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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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dimanche 20 août 2017

Bon anniversaire Voyager!

J'avais dit en début d'année, qu'inspirée par Denis du blog bonheur de lire, j'allais parler voyage. Et quel voyage peut être plus fabuleux qu'un voyage spatial aux confins du système solaire. A ce détail près que ça n'est pas de la science fiction, mais bien un voyage réel pour deux petites sondes qui fêtent leurs 40 ans de bons et loyaux services cette année ( oui, comme moi!!)

Ceux qui me suivent depuis pas mal de temps savent la fascination absolue qu'exerce sur moi, encore aujourd'hui le programme Voyager. J'en ai déjà parlé à plusieurs reprises mais je trouve absolument fou le fait que des sondes prévues pour fonctionner 5 ans soient encore opérationnelles 40 ans plus tard.
Voyager 2 est partie de chez nous le 20 août 1977 et Voyager 1 le 5 septembre 1977 et se dirigent vaillamment vers l'espace interstellaire, emportant avec elle ce dont je n'avais pas vraiment parlé précédemment : le voyager golden record, des "bouteilles à la mer spatiales". Les sondes devraient arriver à proximité d'autres systèmes stellaires d'ici 40 000 ans. Là où avec un peu de chance, des habitants peuvent se trouver - va falloir

Ce n'est pas la première fois que des sondes emportent des messages terrestres à destination de potentiels extraterrestres, les deux sondes Pioneer 10 et 11 emportent avec elles des plaques gravées représentant le système solaire schématisés, la silhouette des sondes,la raie d'émission de l'hydrogène ( ne me demandez pas de décrire précisément je ne suis pas physicienne) qui sert de base pour décoder le reste, la position du soleil par rapport à 14 pulsars de la galaxie, un homme et une femme nus..


En même temps, si des extraterrestres trouvent la plaque, il va falloir qu'ils aient l'idée que le dessin qui ressemble à une paire de lunettes représente la transition hyperfine de l'hydrogène et la structure étoilée, des pulsars.

Les Voyager Golden Records reprennent le concept en allant plus loin. Il s'agit cette fois d'un disque, contenant des images et des sons de la Terre à destination toujours d'un potentiel extraterrestre qui pourrait le trouver et le lire.. s'il arrive à comprendre les instructions sur la boite!


On y retrouve en bas le schéma de la transition hyperfine de l'hydrogène et de la position des pulsars. Pas d'hommes et de femmes nus cette fois, certains prudes ayant été choqués par les plaques de Pioneer


Pour le reste..là encore , débrouillez vous amis d'outre espace pour comprendre qu'il y a un schéma en binaire montrant comment utiliser le "saphir" fourni avec le disque, la vitesse de lecture, la direction du scan pour voir les images, et ce qu'est la première image visible si correctement décodée ( un cercle dans un rectangle)
On aura de la chance s'il est trouvé par une entité qui connait le binaire, ou même suspecte qu'il s'agit d'une production artificielle venue de très loin dans le temps, plus encore que dans l'espace.

Parce que, revenons à nos 40 000 ans, durée minimale.
Pensez à ce qu'était la terre il y a 40 000 ans.
Imaginez un homme ou une femme préhistoriques trouvant ce genre d'artefact. Soit ils estiment que c'est plutôt joli et le ramènent à qui dirige le clan à ce moment là, qui ne saura pas trop quoi en faire, et déclarera peut-être que c'est un message des dieux qui justifie clairement que ce soit lui ou elle ou - ha zut, on n'a pas de pronom neutre en français ça manque - le chef, soit, tout aussi probablement: " bah, ça ne se mange pas, aucun intérêt".

A l'autre extrémité: la société développée, qui comprendra de suite qu'il s'agit d'un message venu d'ailleurs, qui a envie de savoir, qui arrive à décrypter et cherche à savoir d'où ça vient.
Avec en main ce qui n'est ni plus ni moins qu'un instantané de la Terre 40 000 plus tôt. Il y a fort à parier que ça aura beaucoup, mais alors beaucoup changé d'ici là.
Yaura-t-il encore des humains à la surface? Pas sûr.

