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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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samedi 3 août 2013

Bilbo le hobbit - JRR Tolkien

bon, il était temps, mais j'ai enfin pu lire un peu de Tolkien. Et comme je n'avais pas le temps de m'attaquer au Seigneur des anneaux ( et surtout en furetant de-ci de -là, j'ai cru comprendre que la traduction française laissait  désirer), C'est donc Bilbo qui est ma porte d'entrée vers son univers .
 Par choix, je n'ai pas vu le film de Peter Jackson, car je voulais d'abord lire le livre.. et je me demande bien au passage comment il va arriver à faire 3 films  avec un livre de 300 pages! Je crains un peu beaucoup le délayage j'avoue. J'avais pas mal apprécié  la trilogie du  "Seigneur des anneaux" à sa sortie, peut être qu'en la revoyant sur petit écran ou pire encore, en VF, ça ne passerait pas, mais voilà. Trois gros livres, je suppose qu'il y a matière à trois longs films, et encore en élaguant, mais pour Bilbo, j'ai peur rétrospectivement.

La jolie édition du livre de poche, il y en avait une autre standard, mais l'énorme " maintenant au cinéma" en plein sur la couverture, non, merci! en plus dans celle là, il y un petit dragon qui souffle de la fumée quand on tourne les pages rapidement (ça a un nom,mais impossible de m'en souvenir, donc au pif, je dirais " dessin animé")

Or donc le livre. J'ai été agréablement surprise, car c'est un conte, avec tous les ingrédients du conte: un antihéros au départ insignifiant qui se retrouve malgré lui embarqué dans une aventure grandiose, dont il pense ne pas pouvoir se sortir, et qui va devoir faire appel à toutes ses ressources pour se dépasser. Les valeurs de l'amitié, seule porte de sortie quand tout va mal, etc.. etc..
tout celà n'est pas super novateur, mais force est de constater que ça a marché sur moi. D'abord parce que il n'y a PAS de romance ( plus exactement , pas de personnage féminin du tout dans les aventures de Bilbo et les 13 nains, et bien que je sois une femme, ça ne me manque pas, parce qu'en général le traitement des personnages féminins dans la fantasy me donne plutôt des envies de meurtre). Donc on évite l'écueil de la romance factice et obligatoire, et ça c'est bien!
Ensuite parce que tout le roman est parcouru par un humour discret mais volontiers absurde ou un peu noirs: Les nains qui s'incrustent chez Bilbo pour piller ses réserves, les nains prisonniers de cocons d'araignées qui pendent des arbres comme des fruits bien mûrs, Bilbo qui se relève d'une bataille assez ardue en se disant  "tiens je suis vivant, ce n'est pas encore cette fois que je mourrais en héros" (ou quelque chose d'approchant, je n'ai pas le livre sous la main , je viens de le prêter dans la foulée). ou , un détail qui ma faite rire, je suppose que ça n'est pas totalement innocent de la part de l'auteur: tout le monde a un nom de fantaisie, bien étrange, sauf les trolls qui s'appellent de manière toute britannique William, Bert et Tom.
Donc c'est drôle.
oui, à partir de là, je parle de passages précis, donc...

Et puis en cours de lecture, je me suis dit que quelque chose me turlupinait dans la manière de présenter la progression des héros, quelque chose dans la manière très  vivante et réaliste de raconter la structure des combats. Pas possible, l'auteur transpose quelque chose qu'il a vu ou entendu!

 Après ça reste ma théorie , elle vaut ce qu'elle vaut mais: considérant que le livre date de 1937, et qu'il s'est passé quelque chose d'important une vingtaine d'année auparavant, j'ai fortement l'impression que ce que nous raconte Tolkien en filigrane de son histoire de chasse au dragon, peut-être volontairement, peut-être inconsciemment pour évacuer son stress, c'est la Première Guerre Mondiale.

Tolkien pendant la I° guerre mondiale
Déjà la réquisition de Bilbo, j'ai du mal à ne pas le voir comme un conscrit un peu naïf de la campagne envoyé la fleur au fusil dans une situation qui le dépasse.
Puis à partir des monts brumeux, c'est fou le nombre de scènes qui se passent en souterrain. Les Monts brumeux sont sillonnées de vallées profondes et étroites où sont tapies des choses tellement horribles et dangereuses qu'elles sont innommables ( Je n'ai pas la version originale, mais ça m'étonnerait prresque qu'il n'y ai pas le mot "trench")
 Lorsque le groupe en émerge, c'est pour tomber sur la rencontre de deux orages au sommet de la montagne qui s'affrontent, je n'invente rien, c'est dit clairement, comme deux armées sur un champ de bataille. Nuages sous lesquels des géants jouent à s'envoyer des rochers.
oui, j'y peux rien, je vois.. ça.

