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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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mercredi 28 décembre 2016

La reine des neiges ( animation 1957)

Non, promis rien à voir avec la version récente ( qui aurait d'ailleurs été tout à fait acceptable sans cette manie des studios Disney- qui a donc contaminé Pixar lors de la fusion - de faire de n'importe quelle histoire une comédie musicale aux chansons chewing-gum qui vous collent en tête pendant des heures.) mais d'une version de 1957.

j'avais déjà évoqué il y a 5 ans le cinéma d'animation russe, on va donc y revenir un peu. Je le disais donc à l'époque, quand on parle animation, la plupart des gens auront en tête soit l'animation américaine, soit l'animation japonaise. Quelques uns penseront à l'animation française, et bien peu à l'animation russe ou plutôt soviétique, qui est loin de démériter.
Portée par le studio Soyuzmultifilm, fondé en 1936, ils ont surtout adapté des contes et produit aussi quelques films humoristiques pour adultes (et ce n'était pas le petit studio de production, il faut compter une moyenne de 4 ou 5 longs métrages/an dans les années 30- 50 un peu moins par la suite, mais plutôt la société à la dimension de l'union soviétique, employant des gens venus de tous les recoins de cet pays de la taille d'un continent.). Ils ont d'ailleurs tout essayé en matière d'animation: animation classique, rotoscope, stop-motion ( à l'époque on parlait d'animation en volume mais ça parle moins maintenant), pâte à modeler, marionnettes, etc...

Et donc cette Reine des neiges , réalisé par Lev Atamanov est l'un des dessins animés les plus connus, par l'un des animateurs les plus connus. On est dans de l'animation classique, mais qui n'a techniquement pas à rougir de ce que qui se faisait à la même époque dans l'autre bloc .Pour situer, La belle et le clochard est sorti en 1955, et la belle au bois dormant en 1959. On est donc pile entre les deux.
Je ne dirais pas tout le mal que je pense de la potiche Aurore de la belle au bois dormant, qui attend en pionçant qu'un héros vienne la réveiller, puisque c'est déjà plus ou moins le cas dans le conte qu'adapte Disney ( quoiqu'en l'édulcorant beaucoup.. les frères Grimm n'y allaient pas de main morte question mauvais traitements, tortures, cruautés diverses dans leurs compte).

A l'opposé Atamanov choisit donc d'adapter Andersen . A.La.Lettre.
Enfin presque! Expurgé quand même de toutes les références christiques qui rendaient quand même le conte d'origine assez pénible à lire ( mais j'ai pensé pareil de la petite fille aux allumettes, qui s'endort dans la paix des anges, blabla.. alors que la triste réalité est que tout le monde l'a laissée mourir de faim et de froid dans l'indifférence générale)
Et donc ici, pas de diable qui casse le miroir dont les éclats vont modifier le caractère de Kai.

On commence simplement chez Monsieur Andersen, où un petit Nisse s'extirpe difficilement d'un recueil de contes, salue la statue de l'auteur, et va donc jouer le rôle de narrateur ( après avoir brièvement expliqué qu'il est le "porteur de rêves" en agitant ses parapluies au dessus de la têtes des dormeurs: s'il s'agit d'un enfant sage, le parapluie coloré lui apportera de jolis rêves. S'il ne l'est pas.. le parapluie ombre lui apportera une nuit sans rêves - même pas des cauchemars!)

