lundi 9 décembre 2013

Deutsche Kurzerzählungen - Collectif

Pour la précédente édition du challenge LSD, qui imposait une lecture en VO, j'avais opté pour un recueil de nouvelles. Et cette fois, même choix, les nouvelles sont un bon compromis pour s'y remettre tout doucement après des années. J'ai donc fait un raid au rayon VO de ma médiathèque, bien maigre je dois dire en dehors de l'anglais et de l'italien. Il n'y a, en tout et pour tout que 2 recueils de nouvelles disponibles: un recueil de Brecht ( probablement mon prochain choix) et celui-ci: sobrement intitulé " Nouvelles allemandes- Deutsche Kurzerzählungen", publié chez Pocket, collection langues pour tous.

13 textes d'auteurs parfois très connus ( Günther Grass, Heiner Müller, Heinrich Böll), parfois pas du tout connus, de moi en tout cas, du XIX° et XX° siècles.

- Kannitverstan -JP Hebel : Kannitverstan, en néerlandais, signifie " je ne comprends pas" ( mais en y réfléchissant, : Ich kann nicht verstehen en allemand, ça n'est pas très éloigné). Ce qu'un allemand de passage à Amsterdam ne sait pas. Aussi lorsqu'il voit une très belle maison et un très beau bateau marchand et demande aux passants à qui ils appartiennent, on lui répond " Kannitverstan"; il en déduit donc que monsieur Kannitverstan doit être très riche. Et lorsqu'il demande en voyant un convoi funéraire de qui il s'agit et qu'il obtient la même réponse, sa vie change: à partir de ce moment à chaque fois qu'il se plaindra de ne pas avoir d'argent, il repensera au malheureux monsieur Kannitverstan, mort malgré ses millions. Un fable sur l'argent, la position sociale, etc..

-Mittagessen auf dem fabrikhof ( repas de midi dans la cour de l'usine) - G Weerth: pause de midi dans une usine, vers 1850. Les discussion des ouvriers, qui travaillent de 6 h00 à 20h00 avec juste une pause de 12 à 13 mettent en avant les inégalités sociale ( car tous se demandent ce que le patron peut être en train de manger: roti de chevreuil? pigeon aux pommes?coquelets? tandis qu'eux doivent se contenter de bouillon ou flottent quelques navets) L'auteur était un collaborateur au journal de Marx et Engels

-Welche traurige Rolle das arme Volk in alle bisherigen Revolutionen gespielt hat ( quel triste rôle le pauvre peuple a joué dans toutes les révolutions passées ) - M Hess: un choix étonnant pour un recueil de nouvelles, puisqu'il s'agit en fait d'un pamphlet politique présenté de manière question/réponse. Là aussi, était un proche de Karl Marx et arrive à la conclusion que le peuple a été manipulé à chque fois et qu'il faut que les choses changent.

- Die Stadt der Beziehungen ( la ville des relations) - K. Tucholsky: la aussi, pas une nouvelle à proprement parler, plutôt une sorte de mode  d'emploi de la vie parisienne à l'usage des allemands. Car en France et à Paris en particulier, tout repose sur les relations, le piston, le système D ( la combine, dans la VF), chose inconnue en Allemagne. Pas de piston, pas de carrière ( j'ai presque envie de dire que rien n'a changé en un siècle)

- Der Kaffee ( le café) - A.Zweig:  une histoire touchante d'une fraternisation de quelques heures, entre une troupe allemande et une troupe française, pendant la I° guerre mondiale. Les français meurent de faim alors que la tranchée allemande vient d'être ravitaillée, l'odeur du café qui flotte entre les deux amène un bref cessez-le feu, où les allemands vont céder des provisions aux français.

- Die  Stoppuhr ( le chronomètre) - A. Seghers: un autre lieu , une autre guerre. en Chine, des officiers allemands viennent prêter main forte à l'armée de Tchang Kai Chek pour mater la révolte  des provinces rouges du sud, en entrainant "au chronomètre" une troupe hétéroclite et absolument pas formée au combat. sans se douter qu'en acquérant coordination et rapidité la troupe pourrait s'organiser pour se retourner instantanément comme un seul homme contre ses dirigeants.

-Undines gewaltiger Vater ( le père puissant d'Ondine) - H. Böll: une balade au bord du Rhin en compagnie de Böll, qui se méfie de l'impétuosité du fleuve, et l'appelle "le père puissant d'Ondine" ( un petit clin d'oeil à Lorelei?)