Et c'est là que ça devient vertigineux: les extraterrestres auront peut être en main la SEULE et unique production humaine restante pour attester que nous avons un jour existé.
Des extraterrestres qui pour l'heure sont peut être au mieux en train d'inventer l'équivalent local de l'agriculture.

Curieux de savoir ce que contient le disque?
Un court discours de présentation du secrétaire général des Nations Unies Kurt Waldheim, des salutations en une cinquantaine de langues  ( là aussi, déjà va comprendre ce que c'est qu'un langage, et ensuite qu'il s'agit de langues différentes les unes des autres), des sons aussi variés que le tonnerre et la pluie, des grillons et des grenouilles, ou un marteau piqueur (et certains sons sont assez difficiles à reconnaître même pour un terrien!), de la musique de différents pays pour l'audio, et pour l'image, des photographies des tâches solaires, des planches d'anatomie, un embryon, des gens de tous pays et toutes générations, des îles des montagnes, des arbres , une femme qui ratisse des feuilles mortes etc...

D'autant plus déroutant que le support est, d'un point de vue technique humain, largement dépassé , les images représentent parfois des modes de vie parfois disparus ou en passe de l'être, et ce en 40 ans. Alors que dire de 40 000 ans.

Pour voir les images, elles sont ici
Pour écouter l'enregistrement il est là, en intégralité

La succession de tout ces enregistrements donne un effet assez étrange, presque expérimental (et ça aussi, c'est très daté années 70, nul doute que le choix serait différent maintenant)
Mais, et là une ironie que je trouve particulièrement savoureuse.. D'après vous qui sont les 3 musiciens retenus pour représenter la culture américaine?  Blind Willie Jonhson ( bluesman ), Louis Armstrong ( jazzman)  et feu Chuck Berry, mort en mars dernier ( pionnier du rock). Vous le voyez le point commun?

Ils ont connu la ségrégation et le mépris sur Terre pour leur apparence physique et représentent pour l'éternité le pays qui les a méprisés de leur vivant...qu'ils vont représenter comme "ambassadeurs" virtuels auprès d'hypothétiques auditeurs d'une autre planète.

Je laisse la place à Blind Willie Jonhson (un musicien que j'ai découvert découvert via le film " The soul of a man"de Wim Wenders, et qui a eu tellement de poisse dans sa vie qu'il est quasiment la quintessence du concept de blues) Son morceau "Dark was the night, cold was the ground..." est partie voyager dans l'espace sombre et glacé.
Et je vois que Bruce Benamran a eu le même ressenti métaphysique.



allez, parce que je ne m'en lasse pas, je l'ai déjà dit mais cette mission spatiale a eu un énorme impact sur moi, le survol de Neptune le 25 août 1989 et les photos dans les jours qui ont suivi, rendant mon livre d'initiation à l'astronomie obsolète du jour au lendemain, mont laissé une impression inoubliable.
Que n'a pas réussi à battre la Mission New Horizon et ses pourtant superbes clichés de Pluton.



Voyager 1 a aussi un cliché très marquant à nous proposer.. D'abord on ne voit rien, c'est pour celà qu'il a été fléché

vous êtes ici
Oui, ce minuscule pixel bleuté c'est la Terre, vue le 14 février 1990 à 42 UA de distances ( donc 42 fois la distance Terre-Soleil)
Voilà ce qu'en dit Carl Sagan ( l'un des scientifiques les plusconnus,sinon, le plus connu , à avoir pris part au programme Voyager)