Et donc Ole le lutin est ici pour nous raconter l'histoire de Kay et Gerda, deux gamins qui sont amis et voisins. L'été, ils cultivent leur jardin passerelle qu'ils ont monté entre leurs deux fenêtres, l'hiver ils écoutent des contes chez la grand mère de Gerda.
Un soir, alors qu'elle leur raconte l'histoire de la Reine des neiges, qui règne loin au nord, dans son palais de glaces, froide et pale comme une statue de glace, mais malgré tout vivante, et observe les humains depuis son miroir de glace magique. Kay se moque en disant que si elle regarde chez eux, il l'attrapera et la fera fondre dans la cheminée, et de colère la reine casse son miroir magique avant d'envoyer un blizzard - à distance! - sur la maison. Kay reçoit alors des éclats de glace qui le rendent agressif et mauvais, avant d'être enlevé le lendemain par la reine, venue le chercher. C'est qu'elle doit quand même s'ennuyer dans son palais de glace et semble vouloir s'occuper d'un enfant qu'elle formatera , le mot n'est pas trop faible, à son goût, lui faisant oublier le monde, la chaleur, sa vie et ses amis.

La suite est exactement la trame du conte: Le printemps revient , mais Kay ne réapparaît pas, et Gerda part donc à sa recherche,croisant peu à peu divers opposants ( la fée du printemps, qui veut elle aussi la garder comme compagnie), la rencontre assez comique avec deux corbeaux ( deux corbeaux..tiens donc) qui pensent avoir trouvé Kay, la rencontre avec des brigands dont la fille, bien que sauvageonne , va apporter une aide inattendue à Gerda, etc..

On n'est pas chez Disney, je le répète, il y a bien un passage chanté: les brigands complètement saouls qui chantent brièvement les joies de l'alcool et du pillage. La jeune brigande est une tortionnaire d'animaux, qui s'ennuie, et comme la reine ou la fée, semble croire que pour se faire des amis, il faut les enfermer, et son idée première est d'ailleurs de faire de Gerda son nouvel animal de compagnie, avant de la relâcher lorsqu'elle comprend que l'amitié ne s'obtient pas en la forçant ou en kidnappant les gens.

On retrouve donc l'idée qui m'avait bien plu dans le conte, à savoir que les femmes , il n'y a presque que des femmes, sont au moins aussi fortes et débrouillardes que les hommes. Les quelques hommes qui apparaissent sont d'ailleurs ridicules ( un passant béta qui prend l'eau de l'arrosoir de Gerda pour la pluie, des gardes qui dorment debout, un prince grassouillet et bêta, les brigands qui ne brillet pas par leur discernement), quand les femmes sont futées ( j'avais vu ce dessin animé à la TV, quand j'étais très jeune, et que les programmes de Noël étaient un peu plus audacieux, et je m'étais toujours souvenue des lapones qui communiquent, en l'absence de papier, en traçant des runes sur du poisson séché qu'elles s'envoient en guise de lettres!).

image trouvée ici sur un comparatif assez intéressant avec la version récente, et notamment sur le plan du féminisme
 Les femmes sont là, et elles se débrouillent comme des cheffes! C'était le point audacieux chez Andersen (  et je note au passage que sa petite sirène d'origine, même si elle est assez bétasse pour s'amouracher d'un type qu'elle a sauvé de la noyade, va jusqu'au bout de son idée, et a même quelques pensées meurtrières totalement supprimées  par Disney)

oui, les petites filles peuvent chevaucher un renne en plein hiver
Le revoir à l'âge adulte, même s'il a forcément vieilli est cependant un vrai plaisir: débarrassé de ses oripeaux chrétiens, et en mettant l'accent sur des valeurs, il est vrai, plus compatibles avec les concepts soviétiques ( la détermination, le travail, l'acharnement, etc..) le conte retrouve un côté mythique sur les saisons ( le même studio à d'ailleurs produit une autre oeuvre, dont j'avais oublié le titre, merci Wikipédia, "les douze mois", avec personnification des mois de l'année, qui aident, cette fois aussi, une fille tenace à réaliser la tâche apparemment impossible qui lui a été assignée), la reine n'est ni méchante, ni sympathique, elle est, point. C'est en quelque sorte un souvenir de Skadi, la déesse de l'hiver, qui disparaîtra au printemps, mais reviendra immuablement l'an prochain. Et revu à l'aune de quelques connaissances mythologiques, je ne peux pas m'empêcher de voir dans ces deux corbeaux un vague souvenir de Huginn et Muninn.
et comme Skadi, c'est une géante. nota: j'aime bien ce graphisme anguleux et vertical, très art déco.

