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Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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dimanche 31 octobre 2010

Mélusine Tomes 1 à 6 - Gilson & Clarke

Retour en Belgique pour une petite incursion de circonstance halloweenesque dans la BD jeunesse, en compagnie de Mélusine. Mélusine est rousse, comme il sied à une sorcière digne de ce nom, elle est jeune encore ( 119 ans..) et pour payer ses études de sorcellerie, elle travaille comme femme de ménage chez la Comtesse Aimée Döperson, une châtelaine fantôme au caractère épouvantable, et son mari Gonzague, vampire pantouflard qui passe ses nuits en robe de chambre à siffler des pintes de sang. Quelques personnages récurrents complètent le tableau: Wilson le majordome, aux allures de créature de Frankenstein version Boris Karloff, la momie obsédée ( elle passe son temps à essayer d'épier Mélusine par le trou de la serrure), le loup garou, qui ne peut se montrer dignement que les jours de pleine lune, sa véritable apparence humaine de maigrichon à lunettes ne l'aidant pas à séduire les femmes. Et aussi, côté sorcières, la tante Adrazelle, 549 ans au compteur, LA sorcière telle qu'on l'imagine, nez crochu, genoux cagneux, marmite au contenu douteux, et une propension a réaliser le café le plus infâme du monde. Ainsi que Cancrelune, la meilleure amie de Mélusine, et pire sorcière de l'univers, incapable d'atterrir correctement en balai ou de fabriquer une potion qui n'explose pas. Quand à la honte de la famille, il s'agit de Mélisande, pimpante fée rose bonbon, bête comme ses pieds, qui veut sans cesse peupler les marais maudits de Bisounours et autres épouvantables créatures pastel et sucrées.

Autant le dire de suite, on est dans de la BD très classique, les premiers volumes sont uniquement constitués de gags d'une page, 2 maximum, à partir du volume 4 seulement, on aura une histoire plus longue d'une dizaine de pages,  par tome. Ca ne révolutionnera pas la BD en général, ni la BD jeunesse, mais ça reste sympathique à lire, sans prétention, et d'une bonne humeur assez communicative, basé sur le gag récurrent ( Cancrelune qui atterrit une fois sur deux à travers une fenêtre, le café imbuvable de la tante Adrazelle, le vampire qui se trouve transformé en cendres, les gaffes de Mélisande..) L'intérêt, pour un adulte en tout cas est d'y chercher les fréquentes références à tel ou tel film ( genre " le bal des vampires", les "Dracula" de la Hammer), de trouver, comme dans Pierre Tombal les clins d'oeil aux autres scénaristes ou dessinateurs sur stèles funéraires, de voir apparaitre un monstre de Midam ( Kid Paddle) dans un coin de page. Ou de constater que volume en volume, les vêtements de la jolie sorcière Krapella ( copine de classe de Mélusine) ont une nette tendance à raccourcir, tandis que notre héroïne se retrouve de plus en plus régulièrement en tenue légère, voire en culotte, en fonction de sorts plus ou moins réussis.. BD jeunesse, mais les malins scénaristes et dessinateurs se font un petit plaisir au passage. Mais rassurez vous, ce n'est pas de la BD érotique, ça reste soft!
Le dessin assez sommaire au début, va en s'améliorant bien au fil des volumes, comme souvent en Francobelge. Et parallèlement, les gags deviennent un peu plus noir et un peu plus féroces, ce qui ne fait pas de mal.
A noter qu'il y a à ce jour 18 volumes (6 lus pour l'instant pour ma part), et qu'une partie, outre leur édition habituelle chez Dupuis, en couverture cartonnée, sont également disponible en collection "pirate", chez le même Dupuis, en couverture souple, ce qui donne une BD moins épaisse, et de bonne qualité malgré tout pour 3€. Et ça c'est une très bonne initiative.
12/30
MAJ: depuis la première édition de cet article, il y a 23 tomes parus. Je n'ai toujours que les 18 premiers.

samedi 30 octobre 2010

Fées, sorcières et diablesses - Collectif

Dans la droite ligne des recueils " dimension fantastique", 4 volumes depuis 1996 chez Librio, Barbara Sadoul propose un autre recueil de nouvelles dans la même collection, centré cette fois sur le thème de la magie au féminin.
Dix nouvelles mettant en scène fées, enchanteresses, sorcières, lamies, en commençant par l'épisode de Circé dans l'Odyssée d'Homère.Malheureusement, sorti de son contexte, ça ne mène pas loin, l'extrait est vraiment court. Ceci dit, ça m'a donné envie de relire l'Odyssée que j'avais lu en 6°, sans y comprendre grand chose.