Accélérons un peu, pour se retrouver en forêt: les héros sont encerclés sur un arbre en feu par des loups affamés et une armée de gobelins en rogne ( et bon dious, ce qu'il y a de références au feu dans cette histoire, entre Gandalf qui lance des sorts explosifs, les gobelins pyromanes et plus tard le dragon...). La situation est désespérées jusqu'à l'arrivée des aigles. Attaque aérienne, sauvetage, bref c'est l'intervention d'une grande nouvelle invention du début du XX° siècle qui donne un tour décisif à la bataille. On apprend même incidemment que, plus tard, les aigle recevront des décorations pour leur acte de bravoure. Oui, oui...Et par deux fois, on a la séquence: bataille au sol + renforts aériens

Un peu trop pour une coïncidence , et dans ma tête, ça devient:
Triplan britannique de la 1° GM

Dinstinguished Flying cross, également 1° GM

Après ça reste mon interprétation, hein, le ton du roman est léger et  humoristique,mais le fond est quand même assez mélancolique ( on ne sort jamais tout à fait indemne de ce genre d'aventure, ce qui me conforte dans mon interprétation "catharsis des souffrances et privations de la guerre" ) oui, car j'oubliais: plus d'une fois les héros sont près de crever de faim. de crever de faim dans un lieu étroit, sordide, étouffant et gluant. Mmmmoui, hein, je peux me tromper, mais... Et au final je trouve ça même beaucoup plus intéressant qu'une simple histoire pour se divertir. Parce que, d'une, je trouve la période de la Première guerre mondiale tout à fait passionnante, et de deux, je trouve passionnant aussi que, justement, l'histoire ait plusieurs niveaux de lecture. en tout cas j'y ai trouvé mon compte et même plus encore. Il faudra juste que je feuillette quand même la VO, pour voir les passages de chansons qui tombent un peu à plat en VF, nul doute qu'il doivent avoir une rythmique toute différente en anglais.
Auteur anglais
Parce que Tolkien quand même
monde imaginaire avant 1950: la terre du milieu
Je n'en ai pas parlé parce que j'ai préféré évoquer ce qui m'a le plus marquée, à chaud, lors de la lecture, mais bien sur on est dans de la réécriture mythologique: mythes nordiques et celtes, avec l'anneau magique des Nibelungen ( même  si l'anneau dérobé à Gollum n'est pas encore mentionné comme maudit dans Bilbo), Le dragon qui campe sur un tas d'or comme Fafnir dans les légendes, le personnage qui tue le dragon de la même façon que Siegfried,  etc..
idée 125: du jaune. Or en l'occurrence
oui je sais, mais il y a quand même un roi des elfes et un roi des nains par moments

jeudi 1 août 2013

bière, gaufres et carabistouilles

Le 16 août, je pars en vacances.

 Une semaine à peu près chez les voisins,



 à goûter aux spécialités locales,

 à admirer des tableaux de maîtres flamands.






et comme j'aime bien associer vacances et lectures, pendant tout le mois d'août, il y aura quelques billets belges par ici, j'ai peu d'auteurs belges dans ma liste , mais ça sera l'occasion ou jamais de les faire passer en haut de la pile. Enfin quand je dis peu d'auteurs belges, c'est hors BD, parce que rien qu'avec Franquin et Cauvin, j'aurais déjà de quoi faire! Ce qui ne veux pas dire que je ferais l'impasse sur la BD, bien au contraire!
une chouette image trouvée sur le forum Babelio, un soupçon de Magritte, elle ira parfaitement pour l'occasion

lundi 29 juillet 2013

Jules César/ Antoine et Cléopâtre - W. Shakespeare

J'avais prévu une lecture Shakespearienne pour le mois anglais, mais, à l'époque je n'avais trouvé que des traductions de François -Victor Hugo. Je ne mens pas, le recueil que j'avais trouvé contenait trois pièces dont le Marchand de Venise, et je n'avais pas vu le nom du traducteur. Et après avoir vainement essayé de lire chaque pièce, j'ai vérifié, et Damned!
Pourquoi tant de haines? paaaarce que! Parce que tout simplement je trouve les traductions du fifils à papa absolument indigestes au point de me faire relire plusieurs fois les premières pages sans y rien comprendre. Je le disais déjà là, sans compter que je n'ai jamais publié mon billet ABC 2010 sur Macbeth, parce que je suis une fois de plus tombée sur une de ses traductions et que je n'ai rien compris ( si ce n'est qu'il fait du mot à mot.. mais vraiment du mot à mot du genre "To make a fool out of somebody "n'a jamais voulu dire " faire le fou de quelqu'un".. j'en pleurerais tiens..)