-Von der besonderen Verantwortung der Deutschen (sur la responsabilité particulière des allemands) - G. Grass: là encore, ce n'est pas vraiment une nouvelle, plutôt un discours politique qui renvoie dos à dos les 2 puissances mondiales de la Guerre froide. Suite au partage de l'Allemagne après la 2° guerre mondiale, et donc par sa position géographique mais aussi sa responsabilité pendant la guerre, qui a par la suite la course mondiale à l'armement, Grass pointe le rôle que l'Allemagne se doit de jouer dans le désarmement .

-Das eiserne Kreuz ( la croix de fer) - H. Müller: apprenant le suicide d'Hitler, un des ses fervents partisans décide de se suicider aussi, avec toute sa famille. Une nouvelle sur la toute fin de la guerre, les populations déboussolées qui se trouvent à devoir choisir entre accepter la défaite ou fuir la réalité d'une manière ou d'une autre.

-Ab-Lauf der Dinge ( déroulement des choses)- J. Laabs: une femme prépare le repas en attendant le retour de son mari, qui travaille tard le soir. Elle le soupçonne d'infidélité, mais se refuse même ne serait-ce qu'à lui demander s'il compte rentrer dîner. Mouais, bon, je déteste ce genre de personnage qui se plaint mais ne réagit pas.

-Schöne freie Welt (beau monde libre) G. Vesper: la vie quotidienne d'un enfant, au travers de toutes les interdictions qu'il entend à longueur de journée, ne cours pas, tais-toi, viens-là, ne t'éloigne pas...

- Die Proben oder zweimal ein Sohn ( les répétitions ou deux fois un fils) - A Mechtel: une femme qui vient d'avoir un enfant songe à sa vieille voisine, morte peu avant: celle-ci avait si bien éduqué son fils à être un battant, un gagnant en tout, un homme d'affaire accompli, un individualiste forcené, que celui-ci l'a peu à peu  abandonnée. Une nouvelle sur les projets de vie que les parents peuvent inculquer à leurs enfants.. et les résultats désastreux qui s'ensuivent.

-In der Strassenbahn ( dans le tramway) -G.Ernst: un tramway bondé, une dispute entre voyageur un peu dans le goût des "exercices de style" de Queneau.

L'an dernier, j'avais choisi 20 Kurzgeschischten, comme lecture en VO. Le livre n'était pas mal, avec un panaché de nouvelles, d'intérêt variable, mais surtout, il était en allemand, avec en regard, des notes de lectures, des traductions de mots compliqués, et un glossaire final. J'ai trouvé celui-ci beaucoup plus mal fichu, car en fait, les textes sont plus compliqués:  beaucoup de textes politiques avec du vocabulaire que je n'ai pas oublié, mais simplement jamais appris: les  tranchées, le désarmement, la tactique, certains assez facilement déductible ( die Artillerie, Die Infanterie..), mais d'autres, beaucoup moins. Et pas de glossaire, pas de lexique, en fait le livre qui contient des textes plus compliqué d'adresse à des étudiants d'un niveau inférieur. Tu ne comprends pas? pas de problème: tu as la traduction française en face. Et ça, je n'aime pas, c'est trop facile comme démarche à mon goût, trop prémâché.

Par contre comme les textes ont été choisis non pour leur vocabulaire, mais chaque fois pour un point grammatical ( par exemple " monde libre" pour l'emploi de l'impératif, "dans le tram" pour le discours direct et le dialecte autrichien, "la responsabilité pour les articles de noms de pays..), on a droit à plusieurs fois la même explication, par exemple, ça n'a pas très grand intérêt de dire X fois en note de bas de page que tous les mots en -ung ou en -heit sont féminins,  ou X fois que tous les verbes en -ieren sont tirés du français et se conjuguent comme ceci.... merci, mais je préfèrerais avoir un lexique ou d'autres notes grammaticales, j'ai compris!)

D'une part j'ai apprécié l'idée de textes politiques et sociaux, parce que justement mon vocabulaire pèche de ce côté là... mais non, la pure et simple traduction en regard, ça n'est pas mon truc. Mais il aurait été appréciable aussi de continuer sur cette lancée, les autres textes paraissent vraiment faiblards niveau intérêt.
Donc une lecture  demi- réussie ou demi ratée. Enfin, il faudra vraiment que je me fasse des planches de vocabulaire organisées par champ sémantiques.
bonus! 25/24

2 commentaires:

  1. Merci de ta participation au JLNN, bilan en fin de semaine !!

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    1. Ce fut un plaisir.. renouvelé 24 fois :D

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Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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