dimanche 23 mars 2014

Un safari arctique et autres racontars - Jørn Riel


tome 2 des aventures drôlatiques d'Anton, Valfred, Mads Madsen et leurs copains, tous chasseurs perdus sur un coin de banquise au nord-est du Groenland, que j'avais découverts et appréciés l'été dernier. J'ai pu trouver assez vite cette suite, me voilà donc repartie pour les terres boréales
Même principe que pour le tome 1, il n'y a pas vraiment de héros, chaque trappeur connaît son moment de gloire dans une ou l'autre des nouvelles du recueil, enfin, si on peut parler de gloire dans le cas où on se retrouve en caleçon et chaussettes à engueuler un ours blanc qui voit déjà en vous son prochain dîner, et qu'on réussi à sauver sa peau par un incroyable concours de circonstances (la balle perdue), ou qu'on se retrouve à dériver pendant plusieurs jours sur un iceberg, avec pour seule compagnie un type qui passe son temps à dormir, un réchaud, une bouteille de schnaps et de la viande de phoque. (un petit détour).
Mais grosso modo, c'est tout un univers et ses habitants qui se dessine, touche après touche, nouvelle après nouvelle, un univers où le temps est une donnée élastique, où la survie est un enjeu de chaque instant, et où l'amitié seule peut permettre de ne pas sombrer dans la déprime. Ce qui manque arriver à Anton, l'étudiant venu au pôle avec plein d'idées préconçues sur la vie arctique et qui se voyait déjà en héros des glaces, lorsqu'il se frotte à la réalité de la vie quotidienne, un peu plus dure qu'ailleurs, mais tout aussi routinière, surtout lorsque la nuit s'étire sur plusieurs mois (le bruant des neiges).

Malgré tout, je conseillerai aux futurs lecteurs de prendre les tomes dans l'ordre, car ce volume 2 fait référence à des événements narrés dans le premier (un petit détour fait largement référence au dressage d'un lieutenant du tome 1,et  ce qu'il advint d'Emma, est la suite directe de la vierge froide, où on apprend ce qu'est devenue la femme imaginaire que Mads Madsen avait inventé un soir où il était en verve, et dont il avait cédé " les droits d'auteur" à l'un de ses copains, permettant ainsi ça cette idée de poursuivre sa "vie") Car c'est bien de ça qu'il s'agit. Un des personnages dit ici qu'un récit grandit en passant de personne à personne, en vivant sa vie, en se voyant enjolivé de détails. On est dans une culture orale pas si éloignée des légendes ou  des contes. qu'importe si, au lieu de dieux et de héros, on a ici des chasseurs plus ou moins portés sur la bouteilles. D'ailleurs,  les gens qui me connaissent peuvent s'étonner de me voir passionnée par des nouvelles qui parlent de chasse, moi qui déteste ça. C'est assez simple: jamais on ne ressent chez eux d'agressivité gratuite, ils chassent soit parce que c'est leur travail ( on est dans les années 50, et le commerce de la fourrure n'est pas encore mal vu), soit par nécessité, pour se nourrir ou se vétir ( et l'ours tué par accident dans "une balle perdue" est mangé, et sa peau sert à réparer le traîneau qu'il avait endommagé), ce ne sont pas des meurtres gratuits par plaisir de tuer. Cette notion apparaît dans "un safari arctique", via l'autoritaire Lady Herta, vieille dame chasseuse dans l'âme venue sur la banquise uniquement pour le plaisir de tirer sur un boeuf musqué, et qui par son ridicule ( elle vient chasser "à la rustique", mais il y a quand même besoin d'une douzaine de personnes pour porter son équipement qui comprend plusieurs tentes, une baignoire pliante, de la vaisselle en cristal, des boites de conserve exotiques..), fait ressortir le bon sens et la simplicité des autochtones, pas plus natifs qu'elles, mais, cerise sur le gâteau, c'est l'occasion de quelques vannes bien senties sur l'esprit colonial.

Donc, une très bonne lecture qui me convainc de poursuivre l'aventure arctique, quand l'occasion s'en présentera ( en fait très bientôt, car je viens de gagner à un concours le tome 3 d'une adaptation en BD, qui correspond en fait à l'adaptation graphique de 3 nouvelles issue de ce volume)

et allez, une petite citation car, quand même, :"la baie était incroyablement belle. Les restes de glace de l'hiver brillaient à la manière de sculptures blanches, comme jetées par une artiste fou dans l'eau verte et paisible. Les seuls mouvements perceptibles, c'était les ombres des nuages d'été flottant et des petites ondes concentriques provoquées par la glace qui dégoulinait. A l'extrémité nord de la baie s'ouvrait une large vallée entre de sombres parois de montagnes. Le fond de cette vallée était couvert de bruyères en fleurs et scintillait de couleurs bleues et violettes"
Groen- land, terre verte, c'est marqué dans le nom. Nom d'un casque viking, mais si on me donnait l'occasion d'aller passer l'été là haut au frais, j'irais sans faute!

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