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vendredi 29 novembre 2019

Quand passent les cigognes ( long métrage 1957)

Voilà un film que ma mère avait vu il y a très très longtemps, et qu'elle avait beaucoup aimé, dont elle avait parlé avec mon correspondant et binôme de sous-titrage quand il est venu nous voir.

Donc puisque le cinéma d'art et d'essai le rediffusait, hop, j'embarque ma mère, on va voir le film!

Attention DRAME et FILM DE GUERRE. Autant le mettre en gros pour ceux qui seraient rétifs aux films tristes et aux scènes de guerre.

Le point traduction: le titre original Летят журавли, signifie" les grues volent". Probablement trop peu poétiques, les animaux ont été changés, le titre a été adapté. C'est un peu tiré par les cheveux pour le rendre plus vendeur, mais en l'occurrence, il n'y a pas de gros problème, c'est en référence au poème que récite l'héroïne à plusieurs reprises, peu importe dans le fond de quels oiseaux migrateurs il s'agit, tant qu'ils symbolisent les soldats partis au front dont on attend le retour.

Détail à noter:le film est ressorti en version remasterisée le 8 et 9 mai. Ce n'est pas une approximation.
Le 8 mai c'est l'armistice en Europe de l'ouest, le 9 c'est le jour de la Victoire en Russie.
La capitulation a été signée peu avant minuit à Berlin, mais c'était déjà le lendemain en Russie pour cause de décalage horaire.

Et donc, le film, réalisé en 1957, raconte en fait ce qui se passait en Russie, 15 ans plus tôt: la mobilisation de forces vives de la nation, sur le front est contre l'Allemagne nazie, et les difficultés quotidiennes de ceux restés à l'arrière.
Car en Europe de l'Ouest, on l'oublie trop souvent, mais la seconde guerre mondiale impliquait un autre front, de l'autre côté, en Europe centrale et de l'Est. Et les pays concernés ont subi d'énormes pertes humaines et matérielles (il n'y a qu'à voir le bilan de la bataille de Stalingrad).

J'aime ce genre de cadrages, vous ne pouvez pas savoir à quel point!

Pourtant tout commençait bien, en 1939: Veronika, surnommée Bielka (écureuil, ce détail va avoir son importance) par son fiancé Boris, prend la vie avec légèreté, malgré la menace de la guerre. Elle est Boris s'adorent, ils vont se marier, l'avenir leur sourit. Boris vit dans un appartement avec ses parents, sa soeur, sa grand-mère et Mark, son cousin, qui est vraiment très lourd et harcèle Veronika en espérant qu'elle le choisisse lui, plutôt que son cousin.
Mais lorsque la guerre éclate, Boris se porte volontaire pour partir au front, chose qu'il a bien évidemment caché à Veronika et à sa famille. Et part donc pile le jour de l'anniversaire de Veronika, lui laissant comme cadeau et souvenir un écureuil en peluche, qui tient un panier de noisettes. Il a caché sous les noisettes un mot d'adieu, que Veronika ne trouvera pas. Ce sera la dernière fois qu'ils se verront.


Quelques temps plus tard, nouvelle perte pour elle: alors que ses parents l'ont poussée à aller s'abriter dans le métro, lorsqu'elle ressort, son immeuble est détruit, ses parents sont morts, elle est contrainte de trouver refuge chez les parents de Boris qui l'accueillent volontiers.elle n'a plus comme souvenir de son passé que l'écureuil en peluche quelle emmène partout avec elle. Alors qu'elle a quasiment perdu le goût de vivre, nouveau coup dur, lors d'une attaque aérienne, Mark profite de sa dépression et de sa terreur pour la violer.
Oui je vous l'ai dit, c'est un DRAME.


Et à l'époque, que fait on pour sauver son honneur? Soit on se suicide, soit on épouse son agresseur. C'est ce que Veronika fait, car elle espère encore revoir Boris vivant, bien qu'elle soit très fortement tentée parla première option et on la comprend. D'autant que la soeur de Boris et son père - qui ne savent pas la vraie motivation de ce mariage très peu heureux - la voient maintenant comme une traitresse qui n'a même pas attendu une annonce officielle de mort ou de disparition.

Toute la famille partira ensuite à l'arrière en Sibérie, car le père de Boris est médecin, et va donc s'occuper de soigner les blessés. Veronika suit donc tout le monde, s'implique dans l'aide aux blessés, va encore être tentée par le suicide, mais finit pas réagir le jour où son enflure de mari lui vole son écureuil pour l'offrir à sa maîtresse. Ce n'est qu'à ce moment qu'elle va enfin trouver la lettre cachée sur peluche, la lettre tant attendue, qu'elle avait depuis le début.

Et ensuite? Ben... c'est encore plus triste! A peu près au niveau du Tombeau des lucioles, mon mètre-étalon du film lacrymogène.

Mais franchement je vous le conseille, ne serait ce que parce que l'héroïne est un beau personnage féminin, qui même aux pires moments, trouve encore la force de résister au désespoir et s'accroche àtout ce qu'elle peut. Parce que l'actrice, Tatiana Samoïlova, est très convaincante dans ce rôle difficile. Que l'oncle Fiodor est aussi un personnage intéressant. Que les cadrages et la réalisation sont somptueux, les plans et les mouvements de caméras sont largement en avance sur leur temps, la profondeur de champ est digne d'Orson Welles ou de Fritz Lang, et ce n'est pas peu dire.

Plastiquement, c'est magnifique.

pas besoin de gros effets pour signifier la guerre , le siège, les difficultés
Et cet écureuil en peluche est trop chou, d'autant qu'il y a aussi quelqu'un que je surnomme "l'écureuil" à part moi, donc hautement symbolique pour moi aussi.

 Mais donc, à voir, un excellent film, à vous de voir si vous êtes du genre à pleurer au cinéma ( parce que là,c'est mal parti pour garde votre dignité en public.Ce n'est pas mon cas et pourtant, j'ai eu du mal à ne pas déprimer. Même là, en y repensant et en tapant, j'ai un peu le moral à zéro!)

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