vendredi 30 mars 2018

opération... et maintenant, je parle de mes nichons sur le web!

Une fois n'est pas coutume, je vais parler d'autre chose que lecture, films et musique.

Il y a quelques temps, j'ai vaguement parlé, ici ou là, d'une opération au printemps, sans entrer dans les détails, mais en disant que la convalescence allait me laisser un peu de temps pour la lecture et les films, chose qui manquait cruellement depuis quelques temps.

Mais je n'avais pas précisé plus. Sauf que je me dis que pas mal de lecteurs sont des lectrices, qui peuvent aussi avoir le même genre de problème que moi, et qui peuvent être intéressées par un témoignage.

La chose pour laquelle j'ai été opérée n'est pas grave en soi, rien de vital et j'aurais très bien pu continuer à vivre très longtemps comme ça, sauf que... ça me pourrissait littéralement l'existence depuis la 5°: hypertrophie mammaire. Je vais donc parler de mes seins sur la toile. Donc si ça ne vous intéresse pas, vous êtes libres de zapper ce sujet.

LE PROBLEME:

Entre l'été dernier, au moment ou le projet a enfin pris une sorte de réalité quand j'en ai parlé à mon médecin traitant et maintenant, je  suis passée par tout un tas d'états mentaux: n'en parler à personne hormis ma mère parce que ça ne concerne personne d'autre que moi; puis en parler à mi-mot à mes collègues (femmes) de travail avec qui je m'entendais bien; et à la chef pour lui dire qu'il y aurait "probablement" une opération au printemps, lui expliquer.. et voyant que tout était bien reçu, en parler de plus en plus franchement, en voyant qu'on ne se foutait pas de ma fiole.

Honnêtement, ça n'aurait pas été le cas dans mon ancien service, où tout le monde déblatérait sur tout  et surtout sur les faits et gestes des autres, et où sans rien demander, j'avais eu droit à des " tu as de la chance, tu as une grosse poitrine, les hommes te regardent" par des collègues jalouses de mon 105 F naturel.. qui ne me croyaient pas quand je leur disait que loin d'être une chance, pour moi c'était plutôt une honte ultime, que je me passerais bien des regards qui me mettent mal à l'aise, d'être considérée comme une paire de seins sur pattes, que j'avais de fait beaucoup moins de succès qu'elles ne se l'imaginaient, et que je me passerait surtout des torticolis et problèmes d'épaules à répétitions causés par ces... melons.
Et en plus c'était la galère et la ruine pour trouver des soutien-gorge n'ayant le choix qu'entre les modèles de grand-mère ou les modèles d'arrière-grand-mère.
Et même pas au rayon sport, puisque pour la santé faut faire du sport-> pour faire du sport, faut un soutien-gorge adapté-> ha non, y'en a pas au delà du bonnet D. La quadrature du cercle.

Donc de semaine en semaine, j'ai fini par en parler... à tout le monde, hommes, femmes, proches moins proches. Parce qu'au final, je me suis dit que, tant que je m'auto-censurais en me disant que c'était un peu la honte de parler ouvertement de mes nichons à des gens, rien ne changerait.
Et que je n'avais aucune raison de ne pas répondre franchement à la question " tu te fais opérer de quoi?". Parce que je voulais que les gens prennent conscience que ce n'était pas une lubie pour être plus sexy, plus attirante ou que sais-je mais surtout un VRAI problème, avec des répercussions de santé, que peut-être ils n'auraient pas imaginé, et que si ça faisait reconsidérer la chose à ne serait-ce qu'une seule personne, ça serait pas mal.
Parce que oui, on peut ne pas être concerné soi même parce qu'on est un homme ou une femme sans ce problème, et simplement ne pas y avoir réfléchi... et avoir cependant une soeur, une fille, une mère, une cousine, une copine etc.. pour qui ça sera une galère quotidienne , et qui n'osera pas en parler par crainte des remarques déplacées

Censurer tout ça, c'était cautionner le regard "seins = truc sexuel", en parler librement, c'était conduire l'interlocuteur-trice à déplacer le regard dans la zone " seins = partie du corps comme une autre". Si la personne en face est gênée, c'est son problème en fait pas le mien, et ça en dit beaucoup plus long sur elle et ses préjugés que sur moi.