Ce moyen-métrage ( une heure en tout, donc oui, c'est rapide je sais) m'avait marquée, et j'ai eu plaisir à le revoir cette fois en VOSTF. La version que j'avais vue des années 80, doublée en français, par des professionnels du doublage,  a été, pour une raison que j'ignore, redoublée pour la sortie vidéo, à la méthode actuelle ( prendre des gens célèbres, dont Catherine Deneuve, même si la reine n'a que quelques lignes de texte) et vu qu'entretemps je suis devenue une adepte de la VOST, en fouillant un peu beaucoup le net, c'est trouvable!
Donc il me reste à trouver les deux autres qui m'avaient marquée, les 12 mois et les cygnes sauvages (lui aussi adapté d'un conte d'Andersen).

le film est russe, mais le conte est Danois!

mercredi 21 décembre 2016

God Jul, amis nisses, lutins et gnomes

Puisque nous sommes en plein mois nordique et que Yule/jul/jol... est justement la fête du solstice d'hiver avant que d'autres traditions ne viennent y mettre leur nez. L'an dernier j'avais parlé en bonne païenne que je suis, d'Odin. cette année, tiens, mettons à l'honneur le nisse ( Danemark, Norvège) et son cousin le tomte ( Suède)
Vous savez,ces petits bonshommes de quelques centimètres de haut, portant souvent des chapeaux pointus et qui protègent les maisons et leurs habitants...Par contre ils n'aiment pas trop que l'on fasse du mal aux animaux ou qu'on leur joue de sales tours. Essayez, et vous risquez de passer la prochaine année réduit à la taille d'un lutin, à devoir éviter la vengeance de vos précédentes victimes..


De familiers du foyer, ils sont peu à peu devenus des figures emblématiques des fêtes de fin d'année, les Julenisse. Qui distribuent donc des cadeaux lors des fêtes de Jul.


On est bien d'accord qu'une armada de lutins sont plus efficaces qu'un seul bonhomme, fut-il monté dans un traîneau tiré par des rennes volants. A condition qu'ils ne soient pas ses esclaves. Sinon je vais militer pour de meilleures conditions de travail pour les julenisse!

 En tout cas eux marchent dans la neige et amènent leurs cadeaux en compagnie du Julebock (  bouc- ou chèvre de Jul).
Animal positif au départ ( puisque lié au dieu Thor, voir le sujet sur les monstres nordiques) mais évidemment, quand le christianisme est passé par là, le bouc, disons, ça n'était plus trop bien vu comme bestiole.
 Et quasiment disparu pendant longtemps, il est revenu sous forme de décoration, chèvres en paille, ou sur des illustrations, comme porteur ou monture pour le nisse, au moment de la montée des revendication d'indépendance des pays nordiques, un peu comme symboles nationaux.

Partons un peu plus au nord-est.
Mmmm l'équivalent russe du père Noël, j'en avais déjà parlé il y a maintes années,  c'est Died Moroz "krasnii Noz" ( le grand père gel "au nez rouge").. les mauvaises langues disent que ce n'est pas dû au froid, mais plutôt à quelques bonnes bouteilles de vodka.. Heureusement son assistante Snegourotchka (sa petite fille, personnification de la neige) est là pour veiller au grain... eux viennent plutôt pour le 31 décembre ( suite à la laïcisation de l'URSS, exit Noël fête " chrétienne" - hahahaha, depuis quand le solstice, événement naturel, spatial, serait breveté par une religion? Enfin, on ne pouvait pas demander à des politiciens de se pencher sur la chose et le faire aurait été le meilleur moyen d'aller rejoindre Died Moroz au fin fond de la Sibérie - donc on reporte au nouvel an)
et quand le gars qui doit juger si tu as été gentil ou pas porte un casque à cornes.. ben t'as été gentil de toutes façons. Bien plus impressionnant que le bonhomme en rouge
et pour les grands garçons, le risque de louper la visite de la jolie Snegourotchka est une perspective suffisante pour se tenir à carreau
Mais revenons en aux lutins, tomtes et nisses: ces petits bonshommes me sont éminemment sympathiques en fait, probablement parce que ma grand-mère avant un livre que j'ai feuilleté mille fois étant jeune: les Gnomes. Il doit-être chez ma mère maintenant. Des néerlandais Rien Poortvliet ( illustrations) et Wil Huygen ( texte). En tout cas d'après ce livre là, les trolls sont leurs ennemis naturels. Dans d'autres traditions, les trolls sont juste d'autres gnomes, vivant dans les forêts et les montagnes, des " sauvages " au sens strict, contrairement à leurs cousins des villes.
Un beau jour le gnome des villes invita le gnome des champs, d'une façon fort civile... ;)