« Consider again that dot. That's here. That's home. That's us. On it, everyone you love, everyone you know, everyone you ever heard of, every human being who ever was, lived out their lives. The aggregate of our joy and suffering, thousands of confident religions, ideologies, and economic doctrines, every hunter and forager, every hero and coward, every creator and destroyer of civilization, every king and peasant, every young couple in love, every mother and father, hopeful child, inventor and explorer, every teacher of morals, every corrupt politician, every superstar, every supreme leader, every saint and sinner in the history of our species, lived there... on a mote of dust suspended... in a sunbeam. The Earth is a very small stage in a vast, cosmic arena. Think of the rivers of blood spilled by all those generals and emperors so that in glory and triumph they could become the momentary masters of a fraction... of a dot. Think of the endless cruelties visited by the inhabitants of one corner of this pixel on the scarcely distinguishable inhabitants of some other corner. How frequent their misunderstandings, how eager they are to kill one another, how fervent their hatreds. Our posturings, our imagined self-importance, the delusion that we have some privileged position in the universe, are challenged by this point of pale light. Our planet... is a lonely speck in the great, envelopping cosmic dark. In our obscurity, in all this vastness, there is no hint that help will come from elsewhere to save us from ourselves. The Earth is the only world known so far to harbor life. There is nowhere else, at least in the near future, to which our species could migrate. Visit, yes. Settle, not yet. Like it or not, for the moment, the Earth is where we make our stand. It has been said that astronomy is a humbling and character-building experience. There is perhaps no better demonstration of the folly of human conceits than this distant image. To me, it underscores our responsibility to deal more kindly with one another and to preserve and cherish the pale blue dot, the only home we've ever known. »


vendredi 30 juin 2017

Supertoys et autres histoires du futur - Brian Aldiss

Et on termine ce mois anglais par une dose de SF.
Brian Aldiss, ce nom est peut-être inconnu, en tout cas moins connu que ceux de ses contemporains ( au moment où j'écris, il est toujours vivant et a 91 ans) américains:  Isaac Asimov, Ray Bradbury, Philip K Dick, Alan Nourse, Kurt Vonnegut.. pour ne citer que ceux de la même génération, ou que Arthur C Clarke, son contemporain de la décennie précédente.

Par contre vous avez peut-être vu l'adaptation de la nouvelle qui donne son titre au recueil, Les supertoys durent tout l'été ( 1964), sous le titre A.I, Intelligence Artificielle, réalisé il y a une quinzaine d'années par Steven Spielberg

Et je le dis de suite: non je ne l'ai pas vu. Je n'aime pas spécialement Spielberg, et encore moins dans sa veine récente. Je sauve Duel, Rencontre du 3°type, les aventuriers de l'arche perdu et le méconnu 1941,et, oui, je n'ai rien à secouer de Jurassic Park, de la couleur pourpre ni du soldat Ryan, ni de la liste de Schindler. Sifflez, j'm'en fous.

Et ce d'autant plus que , ce que nous apprend l'avant propos de ce livre écrit par Aldiss, c'est que l'adaptation devait être faite dès les années 1970 par Stanley Kubrick à qui cette histoire plaisait beaucoup( oui, le réalisateurde Full Metal Jacket, Orange Mécanique, Shining, 2001 Odyssée de l'espace ou Dr Folamour. Rien que ça...) D'un point de vue purement cinématographique, et personnel je considère Kubrick largement supérieur à Spielberg. qui a été bon à un moment dans le cinéma de divertissement, mais me gave sincèrement quand il part dans le pathos.

Mais j'avoue que j'ai du mal à imaginer Kubrick adaptant une histoire aussi intimiste, et apparemment lui aussi a fini par jeter l'éponge voyant qu'il serait impossible de transformer une nouvelle de quelques pages en grande fresque filmique, lui-même et Aldiss n'arrivant  pas à se mettre d'accord sur une manière de développer ce court récit.
Maiiiis d'autre part, la critique sociale sous jacente de la nouvelle aurait pu donner quelque chose d'intéressant à la sauce Kubrick. Bon le film n'existe pas, et c'est dommage, mais l'impulsion a été donnée à l'auteur qui a complété la nouvelle plusieurs années plus tard par deux autres" supertoys" pour en faire une mini trilogie, chacune reflétant plus ou moins les préoccupations sociales du moment d'ailleurs, avec comme fil directeur une critique de la surconsommation.