On m'a donc enlevé 590g de poitrine de chaque côté, le 19 mars dernier, donc quasiment 1,2 kilos de poitrine. C'est loin d'être un record, mais depuis je revis. Exit le 105 F, me voilà revenue à un beaucoup plus raisonnable 100 C,

Je ne regrette absolument pas d'avoir pris la décision de passer sur le billard, après l'avoir repoussée depuis 20 ans.

D'une part parce que les choses ont été très dures mentalement, surtout au collège et encore un peu par la suite. Je suis passée de pas de seins du tout en 5° à un bonnet D dès la 3°. Avec les remarques bien fines qu'on peut supposer de la part de collégiens en pleine poussée d'hormones pour qui " camion pouet-pouet" était la blague la plus drôle du monde ( avec sa variante  " tu connais "Elvis Presse-les"?) et de collégiennes jalouses là encore, de ce qu'elles fantasmaient dans leur petites cervelles.

D'autre part parce que.. aïe. Les cervicales allaient de plus en plus mal, et je n'avais aucune envie de finir avec un rhumatisme chronique d'ici quelques années. Sans compter le ridicule qu'il peut y avoir à devoir tenir ses nichons dans ses mains lorsqu'on court pour attraper le bus. Ou de taper involontairement sur le clavier sans les mains au travail. Ou d'allumer la plaque de cuisson en me penchant au dessus. Ou de se prendre toutes les poignées de porte parce qu'on a mal jaugé la distance. Je vous laisse apprécier le tableau.

LA SOLUTION

Donc concrètement, comment ça s'est passé?

J'ai commencé à évoquer le sujet avant l'été avec mon médecin traitant, qui m'a demandé de revenir à la rentrée, juste histoire de voir si mon idée tenait la route, si ça n'était pas une lubie. Et faire un bilan de santé au bout duquel il a donné son aval ( en disant " dans ton cas, il n'y a pas de contre-indication, tu m'aurais dit vouloir te faire gonfler la poitrine,j'aurais cherché à savoir pourquoi,mais là ta demande est légitime".. oui il me traite depuis les 8 ans, j'en ai 41, donc il me tutoie, c'est normal)
A l'issue de quoi; il m'a envoyée chez le chirurgien avec une lettre. Il y a 4 chirurgiens qui s'en occupent sur ma ville, il m'a donc envoyée chez celui qu'il considérait le plus sérieux.

Rendez-vous mi-janvier, le chirurgien me prévient honnêtement qu'il n'est pas conventionné et qu'il me restera à payer 1800€ de ma poche, et que si je voulais, je pouvais avoir la même opération gratuitement à l'hôpital, car ma demande est tout à fait dans le cadre médical, et remboursable par la sécu.
J'ai attendu 20 ans pour ça, j'ai attendu d'avoir des sous, et je fais toute confiance à mon médecin traitant pour la raison sus mentionnée: il me soigne depuis plus de 30 ans. Mais j'ai le choix, et il n'a pas essayé de me vendre " de force" d'autres services. Donc tant pis pour les sous, j'ai prévu large, je choisi cette option. La date d'opération est donc fixée au 19 mars, ce qui me laisse le temps  de prévenir ma chef, pour qu'elle trouve quelqu'un pour me remplacer le temps de l'opération et de la convalescence, et de passer les examens nécessaires ( mammographie, analyse de sang, rendez-vous anesthésiste, achat des pansements et du soutien-gorge de contention..)

L'opération elle même dure environ, quasiment en ambulatoire ( rentrée le lundi à 11h00 sortie le mardi à peu près à la même heure), et j'ai vu d'énormes progrès par rapport à ma précédente opération ( ablation de la vésicule biliaire  10 ans plus tôt): maintenant on vous propose une culotte d'opération en non-tissé, ce qui permet de ne pas passer 24h00 les fesses à l'air, l'anesthésiste a bien pris en compte mes difficultés lors de précédentes anesthésies générales, où j'ai vomi tripes et boyaux ( désolée!), à cause du machin-profène utilisé pendant l'opération. Dès qu'il y a -fène quelque chose dans un médoc, c'est la nausée assurée) et a ajouté à son cocktail de molécules un anti nauséeux, ce qui fait que j'ai beaucoup, mais alors beaucoup mieux vécu le réveil, sans manquer m'évanouir 3 fois en allant aux toilettes, en en vomissant juste une petite fois.