Que je conseille à tous les fans de folklore et de fantastique... très joli livre. Tiens, le mot joli au passage, un peu d'étymologie? Jolif en ancien françois, signifiant beau, gai, joyeux voire olé-olé.. viendrait justement des normands, enfin des hommes du nord donc. Et de la fête du Jul, d'après l'ami Littré.

Attention  ne pas confondre avec les elfes. Ou plutôt les Alfes, créatures d'Alfheim ( donc du "monde des alfes" ) un des neufs mondes de la mythologie nordique. Et qui sont probablement loiiiiiin d'être de petits bonshommes barbus à chapeaux pointus, à la base, avant de se retrouver confondus avec les autres créatures folkloriques, gnomes, farfadets, lutins, etc... Mais comme la mythologie est peu loquace à leur sujet, les interprétations sont libres.
Tout ce qu'on sait c'est Alfheim est aussi la demeure de Freyr, dieu de la prospérité, du soleil, de la pluie.. donc assez peu compatible avec les chapeaux pointus et les 15 cms de haut.  Beaucoup plus avec la version qu'en propose Tolkien, fin connaisseur de la culture norroise.
Elfe du père Noël en chaussettes rayées ou Messire Elrond en armure, faites votre choix. Je vous ne vous cache pas que le mien est vite fait, je préfère être en bon termes avec celui qui tient l'épée par la poignée.

En tout cas, la constante, quel que soit le nom ou la hauteur semble être les oreilles pointues, donc , et comme c'est bientôt Noël ( enfin, je me comprends, ça va faire court pour commander), une marque chinoise a eu l'idée , plutôt rigolote, j'avoue, de fabriquer des écouteurs " oreilles pointues" ( sisi, je trouve ça très drôle comme gadget , d'ailleurs, ça va mieux à la fille en bleu, l'autre avec la perruque blanche fait un peu trop cosplay à mon goût)

En tout cas, humain, lutin, elfe, farfadet, nisse, tomte, troll ou autre, peu importe la forme de vos oreilles , mes copains gnomes et moi vous souhaitons un bon solstice d'hiver! Avec en prime ( parce qu'il fallait un peu de musique kitsch) une polka en finnois qui, si  le traducteur en ligne n'a pas trop déliré  doit vouloir dire " nuit dans les montagnes bleues"

mardi 13 décembre 2016

Le voyage à Nanga - Jørn Riel

premier sujet lecture de ce mois nordique ( qui, l'hibernation aidant, risque fort de mon côté de se prolonger jusqu'au printemps): le Groenland.
Où nous retrouvons nos amis les chasseurs pour un 5° tome de racontars, ou plutôt, pour "un racontar exceptionnellement long".

Contrairement aux autres tomes, les nouvelles qui composent ce voyage à Nanga ont un fil directeur et une temporalité de l'été à l'été suivant.
Nanga? Mais je n'ai pas vu ce nom là sur la carte du Groenland? En effet, c'est une montagne située quelque part dans l'Himalaya, mais on va y revenir.
j'avoue que l'illustration, euh.. il n'y est question ni d'ours noir, ni de patinage
La couverture originelle est bien plus liée au contenu:Il y a bien la rencontre d'une touriste en avion et d'un chasseur sur la banquise.

