lundi 25 mai 2015

Un curé d'enfer et autres racontars - Jørn Riel


Et voilà, 4° tome des aventures épiques de notre poignée de trappeurs zinzins du grand nord. Et dernier pour moi avant un certain temps, vu que la médiathèque n'a pas les tomes suivants.

7 histoires toujours plus ou moins crédibles et souvent drôles.

- Un cadavre bien conservé: souvenez vous, dans le précédent tome, j'ai dit qu'il y avait des départs. en l'occurrence un des chasseurs est parti  définitivement et les pieds devant. Sauf qu'il y a débat: sa famille espère bien le récupérer pour lui donner "une sépulture décente" et ses amis ont un idée bien précise sur ce qu'il aurait voulu. Mais légalement, c'est la famille qui a raison il faut donc conserver l défunt présentable d'ici le passage du bateau, plusieurs mois plus tard. Tant que c'est l'hiver, pas de souci, on le colle à la remise entre les provisions, il restera congelé tranquillement. Mais lorsque le printemps arrive... pas de souci, Bjørken à la solution: saumurer son patient comme un hareng géant , le coller dans 2 tonneaux scellés et mettre le tout au creux d'un iceberg, plus de danger qu'il dégèle. Sauf qu'un iceberg ça dérive et que le cadavre en salaison semble bien parti pour son dernier voyage.. au sens propre.
Oui dit comme ça, ça parait sordide, mais du moment qu'on aime l'humour noir, les idées de Bjørken ne manquent pas de.. sel.

-Le chien qui perdit la voix: Fjordur, dont on a découvert la passion secrète dans le tome d'avant, a un chien favori. L'animal et son maître s'entendent à la perfection, et "discutent" jusqu'au jour où.. un bête accident, et le chien perd la part la plus expressive de sa personne: sa queue. Le chien devenu " muet" en fait même une dépression nerveuse.
Une histoire un peu décevante: sachant quelle est la passion de Fjordur, je m'attendais à ce qu'il " bricole" une prothèse à sa bestiole, ce qui aurait été du "plus bel" effet - aheum. Mais non, et c'est dommage, je me sens flouée .

-El dedo del Diablo: dans la famille des hurluberlus qui viennent parfois se perdre sur la banquise, je demande l'oncle d'Amérique du Sud. Le chasseur Svendsen a passé plusieurs années quelque part au fond de la jungle. D'une part c'est un incroyable fanfaron qui adore raconter ses "aventures" improbables pour le plus grand plaisir des autres hurluberlus locaux. D'autre part il a ramené avec lui Magdalena. Ce n'est pas sa femme, juste son "petit" animal de compagnie. Du genre long de 5 m, vert et jaune, couvert d'écailles avec une langue bifide. L'arrivée du premier boa constrictor jamais vu dans le grand nord provoque évidemment un foin pas possible. Là encore humour noir et cocasse, comme j'aime.

- Le petit Pedersen: autant  Svendsen était fanfaron, autant Pedersen est geignard: tout petit, plutôt moche, il n'a pas grand chose pour lui, mais serait supportable s'il arrêtait de se plaindre sans cesse. Il met sur le compte de sa taille son absence quasi totale de succès auprès des femmes, mais qui voudrait d'un pleurnichard. Lodvig, le malheureux qui va devoir se le coltiner pendant toute une saison décide que pour sa propre santé mentale, il est nécessaire de faire subir à Pedersen une thérapie de choc qui lui fera reprendre confiance en lui.. et par conséquent, fermer son clapet. La solution de Lodvig est risquée, mais, contre toute attente, efficace.

- une épopée littéraire: On le sait, plusieurs mois de vie dans l'arctique, coupé du monde, ça monte au cerveau, et les lubies bizarres, guettent.Après les bonbons au chocolats, après la scie musicale, le tricot et que sais-je encore, c'est Anton qui est pris d'une folie littéraire et décide de devenir romancier. Problème, il n'y a qu'un seul crayon dans toute la région, et il ne peut pas attendre l'arrivée du bateau, sinon, il risque d'oublier  les idées géniales qui vont faire de lui le romancier le plus novateur de l'histoire de la littérature danoise . Or, problème, par un malheureux concours de circonstance, il avale le dernier bout du dernier crayon. que faire? La encore la solution est.. inattentue et implique 35 boites de sardines à l'huile.
Ok, cette nouvelle là n'est pas fine, mais la série d'événements qui conduisent à l'ingestion du crayon est tellement racontée de manière épique, que je n'ai pu que rire.

- la puce: moins encombrante qu'un boa, c'est cette fois une puce, qui déboule dans le grand nord, bien au chaud dans une cargaison de fourrures. Une puce qui , malgré le nombre incroyable de chiens qui se trouvent dans le secteur, va préférer s'en prendre aux humains.. avec plus ou moins de succès ( certains son trop coriaces.. ou risquent de lui coller une gueule de bois!). Et déclenche une névrose collective. Encore un récit épique.. vu du point de vue d'un parasite.

-un curé d'enfer: Les habitants du nord-est du Goenland sont un peu jobard, on le sait. Leurs visiteurs sont encore pire. La vieille anglaise venue faire un safari en emportant sa salle de bain dans le tome 2, ou le père Polleson dans celui-ci. Ce missionnaire fanatique et xénophobe envoyé évangéliser le sud-est du Groenland a fait tellement de scandale, voyant de la luxure partout, que les autorités religieuses ont décidé d'envoyer la patate chaude dans le nord ouest.. à charge d'évangéliser la vingtaine d'habitants du coin. Déception pour Polleson, il n'y a pas une femme à l'horizon, il ne va pas pouvoir tarabuster son monde avec la luxure, il va falloir trouver autre chose. Et le fait que tous les chasseurs sont plus ou moins bouilleurs de cru lui offre la solution: il va à lui tout seul monter une espèce de ligue anti-alcoolique et faire des choses très chrétiennes: se mettre en colère, tromper son monde, extorquer de faux aveu, voler des bateaux.. pour faire le tour de la côte et détruire nuitamment tous les alambics qui se trouvent sur sa route. Les habitants sont plutôt pacifiques, mais il y a quand même des limites à leur patience.

La encore il y a des nouvelles que j'ai plus appréciées que d'autres, en particulier la première  et celle du boa pour leur humour volontiers noir et la dernière qui montre la résistance farouche d'une poignée de gens un peu mécréants, mais plutôt tolérants quand on leur fiche la paix, contre un religieux obtus qui veut les évangéliser de force. Même au bout du monde, on n'a pas a paix!

Je vous avais déjà montré le Groenland au printemps, et en été voilà le Groenland en automne

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