Et donc, j'ai fais la tournée des bouquinistes et ai trouvé une édition que je ne connaissais pas " bibliothèque de Cluny", une collection Armand colin des années 50
Et après avoir vérifié que le texte est lisible, j'ai eu la joire de voir dans la préface " comme la plupart des traducteurs[..] nous avons utilisé au départ la traduction de F-V Hugo. [...] Pourtant, elle donnait prise aux critiques par des erreurs caractérises, des lourdeurs, des expressions maladroites ou équivoques". Donc en gros, c'est une base mais tellement grossière qu'on l'a entièrement remaniée. Joie et bonheur!


Donc en ce qui concerne la traduction finale, je ne sais pas exactement de qui elle est les éditeurs des années 50 ne s'embêtaient pas à citer leurs traducteurs. Mais elle est lisible: pas d'énormes boulettes qui laissent transparaître un anglicisme évident.

Donc pièce 1: Jules César. Et surprise, le grand Jules n'apparaît que très peu, l'argument est plutôt autour de la conspiration des Ides de Mars et de ce qui s'ensuit ( Jules César est assassiné dès le III° acte, et on l'a peu vu auparavant). Le personnage central est Brutus et ses hésitations à prendre part à la conspiration, un peu comme Hamlet, sauf que Brutus se décide à agir beaucoup plus vite, et sur des motifs on va dire fallacieux ( César n'est pas mauvais, mais il risque de le devenir, donc autant couper court). Cassius, l'autre principal conspirateur, le moteur même de la conspiration est lui beaucoup plus intéressé par le pouvoir. J'ai beaucoup apprécié le fait qu'un des thèmes centraux soit l'amitié, et surtout la destruction d'une amitié. Cassius fait appel à l'amitié que Brutus  a pour lui pour l'embobiner - il n'y a pas d'autre mot- dans son projet d'assassinat. De fait ils deviennent complices avant tout, et les dissensions éclatent entre eux. Ils sont obligés de se faire bonne figure car ils sont tous deux dans la même barque, mais le coeur n'y est plus.
en face, un autre duo: Marc-Antoine, orateur et manipulateur de talent bien qu'il s'en défende ( j'adore la manière dont il retourne la foule à leur avantage en ayant l'air de respecter les conspirateurs, grand moment) et Octave , le futur auguste, bien décidés à venger César. Mais là aussi, leur duo est un duo de circonstance pour atteindre un même but, et l'hostilité entre le chef militaire aguerri et le jeunot futur empereur, qui éclatera dans la pièce suivante est déjà latente. Tout ça est passionnant, parce que très politique, et finalement pas si éloigné de ce que j'avais pu apprendre en cours de latin. un pièce de tacticiens en fait, je convient que ça peut rebuter les gens qui attendent du romanesque, mais j'ai bien aimé.

