mardi 12 juillet 2016

Le Misanthrope - Molière

Ho, un Molière que je n'avais encore ni lu, ni vu.
En cette première semaine de RAT d'été, et en plein festival, il me fallait au moins une lecture théâtrale. Au minimum!

Et donc de passage chez ma mère, j'ai pris, un peu au hasard, le premier venu sur l'étagère Molière ( ça me fait bizarre de me replonger dans un classique Larousse, mais pas ceux que j'ai connus moi au lycée,  non, ceux de la période 50/60, la génération de mes parents avec couverture violette indistincte.Je ne sais pas si c'est mon père où ma mère qui a du l'étudier en cours, tiens...)
oui, et ça sent bon le vieux papier,

Ca s'appelle donc le Misanthrope. Mais à la lecture on comprend vite que ça pourrait aussi se titrer " l'asocial", "le colérique" ou même "le casse-bonbon". Oui.

Car Alceste, notre héros, plus qu'un misanthrope est en fait un intransigeant, qui ne peut supporter les travers horripilants de certains de ses contemporains: La jalousie, la mesquinerie, la médisance, l'hypocrisie.
A tout cela, on ne peut pas franchement lui donner tort, bien au contraire.

Mais pas de chance pour Alceste, il évolue dans la bonne société, la très haute société du XVII° siècle, celle des coquettes pour qui la médisance est une seconde nature, et des petits marquis, qui se gonflent d'importance de pouvoir assister au lever ou au coucher du roi. autant dire, le pire panier de crabes possible.
Et autant de raison de se fâcher pour Alceste, qui ne fait pas dans la demie mesure et ne se contente pas de réprouver silencieusement. bien au contraire, il tempête, il rage et fait du foin, souvent de manière démesurée. Ce défaut fait qu'il est encore malgré tout bien en vue dans cette société, où son extravagance fait rire et ne déplaît pas, en particulier aux dames qui trouve sont honnêteté plutôt charmante, bien que bruyante.
Mais évidemment, on est dans une comédie, donc ce râleur invétéré, en plus d'amuser involontairement la galerie, est doublé d'un naïf, qui s'est entiché de Célimène, femme intelligente et piquante.. surtout quand il s'agit de médire à droite et à gauche. Tout ce qu'Alceste déteste. Et il en a conscience et vient d'ailleurs, tout au long de la pièce, essayer de demander à Célimène si elle compte un jour, se décider entre lui et la nuée de prétendants qui l'entoure, et changer son comportement bien trop mondain. Essayer seulement car sans cesse, quelqu'un arrive et l'interrompt.

C'est une pièce étrange, à la fois humoristique: le côté colérique outré du héros, les interruptions dont il est sans arrêt la victime, le petits marquis ridicules qui courtisent Célimène. Oronte en particulier, qui casse littéralement les pieds à tout le monde  et à Alceste en particulier pour avoir son avis sur un sonnet de sa composition.. mais ne supporte pas qu'on lui dise que son texte est mauvais! et va jusqu'à intenter un procès pour que la justice lui donne raison sur le sujet " le texte est peut être mauvais, mais les conventions sociales font qu'il aurait dû, poliment, le trouver bon".
Mais aussi se teinte d'autres choses: le sarcasme envers les moeurs et les conventions de l'époque ( comment donner tort à Alceste sur le fond de ses colères, même si elles prennent des proportions qui le rendent ridicule), mais aussi sur l'impossibilité de pourvoir tout seul changer les choses et les gens ( et il fallait bien  s'attendre que Célimène qui dit du mal de tout le monde en dise aussi de ses prétendants.. et le fait qu'elle se fasse plaquer par les 4 en même temps est plutôt jouissif...Hé oui, à courir plusieurs lièvres, on repart les mains vides)

Du coup, j'ai beaucoup aimé cette demi teinte, d'une comédie moins franchement rigolote, mais plus sarcastique, plus grinçante que d'autres. Et je préfère la subtilité de cette peinture de moeurs aux coups de bâtons guignolesques des fourberies de Scapin, qui m'a toujours ennuyée. Mais poliment, sans rouspéter, bien que dans l'absolu, je me sente assez proche d'Alceste sur certains points.

Prochaine mission, voir la pièce. Il y a une version disponible sur le site de l'INA, filmée en 1977 dont la distribution me tente bien.. Quand je serai un peu plus en fonds, je prendrais un pass (3€/ le mois, sur un mois ou deux, c'est possible, d'autant que le premier mois est gratuit), pour voir tout ce qui me tente (yep! je vais enfin voir la fin de Belphégor, ou Chorus, emission musicale qui programmait The Police, the Cure, james Brown, John Lee Hooker autant qu'Art Blakey, Téléphone, Magma ou Rory Gallagher)

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