Tout commence donc par une visite surprenante, qualifiée de "Putain de bordel " de nouvelle même, par  Bjørken. alors que tous les chasseurs attendent tranquillement vers la fin de l'été le passage de la Vesle Mari, le bateau qui les ravitaille et leur apporte les nouvelles du continent avant un long hiver isolé.
Un passager innattendu arrive, ou plutôt revient: Halvor, brièvement apparu dans le tome 1 ( la vierge froide) et là, je demnde à tous ceux qui n'ont pas lu le tome 1 d'aller le lire, avec les 3 suivants dans la foulée, car ce tome 5 fait référence directement aux événements des précédents.

vous voilà prévenus

Halvor le norvégien donc, avait, quelques années plus tôt été rapatrié de force sur le continent après une crise de vertigo majeure. Le vertigo est cette sorte de maladie mentale qui vous prend dans l'immensité du nord, à cause de la solitude et du manque de repères: parfois bénin lorsqu'il s'agit simple d'"envies" du au manque de femmes dans le Nord-est du Groenland, qui peuvent être facilement arrangées en allant se faire " régler le compas"au Cap-Sud, où quelques accortes dames esseulées se chargent d ela besogne. Parfois ce sont des lubies plus étranges, tel celui qui, pris d'une obsession pour les pâtisseries partit soudain avec armes et bagages en yole pour l'Islande, se goinfre de gâteaux au beurre.
Dans le cas d'Halvor la conclusion a été dramatique: lui et son collègue Le Vieux Niels élevaient ensemble le Roi Oscar, un cochon ( nouvelle du tome 1 donc), pour en faire le dîner des fêtes de fin d'années. Mais une crise de vertigo, des hallucinations, et Vieux-Niels est passé à la casserole en lieu et place du cochon, devenant ainsi le menu de Noël d'Halvor et du Roi Oscar.
Halvor donc est reparti se faire soigner, a entrepris de se faire pardonner auprès des puissances célestes ( bien qu'il ait eu une crise de folie et non commis délibérément un meurtre cannibale) en devenant séminariste. Seulement, il a la sensation d'avoir oublié quelque chose au Groenland.. mais il ne sais plus quoi.Des skis?pas vraiment. Un ronneau de viande salée? non plus..
Et donc voilà notre fil rouge: Halvor va passer une année, librement, à aller de station en station voir ses anciens compagnons, en espérant que lui revienne la mémoire.
Un tome toujours aussi truculent et absurde ( lorsque certains se mettent en tête de créer un élevage de boeuf musqués après voir tenté d'instaurer la viticulture sous les hautes latitudes; ou lorsqu'un avion s'écrase à deux pas de la tente d'un Halvor un peu stupéfait d'en voir émerger un femme, anglo-indienne qui plus est, et complètement garçon manqué), les chasseurs inventant sans cesse n'importe quoi pour s'occuper un peu, quitte à partir en vacances comme ça, à vélo, du jour au lendemain, mais quelque peu plus sombre que les précédents. Pourtant la série se distingue déjà par son sens de l'humour noir, CF le cadavre en salaison du tome précédent. Mais là, les histoires sont un peu plus dramatiques et/où mélancoliques, ne serait-ce que par ce souvenir d'homicide involontaire.
Car Halvor se retrouve suivi par l'ombre, ou le fantôme de Niels, pas rancunier. Car l'on découvre la véritable passion de Fjordur, avant le tricot. Elle est liée à des circonstances dramatiques et un passé criminel.. mais difficilement condamnable,car la justice et la légalité ne sont pas toujours du même côté.

D'ailleurs, ce récit sur son passé au Yukon m'a fait me poser une question sur la temporalité de ces histoires.
Il y a très, mais alors très peu de références chronologiques, hors "été" et "hiver" ou "quelques années après l'histoire de ...."

