vendredi 23 mars 2012

Du sang sur Rome - Steven Saylor

Et voilà, un passage à proximité d'un Gibert joseph, et ma pile déjà bien fournie a encore grandi.
Je connaissais déjà cette série de Steven Saylor, dans la collection "grands détectives" de chez 10/18, une copine m'en avait prêté quelques volumes il y a des années, mais étrangement, pas le premier tome. Le voici donc.

L'action se passe en -80 à Rome. Un jeune avocat qui doit plaider sa première affaire charge un enquêteur de recueillir des informations pour l'aider à défendre son client, accusé de parricide, l'un des pires crimes dans la Rome antique. Un trame somme toute très classique, puisqu'on va suivre à la fois l'enquêteur, Gordien, dans sa recherche de terrain, et l'avocat, dans la préparation de sa plaidoirie. Au fait, l'avocat en question se nomme Marcus Tullius Cicéron, dès fois que son nom vous parle.

Et comme souvent dans cette collection, ce n'est en effet pas tellement l'intrigue policière qui compte que le cadre ou elle se déroule et les personnages plus ou moins célèbres qui interviennent. J'ai eu l'occasion de tester trois séries policières romaines de la collection: celle de Saylor, celle de John Maddox Roberts et celle de Danila Comastri Montanari.

Je dirais que sur les trois, c'est à celle de Saylor que j'accroche le moins. En tout cas, ce volume se laisse lire, mais m'a paru quand même un peu long (la copine m'avait prévenue en me disant que les premiers tomes n'étaient pas les meilleurs, que la série trouve son rythme par la suite, et je confirme). En fait le problème, c'est que si Saylor s'inspire d'événements et de personnages réels (Cicéron et sa plaidoirie "pro Sexto roscio amerino", Sylla et les proscriptions, Chrysogonus, le procureur Erucius, etc...), il part quand même un peu dans tous les sens par moments. Certes c'est original de partir du texte d'une plaidoirie, forcément partiel et partial, puisqu'il s'agit de démontrer l'innocence du client. Mais il brode.. Il brode même beaucoup. Et le résultat donne un policier très américain au final, de ceux auxquels j'ai du mal à accrocher parce qu'ils en font des tonnes : le parricide ne suffisait pas, on ajoute donc des complots à la pelle, de l'inceste, de la débauche, un petit frère empoisonné, une gentille prostituée au coeur pur, un mignon petit enfant abandonné désireux de se venger, des trognes patibulaires et les inévitables retournements de situations énormes dans les derniers chapitres. C'est exactement ce côté "too much" que je reproche en général aux policiers des USA. Il aurait gagné a rester un peu dans le flou, puisque la seule chose que l'on sache c'est que le client a été acquitté, mais rien sur son innocence ou sa culpabilité réelle, et donc pas de certitude la dessus. Je ne suis pas fan du tout de la solution retenue par Saylor, trop tirée par les cheveux et qui fait intervenir trop de hasards , de coups de chance, et de retournements de situation.
Après un autre problème me gêne, c'est la transposition telle quelle des moeurs actuelles plaquée sur le monde romain, et donc fantasmée via les péplums ( Gordien qui vit à la colle avec son esclave, ça aussi, ça fait un peu trop XXI° siècle, la fille de bonne famille qui couche avec un esclave aussi, tout le monde couche avec tout le monde manque de chance, j'avais lu auparavant cet article auparavant, hé oui!)
Car Cicéron et Sylla ont un rôle important
Heureusement, je sais que la série s'améliore par la suite, sinon, je me serai probablement contentée de ce seul volume, sympathique mais peu convaincant. Mais bon, ça se laisse lire sans déplaisir, et c'est une manière agréable de se rafraîchir la mémoire sur Sylla et ses proscriptions, sa rivalité avec Marius,  sa carrière politique, personnage politique un peu éclipsé par César et pourtant fort intéressant, ainsi que sur Cicéron ( je l'ai toujours eu en sympathie, lui, après avoir lu " de amicitia" à la fac)

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