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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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vendredi 8 mai 2015

Mélusine tomes 7 à 12 - Clarke et Gilson

Suite logique du précédent billet puisque j'ai pu me procurer les 18 premiers tomes, on va faire ça 6 par 6.

Je disais donc précédemment que c'est une série plutôt sympathique, mais pas vraiment audacieuse. Donc je confirme, elle avait même tendance à tourner un peu en rond autour des mêmes gags récurrents: Cancrelune qui loupe ses atterrissages, ou qui fait exploser ses préparations, Tante Adrazelle et sa cuisine  d'épouvante, les villageois prompts à vouloir griller les sorcières, le vampire et sa femme fantôme qui se chamaillent, etc..

bonne nouvelle à partir de ce tome 7, ça commence à bouger un peu plus, avec l'arrivée de nouveaux personnages:
D'abord au Tome 7, c'est l'arrivée de Mélisande, qu'on reverra régulièrement par la suite. Ce tome 7 est même constitué uniquement de gags autour d'elle. Mais qui est Mélisande? La honte de la famille! une cousine de Mélusine, bête comme une oie, vêtue de rose bonbon, avec des chaussures à pompons, un chapeau pointu, une baguette magique en forme d'étoile et des ailes de libellule.. une bonne fée! Ses principales passions dans la vie sont : faire apparaître des pâtisseries en prononçant des formules du genre " choubidouuuuu!" et tenter de "mignonniser" de force l'environnement des sorcières.. enfin ça, c'est avant d'être mordue par monsieur le Comte, car une fée vampire, ça peut vite déraper, pour le plus grand bonheur de tous.
Le tome 8 est entièrement consacré à Halloween, tandis que le sujet principal du 9 est l'hypnose.

 Le 10 joue sur le sujet des contes, où on découvre que dans le fond, toute sorcière qu'elle est, Mélusine est une sacrée fleur bleue comme on avait pu l'apercevoir avant, et qu'elle n'a pas encore renoncé à son obsession pour les princes/rois/chevaliers et gens du même tonneau.

Le 11, l'école des maléfices se rapproche plus de l'univers scolaire développé depuis dans une série de roman jeunesse super-célèbre.



Au passage je l'avais dit il me semble, mais le début de Mélusine, le concept donc d'une école de sorcellerie, est antérieur de 2 ans à Harry Potter, et les auteurs se gardent bien d'y faire une quelconque référence. A toute fin utile pour tous ceux qui râleraient au plagiat.
Il introduit surtout un nouveau personnage : Herr Doktor von Kartoffeln, le savant fou, qui va continuer à faire des apparitions régulières dans les tomes suivants en tant que nouveau professeur à l'école de sorcellerie. Car oui on avait les sorciers, les sorcières le loup-garou le vampire, le fantôme, la momie, la fée, les dragons la créature de Frankenstein.. mais pas encore de savant fou. Et celui là en tient une bonne louche

 Maintenant , il y a plus souvent des gags de deux pages, et une histoire plus longue en fin de tome qui donne son titre au tome en question, de 4 ou 5 pages, plus des gags qui se suivent avec une certaine logique ( dans l'un la duchesse fantôme est exorcisée par accident. Accident dont il est question dans les planches suivantes, jusqu'à son retour par invocation..), se répondent, ça donne à l'ensemble une unité qui manquait dans les premiers (par la suite il sera fait référence dans un tome à un événement passé dans une tome précédent, c'est une bonne chose: le scénariste a maintenant une vue d'ensemble sur son univers et du coup, même en gardant le principe des gags courts d'une page ou deux, la narration est plus fluide ( après je comprend tout à fait le principe des 2 planches maximum, la série a été prépubliée dans le magazine Spirou, d'où contrainte de format)

Et j'avoue une affection particulière, une fois de plus pour les personnages secondaires, comme à ma bonne habitude: tante Adrazelle et ses idées souvent farfelues, le professeur Haaselblatt et son manque total de pédagogie, ou le loup-garou qu'on voit trop peu souvent à mon goût.
Et sinon, BD jeunesse, hum.... disons qu'il y a deux niveaux de lecture.. celui relativement innocent.. et un autre qu'il est beaucoup moins. Je le disais déjà dans le premier sujet, et ça se confirme, il y a quelques sous-entendus olé-olé par moment. Mais vous êtes seuls responsables de votre interprétation , bande de petits galopins! (et puis bon, c'est pas du Servais non plus, hein..)


samedi 2 mai 2015

Mélusine Tomes 1 à 6 ( MAJ) - Clarke et Gilson

Je profite de la semaine Sorcellerie pour ressortir et remettre à jour un ancien article, publié en 2010 à l'origine. En fait, comme je me suis procuré les tomes suivant, j'ai décidé qu'une petite relecture ne serai pas de trop avant d'attaquer la suite.