Le texte suivant, la belle et la Bête de Mme Leprince de Beaumont, n'est pas tout à fait
à sa place, je trouve. En effet, la fée n'a qu'un rôle très mineur. Et la Belle est quand même d'une nunucherie exaspérante, à toujours tout pardonner, à se laisser faire par ses soeurs, bref, la femme idéale des temps anciens qui la ferme bien comme il faut, mais c'est bien sur un avis qui n'engage que moi, je suis certaine que les inconditionnelles me maudiront pour avoir dit ça! ( et j'ajouterais pour compléter le tableau que le dessin animé sorti il y a 20 ans ne m'avais pas emballée plus que ça). Donc, bon, je l'ai enfin lu, une bonne chose de faite, vite, on pase à autre chose

L'enchanteresse de Sylaire m'a au moins donné l'occasion de découvrir un auteur que je ne connaissais pas, Clark Ashton Smith. L'ambiance est originale, et la conclusion de cette rencontre entre un doux rêveur devenu ermite après avoir été éconduit par une jolie capricieuse, et une enchanteresse flanquée d'un loup garou, est d'une joyeuse amoralité qui fait plaisir à lire.

La sorcière du mois d'Avril, de Ray Bradbury, joli moment poétique, où Cecy, entité immatérielle prend possession pour une soirée du corps de la jeune Ann, afin de pouvoir enfin prendre part aux joies humaines et participer à un soir de bal. Nouvelle fort sympathique où on retrouve l'humour décalé de l'auteur Des Chroniques Martiennes 

La sorcière du placard à balais de Pierre Gripari, est apparemment devenu un classique de la littérature jeunesse.. que l'on ne m'a pas fait lire dans ma jeunesse, mes instits ne devaient pas apprécier. Quoi qu'il en soit, ce conte absurde de sorcière revêche, de petite souris maline et de poissons magicien est drôle, c'est idiot, mais j'aime beaucoup l'idée de l'arbre à macaronis! Une bonne découverte qui m'a faite sourire.

Les farfafouilles de Fredric Brown. Extrait de " fantômes et farfafouilles", j'en parlerais plus longuement quand je publirai un sujet sur cet ouvrage. Pour l'instant, il suffit de savoir que je suis une inconditionnelle de Fredric Brown, de ses chutes, et de ses ambiances qui me rappellent tellement " la 4° dimension".

Vassilisa , un conte russe réécrit par Clarissa Pinkola Estès, rien de bien folichon à signaler, on est en terrain connu: la gentille Vassilisa , esclave de sa belle mère et ses deux méchantes belles soeurs, est envoyée quérir du feu chez la sorcière Baba Yaga, dont elle sort bien sûr sans dommage, avec à la clef la punition des méchants. Bref, du conte habituel, mais qui ne m'enthousiasme pas plus que ça, peut être à cause du passage du Russe à l'anglais, puis de l'anglais au français, qui du coup laisse le folklore slave à la porte.

La fée aux gros yeux, dans une fantaisie anglophile de George Sand, est une gouvernante irlandaise à grosses lunettes qui se passionne pour les petits insectes. Mignon, mais pas inoubliable.

Le poil d'Olivier Ka. Très court, et très drôle, avec sa fée monomaniaque de l'apparence et de la bonne présentation, qui se mêle de ce qui ne la regarde pas.. et se ridiculise.

Un bonbon pour une bonne petite de Robert Bloch. Là encore, comme chez Fredric Brown, on sort des sentiers tous tracés avec une petite fille, si mignonne.. et si démoniaque. Dommage cependant que le même texte apparaisse déjà dans le 4° volume de la dimension fantastique. Il doit être plus difficile de trouver des textes au sujet des femmes démons, mais il est dommage d'avoir exactement le même dans deux volumes de la même collection, ce qui gâche le plaisir quand on l'a déjà lu ailleurs.

Le couloir de Virginie Greiner, est très très original. Pas d'humains ici, on est dans un cadre entièrement démoniaque: une créature extrêmement subalterne va mettre, pas hasard, fin au règne d'un maître diabolique. Mais assez complexe, il faut bien deux lectures pour comprendre de quoi il retourne, même si au final, on ne sait pas exactement ce qu' est la petite créature noire à l'allure de hérisson, ni pourquoi elle a été chargée de pousser de mystérieuses boîtes dans un couloir ( j'imagine une noiraude de Totoro, moi!)

Les feux follets sont dans la ville:; Andersen, probablement en manque d'inspiration, raconte l'histoire d'un conteur en manque d'inspiration, qui rencontre la sorcière des marais laquelle le charge d'avertir tout le monde que les feux follets se sont enfuis, à la recherche d'âmes ) détourner du droit chemin. Une allégorie de l'imagination finalement peu originale, mais l'intérêt est dans le règlement de co(n)mptes d'Andersen avec la littérature de son époque: la sorcière possède de la poésie en fioles prète à être servie, des bouteilles de soupe philosophique allemande, du bouillon pédagogique anglais, de la soupe aux ragots française..et de ce point de vue là, c'est assez réjouissant.

En conclusion, un volume très inégal, ce qui était déjà le point faible du 4° Dimension fantastique, on sent que le filon commence à s'épuiser, d'autant que le sujet semble avoir moins inspiré les écrivains que les fantômes ou les vampires. Je retiens donc surtout les nouvelles de Clark Ashton Smith, de Ray Bradbury, d'Olivier Ka et de Virginie Greiner, le reste étant soit déjà connu de moi, soit déjà paru dans la même collection, soit moins intéressant.


