vendredi 22 juillet 2016

Festival d'Avignon 2016

Bon, on ne va pas se mentir, mais cette année, le festival est très très réduit pour moi, avec mon déménagement et tout ce que ça sous-entend ( passer d'une chambre en colocation familiale à 2 pièces... ben il faut s'équiper, frigo, meubles et tout le toutim, même si j'ai réussi à récupérer pas mal de matos de seconde mains, ça fait des frais)
Donc ceinture, régime sur le festival. Et encore avant quand j'étais étudiante, je pouvais à moindre coût en profiter via les spectacles de rue, mais il y en a de moins en moins, et c'est surtout du jonglage ou des clowns, ce que je n'aime pas spécialement. Donc petit festival en perspective, mais festival quand même.

Mais, j'ai des copains, qui bossent en radio ou qui connaissent du monde, donc j'ai quand même réussi à gratter quelques réductions ou invitations (ouiii un spectacle en plus...)

Et donc le gros gros coup de coeur. Celui là, j'en avais entendu parler le mois d'avant, par une voisine qui m'a dit " je travaille sur cette pièce" ( sans en dire plus, je pensais qu'elle était à la technique ou à la com.. ben non, elle est sur scène en fait!)


Les filles aux mains jaunes ( théâtre Girasole,  20h45 jusqu'au 27 juillet) attention c'est plein plein plein, il est impératif de réserver. Et le succès est mérité.
Dans la logique de mon séjour en Artois de ce printemps, quand on m'a parlé d'une pièce sur la première guerre mondiale, ça me tentait  déjà. Mais l'approche est différente, puisqu'on s'intéresse ici aux femmes qui, se retrouvant seules , avec parfois des enfant à nourrir, et sans ressources puisque le mari qui rapportait l'argent est parti à la guerre, doivent se débrouiller pour essayer de gagner de quoi survivre.
Pas évident au début du XX° siècle où il est communément admis qu'une femme doit rester chez elle à s'occuper de son ménage, et surtout ne pas se mêler de gagner de l'argent. Mais nécessité fait loi, et Jeanne, Louise, Julie et Rose se retrouvent à l'usine, à fabriquer des obus et des cartouches. Un travail épuisant et dangereux, payé deux fois moins qu'un homme pour le même nombre d'heures, à manipuler des produits chimiques qui leur laissent les mains teintées de jaune et la santé qui se dégrade de jour en jour.
Mais ce travail usant et dangereux est aussi, pour celles qui n'ont jamais travaillé auparavant, ou qui n'avaient même pas l'idée qu'une femme puisse être l'égale d'un homme, de découvrir de nouveaux concepts: la lutte pour l'égalité, la grève, le féminisme et, via leurs nouveaux engagements, que certaines peinent à accepter tant elles sont formatées par la société, un début d'émancipation. Pour celles qui n'ont jamais rien fait sans leurs maris l'idée même parait incongrue.
photo trouvée chez Zibeline, les photos étaient interdites lors de la représentatin.

Une pièce formidable. Je n'ai pas l'habitude d'être  trop enthousiaste, même quand les choses m'ont plu. Mais là oui: le texte est intéressant, le fait de donner la parole à des oubliées des célébrations du centenaire, les quatre actrices - et un musicien-  à fond dans leur rôle, la mise en scène sobre, les traits d'humour (car même dans un sujet aussi sombre, on peut, et il faut glisser un peu d'humour)...
L4auteur, avec qui j'ai pu discuter un peu après ( hé oui, ça sert d'y aller avec la fille de l'éditeur, je n'aurais jamais su de qui il s'agissait), a fait un énorme travail de recherche, avec difficulté, car les archives sont très rares et très muettes sur le sujet des femmes dans la guerre.
Extrait:

Hair ( 22H30, collège de la Salle) Dommage, c'est fini, j'ai pu aller à la dernière grâce à Radio Osmose.