Dans "les supertoys durent tout l'été", il y a le portrait parallèle de Henry Swinton, commercial dans une société de robotique pour clientèle ultra riche, et de sa femme Monica qui s'ennuie à mourir seule chez elle. Dans cette société futuriste, la surpopulation est telle que les couples doivent participer à une loterie pour gagner par tirage au sort le droit d'avoir un enfant, alors pour pallier ça, Henry a offert à sa femme David, un des produits de leur société, petit robot à l'apparence d'enfant de 5 ans qui ne sait rien de sa vraie nature. Et pendant qu'Henry court le monde en vendant des créations toujours plus délirantes au quart de l'humanité qui vit dans l'opulence et se gave sans un regard pour le 3/4 de la planète qui crève de faim en pataugent dans les ordures - sa boîte a même inventé un robot à avaler, succédané de taenia, permettant de manger comme 4 et de picoler sans prendre un gramme ni risquer la gueule de bois - pendant ce temps donc, Monica se débat avec David, qu'elle repousse parce qu'il restera à jamais un enfant de cinq ans ( alors qu'elle n'a pas de problème avec Teddy, robot assistant à l'allure plus rassurante d'ours en peluche). Monica patauge en pleine vallée de l'étrange avant même que le concept ne soit inventé, complexe de ne pas considérer David, doté d'une intelligence supérieure à d'autres robots et qui se pose des questions existentielles sur la réalité, comme un être humain vivant, ce qu'il n'est effectivement pas, mais en même temps parle de l'abandonner au rebut dès qu'elle apprend qu'elle et son mari ont été tirés au sort. Tandis que David qui en sait rien de sa nature ou de celle de Teddy se demande pourquoi ses parents ne l'aiment pas, il a été programmé pour réagir comme un enfant de 5 ans "standard"
Donc d'un côté une critique de la société de consommation,où les riches vivent en espace clos avec de fausses fenêtres pouvant se programmer pour admirer le paysage choisi, Monica ayant choisi d'afficher un perpétuel été dans un jardin virtuel, pour ne pas voir la misère, la surpopulation et la pollution.
De l'autre une réflexion assez subtile sur, non pas l'intelligence artificielle, mais plutôt "qu'est-ce que c'est la réalité. Est-on ce que l'on croit être? Peut-on arriver à combler le décalage entre ce qu'on pense être et ce que les autres projettent sur vous?
Les suites " les super toys en hiver", puis "les supertoys les autres saisons" va creuser cette réflexion. Monica a gardé David qu'elle néglige toujours, car sa grossesse a échoué, ce dont elle se plaint abondamment sur un prototype de chat internet ou de Facebook avant l'heure. Elle a reporté son affection sur un autre robot, Jules, à l'allure de vieux majordome qui évoque des souvenirs lointain de son père. Mais lorsque Jules tombe en panne, et que David suggère " c'est pas grave c'est un robot tu pourras le remplacer", elle finit par lâcher ce qu'elle retenait depuis des années " et toi et Teddy aussi vous êtes des robots", révélation qui provoque une série d'accidents en chaîne où Monica va laisser la vie... pendant qu'Henry toujours au loin continue à vendre du rêve à des rupins.
3° acte: alors que David, seul et endommagé se dirige vers "throwaway city", la ville ou échouent les robots endommagés ou vite devenus obsolètes dans la course au progrès, Henry fait enfin l'erreur qui va le faire tomber de haut, et est renvoyé à la case départ, sa femme est morte, son enfant adoptif porté disparu, il sort de sa bulle et se rend enfin compte de l'état du monde, asphyxié de plastique, monde qu'il a contribué à créer
Très intéressante réflexion, sur la course au progrès, et cette dernière partie est saisissante, avec son bidonville de robots qui ressemblent à des travailleurs handicapés licenciés ou à des retraités laissé sur le bord de la route de la croissance. C'est même le plus intéressant, puisqu'on est passé d'un questionnement sur le réel et l'identité, à un questionnement plus global sur " le progrès, oui, mais à quel prix".
Très anglais aussi dans son humour absurde et noir, puisque la société où travaille Henry se nomme Synth-claws, et l'un des actionnaires Mr. Aintworthy. En gros, Monsieur "cestpaslapeine". Henry a tellement été ambitieux et aveuglé par le succès qu'il est lui même mis à la porte de sa société, maintenant dirigée par une entité.. robotique. Exit l'humain, les machines qu'il a créées l'ont dépassé et rendu obsolète à leur tour.
Une très jolie découverte d'une profondeur intéressante, du coup j'ai encore moins envie de voir l'adaptation passée à la moulinette Hollywood, je crains qu'elle ne perde sa subtilité.

