
Chez Maupassant, l' Apparition est cette fois une vraie histoire de vrai fantôme dans une vraie maison hantée qui va terroriser durablement un fier militaire. Pas non plus renversant, par rapport au Horla, mais plaisant à lire.
Ellis de Tourgueniev est une créature dont on ignore la nature.. peut être un fantôme, peut être aussi un démon, ou une sorcière qui emmène le narrateur en voyage à travers l'espace pour assister à "la grande nuit", et invoquer les spectres de cosaques ou de légionnaires romains sur d'antiques champs de bataille. Bonne ambiance mystérieuse ( mais le problème, c'est que j'ai du mal à prendre les légions fantômes au sérieux.. syndrome " les douzes travaux d'Astérix").
Je ne connaissais pas Rosmary Timperley, qui est apparemment une spécialiste anglaise des histoires de fantômes, mais sa nouvelle Harry change de ce qu'on a habituellement dans ce genre de nouvelles: Harry le fantôme y apparaît en plein jour, visible uniquement de sa petite soeur, au grand dam de la mère adoptive de la fillette. Cas de folie? revenant? on ne le saura pas avant la fin. Bien mené, une bonne surprise pour la seule femme de tout le recueil.
On trouve aussi plus, curieusement, des objets hantés: un fantôme se manifeste dans une tasse de thé, au cours d'un récit tiré du folklore japonais, par Lafcadio Hearn.
Mezzo Tinto de Montague Rhodes James nous propose une gravure hantée dont les personnages se mettent à bouger sous les yeux médusés de dignes gentlemen anglais, respectables et respectés universitaires. plein d'humour anglais, de vacheries à l'égard des universitaires et des golfeurs, c'est un vrai plaisir.
Clifford D Simak ( oui, celui de Demain les chiens) nous offre quand à lui Le fantôme d'une ford modèle T, récit savoureux : un vieux marginal voit apparaitre devant lui une ford T venue de nulle part, qui conduit seule, et l'emmène en pèlerinage sur les lieux de sa jeunesse.Un peu d'humour, un peu de décalage, un peu d'absurdité, une vieux copain,une bonne dose d'alcool frelaté et un saxo: jamais l'autre monde n'aura paru si cool!
On reste dans l'humour avec le belge Thomas Owen qui aurait eu cent ans cette année: son petit fantôme est un garnement qui rechigne à aller hanter une maison pleine de vieux et dignes écossais, et fait ami-ami avec un autre garnement humain. Frais, mignon et marrant comme tout, un fantôme aussi sympathique de Casper, ça fait plaisir de temps en temps.
Robert Bloch était déjà présent dans le recueil des sorcières, on retrouve ici l'auteur de Psychose en grande forme: son cher fantôme est une vraie perle d'humour noir, réjouissant, avec une chute comme que les aime. Gros gros coup de coeur!
La Hantise de Theodore Sturgeon ( nota: penser à lire un jour ses textes de SF, quand même!), est à nouveau plus classique: Bill, éconduit par Miraim, une femme réputée avoir des nerfs " aussi solides que des cordes de piano en iridium" veut se venger et lui donner la peur de sa vie, en montant un bobard avec Son copain Tommy, monteur son à la radio, en créant de toutes pièces une fausse maison hantée. Evidemment, ça ne va pas ce passer comme prévu. Classique donc, mais efficace comme un bon épisode de la Quatrième dimension.
Et enfin La route au clair de lune d'Ambrose Bierce aborde le récit d'un meurtre de trois points de vue différent: un narrateur extérieur, l'assassin, et le fantôme de la victime, qui ne saura pas au final qui l'a tuée, ni pourquoi. Intéressant, de donner la parole au fantôme pour raconter son meurtre.


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