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Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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jeudi 29 décembre 2011

Le Bateau Usine - Takiji Kobayashi

Petite pause dans le mois anglais, pour laisser la place au dernier imposé du défi nécro: auteur mort avant 35 ans, en la personne de Takiji Kobayashi, mort à 29 et dans des circonstances particulières: lors d'un "interrogatoire" de police.. en clair un gêneur qui a été éliminé.

Et éliminé en particulier pour des écrits du style du Bateau Usine, qui met en avant des choses que la société japonaise de l'époque avait plutôt intérêt à taire, en l'occurrence, l'exploitation des classes ouvrières par un capitalisme sauvage alors en plein essor.

On suit donc le quotidien désespérant de une équipe de marins et de pêcheurs, embarqués sur un rafiot déglingué, vestige de la guerre Russo-japonaise qui avait eu lieu 10 ans plus tôt. Tous sont constamment brimés, surmenés, affamés par l'intendant sadique et malhonnête, seul maître à bord qui tyrannise tout le monde et dirige même le capitaine. Un passage marquant: l'intendant refuse que le capitaine aille porter secours à un autre navire de la même compagnie en perdition, au motif que le temps c'est de l'argent et qu'il est là pour défendre l'intérêt financier des capitalistes qui le payent, contre lequel la vie de 300 marins n'a aucune importance. Ni leur santé ( au passage, faire travailler les malades à la fabrique de conserve jusqu'à ce qu'il en meurent démontre aussi le non-respect du consommateur, les futurs cochons de payants qui vont consommer les boites d'un produit de luxe payé à prix d'or, ainsi que l'empereur du Japon qui va déguster du crabe préparé par des ouvriers qui ont droit à une douche tous les 15 jours).

Soigneusement sélectionnés pour leur ignorance totale du syndicalisme et leur inertie globale plutôt que pour leur expérience professionnelle, entassés dans une soute sobrement surnommée "le merdier", les ouvriers, les machinistes les pêcheurs n'ont même pas l'idée de se révolter. Mais un incident va leur donner l'impulsion nécessaire: une barque en perdition échouée sur les côtes russes, des marins qui découvrent stupéfaits que la Russie et le communisme n'ont rien à voir avec le bourrage de crâne officiel au sujet de la " propagande rouge". mais les choses sont longues, très longues à se mettre en place, dans ce roman très court. La pression monte du côté des ouvriers, l'intendant est de plus en plus ignoble, l'affrontement final est inévitable.. et dérisoire: les ouvriers veulent seulement déposer une pétition - quand le lecteur , moi en tout cas - espère un bon gros massacre de l'intendant, on n'est plus à ça près!

L'auteur, venu des classes aisées, a découvert le syndicalisme un peu par hasard et pris fait et cause pour les sans grades dont il se fait porte-parole. Son roman est basé sur des faits réels: les rafiots complètement rouillés, les traitements inhumains faits aux travailleurs, les vols entre navires pour augmenter artificiellement sa productivité auprès de l'armateur, les pots-de-vins aux militaires, tout cela n'a pas été inventé mais sort d'une enquête minutieuse menée auprès des prolétaires de Hokkaïdo. On y trouve également quelques informations très intéressantes sur les suites de la guerre Russo-Japonaise, bref, c'est passionnant - même si Zola parait optimiste à côté.

Un détail intéressant à signaler: le livre a été publié initialement en 1929, donc en pleine période de crise économique, et est ressorti au Japon en 2008, donc en pleine période de crise,  avec un succès tel que le terme "kanikôsen" ( le titre n japonais), est devenu synonyme de "travail pénible et /ou précaire et/ou mal payé", signe que les classes défavorisées du Japon actuel, celles dont comme par hasard on ne parle jamais car ça ferait désordre de reconnaître que le chômage et les baitô vont croissant ( petit travail d'appoint réservé en théorie aux étudiants mais de plus en plus occupé par des travailleurs précaires). Bref, passionnant.
auteur mort avant 35 ans/ dans des conditions particulières.