Pour les autres nouvelles, elles datent toutes d'époques disparates (il y a 19 textes en tout) et sont.. disons, pour le moins inégales.
On y retrouve des thèmes récurrents, comme la mise en scène très grandiloquente de choses qui ne devraient pas l'être ( un suicide par décapitation, annoncé bien à l'avance t pour lequel des places se vendent cher, un changement de sexe par l'hypnose - oui, WTF?!, ou le voyage dans le temps d'une starlette qui n'a plus un os d'origine dans le corps, ni une once de sincérité"- Je pense que cette phrase résume bien l'idée générale qui ressort de ces nouvelles: une humanité frelatée, trafiquée, plus très humaine en fi de compte, qui s'oppose au robot trop humanisé de Supertoys.

D'autres idées se retrouvent de loin en loin, la conquête du système solaire, parfois présentée sous un jour positif, mais parfois... j'avoue j'ai bien aimé "III" ( pas "3" mais 3fois la lettre I), l'acronyme d'une multinationale anciennement nommée " Mondesancto" qui après voir réussi à se faire détester sur terre en prenant la mainmise sur 95% des ressources en eau, mais RAF, on a gagné de l'argent, il suffit de changer de nom pour se racheter une conduite,  part explorer les lunes des géantes gazeuses pour en exploiter les ressources (et exterminer la vie qui s'y trouve, surtout si elle n'est pas comestible, pour l'empêcher de nuire au développement du profit, toujours plus de profit) Toute ressemblance, blablabla..
Parallèlement, cette humanité peu glorieuse cherche un idéal perdu, d'avant la reproduction sexuée, un idéal qui n'a probablement jamais existé. Avec un fantasme d'île isolée, où on vivrait en paix avec sa petite famille.De retour à l'harmonie avec la nature.
Mais le fait est que dans la plupart des nouvelles , hommes et femmes n'arrivent pas à communiquer, ou alors par dialogues de sourds, via des hologrammes, ou coincé dans des mondes parallèles.
On y trouve aussi des relectures de la Tempête de Shakespeare par exemple ( celle là, elle ne m'a pas plu, vu que le Héros se tape ouvertement Miranda.. 12 ans. C'est une chose qui même en littérature, ne passe pas chez moi), ou du mythe d'Orphée et Eurydice ( bien plus réussi, mis en parallèle avec la Shoah)

Mais voilà, mon impression générale reste mitigée. Beaucoup de bonnes idées, sur la place de plus en plus réduite de l'humain dans un monde qu'il a ironiquement façonné à sa guise,  mais dont je n'ai pas toujours aimé la narration, soit parce qu'elle se perd parfois dans détails sans grand intérêt, en oubliant des choses importantes, soit parce qu'elle opte pour un ton " conférence ou discours politique", qui me gonfle un peu.
Et souvent il en ressort qu'on ne sait pas trop où Aldiss veut en venir. Et j'ai l'impression que plus il avance en âge, plus cet effet s'accentue, sur les nouvelles les plus récentes.
C'est peut être très clair pour lui, mais pas toujours pour le lecteur, qui se contentera d'un "pas mal mais peut mieux faire", sur plusieurs textes.

Dommage, j'aurais vraiment voulu apprécier ce recueil, mais il en reste qu'hormis quelques textes, sur les 19, ce sont bien les Supertoys qui sont les plus intéressantes ( et je dis bien LES, les 3 nouvelles, se contenter de la 1°, serait louper quelque chose)


Mais comme je n'aime pas rester sur un échec, ou un demi-échec, je redonnerai à l'auteur sa chance avec Helliconia, qui est son oeuvre la plus connue.

En fait, je suis dans le même état d'esprit que pour les Monades Urbaines de Robert Silverberg. De bonnes idées, mais pas toujours traitées d'une manière convaincante ( même si les Monades avait l'avantage de se passer dans une unité de lieu, et donc avait une plus grand homogénéité)

MAJ: parce que peu de medias en auront parlé, j'ai appris la mort de cet auteur que je venais à peine de découvrir " pour de vrai", ce 19/08/2017, le lendemain même de son 92ème anniversaire.

