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mercredi 16 janvier 2019

Ivan Vassilievitch change de profession (film 1973)

 A la recherche d'un pan de la culture russe que je n'ai pas encore abordé, et auquel si possible je ne connais rien, je me suis dit qu'en fait, je n'avais pas beaucoup parlé de cinéma autre qu'animation ( et même, à part un sujet sur l'effet Koulechov, pas du tout ), et je me suis souvenue de ce titre à rallonge, entendu au détour d'une vidéo youtube sur  les comédies soviétiques. Oui, ça existe, et bien évidement l'humour va être disons, assez peu ce qu'on a l'habitude, quoique, finalement je ne l'ai pas trouvé si éloignée ce qui a pu se faire à la même époque en France. Rien a voir par contre avec les comédies récentes bien sûr. Mais il y a des petites vannes qui en disent long sur l'époque et les lieux.

Donc à choisir un film, autant prendre un de ceux qui est le plus connu en Russie, et un des plus appréciés (autant multi-rediffusé que Rabbi Jacob chez nous, pour situer et rester dans les seventies)
Le réalisateur Leonid Gaïdaï est d'ailleurs le principal nom que les gens vont associer avec l'idée de film humoristique.


Donc de quoi ça parle? Qui est Ivan Vassilievitch? et quel est ce changement professionnel?

Mais avant d'en arriver à Ivan, il faut d'abord parler de Chourik, qui semble à première vue être le héros de ce film.
Chourik ( un des nombreux diminutifs possibles d'Aleksandr, même si Sacha, Choura ou Alex sont des surnoms plus connus) est un personnage récurrent des comédies soviétiques, un peu le François Pignon local: il garde le même nom, mais change de statut social, marital ou de métier de film en film. Ingénieur marié, étudiant ou anthropologue célibataire, selon le scénario.

Ici, c'est Chourik l'ingénieur, qui tient pas mal de Gaston Lagaffe. Il planche dans son appartement ( personnel, ça situe donc son niveau économique plutôt aisé, puisqu'il ne vit pas en appartement communautaire) sur des projets loufoques, qui ont pour effet habituel de faire sauter les plombs de tout l'immeuble.

oui, cette machine est très gastonesque!
Sa dernière idée farfelue est de fabriquer une machine à voyager dans le temps, et le plus étonnant est qu'il est sur le point d'y parvenir, lorsque les voisins excédés décident de faire intervenir Ivan Vassilievitch Buncha, le surveillant de l'immeuble, une sorte de concierge/ homme à tout faire et surtout à épier les voisins pour signaler aux autorités les activités suspectes, autant dire qu'il surveille particulièrement Chourik en espérant le coincer pour activités illicites et gagner l'estime de ses supérieurs.
Car Ivan est vaniteux, orgueilleux, cire-pompes et surtout très bas de plafond.

Par suite d'un petit souci de réglage sur sa machine alors qu'Ivan lui casse les pieds, Chourik ouvre non pas une porte dimensionnelle vers le passé, mais un portail entre son mur et l'appartement du voisin, chez qui un voleur vient juste de finir de mettre la main sur tout ce qui a de la valeur.
Aubaine pour le voleur qui se fait passer pour un copain du voisin absent, passe bien tranquillement par le mur, félicite chaudement Chourik pour cette magnifique invention permettant d'ouvrir et refermer les murs à volonté! Georg le voleur est aussi malin et débrouillard qu'Ivan est stupide.
Mais, justement, celui ci vient de refaire son réglage et profite donc de la présence de Georg et Ivan pour leur faire une démonstration, ceux-ci pourront donc voir et témoigner que l'invention est sans danger et n'a rien de suspect.
En tout cas, sans danger tant que la porte dimensionnelle ne conduit pas directement au palais d'un autre Ivan Vassilievitch, assez peu réputé pour son bon caractère puisqu'il était terrible. Mais comme les choses ne sont jamais simples, la machine est endommagée et Georg le malin et Ivan le crétin ( mais heureusement sosie de son impérial homonyme) vont se retrouver coincés au XVI° siècle pendant que le tsar, bougon, mais plutôt sympathique une fois qu'il finit par comprendre que Chourik est inoffensif et que son chat noir n'est pas un démon, déboule au XX° siècle.

mais il ne faut pas s'attendre à ce qu'un tsar du XVI°s sache se tenir à table.
Ivan Vasilievitch Buncha va donc devoir se faire passer pour le tsar, qui s'appétait à entrer en guerre avec le roi de Suède, et heureusement que Georg pense pour deux. Quelle chance quand même d'avoir déniché des habits du XVI° siècle dans un coffre et pile à leur taille ou presque.

