jeudi 14 mai 2015

Les navigateurs de l'infini - JH Rosny aîné

Encore un billet qui était initialement prévu pour le mois belge, mais qui faute de temps pour le taper avant le délai imparti, se retrouve hors saison. Hors saison pour le mois belge, mais pas pour le challenge geek.
rosny aîné, j'en avais déjà parlé ici à deux reprises pour La guerre du feu, son ouvrage le plus connu qui ne m'avait pas vraiment convaincue, et pour La jeune vampire et la silencieuse qui étaient déjà plus à mon goût, mais dont j'avais trouvé, comme pour la Guerre du feu d'ailleurs, les fins un peu bâclées. J'y reviendrais.
Je m'étais cependant promis de donner à l'auteur une autre chance, dans la catégorie SF dont il est l'un des pionniers ( il existe d'ailleurs un prix Rosny aîné , décerné à des auteurs de  SF francophone, Claude Ecken dont j'ai parlé ici aussi l'a reçu dans la catégorie nouvelles en 2001 pour "la fin du big bang").

Les navigateurs de l'infini date de 1925, il est donc plus tardif que la Guerre ( 1909). LEs navigateurs sont au nombre de 3, partis de la Terre à bord du vaisseau le Stellarium, pour aller explorer Mars. Ce qu'ils vont y trouver dépasse leurs espérances: non seulement la planète rouge n'est pas un rocher stérile et désolé, moyennant un bon scaphandre et quelques machines, ont peut y vivre sans problème quelques mois, il y a de l'eau, mais il est habité d'au moins trois espèces animales distinctes: les zoomorphes ( des créatures ni vraiment minérales ni vraiment animales, dotés d'une symétrie non pas basée sur le nombre 2 mais sur le nombre 3, ils sont donc dotés de 9 "pattes" ), les éthérés ( des créatures impalpables, à la nature indéfinissable, visibles seulement dans la pénombre) et les tripèdes, l'équivalent local des humains, et les seuls avec qui les aventuriers terrestres vont pouvoir nouer un contact en établissant un language codé fait de gestes.
Et pour cause, les tripèdes sont non seulement dotés de 3 pieds comme leur nom le laisse deviner, mais n'ont ni oreilles, ni nez.Par contre ils ont 6 yeux, aux couleurs multiple, qui font le ravissement des terriens. LE tripèdes sont différents de tout ce qu'on connait, mais beaux à leur manière.
De fil en aiguille, les terriens finissent par comprendre que les Tripèdes et les zoomorphes sont en conflit. PAs vraiment un conflit armé, car il n'y a pas intention de nuire, mais les tripèdes sont une civilisation ancienne sur le déclin. Les  zoomorphes sont une espèce invasive qui non seulement est en train de prendre possession de la planète, mais rend impropre à la consommation des autres espèces ce qu'il touche ainsi que le terrain qu'ils ont colonisés. L'arrivée des humains dans leur machine avancée est une aubaine pour les tripèdes qui espèrent recoloniser leur espace vital.

Sur cette trame se greffe, mlheureusement, une histoire d'amour improbable entre le spationaute narrateur et une martienne tripède qu'il a surnommée "Grace", pour ses beaux yeux multicolores. D'une part l'idée d'une idylle (purement platonique pour incompatibilité physique entre les habitants des deux planètes, donc soyez rassurés, pas d'Alien Sex,  ça reste chaste!) est plutôt sympa et d'autant plus que justement les matiens ne sont pas bêtement des  humains en mieux ( chose qui m'avait saoulée dans la Planète des singes avec Nova, qui bien que venant du système de Bételgeuse est une pseudo humaine compatible avec notre planète et ses habitants. Mouaif, pourquoi inventer des extraterrestres s'ils nous ressemblent à 100%). Par contre, vu le temps très court dans lequel se déroulent les événements, ça pose un gros souci de vraisemblance, car ils arrivent à définir 3 ou 4 signes pour communiquer par jour.. mais sont capable de tenir de vraies conversations en moins de quelques semaines...
Sinon j'ai grandement apprécié que l'auteur ne passe pas sous silence la découverte de la planète et de sa faune - les tripèdes arrivent en fait assez tard dans l'histoire), ni n'idéalise trop les tripèdes ( ils nous fait remarquer que S'ils sont prompts à apprendre les tâches de manutentions et de fabrication mécanique, ils sont quasiment incapable de la moindre initiative et que c'est surement là la cause principale de leur déclin. D'excellents ouvriers spécialisé qui peuvent construire une machine en un temps records.. mais ne sauront jamais à quel moment il est nécessaire de s'en servir.. J'ai aussi apprécié le fait qu'il ne s'agisse pas vraiment d'une histoire de guerre ouverte, plutôt d'un problème de niches écologiques, et les tripèdes ne veulent pas annihiler leurs voisins zoomorphes, juste les éloigner de leurs source de nourriture.

Mais , et la je reviens à ce qui faisait le problème majeur des autres textes du même auteur: la fin. La fin est bâclée une fois de plus, tout se finit en queue de poisson par une contemplation du paysage de Mars., youpi, on a gagné, les zoomorphes sont momentanément éloignés Sans rien régler: est-ce que les zoomorphes vont revenir, est-ce que les terriens vont revenir sur Terre laissant derrière eux ceux qu'ils considèrent comme une seconde famille, tout au moins des cousins assez proches pour ses soucier de leur sort? est-ce que le narrateur va renoncer à cette idylle extraterrestre condamnée à l'échec? est-ce qu'un des martiens fasciné par la Terre va vouloir voyager à son tour, .. Ben non, zéro réponse: ça s'arrête pile après la baston.. même pas finale, puisque tout reste en suspens, y compris le devenir des martiens.
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La fin, abrupte, qui ne conclue rien. Pas une fin ouverte non.. juste l'impression une fois de plus, qu'un chapitre supplémentaire n'aurait pas été de trop. Les éthérés, par exemple, passent totalement à la trappe dès l'arrivée des tripèdes sur la scène, il n'en sera plus question que pour des remarques du genre " mais qu'est-ce qu'ils sont, j'aimerais bien le savoir".. oui, nous aussi, les lecteurs, on aimerait...
Ceci dit, je vois qu'il y a une suite nommée "les astronautes" qui parle apparemment du retour sur terre des navigateurs qui a été publiée en 1960, soit 20 ans après la mort de l'auteur. J'ai trouvé celui là sur le site immatériel, lors de l'une des opérations E-books à 99cts de Bragelonne qui l'a édité, et la suite est disponnible aussi.

D'ailleurs, tiens, je le souligne car je viens de le voir, Immatériel a changé de nom est est maintenant 7switch, il va falloir que je vérifie si les e-books que j'y avais achetés mais pas encore téléchargés sont toujours là!
vérification.. oui , il est toujours possible de se connecter avec les identifiants crées sur immateriel et les archives sont toujours disponibles, ouf!
idée 73: un endroit que je découvre, où je ne suis jamais allée: Mars ( ni moi, ni personne, d'ailleurs!)

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