Un version concert péchue  de la comédie Musicale des années 60.
En théorie, je ne suis pas très, voire pas du tout branchée comédie musicale ( et surtout pas les gros machins à grand spectacle récents, le concept de Dracula, Moïse ou que sais-je encore en comédie musicale me donne plutôt envie de ricaner). Les deux exceptions dont West side story ( je me fous complètement de l'histoire, mais j'adore les compositions de Leonard Bernstein) et Hair.
 Là parce que sous des dehors pimpants, le sujet est intéressant: les hippies confrontés à la guerre du Vietnam. Et ce contexte politique toujours valide ( peu importe où et quand, les antimilitaristes contre les va-t-en guerre, c'est toujours le cas, même si l'ennemi désigné par le pouvoir change).
D'ailleurs le titre phare " Let the sunshine in " n'est pas un hymne joyeux, ça se sent à la tonalité employée, et si on regarde bien les paroles, c'est plutôt le constat d'échec des pacifistes face aux choix d'un pouvoir dans lequel on ne se reconnait pas. On lutte, on résiste, mais ça reste dérisoire. donc on est très loin de l'image du joyeux hippie qui fume de la ganja à oilpé dans un parc, le sujet est bien plus sérieux. Et ça ça me plait.

Une équipe super dynamique ( sans la saxophoniste ici sur Avignon) et l'immense frustration d'avoir du rester assise dans une salle alors que je n'avais qu'une envie: me mettre debout danser, taper des mains et des pieds ( d'ailleurs je ne félicite pas le vieil intello assis à côté de moi, qui conceptualisait tout à voix haute entre deux morceaux, saoulant tout le monde et sa femme en premier lieu). Bordel, amuse toi et tu garderas la réflexion pour plus tard. Parce que c'est surtout ça: un bon moment de musique, plein de peps, avec des arrangements un peu différents de ceux des années 60, plus Punk/ rock sur certains, plus funk sur d'autres par le groupe rock Demi Mondaine. Ca apporte une nouvelle vision, loin de celle de l'adaptation film ( que je trouve assez ennuyeuse) loin de me déplaire.

Foutue guerre (12h20 espace Roseau). Toujours dans ma thématique guerrière, c'est surtout l'affiche qui m'a attirée, ça me rappelle un peu les affiches polonaises, très recherchées dans leur concision et qui portent un message politique plus ou moins direct.




Foutue guerre est tiré d'un récit authentique: les 7 jours de la bataille dantesque du Fort de Vaux, où une poignée de militaires français oppose une résistance farouche à l'armée allemande , dirigé par l'énergique Commandant Raynal qui s'est porté volontaire pour cette mission quasiment suicidaire. Le fort est désarmé hormis 2 mitrailleuses et les armes personnelles de soldats, qui vont malgré tout tenir tête aux assauts allemands pendant une semaine, ne se rendant que parce que l'eau et les provisions viennent à manquer. Une poignée d'humains et quelques animaux: Quiqui le chien  et 4 pigeons voyageurs donc Le Vaillant , le fameux pigeon décoré d'une bague d'honneur et de la croix de Guerre.
Histoire à laquelle l'auteur Philippe Froget , et la metteuse en scène Aurélie Froget, mêlent les souvenirs de leur propre aïeul Pierre.
La mise en scène est plutôt inventive, divisant la cène en deux parties, l'une en 2016 (une guide fait visiter le fort de Vaux et raconte son histoire), et l'autre, où se joue l'action racontée, 100 ans plus tôt. Mais des objets passent d'un côté à l'autre, et, devant les apparitions de casques et de vestes qui n'étaient pas là auparavant,  la contemporaine finit par se demander si, dans le fond, les lieux ne seraient pas un tout petit peu hantés..
La pièce était déjà jouée l'an dernier, mais je n'avais pas pu y aller, c'est chose faite, j'ai aussi beaucoup aimé et s'ils tournent du côté de chez vous, je vous la conseille chaudement.

Voilà, c'était le dernier jour, tout petit festival pour moi faute de moyens, 3 spectacles vus et 2 pièces lues seulement. Mais j'ai bien choisi cette fois, et pas de déception.

quelques images au détour des rues...

Et pourtant c'est loin d'être l'accessoire essentiel en plein mois de Juillet sur Avignon, je soupçonne les commerçants de la rue d'avoir mis des parapluies pour protéger les badauds du soleil, la canicule n'incitant absolument pas à faire des emplettes



oui, c'est une balalaïka contrebasse.



un petit message personnel à Olivier qu'une main anonyme a laissé cette nuit pas loin de chez moi


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