oui, il y a un gros effort sur les décors et costumes, ça fait plaisir. Je surkiffe la veste de Georg ( en blanc)

Dit comme ça: un duo improbable propulsé par accident dans une époque qui n'est pas la sienne, ça sonne un peu "Les visiteurs" - qui peut d'ailleurs allégrement avoir pompé sur un film soviétique ni vu ni connu, j'dis ça comme ça - mais rassurez-vous, on est plus sur un humour absurde que lourd et malgré quelques tics très années 70 ( ralentis, accélérations, effets psychédéliques, courses poursuites un peu longues..) et le film reste bien sympa à défaut d'être très original.
L'ensemble est plutôt orienté sur le burlesque et les quiproquos causés par la rencontre d'un  type du XVI°siècle avec le monde moderne et inversement, comment des types modernes vont pouvoir survivre au XVI°siècle en attendant de pouvoir rejoindre la civilisation - peut être en ramenant deux ou trois objets précieux dans la foulée - oui Georg est souvent très drôle avec son aplomb et son culot.



Mais il y a quelques détails qui m'ont bien plu: le voisin qui cache dans un coffre-fort sa richesse: plusieurs magnétophones, des objets rares donc précieux en URSS, signe de statut élevé, mais dont, dans l'absolu, il est absurde de garder plusieurs exemplaires dans un coffre comme des lingots. Chourik qui cherche des composants électroniques en n'en trouve pas, tous les magasins d'électronique étant en vacances, en inventaire, fermés le jour en question.. et finit par être abordé par un vendeur à la sauvette aux poches exclusivement remplies de tout ce qu'on peut chercher en résistances, transistors et autres diodes. Comme s'il y avait un marché gigantesque du transistor de contrebande...
Ivan le tsar qui déclenche par mégarde une radio chez Chourik, se montre, toute brute qu'il est supposé être, ému aux larmes par une chanson de Vladimir Vissotsky, chanteur dissident pas toujours très bien vu du gouvernement malgré son succès populaire - j'ai déjà parlé de ce chanteur dont j'adore la voix, l'entendre a été le petit bonus qui fait très plaisir.

un gag culturel que j'aime beaucoup: Ivan IV passe devant une reproduction du célèbre tableau d'Ilia Repine "assassinat du tsarevitch par son père Ivan le terrible" ( plutôt un meurtre accidentel, Ivan avait des crises de rage incontrôlables vraisemblablement dues au saturnisme)  mais le fait divers représenté se passera bien des années après le moment où Ivan est expédié dans le monde moderne. Si Ivan avait su de quoi il s'agissait, il aurait pu l'éviter.. et changer l'histoire.
Donc voilà,une découverte qui m'a bien plu, j'ai passé une bonne soirée, et j'essayerai à l'occasion devoir quelques autres de ces films "cultes", Chourik étant un personnage récurrent, il y a quelques autres films le mettant en scène ( et pour moi, c'est même presque inévitable, en étudiant la langue, il faut bien que  je me renseigne sur les références culturelles communes du pays.)
Le film est visible en ligne sur Youtube, avec sous-titres mais attention, même s' il y a possibilité de les paramétrer en français, je suis revenue aux sous-titres en anglais en moins de 10 minutes. Les sous-titres anglais sont à peu près compréhensibles,probablement faits pas un être vivant, tandis que les sous-titres français sont une traduction automatique des sous-titres anglais, et souvent n'ont aucun sens compréhensible. Donc autant préférer l'anglais. Mais autant un poème, même long, je peu encore essayer de le traduire car il y a un support écrit, autant là, un film entier, même  si j'avais accès aux dialogues, ça serait trop long.

Et hop, billet programmé pour le 16 janvier, faisons d'une pierre deux coups:  Ivan Vassilievitch a été couronné le 16 janvier 1547 et ...la vache, il a eu 8 femmes, 2 de plus qu'Henry VIII.
Toutes n'ont pas été trucidées à sa volonté, il y a des divorces et des mortes de maladie, mais étonnamment, celle qui a été pincée en flagrant délit de cocufiage s'en est sortie avec un divorce (et un allez simple pour le  couvent, non sans avoir eu le "privilège" d'assister à l'exécution de son complice, et de voir à quoi elle échappait... C'est presque clément, en fait, vu l'époque, presque, hein )

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