Nous autres - Evgueni Zamiatine

Pour conclure la deuxième édition d'Une année en Russie, un peu de Science fiction ne fera pas de mal.


Il y a longtemps que je comptais lire "Nous autres" de Zamiatine, dans la mesure ou il est la source d'inspiration principale des deux monuments de la dystopie que sont 1984 et Le meilleur des Mondes ( d'ailleurs il faudra que je relise ce dernier, ça fait super longtemps).

Donc, on retrouve ici le principe de société "idéale" tenue par un leader absolu qui est au centre de ses deux successeurs: la société dans laquelle évolue le héros D-503 est basée sur l'harmonie mathématique, condition sine qua non du bonheur calibré.
Tout y est calculé pour répondre a des règles rationnelles précises, tout y est à précis, lisse comme le verre bleuté qui constitue les immeubles et la chaussée, le chaos y est soigneusement tenu à l'écart: la nature, les animaux, tout ce qui est illogique, exubérant et naturel est soigneusement séparé de l'état unique par le mur vert ( un mur virtuel électronique qui empêche l'intrusion du vivant et des phénomènes météorologiques dans l'état, car même le ciel doit y rester bleu uni). A l'inverse du meilleur des mondes qui circonscrivait le monde sauvage dans les réserves, il est ici considéré comme une menace dont il faut s'isoler. L'état unique est une bulle bleue au milieu d'un monde vert, qu'il s'efforce d'ignorer.
Du coup, il paraît d'autant plus étrange que cet état qui fuit l'inconnu se soit donné pour mission de convertir à sa conception du bonheur de potentiels étrangers, et d'envoyer à cet effet un vaisseau spatial conçu justement par D-503, mais passons.
Le lecteur assiste donc via les notes de D-503 destinées à être embarquées dans l'intégral pour instruire les habitants d'autres planètes, à la tentative de coup d'état menée par la mystérieuse I-330.

Le sujet est alléchant, mais une petite chose me gêne un peu, au niveau de l'écriture, et je ne sais pas à quoi l'attribuer exactement. A la traduction qui est peut être un peu imprécise, et il faut parfois relire plusieurs fois un passage pour savoir qui parle. Et en même temps, pour une question d'époque, le style ( enfin, ce qui transparaît) est assez " art déco",je n'ai pas pu m'empêcher de penser aux affiches des années 20, lettres anguleuses. En fait tout au long de la lecture j'ai eu très exactement cette image en tête:
Attention, hein, j'adore l'art déco en matière d'architecture  et je suis totalement fan de ce film. Mais j'ai eu la même impression au niveau de la littérature et ça me pose un problème, car du coup, la narration aussi raide que l'architecture qu'elle décrit.
Même les personnages, enfin, les "numéros" sont décrits de manière très géométrique: O-90 est ronde comme son initiale, I est sèche et raide comme une cravache ( le I russe est un N inversé qui donne encore plus l'impression d'un coup de fouet), R-13 semble avoir une tête énorme sur un corps maigrichon (le R russe ressemble à un P).. c'est original, mais, comment dire, un peu trop abstrait pour qu'on se prenne de sympathie pour les personnages. D'autant que D n'est pas en rébellion ouverte contre sa société contrairement à Winston de 1984 ou Bernard du Meilleur des mondes qui veulent vraiment un changement, il en est le témoin, et met son erreur sur le compte d'une maladie nerveuse d'un autre temps nommée "imagination" qui peut se soigner par une opération rapide en irradiant une petite zone du cerveau ( et là, c'est la lobotomie dans Vol au dessus d'un nid de coucou, qui s'est imposée à moi..)

