous devriez voir mon sourire quand j'écoute ça...)
allez, encore 2 petits fichiers.. parce que vraiment je ne peux pas faire l'impasse sur Goin' to my hometown, puisque vous vous en doutez, il a eu un très très grand succès en Irlande, d'autant qu'il est très nettement influencé par la musique irlandaise, grâce à la mandoline.
La version ici est celle du DVD Irish tour, que je trouve très intéressant, car les quelques images insérées nous rappellent que la situation était plus que tendue en 74 dans le nord du pays. L'interview qui l'accompagne a été tronquée ici, mais en quelque mots le groupe nous expliquait qu'il était impensable de ne pas intégrer Belfast et le nord du pays dans une tournée en Irlande, puisqu'ils viennent en tant que musiciens, qu'il est hors de question dese laisser impressionner par le climat politique, etc... peut-être pas la version la plus claire ou la plus audible du morceau, mais je vous laisse juger de l'accueil!
Et encore un petit dernier pour la route, simplement parce que là, pour moi, lorsque je parlais de la capacité d'un musicien à tout donner, à être à 100% dans ce qu'il fait, sans même ne plus avoir conscience de du public, c'est... wahou - oui je sais, j'arrive à la limite de mes qualificatifs, mais comment définir une transe musicale ( et en comparaison des versions CD du même morceau, là, c'est une sacrée impro)
Un petit mot aussi pour Gerry McAvoy, le bassiste que vous avez pu voir quasiment sur tous les enregistrements ( et qui est pour beaucoup dans l'effet "transe hypnotique du dernier morceau), il continue à tourner à l'heure actuelle avec Brendan O'Neill (le batteur) avec le groupe blues Rock Nine Below Zero, que j'ai eu l'occasion de voir sur scène il ya 2 ans et enfin, si vous aimez le blues-rock, ça déménage pas mal.
Alors pour ce qui est des conseils Cd, je suis à peu près d'accord avec ce site ( tenu par un gars au moins aussi objectif que moi). Je conseille donc pour ceux qui veulent découvrir en priorité le Irish tour (cd et DVD), le live en Europe et personnellement, j'ai un faible pour Deuce, le deuxième album. Ceux des années 80 me plaisent un peu moins, car moins blues, d'où le fait que je n'ai pas cherché d'extraits (ça et le fait que sur la fin de sa vie, il était gravement malade, et même si musicalement ça reste bon, ça m'attriste un peu de voir mon musicien favori malade et affaibli)
Voilà c'était le premier sujet musique spécial Irlande.. il y en aura d'autres (moins longs rassurez vous, j'ai commencé par celui que j'apprécie et donc connais le plus)