Mélusine est rousse, comme il sied à une sorcière digne de ce nom, elle est jeune encore ( 119 ans..) et pour payer ses études de sorcellerie, elle travaille comme femme de ménage chez la Duchesse Aimée Döperzonn, une châtelaine fantôme au caractère épouvantable, et son mari Gonzague, vampire pantouflard qui passe ses nuits en robe de chambre à siffler des pintes de sang. Quelques personnages récurrents complètent le tableau: Wilson le majordome, aux allures de créature de Frankenstein version Boris Karloff, la momie obsédée ( elle passe son temps à essayer d'épier Mélusine par le trou de la serrure), le loup garou, qui ne peut se montrer dignement que les jours de pleine lune, sa véritable apparence humaine de maigrichon à lunettes ne l'aidant pas à séduire les femmes. Et aussi, côté sorcières, la tante Adrazelle, 549 ans au compteur, LA sorcière telle qu'on l'imagine, nez crochu, genoux cagneux, marmite au contenu douteux, et une propension a réaliser le café le plus infâme du monde. Ainsi que Cancrelune, la meilleure amie de Mélusine, et pire sorcière de l'univers, incapable d'atterrir correctement en balai ou de fabriquer une potion qui n'explose pas.

Autant le dire de suite, on est dans de la BD très classique, les premiers volumes sont uniquement constitués de gags d'une page, 2 maximum, à partir du volume 4 seulement, on aura une histoire plus longue d'une dizaine de pages,  par tome. Ca ne révolutionnera pas la BD en général, ni la BD jeunesse, mais ça reste sympathique à lire, sans prétention, et d'une bonne humeur assez communicative, basé sur le gag récurrent ( Cancrelune qui atterrit une fois sur deux à travers une fenêtre, le café imbuvable de la tante Adrazelle, le vampire qui se trouve transformé en cendres, les gaffes de Mélisande..) L'intérêt, pour un adulte en tout cas est d'y chercher les fréquentes références à tel ou tel film ( genre " le bal des vampires", les "Dracula" de la Hammer), de trouver, comme dans Pierre Tombal les clins d'oeil aux autres scénaristes ou dessinateurs aux noms inscrits sur des stèles funéraires, de voir apparaitre un monstre de Midam ( Kid Paddle) dans un coin de page. 
Ou de constater que volume en volume, les vêtements de la jolie sorcière Krapella ( copine de classe de Mélusine) ont une nette tendance à raccourcir, tandis que notre héroïne se retrouve de plus en plus régulièrement en tenue légère, voire en culotte, en fonction de sorts plus ou moins réussis.. BD jeunesse, mais les malins scénaristes et dessinateurs se font un petit plaisir au passage. Mais rassurez vous, ce n'est pas de la BD érotique, ça reste soft!
Le dessin assez sommaire au début, va en s'améliorant bien au fil des volumes, comme souvent en Francobelge. Et parallèlement, les gags deviennent un peu plus noir et un peu plus féroces, ce qui ne fait pas de mal.
A noter qu'il y a à ce jour 23 volumes (6 lus pour l'instant pour ma part), et qu'une partie, outre leur édition habituelle chez Dupuis, en couverture cartonnée, sont également disponible en collection "pirate", chez le même Dupuis, en couverture souple, ce qui donne une BD moins épaisse, et de bonne qualité malgré tout pour 3€. Et ça c'est une très bonne initiative.
Et depuis la première version de ce sujet, la BD est également disponible en version numérique,à 5, 99€. Je vais donc la continuer en version numérique, ça prend moins de place, c'est moins cher et du test que j'ai fait, ça passe pas mal sur la tablette 10 pouces.


vendredi 1 mai 2015

Häxan (film muet)


Un film que j'avais en attente depuis pas mal de temps, et que j'ai décidé de regarder enfin à l'occasion de cette semaine spéciale  sorcellerie. Häxan ( sous titré en français "la sorcellerie à travers les âges) est un film muet de 1922, coproduction Danoise-suédoise de Benjamin Christensen. Moins connu que les films allemands de la même époque, car il a été censuré, considéré comme érotique et pervers dans plusieurs pays :on y voit une paire de fesses, une femme nue en ombres chinoises et une évocations des tortures médiévales, ce qui pour certains a justifié la censure. C'est intéressant car ça confirme justement le propos du dernier chapitre.