Halloween, J-1, je vais essayer de lire un dernier livre sur le thème d'ici demain! Et une lecture supplémentaire au passage pour le challenge 2 € par la même occasion.

vendredi 29 octobre 2010

La nuit du fantôme - Qian Yu

Et voici une nouvelle étape du challenge BD, qui nous emmène encore plus loin que la précédente. Car après le Koweit, c'est en Chine que nous arrivons. Et en l'occurrence, en Chine impériale, pour suivre les enquêtes du Docteur Li, héros issu d'une série de romans policiers chinois, je ne pense pas que les romans originaux aient été traduits en français soit dit en passant.

Lotus Li, donc, médecin et herboriste un peu excentrique et marginal, a la réputation de savoir ramener les morts à la vie, réputation qui lui vient d'avoir simplement ranimé un malade dans le coma, mais la populartion superstitieuse y croit dur comme fer: lui seul pourra ressusciter la riche héritière Yu Qiushuang,  morte dans de mystérieuses circonstances alors quelle était en voyage, son cadavre découvert dans une malle, et tous les témoins présents prêts à certifier qu'elle a été tuée par un fantôme. Bien entendu, Maître Li ne peut rien faire pour la ramener à la vie, mais va s'attacher à prouver qu'elle ne peut avoir été victime d'un spectre, mais bien sûr tuée par un humain. A lui de trouvcer qui a commis le meurtre, pourquoi, dans quelles circonstances.. une base de whodunit tout à fait classique donc. L'élément éminemment chinois ici est l'importance centrale du Qi gong , discipline chinoise de la maîtrise des énergies vitales, qui est à la fois une philosophie, un art de vivre, une base d'art martial... L'éditeur Xiao Pan qui se doute que les lecteurs français ne sont pas forcément au fait de tout ça ouvre d'ailleurs le livre par une brève présentation du Qi Gong (on trouve aussi quelques notes culturelles bienvenues par ci par là)

Sinon que dire: bien sur c'est la splendide couverture qui m'a attiré l'oeil. Joli bouquin d'assez grande taille, beau papier épais, pas de bavures, .. de la belle ouvrage - qui vaut quand même 14e mais attention! toutes les pages sont en couleurs, dans des tonalités de bleus, verts et mauves froids du meilleurs effet, contrairement à ce qu'on peut voir habituellement chez les homologues japonais. Et comme vous pouvez le constater, la manhuajia qui est avant tout illustratrice se fait vraiment plaisir sur les décors, les costumes les bijoux de ses personnages.
Au niveau du scénario, il ya quand même un problème: autant l'enquêteur farfelu est plutôt sympathique, autant l'intrigue est prometteuse.. mais autant la narration élude beaucoup de choses, et des choses cruciales. J'ai eu l'impression que la BD s'adresse avant tout aux lecteurs qui connaissent déjà le roman.  Et ça pose problème lors de la résolution finale par notre Columbo de la Chine ancienne: le lecteur n'a tout simplement pas accès aux indices qui permettent de résoudre le mystère. Or 50% du plaisir de la lecture d'un policier, pour moi en tout cas, réside dans la collecte des indices. Pour arriver à la conclusion en même temps que le héros. Et la, ben...il y a comme de la rétention d'informations au niveau du scénario ( qui donne au final " mais! pourquoi on ne nous l'a pas dit! comment je fais pour deviner, moi?" etc..). Pas évident de combler les blancs, et c'est frustrant.

Au final, on a un graphisme superbe, mais une narration pas très convaincante, et c'est dommage, car l'ambiance est agréable, et ça fait plaisir de lire un BD asiatique sur un sujet qui sort des grilles habituelles de la BD japonaise ou coréenne shojo/shonen/seinen/josei. Le problème finalement assez classique du bon dessinateur qui aurait du s'associer avec un scénariste..
Forcément à un niveau ou à un autre, ça pèche. Et c'est d'autant plus frustrant de se dire qu'on aurait pu avoir un résultat très bon, si seulement la trame était un peu plus maîtrisée

Vraisemblablement, il s'agit d'une série en 4 volumes, mais j'avoue que j'ai peu d'espoir de voir un jour la suite, la réalisation prend du temps, il faut souhaiter que l'éditeur n'abandonne pas en cours de route. Mais Xiao Pan a l'air, malgré son jeune âge d'un éditeur sérieux, qui préfère se cantonner à un catalogue restreint plutôt que de partir tous azimuths ( car il y a une amorce de suspens à la fin,et j'aimerais bien savoir ce qui va se passer.. ou alors, on peut toujours rêver,  il reste la solution que.. mettons 10/18 dans sa collection "grands détectives" ne nous propose les romans traduits?).

Première incursion dans la BD chinoise, on va dire que c'est un demi succès. J'essayerai peut être " le pavillon de l'aile ouest", du même éditeur, si j'arrive à la trouver, le titre semble épuisé.

Fantôme.. Esprit es-tu là?  Et qui dit fantôme dit "lecture d'Halloween" bien sûr!