
Alors oui, c'est un détail, mais des détails clichés comme ça, ben, ça me gâche une lecture, dites! Et pourtant je suis bon public.

En fait le principal souci pour moi est d'ordre comparatif. Car la grille du scénario est quasiment la même dans les deux cas
- ca commence par une autopsie à la morgue. Ca ne sera pas là dernière. Hop, il se passe quelque chose de bizarre ( dans le premier la victime est la fille d'une célébrité, dans le deuxième cas, l'assistante de la légiste a un comportement louche et oublie de prendre les empreintes digitales du mort)
- l'héroïne nous rebat les oreilles de ses problèmes relationnels ( 1° livre: elle ne fait pas le deuil de sa relation avec son ex. 2° cas, elle ne fait pas le deuil de son ex, tout court.)
- dans les deux cas, la bonne vieille théorie du complot vient faire un petit tour par là ( politicienne en vue de style Sarah Palin ou politicien douteux)
- dans les deux cas une proche de l'héroïne agit de manière très douteuse, ralentit les enquêtes,et finit par se faire buter ( sa meilleure amie dans le 1° , son assistante dans le 2°)
- dans les deux cas, l'intégrité et la conscience professionnelle de l'héroïne sont mis en doutes et elle aura des démêlés avec la justice.
- Dans les deux cas, on trouve une voyante ( vivante dans le premier, bien que son rôle soit quand même assez peu utile. Morte dans le second)
- Dans les deux cas on navigue entre affaire politique et bête histoire de serial killer pas très convaincantes ni l'une ni l'autre.
-les deux se passent à Noël ou aux alentours ( parce que les meurtres à Noël, c'est plus dramatique je suppose?)
Sans compter les invraisemblances ( après, ça marche peut être comme ça aux USA, mais chez nous, je n'ai jamais vu un truc pareil: le légiste local semble connu comme le loup blanc et se trouve mis en cause personnellement à chaque nouveau cadavre qui déboule sur sa table, et est constamment sollicitée par la presse qui l'empêche de faire son boulot correctement): dans le deuxième, ça fait quand même moyen de voir l'ordinateur central des empreintes digitales hacké par la nièce super-méga-hyper douée de Kay, Lucy 17 ans, à qui le chef du FBI réserve d'ores et déjà un travail quand elle aura fini ses études, car aucun spécialiste de chez eux n'a pu prouver que le fichier avait été piraté ( à ce propos, c'est assez marrant quand on apprend que le FBI et la police américaine travaillent sous UNIX, manipulent des commandes dos et qu'ils utilisent wordperfect ou des disquettes, voire faxent leurs résultats... ben oui, le livre date de 1994 et mine de rien toutes les belles explications de Lucy sonnent vraiment antédiluviennes. C'est dommage, car à trop vouloir faire moderne, on se condamne forcément à être vite démodé!).
Une autre passage marrant, totalement incongru: la légiste a de gros problèmes sur les bras, on la soupçonne d'incompétence, il faut régler ça au plus vite. Donc le chef du FBI lui propose de venir passer avec lui un week-end au ski, le genre de truc idéal lorsqu'on vous soupçonne de bâcler votre travail, pour tailler le bout de gras sur ces histoires de meurtre en toute discrétion en vidant des cognacs au bar d'un hôtel bondé en pleine saison de sports d'hiver. Mais bien sûr, tout le monde en connais, des boss comme ça!
![]() |
un Snoopy "bouquin soporifique", profitez, c'est rare! |
Bref, tout ça pour dire que dans les deux cas, je me suis un peu- beaucoup ennuyée- je n'y ai pas trouvé mon compte, j'ai trouvé les intrigues téléphonées, les personnages peu sympathiques et assez clichés ( sauf Marino, le flic un poil péquenot, qui sort un peu du lot), le scénario peu vraisemblable et parasité par les problèmes privés des enquêteurs - chose que je déteste déjà dans les séries policières américaine, et soyons juste, françaises. Soyons clairs, je me tape de savoir si la mère de Kay est envahissante et si sa soeur à le feu aux fesses.
Et le dénouement est quand même très tiré par les cheveux.
Il y a 25 ans, l'originalité d'une série dont l'héroïne est une femme légiste devait détonner dans le domaine du polar, depuis de l'eau a coulé sous les ponts, il y a des légistes femmes ou hommes plein les films et séries, et du coup, les romans ont pris un coup de vieux. Je les aurais certainement plus appréciés si je les avais lus à l'époque.
Et comme il y en a encore 2 qui attendent, prêtés par la même personne, et que la 4° de couv' de l'un d'eux parle de Serial killer, scandale politique et piratage informatique, je vais surement faire l'impasse, pas envie de lire une troisième fois la même histoire.
Décidément, j'en resterai à mes habituels polars anglais, qui misent souvent plus sur la réflexion et l'enquête, et correspondent mieux à mes goûts, y compris en matière de films