étrange choix, cette image de la grande dame et du moine n'est pas dans le film, en tout cas pas dans la version que j'ai vue. Et je ne savais pas qu'Agnès B éditait des DVD oO
Car, comme beaucoup de films de l'époque, il est divisé en chapitres, 7 ici. Le premier est une sorte de conférence en plan fixe, où des explications sont données sur des gravures médiévales via les cartons: les origines de la sorcellerie dans la croyance aux esprits malins, la superstition, depuis la plus haute antiquité. S'ensuit une série de tableaux, liés les uns aux autres. le "vrai" film avec acteurs... et effets spéciaux. Et Christensen exploite toutes les possibilités de l'époque: déguisements, marionnettes, ombres chinoises, effets de surimpression.

Dans une petite ville nordique en 1448, Karna la sorcière prépare philtres et potions pour des clients, ici, la bonne d'un moine désireuse de faire prendre un philtre d'amour à son employeur ( qui est plutôt du genre " frère Tuck", plus intéressé par les jambons et pâtés que par la gaudriole). A cette époque tout le monde voit des sorcières et sorciers partout: les médecins qui autopsient un mort pour découvrir l'origine des maladies sont considérés comme sorciers, l'ivrogne qui chancelle accuse la vieille mendiante de lui avoir jeté un sort aux jambes, qu'un malade vienne à mourir sans qu'on sache de quoi, gare encore à la première personne qui viendra taper à la porte: si c'est une vieille miséreuse et laide, elle sera aussitôt dénoncée à l'inquisition. Si c'est une femme jeune et belle dont le souvenir hante un moine, elle sera aussi considérée comme sorcière et dénoncée. Car quiconque refuse de dénoncer une sorcière ou un sorcier est considéré comme complice et condamné. Ainsi, c'est justement dans les endroits les plus religieux qu'on condamne le plus: sous l'effet des tortures chacun accuse les autres d'avoir participé au sabbat, et des familles entières sont emprisonnées. Même les endroits  les moins risqués ( couvents, où vu le nombre de croix, peu de diables pourraient entrer) sont en proie à une vague de folie collective.
horreur, une soeur possédée, la preuve: elle tire la langue à l'abbesse!

Car c'est le propos du film résumé dans la dernière partie: au XX° siècle on  ne croit plus au diable - mais les superstitions sont toujours là et on va se faire tirer les cartes chez la voyante - les cas de possessions diaboliques ont été rattachées à des maladies nerveuses et mentales: hystérie, mythomanie, kleptomanie, hallucinations... on ne brûle plus les vieux à cause de leur apparence, mais les malades sont encore craints et mis au ban d'une société qui continue à voir le mal partout.. ce que je disais plus haut sur la censure.

Le film a vieilli, comme tous les films muets, mais il garde son importance comme prototype de conférence filmé et comme pionnier du cinéma d'horreur. Et la vieille dame qui joue Maria la mendiante torturée a un visage absolument incroyable, le réalisateur -qui joue lui même le diable - a du chercher longtemps SA sorcière et l'a trouvée.

Plastiquement c'est intéressant aussi: beaucoup de cadrages très travaillés qui rappellent les scènes de genres et natures mortes de la peinture du nord, à la renaissance, justement l'époque évoquée.
mais alors, une nature morte.. très morte...

A voir donc pour les amateurs de films muets. Par la version que j'ai a un gros défaut: une bande son contemporaine de 2006, pas toujours très réussie. C'est plus pénible qu'autre chose.  La version en question est également colorisée au filtre ( j'ai presque envie d'écrire " philtre"), ce qui est toujours mieux qu'au pinceau, et explique les différences de colorisation des illustrations: piochées ici et là, elles viennent probablement de différentes versions, car comme souvent pour les films muets, ils ont été montés, perdus, remontés...Il en existe une avec moins de cartons, mais avec un texte ajouté narré par William S Burroughs., avec une bande son jazzy sur les scènes de cuisine des sorcières qui me pose un vrai de vrai problème: ça ne colle pas!!!