K. Malevitch - suprematisme n°58 - 1916
Donc au final, je l'ai trouvé intéressant par l'influence qu'il a eu sur la science fiction en général, mais il est dommage que je l'ai lu après les deux oeuvres majeures qu'il a inspirées, et qui vont beaucoup plus loin.
Deuxièmement, je trouve intéressant aussi le rapport qu'il peut avoir avec les courants artistiques de son époque ( années 20), mais cette construction a les mêmes limites que le suprématisme en peinture: trop abstrait pour moi. J'aime bien, c'est joli, c'est régulier.. mais après? j'ai du mal à m'attacher à ces personnages géométriques qui manquent un peu trop d'épaisseur et de motivations.
Mais, je dois quand même dire que je l'ai lu au bon moment: celui ou l'on a pu voir des images qui semblent sorties en droite ligne d'un autre temps, la foule nord-coréenne rassemblée pour les obsèques de son chef tout puissant, puis acclamer son remplaçant, j'ai envie de dire son clone. Pour le coup, tout le passage sur l'élection du "bienfaiteur", chef incontesté de l'Etat Unique, prend une autre dimension.
auteur enterré à Paris : cimetière parisien de Thiais ( extra muros, mais parisien quand même)

 

dimanche 25 décembre 2011

Bûche à la crème de coco et coulis de groseilles-cassis

Cette année encore, après avoir abandonné l'idée de trouver quelque chose de mangeable (= sans huile de palme) dans le commerce, j'ai retroussé mes manches pour faire ma propre bûche.


Et difficulté supplémentaire, il faut trouver non seulement sans huile de palme, mais aussi sans lait pour une invitée intolérante au lactose.

Défi relevé: j'ai encore plein de coulis de groseilles-cassis fait maison au congélateur, on doit pouvoir arriver à faire quelque chose d'acceptable en mélangeant plusieurs recettes, les fruits rouges vont bien avec la noix de coco, j'arrive à imaginer, ça doit donner quelque chose

Et d'après ma voisine, le résultat est tellement concluant  que je vous en donne la recette:

La génoise, je l'ai trouvée ici, expliquée en détail, et c'est facile à faire: ( avec les ingrédients dans les proportions d'origine ça me fait une génoise de la taille d'une plaque de four.. attention ça cuit très vite!)
Et d'expérience: ne pas utiliser de papier sulfurisé, c'est la misère à décoller, il vaut mieux beurrer et fariner à double dose la plaque, et ça se décolle tout seul.
gâteau roulé

Pour la crème de noix de coco, c'est ici ( il y avait du rhum, à la base que j'ai décidé d'enlever, ça n'irait pas avec les fruits rouges à mon humble avis)
gâteau à la crème de noix de coco


  • pour la crème

  • 50 cl de lait de coco

  • 3 jaunes d'oeufs

  • 80 g de sucre semoule

  • 2 grandes feuilles de gélatine (2 X 2 g)

  • 1 cuillère à  soupe de fécule

  • (avec une cuillère à soupe de jus de citron et j'ai remplacé la gélatine par 3 cuillères à café d'agar-agar.. moi! utiliser de la gélatine! La bonne blague!)

    Préparez la crème : Mettez les jaunes d'oeufs dans une autre casserole avec le sucre et fouettez jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Incorporez la fécule, mélangez et versez le lait de coco citronné en mince filet, sans cesser de fouetter.

    Faites cuire à feu doux tout en remuant, jusqu'à ce que la crème nappe la spatule. Retirez du feu, ajoutez les feuilles de gélatine égouttées et mélangez vivement. Laissez ­refroidir.

    D'autant plus qu'avec l'agar-agar , la crème doit bien refroidir pour prendre, l'idéal serait de la faire quelques heures avant.

    Il n'y a plus qu'à étaler sur la génoise: un couche de crème au lait de coco, une couche de coulis, quelques framboises congelées qui restaient de l'été dernier, et il n'y a plus qu'à rouler.

    Après je n'ai pas fait de décor, mais si j'avais eu le temps, j'aurais fait une couverture de blanc d'oeuf battu et laissé dorer au four..
     
    Pas de photo! Je n'ai pas eu le temps non plus de lui tirer le portrait avant qu'une bande de morts de faim ne se jette dessus!