Et bien ri aussi. Ca c'est la faute aux conventions théâtrales de l'époque qui paraissent terriblement kitsch aujourd'hui. La propension des personnages à se suicider pour un rien après une grande tirade bien léchée ( après vérification Porcia s'est bien suicidée en mangeant des braises - ce qui doit être le suicide le plus bizarre de l'Histoire ou peu s'en faut- mais après seulement la mort de son mari, ce qui est moins tiré par les cheveux que de se suicider parce qu'il est parti en campagne militaire.. comme tout romain).
 Et cette propension à mourir en scène. Le théâtre classique français ne représentait pas la mort sur scène, et ce n'était parfois pas un mal, parce qu'il y a possibilité de faire dire à un personnage " il s'est passé une épée au travers du corps, il a agonisé pendant es heures dans une mare de sang".. c'est glauque mais.. là non, on a un comique involontaire de répétions grâce aux didascalies: il se jette sur son épée et meurt. Il est poignardé et meurt. Le problème est le même dans Cléopâtre: Le serpent la mord et elle meurt, la servante tombe raide morte..j'ai l'impression que tout le monde bien portant une seconde avant décède instantanément, et finalement très proprement. Il n'y a finalement que la mort d'Antoine qui dure un peu plus et donc paraît un peu plus réelle.. bien que le passage où on le hisse mourant par une fenêtre manque sérieusement de dignité..
autre problème: les anachronismes. Parce que des romains qui parlent d'enfer, de démons, de jugement dernier, ou entendent sonner une horloge, et cachent des poignards dans leurs pourpoints...De même qu'il est question à un moment d'utiliser une pertuisane ( une sorte de hallebarde). Les romains utilisaient des lances certes, mais là.. Ca m'a faite rire autant que s'il avait été mentionné un mousquet ou une arquebuse. Enfin je suppose que les spectateurs de l'époque s'en fichaient et qu'un romain en robe de chambre ne leur posait pas de souci particulier, qu'il en leur venait pas à l'idée que les choses aient même pu être autrement que ce qu'il voyaient au quotidien. Mais moi, ça me fait marrer. désolée William, je sais que ça n'était pas le but.
juste pour le plaisir, le buste retrouvé il y a quelques années dans le Rhône, et assimilé à César. Simplement parce que c'est une oeuvre d'une qualité extraordinaire, indépendamment de l'identité du personnage, et qui dégage vraiment une impression  saisissante lorsqu'on la voit "en vrai".

Pièce 2: Antoine et Cléopâtre. On retrouve  d'un côté Antoine, qui oublie tout ses devoirs de triumvir à la cour de la reine Cléopâtre, et d'un autre Octave, qui essaye de lui rappeler justement, face à la menace que constitue Sextus Pompée, fils de Pompée le grand, bien décidé à se faire un nom dans cette période troublée. Mais Antoine n'en fait qu'à sa tête, tout manipulé qu'il est par Cléopâtre.
J'ai moins aimé que Jules César, bien que la pièce soit plus connue. On retrouve les soucis que je mentionnais plus haut , les anachronismes , bien qu'il y en ait moins, les personnages qui meurent en une fractiuon de seconde.. Mais le principal problème pour moi vient de Cléopâtre. On la suit dans les dernières années de sa vie, ça n'est plus une adolescente ( la Cléopâtre historique est morte avait en gros 40 ans à sa mort)n, et c'est avant tout un chef d'état. or cette dimension de reine est complètement mise de côté au profit d'un comportement mi gamine capricieuse,  mi mégère non apprivoisée. Et c'est bien dommage, parce que certaines répliques laissent à penser qu'il y a une grande part de calcul dans ses geignements pour obtenir d'Antoine  l'appui dont elle besoin face à Octave. Mais non, elle continue à se comporter en casse-pied capricieuse ( qui moleste un messager parce qu'il nui lui apporte pas les nouvelles qu'elle voudrait entendre) les trois-quart du temps. Et c'est bien dommage, car cette Cléopâtre qui manque singulièrement de dignité me gâche une partie du plaisir. On a bien du mal à voir en elle un personnage qui puisse fasciner tout le monde. Faire peut à cause de ses sautes d'humeur, à la limite, mais fasciner, assez peu. Je suppose que Shakespeare a voulu mettre en avant qu'une reine est une femme avant tout, mais ça ne colle pas avec le fait de mettre en avant son sens tactique et son intelligence. Là elle fait juste casse- pied capricieuse. J'aurais préféré que la pièce joue justement sur les deux tableaux: la différence entre Cléopâtre dans le privé - plus soupe au lait, plus caractérielle, si on veut, et la Reine. C'est dommage , car elle aurait pu être un bon personnage, si elle avait un peu plus de nuances.
Je sais on va me dire " la plus grande histoire d'amour de tous les temps" (argumentaire du film de 1963), mais justement, j'ai du mal à y croire, ayant déjà lu chez le même auteur des portraits plus subtils, je sais qu'il peut le faire. Et c'est rageant de voir qu'il passe à côté.Après ça n'est que mon ressenti..
Théâtre, festival, tout ça...
un empereur et une reine...
...et là, on ne peut plus historiques!
Joie, une nouvelle lecture pour le Gilmore challenge. dommage je ne trouve pas de gif Jules César
Shakespeare étant contemporain du début de l'empire britannique, ça compte!
parce que Antoine et Cléopâtre
Parce que César, Antoine, Octave, Brutus, etc..