L'auteur est né dans les années 30 et à séjourné au Groenland dans les années 50 et 60. L'écriture des racontars , histoires inspirées de son séjour date des années 70.. alors, ça se passe quand au juste?

On sait que Le Comte fabrique son vin, et qu'il a quelques fameuses cuvées, comme 1928, et 1931. enfin, fameuses de son point de vue. Peu de chance que du vin Groenlandais se conserve longtemps surtout dans un coin où picoler est une occupation comme une autre.
Jusqu'à présent j'avais l'impression que les récits était contemporains ou un peu antérieurs au voyage de Riel, donc, début des années 50, vu qu'aucun événement d'envergure internationale n'est jamais mentionné comme point de repère.
Mais lors que quelqu'un se pose la question " Pourquoi n'y a-t-il pas d'Eskimos dans notre quoi" le docte Bjørken, qui a une encyclopédie en un tome, répond qu'il y en a eu " il ya à peine plus d'un siècle, ils sont mentionnés en 1828"..
Ce qui situerait donc bien la période des Racontars dans les années 30 ( et le récit du passé de Fjordur, qui sonne quelques peu  ruée vers l'or, pourrait en effet être antérieur d'une 30 aine d'années encore au moment où il le relate, soit lors de la ruée vers l'Or au Yukon vers 1899)
L'intemporalité des récits fait que jusqu'à présent je n'avais pas eu cette impression, mais il semble qu'il faille en fait les situer dans l'entre-deux-guerres.

Mais que vient donc faire Nanga dans une série de récits sur le Groenland? Hé bien, c'est tout simplement le lieu d'origine de Miss Ma-Kin Mahoon, la pétulante anglo-indienne dont l'avion vient d'échouer aux pieds de Halvor. Après une jeunesse passée en Inde, les yeux rivés sur la montagne Nanga, elle a été envoyée en Angleterre par son notable de père pour apprendre les bonnes manières, désireux de transfromer en lady cette bien peu digne héritière, et heureusement laissée aux soins d'un oncle un peu farfelu qui la laisse mener sa vie de garçonne comme elle l'entend.
Ma kin n'apprend donc pas le piano et l'art du thé et de la conversation mondaine, mais la mécanique, et dès que possible, à piloter un petit avion, et hop, direction l'Islande et les Montagne bleues du Groenland car la neige lui manque trop. Cette arrivée va donc se faire avec fracas, au propre comme au figuré. Car on sait déjà que ces chasseurs sont de rudes gaillards, mais qu'ils ne sont ni xénophobes ( on se serre les coudes, peu importe d'où on vient, c'est une nécessité) ni sexistes ( il y a tellement peu de femmes dans le coin que s'il l'une d'elle tombe du ciel, on ne va pas la rudoyer et lui dire de repartir, et puis elle est bricoleuse, donc loin d'être un boulet), et que toute nouveauté est une distraction bonne à raconter, amplifier, déformer, lors d'une prochaine visite au voisin à 300 kms de là.

Et leur vie libre d'entrave correspond bien au caractère  aventurier de Ma Kin.
Va-t-elle revenir dans un des tomes suivants, après avoir réalisé son rêve de revoir Nanga? Je n'en sais pas plus pour l'instant, mais j'ai déjà le tome suivant sous la main à lire dans les semaines à venir.

Jusqu'à présent j'ai illustré mes sujets d'images  montrant le Groenland en hiver au printemps, en été et à l'automne et c'est toujours aussi superbe, mais pour le plaisir voilà donc la montagne de Nanga ( maintenant au Pakistan 2° plus haut sommet du pays après le K2 et 9 °sommet du monde.. )

Je veux voir ça, en effet si je pouvais me téléporter là, maintenant - en anorak, hein - cette vue, l'air frais.. tout ce que j'aime et je comprend  la volonté de Ma Kin d'y retourner :)