Donc je crois que l'an prochain, si mon planning m'en laisse le temps, il va falloir que j'intègre un de ses titres, pourquoi pas le tome 1d'Helliconia si je le trouve.

dimanche 25 juin 2017

Monty Python and the Holy Grail

Avoir parlé récemment de Terry Pratchett , m'a illico fait penser à deux autres Terry célèbres.. Jones et Gilliam.
Et donc logiquement aux  Monty Python dans leur ensemble.

Bon évidemment, sortir les Monty Python pour un mois anglais, ça n'est ni original, ni surprenant, et tout le monde ici connait, enfin j'espère.

Mais bon pour les deux du fond qui ne suivent pas, on va récapituler la trame de ce film totalement silly.




C'est l'histoire du roi Arthur, qui parcourt la Bretagne, cherchant des chevaliers pour sa future cour...




Et recrute peu à peu Sir Bedevere ( le sage), Sir Galahad (le pur), sir Lancelot ( le pur,mais un peu moins pur), Sir Robin ( le pas-si-brave).. avant de se voir assigner la mission de retrouver le Graal par Dieu en personne. On sait déjà que la mission va lamentablement foirer, mais là n'est pas la question.

Sir Bedevere, l'intellectuel de la bande, vérifie par la méthode expérimentale si un oiseau migrateur peut transporter une noix de coco sur de longues distances

Le film n'est pas totalement abouti et manque d'un vrai liant entre des séquences comiques souvent hilarantes.On retrouve un peu le principe du Flying Circus, qui passait du coq à l'âne ( déjà développé en long métrage en 1971, sous le titre parfaitement adapté " And now for Something Completely Different").


Mais rien que pour la série de tableaux délirants que traverse le roi avant de recruter sa fine équipe ( un ramasseur de pestiférés qui braille " bring out your dead", un groupe de paysans anarcho-syndicalistes revendiquant leur autonomie, des péquenauds pratiquant la chasse aux sorcières, un chevalier noir irascible et increvable, les chevaliers français aux insultes fleuries) ou après ( la rencontre avec les chevaliers qui disent ni, sir Galahad le pur qui arrive par accident dans un châteaux habité par 150 jouvencelles adeptes de la fessée, le lapin de Caerbannog, la sainte Grenade d'Antioche, le débat sur les noix de coco et les hirondelles d'Europe et d'Afrique..), ce film m'éclate en dépit de sa fin en queue de poisson. La vie de Brian, quatre ans plus tard, sera mieux maîtrisée au niveau scénaristique.



Tout ça est devenu mythique, en tout cas pour moi. Et probablement pas seulement pour moi, si j'en juge au nombre de mèmes internet sur le chevalier noir, le lapin de Caerbannog et la sainte grenade à main d'Antioche.




 Et j'ai beau l'avoir vu plusieurs fois, ça marche toujours. Et puis pouvoir recaser dans la conversation les insultes typiquement françaises " vos mères sont des hamsters et vos pères puent le sureau" ou " voleurs d'ânes électroniques mordeurs de derches"


Et si vous vous êtes toujours demandé pourquoi Bohort avait peur des lapins adultes dans Kaamelott, ne cherchez pas plus loin, c'est le chevalier Bohort qui est le premier sauvagement attaqué par ce monstre ici  ( oui parce que Holy Grail est quand même l'une des références les plus évidentes, même si ça n'est pas la seule, loin de là, de la meilleure série française toutes catégories confondues. Oui j'assume ma partialité). Et donc, oui, être attaqué,même dans un autre oeuvre, par un lapin sauvage, ça peut causer un traumatisme et une phobie.

Camelot?It is a silly place!

En tout cas si vous ne l'avez pas encore vu, tentez le coup, mais en VO,STF si nécessaire, pour profiter à fond des chansons d'Eric Idle et de l'accent outrrrrrrageous de nos 5 anglais imitant les chevaliers français lanceurs de vaches (moui, un bon fromage qui pue aurait été tout aussi efficace et moins lourd)


En plus le film exactement 42 ans cette année, je dis ça comme ça ( et Douglas Adams était un bon copain de la fine équipe)