La douleur post opératoire aussi, est beaucoup mieux prise en compte.
Donc si vous repoussez une opération quelle qu'elle soit à cause de l'anesthésie, ben voilà: les choses se sont beaucoup améliorée depuis 10 ans.
Et au réveil, tadam! un énorme pansement bien raide en forme de soutien-gorge, qui est enlevé heureusement le lendemain pour d'autres plus modestes.

oui j'ai pris une photo pour montrer à la base à ma mère et mes amis, mais voilà ce qui vous attend si vous subissez ce genre d'opération. C'est très raide. Et très désagréable à enlever surtout quand on a une peau sensible,  faut le savoir. Les pansements suivants sont beaucoup plus raisonnables en taille, mais pas forcément moins pénibles à enlever.

S'ensuivent quelques semaines de convalescence ( 3 pour moi, car il m'arrive de porter du poids au travail, et je m'y rends à vélo, et ça.. Nein! Niet. Dame desu! Ca aurait été plus probablement 2 semaines si je n'avais pas été quasi sure d'être seule au travail sans personne pour m'aider à porter des trucs), pansement à domicile quotidiennement par une infirmière, retrait des points. Le truc relou: devoir garder nuit et jour le soutien-gorge de contention pendant un mois, et mal dormir, parce que je ne vous le cache pas, quand on a tendance à bouger beaucoup en dormant, la douleur réveille et j'ai du transformer mon lit en montagne de coussins pour être calée de tous les côtés.

Faut juste prévoir des activités calmes pour les semaines là, de la lecture, écouter de la musique, ne pas faire de sport..( yep.. consignée à la maison: je peux enfin rattraper mon retard en films, séries, et me remettre à niveau en langues étrangères..et faire au passage une petite cure de repos parce que les derniers mois ont été nerveusement compliqués au boulot )

LA SUITE:


Et donc voilà, on m'a enlevé les points hier, le 29/03 donc, 10 jours après opération..oui, j'ai un facteur de guérison façon Wolverine, ce n'est d'ailleurs pas toujours un avantage dès que ça implique des points. C'est assez compliqué de faire comprendre que oui, je cicatrise trèèès vite et qu'une durée " normale" pour quelqu'un d'autre est trop longue pour moi, retirer les points devient alors très difficile et douloureux. Mais le chirurgien a finalement accepté de me recevoir 6 jours plus tôt que prévu, a constaté que je ne pipeautais pas,  et à enlevé les points. Comme je suis très chanceuse ( gag!) il en reste 2 qu'il n'a pas vus à cause du sang séché, une infirmière va me les enlever ce soir, pour ne pas attendre mardi prochain, puisque We prolongé, le chirurgien n'est pas là plus tôt ( re-gag!). Enfin, déjà,sans (la majeure partie des) points ça va beaucoup mieux, je peux me re-doucher normalement, me laver les cheveux, bouger sans craindre de tirer dessus et de me blesser. Ou de marcher sur des oeufs en évitant tout le monde pour ne pas risquer d'être bousculée.

Le résultat est.. je l'avoue, surprenant.
Il va me falloir quelques temps pour m'habituer: que les cicatrices diminuent, que les énormes bleus et les gonflements disparaissent et pour m'habituer à l'idée de ne pas avoir une poitrine qui pendouille. Je n'ai jamais connu ça, et du coup ça donne un peu l'impression d'avoir de faux seins au bord de l'explosion, mais tenus par un soutien gorge invisible ( ce qui est tout à fait ça, à cause des points internes qui vont se résorber d'eux-mêmes.. je suis prévenue qu'il faut bien 6 mois pour que le résultat prenne une forme stable.

Mais ça, vous ne le verrez pas! :D

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